Communiqués de presse - Février 2006 - Réduire la pollution atmosphérique pour en avoir considérablement plus pour son argent - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Réduire la pollution atmosphérique pour en avoir considérablement plus pour son argent

Les bénéfices économiques touchent aussi bien la santé publique que les cultures, les forêts et d’autres services clés de la nature, note le dernier Annuaire de l’avenir de l’environnement mondial – GEO 2006

Dubai/Nairobi, le 7 février 2006 – Les pays et les villes qui adoptent des mesures pour combattre la pollution atmosphérique réaliseront des économies considérables, affirme le dernier Annuaire de l’avenir de l’environnement mondial – GEO 2006.

Ils profiteront d’une baisse de la mortalité prématurée, de soins de santé plus abordables et d’une réduction du nombre de personnes affectées par des maladies liées à la pollution.

Ils bénéficieront également du fait que l’agriculture et les écosystèmes tels que les forêts, seront moins endommagés et que des polluants corrosifs atteindront moins les infrastructures publiques.

La production et la consommation d’énergie est une source importante de pollution atmosphérique. En général, les bénéfices économiques associés à la lutte contre la pollution atmosphérique pourraient atteindre jusqu’à six fois plus que l’introduction de mesures de réglementation de la pollution issue des usines, des centrales électriques et des voitures, déclare l’Annuaire.

Ces conclusions sont tirées du travail de l’Agence américaine de protection de l’environnement (US EPA) et d’une analyse des expériences de Mexico City (Méxique) et de Santiago (Chili).

La EPA, par exemple, estime qu’entre 1990 et 2010, les bienfaits de la Clear Air Act des Etats-Unis (loi en faveur d’une atmosphère propre) représenteront 690 milliards de dollars.

L’évaluation de Santiago a estimé la valeur des bénéfices financiers associés à l’implémentation du Plan de décontamination de Santiago à 4 milliards de dollars en 15 ans.

Un nouveau rapport de la Commission Européenne, visant à identifier le moyen d’améliorer la qualité de l’air d’ici 2020, est arrivé à des conclusions semblables.

La Commission estime qu’en versant 7 milliards d’euros dans la lutte contre la pollution atmosphérique, 42 milliards seront gagnés grâce à une réduction des décès prématurés, des maladies, des admissions hospitalières et à une amélioration de la productivité au travail.

Selon l’étude de la Commission, « Bien qu'il n'existe pas de méthodologie reconnue pour évaluer la dégradation des écosystèmes en termes monétaires, la réduction de la pollution atmosphérique aura également des répercussions positives notables du point de vue des risques et de la superficie des écosystèmes susceptibles d'être endommagés par l'acidification, l'eutrophisation et l'ozone. »

Elle évalue qu’atteindre de nouvelles cibles réduira de 0,3 milliards d’Euro les répercussions annuelles aux cultures agricoles chaque année.

La problématique liée aux coûts et bénéfices du combat contre la pollution atmosphérique associée à l’énergie est mis en lumière dans l’Annuaire de l’avenir de l’environnement mondial, édition 2006, (GEO Year Book 2006) publié par le PNUE.

L’Annuaire GEO, qui cette année se penche sur l’énergie et la pollution atmosphérique, sera présenté aujourd’hui aux ministres de l’environnement participant à la Session extraordinaire du Conseil d’administration du PNUE/ Forum ministériel mondial sur l’environnement qui se tient cette semaine à Dubai (Emirats arabes unis).

L’énergie est une des questions clés en cours de discussion. A l’ordre du jour également : le tourisme et le moyen de réaliser le Plan stratégique de Bali, qui vise à améliorer la capacité et les technologies disponibles dans les pays en voie de développement afin qu’ils puissent répondre aux défis environnementaux croissant.

Klaus Toepfer, Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : « Le monde réclame à grands cris plus d’énergie, afin de sortir des populations de la pauvreté et de réaliser les Objectifs de développement pour le Millénaire convenus internationalement. Mais nous savons que nous ne pouvons pas compter sur les structures énergétiques du passé, si notre but est un monde sain et un environnement stable. »

« Nous devons urgemment diversifier la base de production d’énergie et d’électricité du monde, nous devons promouvoir l’efficience énergétique, encourager l’utilisation plus efficiente et propre de combustibles fossiles et des renouvelables, et nous devons apporter le courant aux zones rurales, ajoute-t-il. »

« Les gouvernements doivent établir une conjoncture qui permette à chacun, qu’il soit du milieu des affaires et de l’industrie, de la municipalité ou des syndicats, ou encore simple citoyen, de jouer un rôle. Les bénéfices, comme le montre le nouveau Annuaire GEO, sont potentiellement énormes, touchant à la santé, à l’environnement, à une gestion améliorée des ressources naturelles, à une réduction des risques du changement climatique et, enfin et surtout, à une meilleure sécurité aux niveaux des foyer, des régions et des nations. »

Les conclusions clés de l’Annuaire GEO 2006

Les indicateurs GEO, qui présentent un aperçu de l’évolution de la gestion de notre habitat planétaire, corroborent deux conclusions importantes : la croissance des émissions de gaz à effet de serre engendre des changements à l’écosystème, tels que l’accélération de la perte en épaisseur des glaciers, et l’exploitation accrue des ressources halieutiques entraînant une pénurie certaine.

