L'Annuaire 2009 du PNUE plaide en faveur d'une économie verte - United Nations Environment Programme (UNEP)
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L'Annuaire 2009 du PNUE plaide en faveur d'une économie verte

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Nairobi, 16 février 2009 - L'Annuaire 2009 du PNUE, lancé aujourd'hui lors d'une rencontre internationale des ministres de l'environnement, souligne l'importance de mettre en œuvre un " New Deal " écologique mondial et l'urgence d'une transition vers une économie verte, faible en carbone et plus économe en ressources.

L'Annuaire, compilé à la demande du Conseil d'administration du PNUE, présente des faits solides et des tendances alarmantes, mais souligne aussi certaines des idées novatrices et transformatrices actuellement pilotées dans les pays développés et dans ceux en développement.

Achim Steiner, secrétaire général adjoint de l'ONU et directeur exécutif du PNUE, a déclaré : " L'Annuaire rappelle à la communauté internationale pourquoi il est urgent de passer à une économie verte ; des dégagements de méthane en Arctique à la réduction des terres agricoles utilisables. "

" Mais de manière optimiste, il mentionne la force des politiques positives : de la façon dont un édifice en Afrique se refroidit passivement en imitant une termitière, en passant par la symbiose industrielle présente dans certaines villes pionnières, qui font cohabiter sur un même site des entreprises et des usines, pour recycler et réutiliser les déchets comme matière première, ce qui permet d'économiser nos ressources naturelles limitées, ainsi que des millions de dollars et la planète ", a-t-il ajouté.

Faits marquants

Déchets

  • La population mondiale génère plus de deux milliards de tonnes de déchets par an. Tous les jours, une personne dans un pays développé jette environ 1,4 kg de déchets solides.
  • Toutefois, la tendance est à la baisse, sans doute grâce à la minimisation des déchets et au recyclage.
  • Les pays en développement, particulièrement ceux dont l'économie croît rapidement, produisent de plus en plus de déchets. Si les tendances se maintiennent, d'ici à 2030, la Chine devrait générer annuellement 500 millions de tonnes de déchets solides, et l'Inde environ 250 millions de tonnes.

Bâtiment et construction

Il y a des avancées positives au sein du secteur du bâtiment et de la construction, et pas des moindres dans le domaine de l'efficacité énergétique, dont les améliorations visent à réduire de 30 à 40 pour cent les émissions mondiales de gaz à effet de serre dans l'environnement bâti.

  • D'après un sondage mondial de la firme McGraw-Hill Construction Analytics, un tiers des professionnels de l'industrie croient que plus de 10 pour cent des constructions résidentielles migrent déjà vers une meilleure gestion des ressources.

  • Plus de cinquante pour cent des autres répondants ont dit que les principes de bonne gestion des ressources seront pris en compte dans 60 pour cent de leurs projets, au cours des cinq prochaines années.

  • Le Canada, la France et le Royaume-Uni sont parmi bon nombre de pays qui ont lancé des programmes pour rendre les bâtiments énergétiquement neutres ; ces bâtiments génèrent autant d'énergie qu'ils en consomment, grâce à des technologies solaires ou de cogénération.

  • Le Royaume-Uni, par exemple, a mis sur pied un accord volontaire visant à réduire de moitié (12,5 millions de tonnes) les déchets de construction voués à l'enfouissement. Il compte recouvrer un milliard de dollars de matières premières.

L'Annuaire souligne comment l'imitation de la nature, le biomimétisme, offre des solutions fascinantes. L'immeuble Eastgate, à Harare au Zimbabwe, possède un système de refroidissement solaire passif imitant une termitière.

Composé de bureaux, de boutiques et d'un parc de stationnement, le bâtiment dépense en moyenne 90 pour cent moins d'énergie qu'une structure comparable : une économie de 3,5 millions de dollars depuis son ouverture dans les années 1990.

La " substitution de matières " est maintenant un domaine de recherche prisé partout dans le monde et c'est à qui produira en premier du ciment et du béton à des températures inférieures à 1000 degrés Celsius.

