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Première station terrestre d'étude de l'ozone et de la pollution en Asie de l'Ouest
En partenariat avec le PNUE le Qatar va aussi installer un centre de recherche sur l'ozone et les technologies respectueuses de l'environnement
8e Conférence des Parties à la Convention de Vienne et 20e Réunion des Parties au Protocole de Montréal
Qatar/Nairobi, 19 novembre 2008 - Une station ultra moderne, capable d'étudier la pollution provoquée par la destruction de la couche d'ozone devrait être établie au Qatar, un des États du Golfe persique.
Cette station, la première de ce type en Asie de l'Ouest, palliera au manque criant d'informations terrestres ou satellitaires dont souffrent les réseaux régionaux et mondiaux d'étude atmosphérique.
Actuellement, les stations de mesure de l'ozone les plus proches sont situées à 800 et 3 340 km de là, respectivement à Ispahan (Iran) et à Nairobi (Kenya).
Les stations de mesure de l'halocarbone les plus proches se trouvent en Europe centrale (plus de 4 000 km) et en Chine (plus de 6 000 km).
Grâce à ce nouveau centre, les scientifiques espèrent déterminer si la couche d'ozone (gaz qui entoure la planète et la protège contre les méfaits des rayons du soleil) se reconstitue après plusieurs décennies d'attaques chimiques.
Dans le cadre du Protocole de Montréal du Programme des Nations unies sur l'environnement (PNUE), plus de 90 % des gaz destructeurs d'ozone ont été progressivement interdits et, d'ici 2060 la couche d'ozone pourrait retrouver son niveau d'origine grâce aux actions passées, actuelles et à venir.
Cependant, c'est uniquement grâce aux observations scientifiques directes que les gouvernements peuvent savoir si ces améliorations sont réelles où s'ils doivent accentuer ou réévaluer leur réponse.
L'établissement d'une nouvelle station terrestre a été décidé à la suite de discussions entre le gouvernement du Qatar, le Secrétariat de l'ozone du PNUE et la Qatar Foundation.
Le gouvernement qatari a annoncé cette décision lors de la réunion du Segment de haut niveau de la 8e Conférence des Parties à la Convention de Vienne et à la 20e Réunion des Parties au Protocole de Montréal.
L'agence spatiale américaine, la NASA, est aussi partenaire du projet.
Cette station permettra aux agences spatiales de valider les données transmises aux chercheurs du monde entier par les satellites d'observation.
Un Centre de recherche sur l'ozone et les technologies respectueuses de l'environnement
Le Qatar a aussi annoncé la mise en place d'un centre mondial d'excellence pour la recherche et le développement de technologies, d'équipements et d'applications qui respectent l'ozone et le climat.
L'année dernière, les gouvernements ont décidé de renforcer leur politique d'interdiction et de remplacement des produits chimiques appelés HFCS, largement responsables du réchauffement mondial.
Les experts estiment que cette interdiction ne sera possible que si l'on élabore de nouveaux gaz, qui participent peu ou pas au réchauffement, associés à des équipements économes en énergie. C'est justement l'objet des recherches de ce nouveau centre.
Le gouvernement et le ministère de l'environnement du Qatar, en partenariat avec le PNUE et son bureau de l'Asie de l'Ouest au Bahreïn, devraient concevoir ce centre et son programme de recherches qui devra être opérationnel d'ici trois à cinq ans.
Achim Steiner, Sous-secrétaire général des Nations unies et Directeur exécutif du PNUE a déclaré : « L'élaboration d'une politique cohérente repose sur des connaissances scientifiques rigoureuses. Nous manquons d'informations sur des sujets aussi sensibles que le climat et l'ozone, ou la présence de particules et d'aérosols dans l'atmosphère dans de nombreuses régions. C'est le cas notamment pour la Sibérie ou de nombreuses régions d'Afrique, comme le bassin du Congo. »
« C'est pourquoi, le fait que le Qatar étudie la situation en Asie de l'Ouest et dans le Golfe, est une bonne nouvelle pour la région et le monde entier. Le gouvernement qatari marque ainsi son engagement dans le développement scientifique mondial grâce à une couverture radar internationale. »
Les données collectées et analysées dans le nouvel observatoire au Qatar seront transmises à différents centres de recherche tels que le Centre mondial des données sur l'ozone et le rayonnement ultraviolet (Canada) ou le Centre mondial des données sur les gaz à effet de serre (Japon) de l'Organisation météorologique mondiale. Elles seront ensuite mises à la disposition de la communauté scientifique mondiale.
