Communiqués de presse - Novembre 2005 - Une conférence sur la faune sauvage donne un coup de fouet aux efforts de conservation de l’éléphant 'oublié' d’Afrique de l’ouest - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Une conférence sur la faune sauvage donne un coup de fouet aux efforts de conservation de l’éléphant 'oublié' d’Afrique de l’ouest

La Convention sur les espèces migratrices se réunie à Nairobi du 20 au 25 novembre

Nairobi/Bonn, le 22 novembre 2005 – Un accord visant à améliorer le sort des éléphants « oubliés » d’Afrique prend place d’honneur aujourd’hui lors d’une réunion internationale sur la faune sauvage, qui se tient au siège du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Douze pays d’Afrique de l’ouest, refuge des dernières populations d’éléphants de la région, signent un traité dans le cadre de la Convention sur les espèces migratrices (CMS) à laquelle le PNUE est associé.

L’accord, ainsi que la stratégie et le plan d’action qui l’accompagne, établissent des cibles et un calendrier pour améliorer les habitats des éléphants et ainsi augmenter les effectifs des populations fragiles. Ils prévoient également de créer des corridors à faune et de mettre en œuvre un nombre de mesures supplémentaires en matière de coopération transfrontalière.

La majorité des dernières populations d’éléphants en Afrique de l’ouest sont maintenues dans des aires protégées, mais le personnel chargé de leur sauvegarde manque de moyens pour patrouiller efficacement le territoire et pour y appliquer les lois. La stratégie appelle à ce que le personnel soit mieux équipé et bénéficie de formations dans le but d’améliorer le moral et de renforcer l’impact de son travail.

Selon les experts, des mesures immédiates et de grande envergure sont nécessaires à cause de l’état périlleux dans lequel se trouvent les populations d’éléphants de la région.

La dévastation des effectifs est due à de nombreux facteurs, dont le trafic d’ivoire au XIXème siècle suite à l’arrivée des puissances coloniales et la construction de routes et de chemins de fer à l’intérieur du pays.

Au XXème siècle, la menace du braconnage d’ivoire a été supplantée par celle du commerce du bois et du défrichement des habitats à des fins agricoles, pour l’établissement urbain ou suite à des guerres civiles.

Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : « En 2002, lors du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD), les nations ont convenu d’inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales d’ici à 2010. Les éléphants d’Afrique de l’ouest pourraient, grâce à cet accord, devenir la preuve vivante que la communauté mondiale peut en effet atteindre ces cibles ambitieuses en matière de faune et de flore du monde entier. »

« Ceci n’est pas simplement un accord écologique portant sur la sauvegarde de l’éléphant, a noté le Directeur de l’Union internationale pour la conservation de la Nature (IUCN), Achim Steiner. En améliorant les habitats et en préservant les écosystèmes de la région, l’accord contribuera à améliorer le sort et les perspectives d’avenir des peuples locaux qui dépendent de la nature pour assurer leur subsistance. Il devrait aussi aider à la conservation d’une variété d’autres espèces menacées ou en danger, et à celle des forêts et savanes qu’ils habitent.

Le projet visant une meilleure prise d’action concertée au profit des éléphants d’Afrique de l’ouest a d’abord été lancé en 1998, sous l’égide du Groupe spécialisé sur les éléphants africains de la Commission de l’IUCN pour la sauvegarde des espèces.

Dans le cadre de ce processus, le Groupe a travaillé de concert avec les 13 pays de l’aire de répartition de la région dans le but d’élaborer un projet de stratégie pour la sauvegarde et la gestion de l’éléphant en Afrique de l’ouest. Cette stratégie est le plan d’action adopté aujourd’hui au côté du protocole d’accord.