  • L'Institut de technologie du Massachusetts (MIT) cherche à utiliser des composés de magnésium, un résidu de plusieurs procédés industriels, pour remplacer les silicates de calcium hydratés dans le béton actuel.

  • D'autres se tournent vers des substituts à base de silicone et d'aluminium tirés des cendres de charbon et des scories de fer. Ils permettent de diminuer de 20 pour cent les émissions de C02 issues des cimenteries, tout en utilisant un résidu industriel qui produira un matériau moins sujet à l'érosion. C'est ce genre de bénéfices multiples qui est au cœur de l'Initiative pour une économie verte.

L'écologie industrielle a aussi donné naissance au néologisme " dématérialisation ". On peut simplement expliquer la " dématérialisation " en donnant l'exemple du consommateur qui demande des emballages réduits. Un producteur de coton non blanchi, qui utilise moins de ressources, pourrait même demander un prix plus élevé et très certainement augmenter sa marge de profit.

La symbiose industrielle, aussi connue en Chine sous le nom d'économie circulaire, est un sous-produit de ce concept. Il s'agit de faire cohabiter sur un même site des entreprises et des usines, de manière à ce que leurs déchets servent de matières premières à d'autres entreprises voisines.

  • Plus de 8000 entreprises participent au Programme de symbiose industrielle britannique ;

  • Ce qui a détourné des sites d'enfouissement plus de quatre millions de tonnes de déchets industriels ;

  • Éliminé de l'environnement plus de 350 000 tonnes de résidus dangereux ;

  • Fait économiser plus de neuf millions de tonnes d'eau ; évité l'utilisation de 6,3 millions de tonnes de matières premières vierges ; et réduit les émissions de carbone de plus de 4,5 millions de tonnes ;

  • Généré 208 millions de dollars en nouvelles ventes pour ses membres et leur en a fait économiser 170 millions de dollars ;

  • Chicago, aux États Unis, et Shanghai, en Chine, ont mis sur pied des projets similaires.

Par son initiative d'économie circulaire, la Chine cherche aussi à étiqueter ses produits selon leur consommation de ressources et à punir durement les compagnies qui utilisent des procédés, des matériaux et des techniques inscrits sur la liste noire.

  • Si des produits inscrits sur la liste noire sont utilisés, le gouvernement peut confisquer l'équipement, les matériaux ou le produit, imposer des amendes pouvant aller jusqu'à 30 000 dollars, ou fermer l'entreprise.

  • D'après le plan, les articles importés malgré l'interdiction devront être retournés et une amende allant jusqu'à 150 000 dollars pourrait être imposée.

  • Si l'importateur est inconnu, le transporteur sera chargé de retourner le chargement ou de payer pour en disposer.

  • Les banques et autres institutions financières sont sous l'interdiction de financer les entreprises qui fabriquent, importent ou distribuent, des produits sur la " liste noire ".

Transport

Le transport est responsable de plus de 20 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En 2005, la flotte mondiale était estimée à 650 millions de véhicules routiers ; on prévoit que ce nombre aura doublé en 2030.

  • La ville indienne de Chennai collabore avec la Sustainable Mobility and Accessibility Research and transformation initiative - SMART (initiative sur la recherche et la transformation de la mobilité et de l'accessibilité durables) de l'Université du Michigan aux Etats-Unis pour s'attaquer au double problème économique et environnemental qu'est la congestion et la pollution.

  • Les systèmes ferroviaires et d'autobus seront dotés de la technologie sans fil pour que des milliers d'utilisateurs puissent avoir accès aux ressources informatique et travailler pendant leurs déplacements.

  • A l'arrêt le plus proche de leur lieu de travail, les usagers auront le choix entre des navettes de bus privées peu polluantes, des taxis, des bicyclettes louées ou des chemins pédestres.

  • Le système utilise les téléphones mobiles des usagers pour prévoir les conditions de circulation et les besoins en transport. Eventuellement, les usagers pourraient consulter les conditions des réseaux de transport depuis leur téléphone et choisiront ainsi le trajet le plus efficace.

Eau industrielle

Près de 880 millions de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable et 2,5 milliards sont privés d'installations sanitaires adéquates dans leur foyer. D'ici à 2030, près de quatre milliards d'individus vivraient dans des régions pauvres en eau, surtout en Asie méridionale et en Chine.

