Communiqués de presse - Janvier 2006 - Un nouveau rapport du PNUE présente l’argument économique pour la conservation des coraux et des mangroves. - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Un nouveau rapport du PNUE présente l’argument économique pour la conservation des coraux et des mangroves.

Cambridge/ Nairobi, le 24 janvier 2006 - La valeur économique et la fonction de maintien de la vie des récifs coralliens et des mangroves sont mises en relief dans un nouveau rapport du programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Le rapport souligne le rôle essentiel que ces éléments naturels jouent, promouvant le tourisme, refoulant l'érosion côtière et servant de pépinières aux poissons, y compris ceux qui font l'objet d'un commerce (pour aquarium) qui s'élève à des millions de dollars.

Le rapport met en évidence le fait que les coraux et les mangroves absorbent 90 pour cent de la force d'impact des vagues.

Il y est également souligné que les conserver représente un petit prix à payer comparer aux coûts associés à leur destruction et à la substitution de leur rôle par des structures humaines.

Le rapport révèle que:

•  Les récifs coralliens rapportent entre 100.000 et 600.000 dollars américains par kilomètre carré par an

•  Afin de les préserver, il faut juste $775 par kilomètre carré par an, déduits des frais de gestion d'un parc marin.

•  Les coûts d'installation de brise-lames artificiels faits de tétrapodes en béton autour de Malé, aux Maldives, s'élevaient à $10 millions par kilomètre. Ceci a été entrepris après la dégradation du récif naturel.

•  En Indonésie, un hôtel dans l'ouest du Lombok a dépensé, en moyenne, $125.000 par an sur sept ans pour réhabiliter sa plage longue de 250 mètres, suite à l'érosion causée par l'exploitation du corail en mer.

Ces conclusions sont tirées de la publication intitulée In the Front Line: Shoreline Protection and other Ecosystem Services from Mangroves and Coral Reefs (En première ligne: La protection du littoral et les autres services des écosystèmes rendus par les mangroves et les récifs coralliens).

Il a été produit par le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE-WCMC) en collaboration avec le Réseau international d'action sur les récifs coralliens (ICRAN) et l'IUCN- l'Union mondiale pour la conservation de la nature.

L'étude montre à quel point les récifs coralliens et les mangroves sont en voie de disparition rapide. Près d'un tiers des coraux ont déjà disparu et on estime une perte de 60 pour cent d'ici 2030. Plus d'un tiers des zones de mangroves ont été détruites et leur taux de perte est supérieur à celui des forêts tropicales.

Klaus Toepfer, le directeur exécutif du PNUE, a remarqué : « Jour après jour, à travers les océans et les mers du monde, la nature génère des revenus et des modes de substances pour des millions, voir des milliards de personnes ».

« La tragédie du tsunami qui a frappé l'Océan indien en décembre 2004 a mis au premier plan le débat sur les capacités de maintien de la vie des récifs et des mangroves sains. Mais ce rapport va plus loin, soulignant que leur importance économique, culturelle et sociale va au delà de tels événements extrêmes, a-t- il ajouté. »

« J'espérer que les réalités financières contenues dans cette étude transformeront radicalement l'attitude et le comportement des gouvernements, de l'industrie, des autorités locales et des individus, de sorte qu'ils apprécient davantage et conservent mieux ce capital naturel ; afin qu'ils réfléchissent à deux fois à la pollution, aux changements climatiques, au développement peu raisonable et à d'autres pratiques préjudiciables qui minent rapidement la base économique de tant de communautés côtières à travers le monde, » a dit M. Toepfer.

Jon Hutton, le nouveau directeur entrant du PNUE-WCMC, a ajouté que « cette étude est importante car elle donne non seulement des valeurs réelles aux services de la nature, mais illustre également l'importance critique de la collecte, du stockage et de l'analyse de données qu'entreprend le PNUE au nom du monde".

Le rapport est lancé à la veille de la 9ème Session extraordinaire du Conseil d'administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l'environnement qui se tiendra à Dubai (Emirats Arabes Unis) en début février et lors duquel les ministres de l'environnement du monde entier débattront des questions clés que sont l'énergie et le tourisme, tous deux liées, directement ou indirectement, aux services des écosystèmes comme les récifs coralliens et les mangroves.

Valorisation des récifs coralliens et des mangroves côtières

Aujourd'hui, grâce à des études novatrices telle que L'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire publiée l'année dernière, les experts réalisent davantage la valeur des marchandises et des services que les coraux et les mangroves fournissent.

Le nouveau rapport note que l'économie des services des écosystèmes est encore à ses débuts et que les évaluations actuelles peuvent sous estimer leur juste valeur.

Il signale toutefois que les études montrent que la plupart des bénéfices tirés des récifs coralliens et des mangroves résultent de la pêche, de l'exploitation du bois pour la construction et le chauffage, du tourisme et de la protection du littoral.

Le rapport souligne également que les chiffres au niveau national varient considérablement et que les différents services offerts par ces écosystèmes peuvent avoir des valeurs nettement différentes.

Néanmoins, la valeur économique totale des récifs est estimée de $100.000 à $600.000 par kilomètre carré par an, alors que celles des mangroves s'élève à plus de $900.000 par kilomètre carré par an.

En Indonésie, on estime que les récifs, qui sont exploités essentiellement à des fins touristiques, ont une valeur de « $1 million par kilomètre carré, selon le coût de maintien des plages sablonneuses ».

