Communiqués de presse - Mars 2006 - La sauvegarde de la diversité biologique devient une quête sacrée - United Nations Environment Programme (UNEP)
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La sauvegarde de la diversité biologique devient une quête sacrée

Curita/Nairobi, le 18 mars 2006 – Une initiative internationale qui a pour objectif de conserver des sites historiques sacrés a été lancée aujourd’hui dans la certitude du rôle majeur que peuvent jouer ces lieux de grande importance culturelle pour la sauvegarde de la biodiversité.

Les experts ont identifié plusieurs sites pilotes d’importance mondiale. L’un de ces écosystèmes se trouve dans le désert de Chihuahuan au Mexique, où, selon la légende, le soleil serait né, alors qu’un deuxième est constitué d’un ensemble de cavernes à crânes dans la forêt de Kakamega, vénérées par les peuples Taita et Luhya du Kenya.

Les autres sites sont: le Mont Ausangate des majestueuses Vilcanota péruviennes; le lieu cérémonial de Puntayachi à Cayanpi, une région équatorienne riche en biodiversité; un archipel en Guinée Bissau dont les plages et les mangroves ne sont utilisées que pour des rituels; des bosquets sacrés associés à des traditions artistiques et agricoles dans le district indien de Kodagu en Inde.

Le projet, qui bénéficie de l’appui de plusieurs organisations, y compris le Programme des Nations Unies pour l’environnement et certaines associations de populations autochtones, telle que la fondation créée par la guatémaltèque Rigoberta Menchu (lauréate du prix Nobel de la paix) , a obtenu une source de financement préliminaire du Fonds pour l’environnement mondial, un fonds de développement de plusieurs milliards de dollars.

De nombreuses autres institutions qui y sont associés (organisations écologiques, agences onusiennes et gouvernement, dont le Mexique), se sont engagées à mobiliser les 1,7 millions de dollars requis pour lancer les efforts sur le terrain.

Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : « La corrélation entre la diversité culturelle et la diversité biologique, entre la vénération du territoire et d’un site et une grande variété de plantes et d’animaux souvent uniques, est de plus en plus évidentes. »

« Malheureusement, les sites sacrés sont également menacés et il nous faut agir urgemment pour aider les populations locales, autochtones et traditionnelles à sauvegarder leur patrimoine; ce qui favorisera la préservation de la diversité biologique et génétique dont nous dépendons tous, ajoute-t-il. »

Au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud) en 2002, les gouvernements se sont engagés à inverser la tendance à la déperdition de la diversité biologique d’ici 2020.

« Conserver les sites sacrés et leurs richesse biologique peut contribuer de manière significative à atteindre l’objectif de 2010 et, peut-être, servir de modèle aux régions, voisines et lointaines, en terme de reproduction de méthodes de gestion saines et durables, note M. Toepfer. »

Mme Menchu a déclaré : « Cela peut paraître accidentel, mais ce n’est pas par accident, que là où vivent des populations autochtones, se trouve également une diversité biologique extrêmement variée, la diversité du monde naturel. Les systèmes complexes établis par les populations autochtones reposent sur des valeurs fondées sur la nature, morale, spirituelle et sacrée, qui lient nos peuples à l’ensemble de l’œuvre de la création. »

« C’est pour cette raison que nous exigeons une reconnaissance formelle de nos efforts de préservation, nos territoires protégés, nos lieux sacrés, des valeurs morales sur lesquelles reposent nos modes de vies, ajoute t-elle. »

Gonzalo Oviedo de l’IUCN (Centre pour la conservation de la nature), une des organisations associées à l’initiative, a déclaré : « Les sites naturels sacrés sont des lieux naturels auxquels les populations autochtones et traditionnelles accordent une signification spirituelle ou culturelle particulière. Ce sont des montagnes, des forêts, des îles ou des oasis dans le désert; des lacs, des rivières ou des bosquets. »

« Les communautés qui gèrent de tels sites ont fait de nombreux efforts au niveau local pour améliorer les perspectives d’avenir de ces sites, mais à ce jour, l’action mondiale est loin du niveau nécessaire pour assurer leur fortune à l’échelle mondiale. Cette initiative vise à cimenter une vaste alliance et attirer l’attention internationale sur ce domaine largement négligé, ajout-t-il. »

Le projet, intitulé Conservation de sites naturels sacrés riches en biodiversité, sera dévoilé lors de la 8ème Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique qui se tient à Curitiba (Brésil) du 20 au 31 mars.