Ils indiquent cependant que des résultats positifs avaient été réalisés lorsque des mesures avaient été prises. La consommation mondiale de chlorofluorocarbones, par exemple, continue de baisser, alors que les zones de la Terre qui offrent une forme de protection environnementale de la biodiversité continuent de se multiplier.

L’Evaluation des écosystèmes du Millénaire, complétée en 2005, a conclu que près de 60 pour cent des services des écosystèmes évalués étaient dégradés ou exploités de manière non durable. A peu près 25 pour cent des ressources halieutiques commercialement importantes étaient surexploitées et jusqu’à 25 pour cent de l’utilisation mondiale d’eau douce dépasse les réserves disponibles à long terme.

Entre 1961 et 2001, suite à la croissance des populations et des revenus, la consommation de poissons a plus que triplé, allant de 28 à 96 millions de tonnes. Une grande proportion des ressources halieutiques étant déjà surexploitée, un grand nombre de pays se tournent vers la pisciculture en mer pour répondre à la demande grandissante de poissons et de crustacés.

L’élevage de poissons marins pourrait répondre à la demande croissante, mais des pratiques durables sont nécessaires pour minimiser les répercussions négatives sur l’environnement déjà enregistrées. Des engrais, des aliments pour animaux non digérés, des déchets biologiques et des médicaments vétérinaires utilisés dans la culture de poissons marins sont déversés dans les océans et les voies d’eau avoisinantes. La pisciculture favorise également la propagation de maladies et de parasites, ainsi que celle d’espèces invasives, dans le cas de poissons évadés.

Les changements climatiques affecteront certainement la production alimentaire. Bien que l’impact net mondial soit difficile à prédire, on prévoit que de nombreux pays en voie de développement dans des zones tropicales pourraient subir des difficultés climatiques supplémentaires et la pluviosité pourrait varier davantage.

La mitigation des changements climatiques est nécessaire pour éviter les impacts négatifs sur la production mondiale de nourriture, mais des mesures d’adaptation sont également essentielles, puisqu’un certain degré de changement climatique est inévitable. Une « Révolution verte au niveau planétaire », centrée sur des technologies agricoles et des cultures mieux adaptées à des conditions environnementales en évolution, pourrait aider à mitiger les impacts négatifs.

Les conclusions clés relatives à l’énergie et la pollution tirées de l’Annuaire GEO 2006

Deux tiers de la croissance future de la demande énergétique proviendront certainement des pays en voie de développement où au mois 1,6 milliards de personnes sont sans courant à domicile.

Plus de la moitié des habitants des pays en développement dépendent toujours de biocarburants, y compris le bois, la bouse et les déchets agricoles, pour cuisiner et se réchauffer, et souvent dans des lieux clos.

Dans les foyers, entre 10 et 20 pour cent des carburants utilisés pour nourrir des cuisinières à biomasse reste incinérés, libérant dans l’air une grande variété de polluants nocifs.

Mondialement, la pollution atmosphérique d’intérieur causée par des carburants tels que le charbon est classée parmi les 10 grandes causes de mortalité (et de décès anticipés), aux côtés des rapports sexuels non protégés, de l’hypertension et du paludisme.

La pollution atmosphérique d’intérieur pourrait être à l’origine de 2,4 millions de décès prématurés par année.

Les polluants atmosphériques les plus importants, à l’intérieur comme à l’extérieur, sont de fines particules associées aux problèmes respiratoires et aux crises cardiaques.

Dans les foyers brûlant de la biomasse, la teneur en particules atteint 300 à 3,000 microgrammes par mètre cube. La directive de l’Union Européenne conseille 40 microgrammes par mètre cube.

Des études entreprises dans des villes d’Asie indiquent que 18 d’entre elles ont des concentrations de particules supérieures à la limite prescrite par l’UE.

La marche à suivre

L’Annuaire GEO maintient qu’une amélioration importante de l’efficacité est possible dans la génération conventionnelle d’énergie.

Les centrales électriques traditionnelles perdent 40 à 65 pour cent de l’énergie produite sous forme de chaleur.

Des centrales qui allient production d’électricité et de chaleur pourraient réduire ces pertes, en utilisant une partie de la chaleur égarée pour alimenter des processus industriels ou des projets de chauffage au niveau de la municipalité.

