Communiqués de presse - Octobre 2005 - Le lancement de l’Atlas des lacs africains marque l’ouverture de la Conférence internationale sur les lacs - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Le lancement de l’Atlas des lacs africains marque l’ouverture de la Conférence internationale sur les lacs

La déforestation, la prolifération de plantes envahissantes, la dégradation des sols, la pollution et des méthodes d’irrigation mal adaptées font des ravages.

Nairobi, 31 octobre 2005 – Un nouvel atlas met l’accent sur les changements impressionnants, parfois à l’origine de véritables catastrophes écologiques, qui affectent l’environnement des lacs africains.

Produit par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Atlas des lacs africains met en comparaison et fait ressortir les contrastes entre des images satellites prises ces dernières décennies et celles réalisées récemment.

Il a été présenté aujourd’hui à l’occasion de l’ouverture de la 11eme Conférence international sur les lacs qui se tient à Nairobi, Kenya.

Le rapide rétrécissement du lac Songor au Ghana, dû en parti à la surexploitation des salines, et les impressionnantes modifications du system fluvial du Zambèze suite à la construction du barrage de Cabora Basa viennent s’ajouter aux images plus connues de la perte de surface de presque 90% du lac Tchad.

La déforestation extensive des alentours du lac Nakuru au Kenya fait parti des impacts soit naturels soit dus à l’activité humaine qui ne peuvent être mis en évidence que par des images satellitaires.

Ces études permettent également de montrer la réduction du niveau de l’eau du lac Victoria. Le niveau de la plus grande réserve d’eau douce d’Afrique est aujourd’hui inférieur d’un mètre par rapport aux débuts des années 90.

Klaus Toepfer, Directeur exécutif du PNUE a déclaré : « J’espère que ces images des lacs africains vont galvaniser les délègues participant à cette 11ème Conférence internationale des lacs et les inciter à accroître leurs efforts afin de conserver et restaurer ces indispensables réservoirs d’eau. Du point de vue économique les lacs ont une énorme importance. Aux Etats-Unis, par exemple, les revenus génères par les plans d’eau douce uniquement dans le cadre de l’industrie des loisirs sont estimés à 37 milliards de dollars.

« J’espère également que ces images susciteront un cri d’alarme au niveau mondial car si nous voulons vaincre la pauvreté et réaliser d’ici 2015 les objectifs de développement adoptés au niveau international, la gestion durable des lacs d’Afrique doit faire partie de l’équation. Dans le cas contraire nous devrons faire face à un accroissement des tensions et de l’instabilité dans la région dus à la pression démographique sur la plus précieuse des ressources pour la vie »a-t-il ajouté.

Les réflexions de M. Toepfer sur ce sujet font l’objet d’une publication à part intitulée Hydropolitical Vulnerability and Resilience along International Waters in Africa.

Réalisé conjointement par le PNUE et l’Université de l’Oregon aux Etats Unies, cet ouvrage se propose d’évaluer la force des accords juridiques entre les états qui se partagent le réseau hydrographique le plus important du continent africain.

Le rapport arrive à la conclusion qu’afin de réduire les tensions entre les Etats il reste beaucoup à faire pour étoffer les accords et les traités communs visant à éviter l’instabilité dans le futur.

Il indique que le bassin fluvial du Volta en Afrique de l’ouest, partagé par le Bénin, le Burkina Faso, la Cote d’ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo, représente une source d’inquiétude particulièrement importante.

Dans les deux prochaines décennies la population est destinée à doubler pour atteindre environ 40 million de personnes ce qui se traduira en une augmentation dramatique des besoins en eau douce.

Par ailleurs les précipitations et le débit des cours d’eau dans la région n’ont fait que diminuer dans les 30 dernières années suite à des taux d’évaporation plus élevés résultat, en partie, du changement climatique.

« L’utilisation actuelle de l’eau dans le bassin du Volta exploite déjà les ressources disponibles au maximum de leurs possibilités et il sera de plus en plus difficile de satisfaire des demandes supplémentaires » selon le rapport ou l’on peut encore lire que « La mise en danger de la gestion durable du bassin du Volta représente un appel urgent aux états riverains a coopérer plus étroitement afin de parvenir à une gestion commune des ressources en eau du bassin ».

Quelques données sur les lacs

En Afrique, il est difficile d’établir le nombre précis de lacs, naturels et d’origine humaines (tels que les digues et les lacs de barrage). Cependant la base de données WORLDLAKE en recense 677.

Au niveau mondial on estime qu’il y a 50.000 lacs naturels et 7500 lacs créés par l’ingénierie humaine.

En Afrique, l’Ouganda avec ses 69 lacs est à la première place, suivie par le Kenya, 64 ; le Cameroun, 59; la Tanzanie, 49 et l’Ethiopie, 46.

Le Gabon avec seulement huit lacs est le pays en Afrique qui en compte moins, suivi par le Botswana, 12 et le Malawi, 13.

L’Afrique dispose dans ses grands lacs d’environ 30.000 Km cubes d’eau ce qui en fait le plus grand réservoir au monde tous continents confondus.

On y pêche environ 1.4 million de tonnes de poissons d’eau douce par an dont 14 pour cent proviennent d’Egypte.

Cependant la création de digues et de barrages sur les fleuves qui traversent le continent, associée au déversement des égouts et à la pollution industrielle a réduit considérablement les prises en particulier dans le Delta du Nil et le lac Tchad.

