L'Afrique a besoin de financements à une plus grande échelle, de technologie et de renforcement des capacités pour lutter contre le changement climatique - United Nations Environment Programme (UNEP)
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L'Afrique a besoin de financements à une plus grande échelle, de technologie et de renforcement des capacités pour lutter contre le changement climatique

, A six mois des négociations cruciales sur le climat à Copenhague, les ministres africains s'entendent sur une position historique sur le climat à Nairobi

Nairobi, 02 Juin 2009 - Plus de trente Ministres africains de l'environnement ont franchi aujourd'hui une étape capitale sur la voie de la lutte contre le changement climatique sur le continent.

La Déclaration de Nairobi adoptée lors de la session extraordinaire de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement (CMAE) sur le changement climatique qui vient de s'achever met en lumière les principaux défis et opportunités de l'Afrique dans les négociations pour un régime climatique plus équitable.

La Déclaration fournit aux pays africains une plate - forme pour présenter une position bien articulée et convaincante susceptible d'être soutenue à Copenhague en 2009.

Les ministres africains de l'Environnement ont convenu d'intégrer des mesures d'adaptation aux changements climatiques dans les programmes nationaux et des plans régionaux, les politiques et les stratégies de développement de manière à assurer l'adaptation aux changements climatiques dans les domaines des ressources en eau, l'agriculture, la santé, les infrastructures, la biodiversité et les écosystèmes, les forêts, la gestion urbaine, le tourisme, la sécurité alimentaire et énergétique ainsi que la gestion des ressources marines et côtières.

Buyelwa Sonjica, le Président de la CMAE et Ministre de l'Eau et de l'Environnement de l'Afrique du Sud, a déclaré: «Il est clair pour moi qu'en tant que continent, l'Afrique a des besoins que la gestion du changement climatique et de l'environnement doit permettre de résoudre. Je suis encouragée par les progrès accomplis par les négociateurs et la volonté politique manifestée par la présence des ministres ».

Elle a ajouté, "l'Afrique se penche avec sérieux sur tous les aspects du changement climatique tout en accordant une place particulière à l'adaptation. Je suis très heureuse de faire partie de ce groupe stimulant. La CMAE faisant désormais partie d'un Comité technique spécialisé de l'Union africaine montre le sérieux avec lequel l'Afrique se penche sur cette question ".

La Déclaration demande instamment à toutes les parties - et notamment à la communauté internationale - que l'augmentation de l'aide à l'Afrique soit fondée sur les priorités du continent, c'est-à-dire l'adaptation, le renforcement des capacités, le financement, le développement et le transfert de la technologie.

La priorité des pays africains est de mettre en œuvre des programmes sur les changements climatiques de manière à ce que ceux-ci contribuent à la réalisation du développement durable, notamment en termes de réduction de la pauvreté et d'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement, en mettant l'accent sur les groupes les plus vulnérables tels que les femmes et les enfants qui sont actuellement les premières victimes.

Achim Steiner, Sous-secrétaire général des Nations Unies et Directeur Exécutif du PNUE qui héberge le secrétariat de la CMAE, a déclaré: " les ministres de l'environnement en Afrique ont indiqué aujourd'hui leur volonté de faire partie de la solution au défi du changement climatique en établissant une position unifiée, dans la diversité de leurs économies, bien avant la conférence cruciale de la convention des Nations Unies sur le climat à Copenhague dans seulement 192 jours ".

"Le prix du développement pour l'Afrique passe par un accroissement des projets sur l'énergie propre et renouvelable et des paiements pour les écosystèmes qui stockent le carbone, des forêts jusqu'à aux sols des zones arides éventuellement, aux herbages et à l'agriculture durable. L'Afrique a aujourd'hui pris ses responsabilités nationales et mondiales. Il est temps maintenant pour d'autres continents et pays, en particulier les pays développés, d'assumer sérieusement les leurs " a-t-il dit.

Les ministres ont convenu que les principaux messages politiques de l'Afrique visant à influer sur le débat mondial et processus de négociation devraient être fondés sur les principes d'équité et de responsabilités communes mais différenciées ainsi que sur des capacités respectives.