De nombreuses autres technologies existent pour réduire les émissions nocives. Par exemple, des « filtres en tissu et des précipitateurs électrostatiques » utilisés dans l’industrie et le secteur de production électrique peuvent réduire de 99 pour cent les particules dans l’air.

L’Annuaire suggère également que les renouvelables, telles que l’éolienne, le solaire et les carburants et l’électricité issus de la biomasse, sont déjà compétitifs par rapport aux combustibles fossiles, tels que le charbon et le pétrole, si leurs bénéfices sur l’environnement, la société et la sécurité énergétique sont pris en considération.

L’édition 2006 de GEO met également en exergue les succès réalisés dans l’approvisionnement d’électricité aux zones rurales, grâce aux systèmes hydroélectriques micro et mini. Au Népal, par exemple, 150 petites centrales hydroélectriques produisant deux mégawatts d’électricité approvisionnent 15 000 familles.

Le biogaz, qui est généré lors de la digestion anaérobique de déchets tels que la bouse de vache, est également une histoire à succès au Népal. Cent dix milles usines biogaz ont été installées pour alimenter les foyers, et 20 000 autres sont construites annuellement par des sociétés privées.

Le succès du programme découle de designs simples et facilement répliqués, ainsi que d’un service après vente fiable, d’incitations financières pour petites entreprises et de subventions de jusqu’à 150 dollars par foyer, appuyées de programmes de micro crédit abordables.

L’Annuaire note que des combustibles plus propres, tels que le gaz liquide et le kérosène, peuvent assurer une meilleure qualité de l’air intérieur dans les pays en développement. Cela pourrait à son tour engendrer des gains importants relatifs à la santé de groupes vulnérables, des femmes et des enfants en particulier.

Une évaluation des différents carburants utilisés en lieux clos montre qu’incinérer les déchets de produits agricoles libère près de 100 fois plus de particules que l’utilisation de carburants propres comme le kérosène et le gaz liquide.

Dans le transport, des normes plus strictes régissant les véhicules lourd en Europe sont en cours de discussion et pourrait mener à une réduction importante de la teneur atmosphérique en polluants, dont une baisse de 50 à 90 pour cent des particules et de l’oxyde d’azote.

Des mesures encore plus strictes sont en voie d’être adoptées dans les pays en développement et une grande partie de l’Amérique latine et l’Asie est en voie d’atteindre les nouvelles cibles, moins sévères mais toutes aussi importantes et semblables aux cibles précédentes adoptées par l’Union Européenne pour 2010.

Des villes comme Delhi et Bangkok, par exemple, ont converti des parcs entiers de voiture à la consommation de carburants plus propres comme le gaz naturel compressé ou le gaz liquide.

De nouvelles technologies, telles que les voitures hybrides, peuvent également jouer un rôle. Les premières voitures du genre, introduites au Japon à la fin des années 1990, ont améliorées la consommation pétrolière de 11 km par litre. Les plus récentes l’ont porté à 22 km par litre.

Il en ressort également un intérêt renouvelé pour le mélange de l’éthanol et des biodiesels issus de produits agricoles avec du pétrole et du diesel pour réduire les gaz d’échappement. L’éthanol représente aujourd’hui presque 45 pour cent du pétrole consommé au Brésil. Aux Etats-Unis, près du tiers de la gazoline vendue est un mélange éthanol.

L’Afrique cependant, reste un continent inquiétant, où il n’existe pas du tout ou quasiment pas de normes régissant les émissions, affirme l’Annuaire GEO 2006. Le progrès le plus important réalisé récemment a été l’élimination du pétrole à plomb, complété en fin 2005.

Notes aux éditeurs

L’Annuaire de l’avenir de l’environnement mondial - GEO 2006, la troisième édition de cette série annuelle, est en vente à la bibliothèque en ligne du PNUE – www.earthprint.com. Il est également disponible à télécharger : www.unep.org/geo/yearbook

Le livre est l’œuvre de plus de 140 experts d’à travers le monde.

Pour en savoir plus sur la Neuvième Session extraordinaire du Conseil d’administration du PNUE / Forum ministériel mondial sur l’environnement , veuillez consulter : www.unep.org/gc/gcss-ix/french

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter: Nick Nuttall, porte-parole du PNUE, Bureau du Directeur exécutif, au Tel: 254 20 623084, Mobile: +254 733 632755 ou +41 79 596 5737, courriel: nick.nuttall@unep.org.

Si une réponse ne vous parvient pas immédiatement, veuillez contacter Elisabeth Waechter, Chargée des relations presse et de l'information au PNUE, au Tel: 254 20 623088, Mobile: 254 720 173968, courriel: elisabeth.waechter@unep.org.

Communiqué de presse du PNUE 2006/07fr