De nombreuses initiatives associant populations autochtones et diversité biologique y sont prévues, y compris l’annonce d’un second projet portant sur la sauvegarde de la diversité biologique et culturelle des îles tropicales de Palau, des îles Salomon et Vanuatu dans le Pacifique.

Le réseau pilote de sites sacrés

Afrique

Le Boloma-Bijagos est un archipel de 88 îles en Guinée-Bissau, qui présentent plusieurs habitats riches et variés, allant de forêts arides et semi-arides, aux savanes côtières et aux bancs de sable.

Il s’étend sur 100 000 hectares, réputés pour l’abondance de crustacés, mollusques et poissons, ainsi que d’animaux tels que le crocodile du Nile et des hippopotames.

La communauté Bijagos observe diverses règles. L’accès à certaines zones, par exemple, est interdit ou limité à ceux qui ont « accompli leur devoir rituel ». Au sein de plusieurs sites, certaines activités sont défendues, y compris les rapports sexuels, l’enterrement, faire couler du sang ou construire des établissements permanents.

« Ces pratiques traditionnelles des Bijagos qui limitent périodiquement le libre accès à certains lieux et ressources naturelles assistent efficacement à protéger la faune et la flore des sites. Une coïncidence intéressante est que les sites les plus appréciés pour leur richesse biologique sont également les plus sacrés, » explique M. Oviedo.

Deux sites ont été identifiés au Kenya : les sites rituels de Tiriki à l’ouest et les cavernes à crânes de Taita, dans la province côtière.

Le site de Tiriki attire particulièrement le monde scientifique depuis longtemps, du fait qu’il constitue les vestiges d’une forêt tropicale humide disparue.

Les experts soupçonnent que les sites cérémoniaux recèlent des plantes et des espèces animales uniques qui ont bénéficié de la protection des aînés du clan et des coutumes et croyances traditionnelles.

Ils comptent répertorier toutes les plantes, tous les oiseaux et les reptiles qui s’y trouvent, et entreprendre des études socio-culturelles des communautés locales. En collaboration avec le Musée national du Kenya, il est également prévu de dresser une liste des sites clé afin d’évaluer leurs potentiels du point de vue de l’écotourisme.

Les cavernes à crânes de Taita se situent dans le Eastern Arc, un des « points chauds » de la biodiversité et l’habitat de nombreuses espèces uniques et rares, de café par exemple.

C’est dans ces cavernes, appelées Tango par les habitants de la région, que reposent les crânes des mâles et hautes personnalités de la tribu. Les innombrables rites et tabous associés aux cavernes ont permis de préserver quelques petits mais importants trançons de forêts indigènes au sommet de collines, comme Mbololo et Chawia.

Asie

Le district de Kodagu à l’ouest de Ghats dans l’Etat de Karnataka, en Inde, pourrait être appelé la capitale mondiale des bosquets. Ces bosquets abritent également la plus riche diversité biologique de la région.

Le district est caractérisé par des forêts denses, des jardins de fleurs sur les versants des montagnes et des rizières dans les vallées. Ces bosquets sacrés et ces étendues d’eau sacrées sont au cœur des modes de subsistances et des rituels associés à l’agriculture des populations autochtones de la région.

Le système de tenure des bosquets est unique, et bien que le Département des forêts de l’Etat en détient les titres de propriété, des initiatives récentes du gouvernement ont spécifiquement reconnu le rôle des populations autochtones dans la gestion des bosquets sacrés.