Les zones humides, souvent associées aux lacs et aux fleuves, sont fondamentales pour la vie des animaux sauvages, pour les réserves en eau et comme filtres naturels des déchets toxiques.

Parmi les plus importantes on compte le Delta de l’OKavango, le Sudd dans le Haut –Nil, le lac Victoria, le bassin du Tchad et les plaines alluvionnaires des fleuves Congo, Niger et Zambèze.

Malheureusement, un grand nombre a été drainé dans le cadre de projets d’assainissement ou pour l’agriculture, le Niger par exemple, a perdu plus de 80 pour cent de ses aires marécageuses au cours des 20 dernières années.

L’Atlas montre qu’en Afrique près de 90 pour cent de l’eau est destinée à l’agriculture et que entre 40 et 60 pour cent se perd à cause de phénomènes d’infiltration dans le sol et d’évaporation.

Quelques données sur des lacs précis

Le lac Songor, un lagon saumâtre sur le littoral du Ghana, apparaît comme ayant connu les changements les plus dramatiques de l’Atlas. Le lac abrite poissons et tortues menacées mondialement, telles que la tortue olivâtre et la tortue verte, ainsi qu’une population importante d’oiseaux.

En décembre 1990, le lac se manifeste comme une énorme masse bleue de quelques 74 kilomètres carrés. Mais une année plus tard, en décembre 2000, la masse n’est plus du tout ce qu’elle était.

La cause est attribuée essentiellement aux carrés bleu marine et turquoise qui représentent la production intensive de sel et l’évaporation sur le bord occidental du lac. C’est également une conséquence de l’extraction des eaux des affluents, tels que le Sege et le Zano, pour nourrir l’agriculture.

Le lac Victoria

Le lac, autour duquel près de 30 millions de personnes résident, soutient une des populations les plus denses et les plus pauvres du monde. La densité autour du lac s’élève à 1 200 personnes par kilomètre carré ; le revenu par habitant est de moins de 250 dollars par an.

On estime que la dégradation du sol a affecté 150 000 kilomètres carrés, l’équivalent de

25 000 terrains de football, treize pour cent desquels sont sévèrement dégradés.

Il faut d’immenses efforts pour répondre aux besoins des cinq millions de personnes qui viendront s’ajouter au nombre dans les vingt prochaines années.

Le niveau des eaux du lac s’est élevé en 1998 suite aux pluies El Nino, mais au cours des dix dernières années, il a baissé d’approximativement un mètre, selon les mesures prises par le satellite TOPEX/Poseidon.

La jacinthe d’eau, une plante envahissante, a beaucoup affecté les industries halieutique et maritime. L’introduction d’un parasite pour combattre cette herbe semble toutefois porter fruit. En effet, des photos satellites de 1995 et 2001 montrent que les spirales vertes de jacinthe ont disparu de certaines baies ougandaises, dont Buka, Gobero, Wazimenya et Murchison.

Le lac Djoudj

Situé à 60 kilomètres de Saint-Louis au Sénégal, le lac Djoudj est un refuge pour quelques 3 millions d’oiseaux, tels que le pélican blanc et la outarde arabe. Il consistait jadis d’une série de lacs étroits entourés de ruisseaux, d’étang et de bras morts.

Des images satellites soulignent à quel point le lac et les terres avoisinantes ont été transformés par la construction du Barrage Diama en 1986, à 23 kilomètres de l’embouchure du fleuve Sénégal.

La quantité d’eau disponible a tellement augmenté que l’agriculture locale dépend aujourd’hui de l’irrigation continue des sols et non des inondations saisonnières.

L’Atlas expose bien d’autres changements dramatiques liés à des barrages, par exemple la formation du Lac Cobora Basa sur le Zambèse, suite à la construction du barrage dans les années 1970.

La publication fait le lien entre de nombreux bouleversements, écologiques et autres, qui se sont produits depuis que le cours naturel du fleuve a été modifié. Parmi eux : le déclin des terres humides nourris par les inondations, le dessèchement des mangroves et la chute des niveaux d’eau sur un fleuve tributaire, le Shire River, affectant significativement la navigation.

La perte importante de végétation et la déforestation autour du Lac Nakuru au Kenya est également clairement visible d’espace. Cela expliquerait pourquoi la superficie du lac est passée de 43 à 40 kilomètres carrés en 2000, selon des experts du PNUE.

D’autres lacs importants d’Afrique figurent également dans l’Atlas, à savoir : le lac Alaotra à Madagascar, le lac Bin El Ouidane au Maroc; le lac Ichkeul en Tunisie; le lac Kariba entre la Zambie et le Zimbabwe; le lac Nyos au Cameroun; le lac Sibaya en Afrique du Sud; le lac St Lucia en Afrique du Sud, le lac Tana en Ethiopie et le lac Tonga en Algérie.

Notes aux journalistes

L’Atlas des lacs africains apparaîtra en 2006.

Des images haute résolution de la plupart des images satellites montrant la situation « avant et après » sont disponibles en ligne sur http://na.unep.net/AfricaLakes/

Ou consulter www.unep.org

Pour en savoir plus, prière de contacter : Nick Nuttall, le porte-parole du PNUE, Bureau du Directeur Executif, au Tel: 254 20 623084, Mobile: 41 79 596 5737 ou courriel: nick.nuttall@unep.org.

Si une réponse ne vous parvient pas immédiatement, veuillez contacter Elisabeth Waechter, Chargée des relations presse et de l'information au PNUE, au Tel: 254 20 623088, Mobile: 254 720 173968, courriel: elisabeth.waechter@unep.org