Les industries consomment 10 pour cent d'eau dans les pays à revenus faibles et moyens, et jusqu'à près de 60 pour cent dans les pays à revenus élevés.

  • Une papeterie finlandaise est passée d'un traitement chimique à un traitement thermomécanique des pâtes à papier et traite de façon biologique ses eaux usées : une économie d'eau de 90 pour cent.

  • Un fabricant de textile indien utilise maintenant du zinc plutôt que de l'aluminium dans ses tissus synthétiques. Sa consommation d'eau a diminué de 80 pour cent et ses eaux usées sont assez propres pour irriguer les fermes avoisinantes.

  • En séparant ses eaux de procédé de ses eaux usées, une compagnie mexicaine de canne à sucre a réduit sa consommation de 90 pour cent.

  • Une entreprise espagnole, qui gère 300 km d'autoroute dans l'État de São Paulo au Brésil, a conçu ses routes de façon à diriger l'eau de pluie vers 250 digues de rétention d'une capacité totale de 2 millions de mètres cubes. L'eau de pluie s'infiltre lentement dans le sol et aide à renflouer l'aquifère Guarani, tout en permettant des économies dans l'entretien de la route.

Malgré les progrès évidents, l'Annuaire souligne l'ampleur des défis à relever à l'échelle planétaire à l'approche de la fin de la première décennie du 21e siècle.

Changements climatiques

En 2008, après la fonte estivale la banquise arctique s'est retrouvée pour la deuxième fois avec la plus petite superficie enregistrée depuis le début de la surveillance par satellite en 1979. Le Centre national de données sur la neige et la glace (NSIC) des États-Unis a calculé que le couvert minimum de glace de mer, atteint le 12 septembre, était d'un peu plus de 4,52 millions de kilomètres carrés.

Même si l'année 2008 comptait 10 pour cent de glace de plus que 2007, année du minimum absolu, l'étendue était de plus de 30 pour cent en deçà de la moyenne des trente dernières années. Selon l'Annuaire, " prises ensemble, ces deux années sont sans précédent ".

  • Pour la deuxième année consécutive, le passage du Nord-Ouest, entre les îles du Canada septentrional, était libre de glace.
  • L'année 2008 a aussi été marquée par l'ouverture de la route maritime du Nord le long de la côte arctique sibérienne. Ces deux passages n'ont vraisemblablement pas été ouverts simultanément depuis avant la dernière ère glaciaire, il y a quelque 100 000 années.
  • La glace du Groenland, qui une fois fondue pourrait élever le niveau de la mer de six mètres, perd actuellement plus de 100 kilomètres cubes de glace par année, ce qui ne peut être expliqué par la fonte naturelle.
  • Les pertes de glace de l'Antarctique Ouest ont augmenté de 60 pour cent entre 1996 et 2006.
  • Celles de la péninsule Antarctique ont augmenté de 140 pour cent.

En 2007, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a estimé que le niveau des océans augmenterait de 18 à 59 cm au cours des cent prochaines années. Mais des chercheurs croient plutôt, en partie du fait des nouvelles évaluations des couches de glace du Groenland et de l'Antarctique, que la montée sera plus importante.

  • Une étude évalue la montée des eaux entre 0,8 et 1,5 m, tandis qu'une autre suggère une augmentation de deux mètres pour le siècle à venir, et ce, dû uniquement aux flux des glaces du Groenland.

  • Une augmentation d'un mètre du niveau des mers forcerait le déplacement de quelque 100 millions de personnes en Asie, surtout au Bangladesh, dans l'est de la Chine et au Vietnam ; 14 millions en Europe ; huit millions en Afrique et autant en Amérique du Sud.

L'Annuaire plaide qu'il faut agir de toute urgence pour réduire les gaz à effet de serre, d'autant plus que certains modes de stockage naturel, appelés " puits ", semblent sur le point de perdre leur capacité d'absorption, faisant poindre le spectre hideux d'un effet de serre accru.

  • Des études effectuées en 2008 indiquent que le puits principal, les océans, absorbe 10 millions de tonnes de CO2 de moins qu'avant.