Lamine Sebogo, responsable des programmes ouest africains du Groupe spécialisé sur les éléphants africains de la Commission de l’IUCN pour la sauvegarde des espèces, a noté : « La plupart des populations d’éléphants en Afrique de l’ouest sont petites, très fragmentées et vulnérables à de nombreuses pressions, y compris la perte d’habitat et le braconnage. »

« Nous espérons que ce nouvel accord, puisqu’il traite d’une meilleure collaboration transfrontalière en matière de conservation de l’éléphant, incitera un soutien politique plus important et, provoquera sur le terrain une prise d’action pour sauvegarder et protéger les populations restantes d’éléphants en Afrique de l’ouest, a-t-il ajouté. »

Historiquement, ce sont les populations plus abondantes d’éléphants d’Afrique de l’est et australe qui ont bénéficiées de la majorité de l’attention. Les éléphants de la sous-région sont devenus, au cours de nombreuses décennies, le centre d’attraction d’une industrie touristique dynamique qui pourrait potentiellement profiter aussi bien aux pays qu’aux communautés.

Lamine Sebogo a remarqué que le nouvel accord pourrait bien aider à stimuler une attention et des bénéfices semblables en Afrique de l’ouest.

« J’espère que ce nouvel accord rehaussera l’image des éléphants de la région ouest africaine et provoquera le développement du tourisme dans les pays concernés. Ainsi, les habitants démunis de la région auront une motivation économique pour protéger les générations actuelles et futures, ajoute-t-il. »

Le Secrétaire exécutif de la CMS, Robert Hepworth, a déclaré : « La signature de cet accord n’est qu’un début. Nous devons maintenant réunir des moyens considérables pour aider les pays concernés et les partenaires impliqués à mettre cet ambitieux projet en application sur le terrain. »

En plus des efforts et des ressources importants déjà investis par l’IUCN, le PNUE et la CMS ont contribué 50 000 dollars à l’élaboration de l’accord et comme assistance aux pays de l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique de l’ouest. Douze mille cinq cent dollars de plus seront mis à la disposition de l’IUCN en 2005 afin d’aider à appuyer le travail technique et de coordination de l’organisation dans le cadre du nouvel accord. On espère que la Conférence de la Convention sur les espèces migratrices accordera $37 500 dollars supplémentaire à l’IUCN.

« Cela n’est pas évident pour une petite convention telle que la CMS. Nous nous tournons donc vers les pays et les agences bailleurs de fonds, vers les Etats de l’aire de répartition et les organisations partenaires de la CMS aussi, pour tripler cette assistance et l’amener à 300 000 dollars. Notre souhait est d’obtenir ce montant d’ici la fin de la conférence, a ajouté M. Hepworth. »

Le protocole d’accord sur les éléphants d’Afrique de l’ouest

Le nombre exact d’éléphants en Afrique de l’ouest est inconnu, mais on estime qu’il s’élève à près de 5 000 animaux, quoique les estimations pourraient augmenter une fois de meilleures techniques de surveillance adoptées et des recensements supplémentaires entrepris.

Il faut noté cependant que des statistiques fiables n’existent que pour 26 pour cent de l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique de l’ouest, et plus de 50 pour cent n’est que conjecture.

La stratégie qui accompagne l’accord d’aujourd’hui aidera à coordonner les activités scientifiques à travers l’aire migratoire des éléphants. Elle prévoit des mesures plus efficaces pour évaluer et rassembler de meilleures données sur le nombre et les tendances en terme des tailles des populations. L’objectif est d’assurer que les populations de plus de 100 soient recensées d’ici 2010, et celles de plus de 50 le soient également d’ici 2015.

Dans la plupart des pays, les populations comprennent moins de 100 animaux et il est peu probable qu’elles survivront le siècle si des mesures immédiates et de grande envergure ne sont pas adoptées.

Des populations de petites tailles sont plus vulnérables à cause des sécheresses, de maladies et du braconnage qui extermine les mâles reproducteurs.

Dans le cadre du nouvel accord, la priorité sera donné dans un premier temps à la sauvegarde des 22 populations restantes de taille plus importante.

Le plan appelle à stabiliser ou à améliorer « les conditions des habitats et de l’aire de répartition de toutes les populations de plus 100 animaux d’ici sept ans ».

Cependant, certaines provisions portent sur les populations les plus petites, et appellent à stabiliser et améliorer leur habitat dans les 10 ans à venir.