Amérique latine

Le projet a identifié trois sites pilotes au Mexique. Wirikuta se situe dans le Chihuahuan au Mexique, un des déserts les plus riches et variés en biodiversité du monde, égalé uniquement par le Namib-Karoo de l’Afrique australe et le Grand désert de sable d’Australie.

On dit que le soleil est né à Wirikuta, une région qui couvre 140 000 hectares et qui abrite 70 pour cent des oiseaux et 60 pour cent des mammifères du désert.

Elle se trouve à la limite orientale du pèlerinage annuel des Huichoi « jicareros », au cours duquel les novices consomment le cactus sacré qui leur permet de communiquer avec les dieux et leurs ancêtres.

Le tourisme incontrôlé, l’agriculture, la surexploitation des nappes phréatiques, la chasse et le trafic illégal des espèces sauvages représentent tous une menace grave pour le site.

L’île de Tiburon (ou Taheojc) se situe dans le Golfe de la Californie (Mexique), dans une région appelée le « désert sarcocaulescent ». L’île est riche en espèces sauvages, dont les arbres et les arbustes de la famille des cercidium, des cerfs, des oiseaux et des invertébrés. Elle abrite les dernières populations Seri du monde.

Le peuple Seri considère que l’île est le centre de leur cosmologie ou vision de l’univers, et leurs légendes parlent d’esprits et de dieux concentrés autour du cœur de l’île. Des problèmes économiques et politiques menacent la mode de vie des Seri et donc cette biodiversité extraordinaire.

Les Cavernes sacrées du vent et de la fertilité est un site de huit kilomètres, vénéré par les peuples Tenek, Nahua et Pame de la région de Huastecan dans l’Etat de San Luis Potosi (Mexique).

Les forêts limitrophes ont été dévastées par les pâturages, ne laissant qu’un petit tronçon qui est un réservoir de plantes médicinales.

La région de Cayambe, situé dans la partie est des Andes équatoriennes, abrite des écosystèmes extrêmement variés, y compris les forêts brumeuses humides, des prairies alpines, et des forêts tropicales humides. C’est également le domaine d’une espèce très menacée d’extinction : le condor d’Equateur.

La région revêt une grande signification spirituelle pour le peuple Cayanpi et d’autres peuples de la région, qui y vénèrent plusieurs montagnes, lacs et rivières. Un des sites sacrés est Puntaychi où les populations autochtones célèbrent les cycles du soleil.

D’autres rites sont associés à l’apparition de la Croix du Sud dans le ciel.

Le Parc spirituel de Vilcanota au Pérou fait partie de la chaîne de montagnes Vilcanota au Sud du pays et est le pays natal des Q’eros.

On y trouve de nombreuses espèces indigènes uniques, y compris des vicunas sauvages, des pumas, l’oie des Andes et des espèces importantes d’arbres.

De nombreux rituels sont liés à la préservation des écosystèmes. Certains d’entre eux ont traits au cacao, à la pomme de terre indigène, aux fleurs sauvages et à l’interdiction d’exploitation de certains pâturages.

Notes aux éditeurs

Pour en savoir plus sur les sites pilotes, veuillez consulter www.unep.org

Des photos peuvent être téléchargées du même site

Une série d’événements relatifs à la biodiversité et aux populations autochtones est prévue en marge de la 8ème Conférence des Parties à la Convention sur la biodiversité : www.biod.org

Pour plus d’information, prière de contacter : Nick Nuttall, le porte-parole du PNUE, Bureau du Directeur exécutif, au Tel : +254 20 62 3084; Mobile: +254 733 632 755, courriel: nick.nuttall@unep.org

En cas d’absence de réponse immédiate, prière de contacter Elisabeth Waechter, Chargé de l’information au Tel: 254 20 623088, Mobile: 254 720 173968, courriel: elisabeth.waechter@unep.org

Communiqué de presse du PNUE 2006/16