    L'Annuaire fait état de l'inquiétude montante des scientifiques relativement au rejet de gaz à effet de serre comme le méthane, issu de la fonte du pergélisol et des glaces arctiques. Inquiétude émanant en partie du fait que des études démontrent que l'Arctique occidental se réchauffe 3,5 fois plus que le reste de la planète, une préoccupation accrue appuyée par deux autres études publiées récemment.

  • Une étude portant sur l'Amérique du Nord suggère que le carbone stocké dans le pergélisol serait plus de 60 pour cent supérieur à l'estimation précédente.

  • Une étude internationale indique que la quantité de carbone dans le pergélisol de l'Arctique est deux fois plus grande qu'estimée précédemment.

  • Des océanographes ont découvert plus de 250 panaches de méthane s'élevant aux abords du plateau continental au nord-ouest du Svalbard.

  • Une étude internationale du plateau sibérien (International Siberian Shelf Study) montre de fortes concentrations de méthane au large du delta de la Léna.

  • Des chercheurs calculent que, une fois en marche, la fonte du pergélisol sibérien oriental, qui contiendrait 500 milliards de tonnes de carbone, serait irréversible et que 250 milliards de tonnes pourraient s'en échapper.

Les mesures de méthane atmosphérique montrent des concentrations en croissance en 2007 et 2008, suivant près de dix ans de stabilité. Des concentrations étrangement élevées furent détectées dans les deux hémisphères.

De plus, l'Annuaire montre de l'inquiétude pour un autre puits de carbone : les forêts. Les hausses de températures affecteraient les arbres et les pousseraient à la photosynthèse, de façon que la séquestration du carbone se termine plus tôt durant l'été. Ce stress rendrait les forêts plus vulnérables à la pollution, aux maladies et aux insectes, et diminuerait le potentiel de stockage de carbone de celles-ci.

L'Annuaire porte aussi sur de nouvelles études de l'Amazonie.

  • Des niveaux de CO2 deux fois plus élevés réchaufferaient les océans à un tel point que les précipitations dans l'Amazonie baisseraient de 40 pour cent ;
  • Entraînant une décroissance potentielle de la végétation d'environ 53 pour cent ;
  • Une perte végétale de cette ampleur pourrait augmenter les températures locales de huit degrés Celsius et déclencher nombre de sécheresses, soumettant à un stress énorme le premier fleuve en importance et le responsable du transport d'un cinquième de l'eau des affluents planétaires.

La fonte des calottes glaciaires mondiales, incluant celle des glaciers de montagne, entraîne de nouveaux dangers, dont certains plus importants encore que la terrible menace du manque d'eau de fonte ; et près d'un milliard d'individus en Asie méridionale comptent sur ces eaux de fonte saisonnières du massif de l'Hindu Kush Himalaya.

  • Des substances dangereuses, provenant de l'atmosphère et prisonnières des glaciers, sont à nouveau libérées.

  • Le DDT (un pesticide) se retrouve à des niveaux inattendus dans les manchots Adélie qui vivent le long de la côte antarctique.
  • Des polluants organiques provenant de la fonte des glaciers des Rocheuses, en Amérique du Nord, sont réintroduits dans l'environnement.
  • On retrouve des biphényles polychlorés (BPC) en aval des glaciers européens.

L'Annuaire mentionne aussi les liens entre les désastres naturels, la dégradation de l'environnement, les conflits et la vulnérabilité humaine ou sociale, ainsi que l'importance de la prévention en cas de désastre ; des enjeux qui se révèlent inquiétants dans un monde tributaire du climat.

  • Tandis que les désastres géologiques comme les tremblements de terre et les éruptions volcaniques sont restés constants au cours du siècle dernier, les désastres météorologiques comme les tempêtes, les inondations et les sécheresses ont augmenté de façon spectaculaire depuis 1950.

  • Entre 2000 et 2007, la fréquence de ces événements a augmenté annuellement de 8,4 pour cent en moyenne.

  • Une évaluation récente indique que le nombre total de désastres est passé d'environ 100 événements par dix ans entre 1900 et 1940, à près de 3000 par dix ans depuis les années 1990.