D’autres mesures comprises dans la stratégie viennent renforcer les initiatives nationales des pays de la région et couvrent l’interdiction d’exploiter le bois dans les zones protégées et des mesures pour réduire la chasse et l’exploitation agricole et minière dans les parcs.

La stratégie prévoit aussi de compenser les populations locales pour les cultures détruites par des éléphants et de mettre en place des équipes bien formées qui s’occuperaient rapidement d’éléphants problématiques afin de gérer le conflit entre homme et animal.

Pour remonter le moral des agents travaillant dans les parcs, la stratégie compte leur offrir des bourses pour des études universitaire en gestion de la faune, maintenir un meilleur réseau de renseignement pour combattre le braconnage (dont des primes en cas d’arrestation), donner de meilleures perspectives d’avancement professionnel et un matériel supérieur dans les coins abritant plus de 100 éléphants.

Des corridors à faune entre pays concernés sont également prévus pour permettre aux éléphants de migrer plus facilement d’un territoire à un autre.

De tels corridors sont déjà en cours de réalisation entre le Ghana et le Burkina Faso et entre le Mali et le Burkina Faso. L’accord devrait, espère-t-on, inciter à la création de nombreux autres corridors dans la région.

Les experts maintiennent que ces corridors sont essentiels à la survie des éléphants d’Afrique de l’ouest. Ces voies permettent aux populations fragmentées de trouver alimentation et des sources d’eau, ainsi que de se mélanger génétiquement.

Notes aux éditeurs

La Huitième réunion de la Conférence des parties à la Convention sur les espèces migratrices et la faune sauvage se tient au siège du PNUE du 20 au 25 novembre 2005.

Plus de 90 pays sont aujourd’hui membres de la Convention qui est également appelée la Convention de Bonn ou la CMS.

Les documents officiels de la réunion sont disponibles sur le site de la Convention : www.cms.int

Pour plus d’information sur l’éléphant d’Afrique, y compris la situation en Afrique de l’ouest, consulter le site du Groupe spécialisé sur les éléphants africains de la Commission de l’IUCN pour la sauvegarde des espèces : http://www.iucn.org/afesg

La Stratégie pour la Conservation de l’éléphant d’Afrique de l’ouest qui accompagne le protocole d’accord signé aujourd’hui est disponible en ligne (en anglais) : http://iucn.org/afesg/tools/pdfs/str_afw0503_en.pdf

Les populations d’éléphants sont classées sous quatre catégories différentes : nombre certain, nombre probable, nombre possible ou nombre spéculatif. Consulter le dernier Rapport sur l’état de l’éléphant sur http://www.iucn.org/afesg/aed/aesr2002.html

A titre d’exemple, au Burkina Faso, le nombre d’éléphant est catégorisé ainsi : 2,091 éléphants certains, 833 probables, 1,059 possibles et l’on spécule sur aucun.

Par contre, selon les estimations, Sierra Leone ne compte aucun éléphant ‘certain’, 0 probables, 5 possibles et 205 qui tombent sous la catégorie des spéculations.

Pour en savoir plus, veuillez contacter Nick Nuttall, porte-parole du PNUE, Bureau du Directeur exécutif, au Tel: 254 20 623084, Mobile: +254 733 632755 ou +41 79 596 5737, courriel: nick.nuttall@unep.org

Si une réponse ne vous parvient pas immédiatement, veuillez contacter Elisabeth Waechter, Chargée des relations presse et de l'information au PNUE, au Tel: 254 20 623088, Mobile: 254 720 173968, courriel: elisabeth.waechter@unep.org

Pour plus d’information sur la Convention sur les espèces migratrices, pendant la conférence, contacter Veronika Lenarz, CMS Information, au Mobile: 254 (0) 724259762 ou par courriel: vlenarz@cms.int

A l’IUCN, contacter Anna Knee ou Andrew McMullin, Species Programme Communications Officers; tel : +41 22 999 0153, courriel: anna.knee@iucn.org; Andrew.mcmullin@iucn.org

Communiqué de presse du PNUE 2005/58