Communiqués de presse - Octobre 2005 - L'éradication de la pauvreté passe par la prise en compte du "capital naturel" - United Nations Environment Programme (UNEP)
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L'éradication de la pauvreté passe par la prise en compte du "capital naturel"

Des économistes et des écologistes se réunissent à Londres pour placer l’environnement au centre de la création de richesse

Londres, le 10 octobre 2005 – La pauvreté ne sera reléguée aux oubliettes qu’une fois que le capital de la nature sera pris en considération dans l’évaluation des gains et des pertes nationaux, a aujourd’hui affirmé un des plus grands économistes du monde.

Un élément clé pour y arriver est de créer des marchés qui donnent une valeur réelle et de longue durée aux biens et services que nous accorde la nature.

Les mesures traditionnelles, telles que le produit intérieur brut (PIB), dépossèdent les générations actuelles et futures, déclare le Professeur Partha Dasgupta de Cambridge University, parce qu’elles ne donnent aucune valeur aux biens et services qu’offre le monde naturel. Au contraire, elles les considèrent comme étant gratuits, illimités et capable de perdurer malgré tous les abus.

Le rôle de puits de carbone qu’assument les forêts, les activités de protection du littoral et des réserves halieutiques des récifs coralliens, la capacité des zones humides de filtrer la pollution et le potentiel du sol de recycler les éléments nutritifs sont parmi les services que nous rend la nature.

Actuellement, les pays qui exploitent leurs forêts pour en exporter le bois, qui dynamitent les récifs à la recherche de poissons et dont les usines et les fermes polluent les sols et contaminent les voies d’eau peuvent à court terme paraître de s’enrichir.

En réalité, ils glissent inexorablement dans la misère, ou dans le meilleur des cas, stagnent, parce qu’ils pillent leur capital naturel, une dimension essentielle à la création de richesse à long et moyen terme.

« Prenez le sous continent indien, par exemple. A croire les mesures traditionnelles telles que le PIB, la région s’enrichit graduellement depuis les années 1970. Mais en réalité, la richesse par habitant a baissé. Ceci est dû au fait que, par rapport à la croissance démographique, les investissements liés au capital manufacturé, à la connaissance, aux compétences, à la santé et à l’amélioration des institutions ne suffisaient pas pour compenser la dépréciation du capital naturel», a expliqué le Professeur Dasgupta.

Les conséquences en sont alarmantes, non seulement pour cette génération-ci, mais aussi pour celles qui hériteront une planète dont la majorité des écosystèmes seront trop endommagés pour répondre pleinement aux besoins les plus élémentaires, et encore moins aux rêves et espoirs des populations.

« La pauvreté ne sera reléguée aux oubliettes que lorsque la nature sera incorporée dans les calculs économiques au même titre que les immeubles, les machines, les routes et les logiciels par exemple », a souligné le Professeur Dasgupta.

« Au fur et à mesure que les pays exploitent leurs richesses naturelles pour nourrir l’activité économique, les plus démunis des pauvres perdent les systèmes sur lesquels ils dépendent pour survivre. Si les poissons disparaissent des supermarchés des pays riches, les consommateurs peuvent substituer cette source de protéines par une autre telle que la viande de porc ou de bœuf, ou le soja. Les pauvres qui subsistent sur les ressources naturelles qui les entourent, n’ont pas ce loisir, note le Professeur Das Gupta.

Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) qui organise une séance de brainstorming de deux jours à la London School of Economics pour examiner comment intégrer l’environnement aux stratégies de développement pro pauvres, a déclaré : « En fin de compte, nous risquons tous de sombrer dans la pauvreté si nous n’adressons pas le déclin environnemental et manquons d’investir dans le capital naturel. Il est impossible de maintenir une voiture simplement en l’alimentant en carburant. Une voiture a besoin d’entretien, les pièces doivent être remplacées et il nous faut investir dans les routes et les infrastructures sur lesquelles elle roule. »

« En réalité, la nature est bien plus compliquée. En l’appauvrissant et la dégradant continuellement, sans investir dans les coûts de fonctionnement, de maintien et de gestion, les systèmes qui assurent le bon fonctionnement de la planète peuvent brusquement et subitement disparaître ou devenir moins productifs et plus imprévisibles. Je crois que nous remportant lentement l’argument politique et économique, but les progrès sont trop lents. Il nous faut donc nous dépêcher, sinon nous, les 6 milliards d’habitants de la planète, nous retrouverons éventuellement à lutter pour joindre les deux bouts, souligne M. Toepfer. »

M. Toepfer a également noté que l’alarme a de nouveau été sonnée dernièrement par l’Evaluation du millénaire sur les écosystèmes, l’œuvre de plus de 1 300 experts.

Selon l’évaluation, les activités de l’homme dégradent près de 60 pour cent des services fournis par les écosystèmes de la planète.

La séance de brainstorming qui se tiendra du 10 au 12 octobre, rassemble quelques uns des esprits les plus brillants en matière d’économie environnementale, ainsi que de hauts fonctionnaires des domaines environnemental et intergouvernemental.

La séance entend attirer l’attention de l’ensemble des accords dits multilatéraux en matière d’environnement, qui couvrent autant la diversité biologique que les espèces migratoires et le climat. Ces accords pourraient contribuer grandement à affiner l’évaluation des écosystèmes et à améliorer l’analyse coût-bénéfice d’investissements ciblés dans des écosystèmes dégradés en vue de susciter un soutien politique et financier pour cette approche « naturelle ».

Un des objectifs premiers est d’étudier comment créer des marchés pro pauvres qui génèrent des revenus pour ceux qui en ont désespérément besoin tout en conservant les systèmes de maintien de la vie sur lesquels les plus démunis, aussi bien que le reste du monde, dépendent.

Actuellement, la majorité des biens et services fournis par les écosystèmes ont peu ou aucune valeur sur le marché malgré leur importance dans la vie économique des communautés, des nations et du globe.

On estime que chaque année, les forêts tropicales « rapportent » 60 milliards de dollars par an, grâce à leurs capacités d’absorption du carbone qui contribuent à combattre le réchauffement planétaire.

Mais ces forêts, que l’on retrouve en République démocratique du Congo et en Indonésie, par exemple, ne sont appréciées que comme source de bois d’exploitation, alors que les services de séquestration de carbones, d’une valeur bien supérieure, sont ignorés.

Ainsi les gouvernement et les populations locales sont moins motivés de les protéger mais plutôt incités à les détruire.

M. Toepfer a noté que l’Evaluation du Millénaire sur les écosystèmes et d’autres rapports qui sont sortis cette année ont présenté des arguments économiques irréfutables en faveur de la préservation des écosystèmes et d’investissements ciblés pour rétablir des écosystèmes endommagés.

Notes aux rédacteurs

Creating Pro-Poor Markets for Ecosystem Services (Créer des marchés pro pauvres pour les services des écosystèmes)

Un atelier de brainstorming de haut niveau à la London School of Economics (Royaume-Uni) du 10 au 12 octobre 2005. Organisé par le PNUE par le biais de ses départements en charge des conventions environnementales (DEC) et de l’élaboration des politiques et du droit (DPDL) en collaboration avec la LSE.

http://www.unep.org/dec/support/mdg_meeting_lon.htm

Pour en savoir plus, veuillez prendre contact avec Nick Nuttall, Porte-parole du PNUE au Tel: 41 79 596 5737 ou par courriel: nick.nuttall@unep.org

Communiqué de presse du PNUE 2005/48