  • Une autre étude encore établit le nombre de désastres à 4850 entre les années 2000 et 2005, et inclut, en plus des événements météorologiques, les " désastres technologiques ", comme les déraillements de trains et les effondrements de bâtiments.

L'Annuaire examine le cyclone Nargis, qui a frappé le Myanmar avec des pointes de vent à 215 kilomètres à l'heure le 2 mai 2008 ; causé la mort ou la disparition de 140 000 personnes ; privé 2,4 millions d'individus de leur foyer ; et laissé ceux-ci fortement perturbés.

  • Comme dans le cas du tsunami indien de 2004, la perte d'" infrastructures environnementales " a vulnérabilisé les communautés côtières.

  • Au début du 20e siècle, on estimait le couvert des forêts de palétuviers à plus de 242 000 hectares dans le bassin de l'Irrawaddy, mais à la fin de ce siècle, à peine plus de 48 500 hectares restaient. Cette perte est liée à la coupe destinée à la production de charbon et, récemment, pour faire place à l'agriculture et à l'élevage de crevettes.

    Écosystèmes

    L'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire de 2005 concluait que 60 pour cent des écosystèmes, incluant les forêts et les sols, en passant par les récifs de corail et les prairies, sont endommagés ou en train de se dégrader.

L'Annuaire souligne que cette tendance s'est maintenue en 2008.

La demande croissante en nourriture et en produits agricoles, selon le modèle économique et le système actuels, soumet de plus en plus de territoires à la houe et au labour.

De nos jours, les terres agricoles couvrent près du quart de la surface de la planète.

  • Des zones forestières ont pour ainsi dire disparu dans au moins 25 pays et elles ont décliné de 90 pour cent dans 29 autres.

Les pêcheries maritimes sont en état de stagnation et n'ont pas progressé pendant près de dix ans.

  • Depuis le début des pêcheries industrielles dans les années 1960, la biomasse totale des gros poissons marins commerciaux a périclité de 90 pour cent, affirme l'Annuaire.

  • Les pertes économiques annuelles résultant de la surexploitation et de la disparition presque complète des poissons à valeur commerciale sont estimées à 50 milliards de dollars pour 2008.

Les biocarburants et leurs impacts sur la production alimentaire, la pauvreté et les écosystèmes déclenchent des vues opposées, offrant des possibilités de diversifications de revenus et une façon de réduire la pression sur les terres agricoles dans les modèles ruraux à petite échelle.

À l'échelle industrielle, les différentes cultures ont des impacts différents. Une nouvelle étude fondée sur les tendances actuelles fait état de l'impact de la culture énergétique industrielle sur la consommation d'eau en 2030.

  • Évaluée à 50 milliards de litres de biocarburant à base de maïs, la production nord-américaine nécessiterait 20 pour cent des réserves d'eau d'irrigation de la région.
  • La production brésilienne de près de 34 milliards de litres de biocarburant à base de canne à sucre demanderait 8 pour cent des réserves d'eau d'irrigation.
  • Le biocarburant fait de graines de colza produit dans l'Union européenne semble avoir l'impact le moins important sur l'eau. La production d'un peu plus de 20 milliards de litres de carburant nécessiterait seulement 1 pour cent de l'eau d'irrigation européenne.

L'Annuaire fait ressortir que ce sont les démunis, et surtout ceux des campagnes, qui dépendent le plus d'un écosystème sain et fonctionnel.

  • On estime à 90 pour cent le nombre de paysans pauvres qui tirent au moins une partie de leurs revenus des forêts.

  • En Afrique rurale, les petites entreprises agricoles sont la principale source de revenus d'environ 90 pour cent des gens.

  • Les recettes tirées de la nature comptent pour plus de la moitié des revenus des démunis du monde habitant la campagne.

Une gestion intelligente et efficace des écosystèmes et de leurs fruits et services sera essentielle au cours de ce siècle, qui verra sa population atteindre plus de neuf milliards d'ici 2050.

  • Les prévisions sur l'étendue des terres cultivables indiquent qu'elles diminueront pour atteindre 0,1 ha par personne, ce qui nécessitera un accroissement, " inatteignable par les moyens conventionnels ", de la production agricole.

