Communiqués de presse - Août 2004 - Le PNUE lance le premier rapport sur l'état de l'environnement en RPD Corée - United Nations Environment Programme (UNEP)
Programme des Nations Unies pour l'environnement
l'environnement au service du développement Rechercher 
Salle de presse
 
 Accueil
 Contacts Médias
 Communiqués de  presse
 A la une
 Discours
 Photos
 Audiovisuels
 Films et Vidéos
 RSS / Baladodiffusion
 Affiches
 E-Cards

 

 

 Imprimer [English]
 

Le PNUE lance le premier rapport sur l'état de l'environnement en RPD Corée

Le rapport identifie les questions prioritaires pour une action internationale

Nairobi, le 27 août 2004 – Au siège du Programme des Nations Unies pour l’environnement à Nairobi (Kenya) aujourd’hui, le PNUE et des dignitaires de la RPD Corée ont lancé la première évaluation de l’état de l’environnement de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC).

Produit en collaboration avec le Programme de l’ONU pour le développement (PNUD), le rapport sur l’état de l’environnement a été initié à la suite d’une visite de Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE à Pyongyang, capitale de la RPDC, en 2000.

Etat de l'environnement en DPR Corée en images

Des fonctionnaires de la République Populaire Démocratique de la Corée issus de plus de 20 agences gouvernementales et académiques ont rédigé le rapport avec le soutien de deux bureaux de l’ONU dans la région. Le bureau d’évaluation du PNUE à Bangkok et le bureau du PNUD à Pyongyang ont formé et conseillé les rédacteurs.

Le rapport utilise la méthodologie « pression-état-réponse » et identifie les questions prioritaires relatives aux forêts, à l’eau, à l’air, au sol et à la biodiversité. Il reconnaît également que les études et les données disponibles sont insuffisantes pour en tirer des évaluations environnementales fiables. Le rapport, qui fut complété en fin 2003, est lancé à l’occasion de la visite à Nairobi d’une délégation de haut niveau de la RPD Corée.

M. Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, souligne : « En rassemblant les données disponibles et en identifiant les questions prioritaires en matière d’environnement, le rapport aidera à renforcer le suivi et l’évaluation, l’établissement de politiques, la planification et le financement de mesures environnementales en République populaire démocratique de Corée. »

L’évaluation note que bien que trois quarts du pays soit boisé, presque toutes les forêts sont situées sur des pentes raides de plus de vingt degrés. Alors que les régions boisées étaient en expansion à partir des années 1950 grâce à des campagnes nationales de reboisement, les forêts connaissent depuis une dizaine d’années une perte de superficie associée à une perte de qualité dues à l’exploitation commerciale des forêts, un dédoublement de la consommation du bois de chauffe, ainsi qu’aux feux de friches et invasions d’insectes qui sont liées à la sécheresse. Une population galopante, aujourd’hui estimée à 24,4 millions d’habitants (dont 60% vivent en zone urbaine), accompagnée de la transformation de terrains vallonnés en terrains agricoles sont d’autres facteurs qui ont dévasté les forêts. Afin de répondre à cette crise, le gouvernement œuvre à encourager des groupes communautaires, et ceux regroupant des jeunes et des enfants à créer des pépinières et à participer à des campagnes telles que la Journée nationale de plante d’arbre tenue annuellement le 2 mars.

Bien que relativement riche en ressources hydriques, la RPD Corée est confrontée à des difficultés à maintenir la qualité et l’approvisionnement en eau. Aujourd’hui, quatre-vingt pour cent des eaux de surface sont exploitées à des fins de production hydroélectrique. La pollution des rivières et des courants d’eau s’est aggravée ces dernières années, particulièrement en ce qui concerne la Rivière Taedong, qui traverse le centre ville de Pyongyang. Selon le rapport, une douzaine d’usines et de centrales déversent 30 000 mètres cubes d’eaux usagées par jour dans la rivière. La construction du Barrage de la mer de l’ouest et les débits d’étiage bien inférieurs à la norme en période de sécheresse ont également affaibli la capacité naturelle de la rivière à purifier ses eaux; c’est pour cela que l’on note aujourd’hui, le long du cours inférieur de la rivière, des marées rouges et bleues saisonnières. Les effluents industriels et les eaux ménagères ont également nui au cours inférieur de la rivière Amnok, à la frontière de la RPD Corée et de la Chine.