« Des valeurs semblables ont été calculées pour les Caraïbes, allant de $2.000 à $1 million. Les valeurs les plus élevées ont été enregistrées dans les secteurs fortement dépendant du tourisme », note le rapport.

A Samoa américaine, les chercheurs estiment que les mangroves valent un peu plus de $100.000 par kilomètre carré, soit $50 millions par année. En Thaïlande, le chiffre est encore plus élevé : la valeur des mangroves est évaluer à $3.5 millions par kilomètre carré.

La protection des zones côtières

La capacité des récifs coralliens de protéger la côte des vagues et des tempêtes varie d'un endroit à un autre et dépend de la topographie et de la taille du récif.

Néanmoins le rapport estime qu'un récif corallien typique peut absorber 90 pour cent de la force d'impact d'une vague, protégeant ainsi le littoral et les infrastructures contre l'érosion et les dégâts.

Des études du Sri Lanka indiquent qu'un kilomètre carré de récif corallien prévient annuellement contre l'érosion de 2.000 mètres cubes du littoral.

Selon le rapport, les mangroves dispersent les vagues grâce à la résistance qu'exercent leurs racines et leurs tiges multiples. L'énergie d'une vague peut être réduite de 75 pour cent lorsqu'elle passe à travers 200 mètres de mangroves.

De la pêche jusqu'a la commercialisation des poissons d'aquarium : d'autres marchandises et services importants

La majorité des quelques 30 millions de petits pêcheurs dans le monde en voie de développement est dépendante, à différents degrés, des récifs coralliens.

Aux Philippines, par exemple, plus d'un million de petits pêcheurs dépendent directement des récifs coralliens pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Le rapport estime que la pêche dans les récifs rapporte entre $15.000 et $150.000 par kilomètre carré par an. C'est souvent le cas dans des régions du monde où de nombreuses personnes vivent avec moins de deux dollars par jour.

En Asie du sud-est, la pêche dans les récifs apporte presque $2.5 milliards annuellement et dans les Caraïbes, $310 millions par an.

En général, les poissons de récif représentent un quart de la pêche mondiale, soit une source d'alimentation pour un milliard de personnes.

Environ 1,5 à deux millions de personnes en Europe et en Amérique du Nord ont des aquariums. La grande majorité des poissons et des autres espèces marines qui alimentent ce commerce proviennent de récifs coralliens.

Le rapport estime que le Sri Lanka, par exemple, gagne un peu plus de $5.5 millions par an de telles exportations, permettant ainsi à près de 50 000 personnes de subvenir à leur besoin.

« Le fait que le commerce des poissons d'aquarium est de haute valeur mais de faible volume signifie qu'il pourrait, si bien géré, subvenir aux besoins de beaucoup plus de personnes. Un kilo de poissons d'aquarium valait presque $500 en 2002 contre $6 pour un kilo de poissons d'alimentation, » note le rapport.

Les mangroves sont également importantes pour la pêche. En moyenne, 75 pour cent des crevettes récoltées commercialement au Queensland (Australie) dépendent des mangroves.

Une forêt de mangrove de 400 kilomètres carrés à Matang (Malaisie) produit une pêche d'une valeur de $100 millions par an. Les mangroves de Matang génèrent des revenus supplémentaires en fournissant, chaque année, des produits de sylviculture d'une valeur de $10 millions.

Les organismes marins contiennent souvent des composés pharmaceutiques utiles. A ce jour, les organismes de récif ont jusqu'ici révélé un agent anticancéreux et aujourd'hui promettent de grandes avancées dans le traitement du VIH.

En 2000, les bénéfices annuels nets du tourisme de plongée dans les Caraïbes s'élevaient à un peu plus de $2 milliards, dont $625 millions rapportés directement par les activités de plongée dans les récifs.

 

Notes aux éditeurs

Le rapport complet - In the Front Line: Shoreline Protection and other Ecosystem Services from Mangroves and Coral Reefs” (En première ligne: La protection du littoral et les autres services des écosystèmes rendus par les mangroves et les récifs coralliens) est disponible en ligne sur : www.unep-wcmc.org/resources/PDFs/In_the_front_line.pdf (en anglais seulement). Il est également en vente au prix de $25 sur : www.earthprint.com et www.iucn.org

Pour en savoir plus sur la 9ème Session extraordinaire du Conseil d'administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l'environnement : www.unep.org/gc/gcss-ix/french

La troisième Conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles se tiendra du 23 au 28 janvier 2006, au siège de l'UNESCO à Paris. Elle se penchera sur les obstacles qui entravent l'implémentation des cibles internationales relatives aux océans, aux côtes et aux petits états insulaires en développement. Pour en savoir plus : www.globaloceans.org/paris3

Pour des informations supplémentaires sur les organisations qui ont contribué à la réalisation de ce rapport, veuillez consulter www.unep-wcmc.org , www.iucn.org et www.icran.org

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter: Nick Nuttall, porte-parole du PNUE, Bureau du Directeur exécutif, au Tel: 254 20 623084, Mobile: +254 733 632755 ou +41 79 596 5737, courriel: nick.nuttall@unep.org ou Robert Bisset, porte-parole du PNUE en Europe, Tel: 33 1 44377613, Mobile: 33 6 22725842, courriel: robert.bisset@unep.fr .

Si une réponse ne vous parvient pas immédiatement, veuillez contacter Elisabeth Waechter, Chargée des relations presse et de l'information au PNUE, au Tel: 254 20 623088, Mobile: 254 720 173968, courriel: elisabeth.waechter@unep.org .

Communiqué de presse du PNUE 2006/05F