Waleed Al-Emadi, un spécialiste de l'ozone au sein du ministère qatari de l'environnement, a déclaré : « Le gouvernement du Qatar s'est engagé dans une politique de développement des connaissances scientifiques qui répond aux défis nationaux et internationaux du 21e siècle.
Cet engagement dans l'étude de l'atmosphère et la recherche de technologies respectueuses de l'ozone et du climat s'inscrit dans le cadre de la diversification de notre économie et devrait constituer la pierre angulaire de la transformation scientifique, culturelle et environnementale du pays. »
La station qatarie d'études atmosphériques
Elle disposera de quatre types d'instruments. D'abord, un spectrophotomètre Brewer MKIII qui sert à mesurer l'ozone, les rayons ultraviolets et les aérosols dont des particules de poussière ou de suie et de petits cristaux comme les sulfates.
La semaine dernière, le PNUE et une équipe internationale de scientifiques ont publié les résultats de leurs recherches sur le nuage brun atmosphérique, une couche de pollution de plus de trois kilomètres d'épaisseur qui s'étend de la péninsule arabique à la Chine et au Pacifique occidental.
Grâce à cet instrument, les chercheurs pourront observer les niveaux d'ozone et toute augmentation éventuelle de sa concentration dans l'atmosphère et obtenir des informations complémentaires sur les nuages bruns et leurs mouvements.
La station sera aussi équipée d'un radiomètre micro-ondes lidar pour surveiller les nuages et les aérosols présents au-dessus du Qatar.
Le troisième appareil est un héliophotomètre Cimel, qui mesure les variations des propriétés de la colonne de vapeur d'eau, de l'ozone et des aérosols.
Le quatrième instrument analyse le couplage chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse, pour calculer les concentrations dans l'atmosphère de produits chimiques et gazeux responsables de la dégradation de la couche d'ozone et du changement climatique, comme les gaz réfrigérants CFC, HCFC, HFC et halocarbones présents dans les mousses et les appareils extincteurs.
Il peut détecter la trace de plus de 40 gaz halogénés présents en toute petite quantité dans l'atmosphère pour une alerte précoce.
Note aux éditeurs
La 20e Réunion des Parties au Protocole de Montréal se déroule au Sheraton Conference and Convention Centre de Doha.
Des documents sont disponibles sur le site ozone.unep.org.
· Les délégués discuteront notamment des substances destructrices d'ozone utilisées dans les réfrigérateurs, les mousses et appareils extincteurs.
Beaucoup de ces produits chimiques détruisent la couche d'ozone et perturbent le climat. Si rien n'est fait, de grandes quantités pourraient être émises dès 2015.
Cela pourrait correspondre à plusieurs milliards de tonnes de CO2 rejetés dans l'atmosphère.
· Les pays étudieront aussi la sixième reconstitution du Fonds multilatéral, qui a déjà consacré plus de 2 milliards de dollars pour que les pays en développement interdisent les produits chimiques dangereux pour l'ozone et les remplacent par d'autres plus inoffensifs.
Le montant de cette reconstitution pourrait s'élever entre 338 millions et 630 millions de dollars, en tenant compte du coût de l'interdiction des HCHC qui peuvent détruire la couche d'ozone et qui contribuent, comme on le sait maintenant, au réchauffement climatique.
Un accord important qui vise à accélérer cette interdiction a été pris lors de la dernière réunion du Protocole de Montréal, tenue dans la ville canadienne qui a donné son nom au traité.
· Certains pays vont encore demander des dérogations pour des produits chimiques comme le bromure de méthyle utilisé dans le traitement des sols contre les ravageurs. Cependant, le nombre de dérogations demandées a diminué de près de 70 % au cours des dernières années.
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