Le rapport souligne l’urgence d’investir dans le traitement des eaux usagées et dans des systèmes de stockage, de purification et d’approvisionnement d’eau. Le gouvernement entreprend actuellement de renforcer la législation sur les effluents industriels en appliquant le principe de « qui pollue, paie » et a initié une vaste campagne médiatique visant à sensibiliser le public sur la conservation de l’eau.

La grande dépendance de la RPD Corée sur le charbon pour la production d’électricité, la fabrication industrielle et le chauffage domestique est à la source de sérieux problèmes de pollution atmosphérique en zone urbaine, quoique aucune recherche complète n’est été entreprise pour quantifier les répercussions sur la santé humaine. Le quintuplement de la consommation de charbon prévu d’ici à 2020 souligne le besoin urgent d’implémenter des technologies de combustion propre du charbon, de purification des gaz d’échappement, d’efficience énergétique et d’énergies renouvelables alternatives.

Bien que l’autosuffisance alimentaire ait été un objectif de politiques nationales, le rendement des cultures principales a baissé de près de deux tiers durant les années 1990 suite à la dégradation du sol occasionnée par la perte de forêts, les sécheresses, les inondations, les raz-de-marée, l’acidification due à la surutilisation de produits chimiques, ainsi que la pénurie de fertilisants, de machines agricole et de pétrole. Les sols vulnérables requièrent une généralisation des politiques et des pratiques réparatrices telles que les travaux de protection contre les inondations, la plante d’arbre, la formation de terrasse, et l’utilisation de fertilisants organiques.

Prenant conscience de ces questions, la République Populaire Démocratique de Corée a pris des mesures législatives et administratives, désignant la protection de l’environnement comme domaine prioritaire et la reconnaissant comme condition préalable au développement durable. Le pays a adopté des lois nationales régissant l’exploitation des forêts, des pêcheries et des ressources en eau, et la pollution marine. La Corée, qui abrite de nombreuses espèces gravement menacées d’extinction dont la panthère de l’amour, l’ours noir asiatique et le tigre de Sibérie, a également adhéré à des accords environnementaux internationaux tels que la Convention sur la diversité biologique.

Le rapport conclut qu’à fin d’allier développement socio-économique et développement durable, des lois et une réglementation en matière d’environnement doivent être formuler et améliorées, les méthodes de gestion de l’environnement doivent être révisées et intensifiées, l’investissement financier encouragé, la recherche en sciences et technologies doit être centrée sur les priorités identifiées et des systèmes de suivi et statistiques devraient être mis en place afin que les données recueillies soient employées comme base à une planification et une prise de décision au niveau national.

Selon M. Toepfer : « La République Populaire Démocratique de Corée a démontré sa volonté de s’engager avec la communauté internationale dans le but de sauvegarder ses ressources environnementales. Nous devons y répondre afin que le pays puisse atteindre ces objectifs de développement de façon durable. »

M. Toepfer et le chef de la délégation de la RPDC à Nairobi, Dr. Ri Hung Sik, le Secrétaire général du Comité national de coordination pour l’environnement, ont signé, hier, un accord-cadre qui guidera les activités conjointes qui renforceront davantage la capacité à protéger l’environnement.

Parmi les activités mentionnées dans l’accord-cadre est un projet avec le PNUD visant à améliorer l’évaluation et le suivi quantitatifs de l’environnement, à l’aide de technologies de l’information et intégrant 10 institutions nationales chargées de responsabilités environnementales.

Le rapport d’évaluation contient également 16 propositions de projet – allant de campagnes de sensibilisation à une restructuration technologique majeure- qui aideraient les bailleurs de fonds à mieux répondre aux questions environnementales précises.

Pour de plus amples informations :

Le rapport sur l’état de l’environnement de la RPDC peut être téléchargé à l’adresse suivante : htt://www.rrcap.unep.org

Ou contacter :

Eric Falt, Porte-parole du PNUE et Directeur de la Division de la Communication et de l’Information aux +254 20 623292 ou au +254 (0)733 682656 ou par courriel à l’adresse eric.falt@unep.org; ou Tim Higham, Responsable régional de l’information du PNUE à Bangkok, aux Tel +66 2 288 2127 ou Mobile : +66 9 1283803, ou par courriel à l’adresse : higham@un.org

Communiqué de presse du PNUE 2004/40

 
The head of DPR Korea’s delegation to Nairobi, Dr. Ri Hung Sik, and Mr. Toepfer