La dégradation du sol, liée à sa surutilisation, affecte déjà 84 pour cent des terres agricoles mondiales, les seules terres cultivables saines sont confinées aux zones tempérées du Midwest américain, des prairies canadiennes, de la Russie, du centre de l'Argentine, de l'Uruguay, du sud du Brésil, du nord de l'Inde et du nord-est de la Chine, ainsi qu'à quelques zones tropicales.

Une solution possible serait la gestion en mosaïque, dans laquelle la production alimentaire est un des multiples services centraux écosystémiques.

L'écogestion, comme on l'appelle maintenant, date de quelques millénaires : des prairies européennes aux autochtones de l'Amérique qui géraient les forêts de façon à créer des pâturages pour les cerfs.

  • La terra preta de l'Amazonie centrale a trois fois plus de matières organiques du sol, d'azote et de phosphore, et 70 pour cent plus de charbon en comparaison avec les sols adjacents. Elle fut générée par les populations autochtones précolombiennes qui ajoutaient aux sols " des résidus carbonisés, des déchets organiques, des excréments et des os ".

Les mécanismes associés au marché et les instruments financiers peuvent être mis à contribution, incluant le paiement pour des services écosystémiques.

La déforestation s'élève à quelque 13 millions d'hectares par année, ce qui équivaut à la moitié de la superficie du Royaume-Uni. La perte de la forêt tropicale compte pour environ 17 pour cent des émissions de gaz à effet de serre.

  • Des pays évaluent actuellement l'intégration d'un financement pour les forêts dans l'Accord de l'ONU sur les changements climatiques, qui sera débattue à Copenhague au cours de l'année, sous l'appellation " Réduction des émissions de carbone forestier ".

L'attribution, aux communautés et à leurs pêcheurs, de droits et de responsabilités quant à une pêcherie serait un pas en avant.

  • Une analyse des divers droits de pêche transférables, comme ceux du Canada, du Chili, de la Nouvelle-Zélande, du Mexique et des États-Unis, indique que ceux-ci réduisent le risque de la perte d'écosystèmes de pêche et accroissent les revenus.

Les substances nocives et les déchets dangereux

Deux mil huit fut une année de crises de contamination d'aliments et de produits.

En mars, l'Italie fut secouée par la contamination de fromage mozzarella par des dioxines. Les dioxines, substances liées au cancer, sont des sous-produits d'un éventail de procédés industriels incluant la combustion.

Les cas de contamination, concentrés dans la région de Calabre, furent liés par les autorités à des pâturages prétendument contaminés.

En septembre, en Chine, des cas de lait contaminé à la mélamine, un produit chimique toxique, s'étendaient aussi au lait maternisé.

Au Japon, en octobre, deux grandes compagnies ont rappelé des nouilles après la découverte de contamination par insecticide.

Quelques jours plus tard, la plus grande industrie japonaise de transformation de viande a rappelé ses produits après avoir découvert que l'eau souterraine utilisée dans une usine près de Tokyo contenait des composés de cyanure.

De plus, en décembre, les autorités irlandaises rappelèrent à nouveau des produits à base de porcs nourris avec des aliments contenant des dioxines.

Pendant les vingt dernières années, les détections de contaminations à l'arsenic se sont répandues à plusieurs pays asiatiques, affirme l'Annuaire.

  • Environ 30 pour cent des puits privés au Bangladesh contiennent de fortes concentrations d'arsenic : plus de 0,5 mg/L ; d'ailleurs, plus de la moitié des unités administratives sont affectées par la contamination de l'eau potable.

Le mercure est un enjeu de taille du Forum ministériel mondial sur l'environnement du Conseil d'administration. Ce métal lourd et ses composés sont des toxines tristement célèbres. Ceux-ci proviennent de plusieurs sources, notamment des usines thermiques au charbon, de l'extraction de l'or et maintenant de la fonte de l'Arctique.

  • L'Annuaire mentionne que la déforestation exacerbe la situation en Amazonie. Le sol de ces forêts contient près de trois fois plus de mercure que les pâturages, car la déforestation relâche du mercure dans l'air et dans les rivières.