La position de l'Afrique découle du fait que le continent a le plus faible taux d'émissions par habitant, et pourtant il subit plus que tout autre l'impact du changement climatique – avec des projections montrant que d'ici 2020, dans certains pays, les rendements de l'agriculture pluviale pourraient être réduits de pratiquement 50 pour cent. Pendant le même laps de temps, entre 75 millions et 250 millions de personnes en Afrique pourraient être exposées à un stress hydrique accru en raison des changements climatiques.

Les principaux secteurs économiques de l'Afrique sont vulnérables à la sensibilité actuelle du climat, avec d'énormes répercussions économiques et cette vulnérabilité est exacerbée par les problèmes de développement tels que la pauvreté endémique, une gouvernance et des institutions complexes; l'accès limité aux capitaux, y compris aux marchés, aux infrastructures et à la technologie; la dégradation de l'écosystème et des catastrophes et conflits multiformes. Toutes choses qui à leur tour, ont contribué à la faible capacité d'adaptation de l'Afrique et à l'augmentation de la vulnérabilité du continent aux changements climatiques.

L'adaptation apparaît donc comme la priorité la plus immédiate. Depuis que le protocole de Kyoto a été élaboré, il ya eu certains progrès dans la reconnaissance de la nécessité de soutenir l'adaptation dans les pays en développement. Cependant, le gros du travail reste à faire, en particulier avec le coût de l'adaptation en Afrique, estimé entre 1 milliard et 50 milliards de dollars US par an.

Les mécanismes financiers existants se sont avérés insuffisants, complexes et fragmentés et de ce fait les pays africains n'ont pas encore été en mesure d'accéder pleinement à ces ressources. La Déclaration souligne la nécessité d'une architecture financière cohérente pour le changement climatique, avec une gouvernance équitable et des procédures d'accès simplifiées.

A cet égard, les ministres africains plaident pour l'amélioration et la modification du mécanisme de développement propre afin d'assurer une répartition géographique équitable des projets qui contribuent au développement durable sur le continent. Ils appellent également à l'expansion des catégories éligibles au bénéfice de crédits de carbone et à d'autres incitations au plan international à pour inclure l'utilisation durable des terres, l'agriculture et de la gestion forestière, afin de promouvoir la productivité agricole d'une manière qui améliore la résistance et l'adaptation aux changements climatiques.

Les Ministres africains exhortent par ailleurs le Groupe des Huit, à mette en œuvre sa recommandation de créer un centre régional du climat en Afrique pour l'amélioration de la gestion des risques climatiques et la mise en œuvre de la stratégie régionale de réduction des risques de catastrophe.

L'Afrique demande également aux pays développés de fixer des objectifs ambitieux pour réduire leurs émissions d'ici à 2020, vers le plafond supérieur de 25-40 pour cent en dessous des niveaux de 1990 afin de parvenir à une réduction significative des émissions de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

L'Afrique doit s'orienter vers un développement à faible teneur en carbone, en particulier du fait que la mise en œuvre effective des mesures d'atténuation offrira à l'Afrique des opportunités d'accroître sa compétitivité économique dans la perspective d'un développement à faible émission de carbone.

Afin d'assurer une réponse efficace des pays africains aux changements climatiques, la Déclaration de Nairobi appelle à l'implication des femmes, des jeunes et des personnes handicapées, ainsi que le secteur privé et les organisations de la société civile dans les stratégies destinées à lutter contre le changement climatique en particulier dans les domaines de l'éducation, de la sensibilisation et du renforcement des capacités.

Note aux rédacteurs:

La session spéciale sur le changement climatique a réuni environ 300 négociateurs, des experts africains de haut niveau, les organisations de la société civile et les ministres à Nairobi, en vue de s'entendre sur une vision partagée de l'Afrique sur le changement climatique, de développer une voix commune et éclairée pour le continent, à Copenhague (Danemark) et de faire progresser les intérêts du continent dans les négociations pour le régime climatique au-delà de 2012.

La position de négociation commune de l'Afrique sur un régime international des changements climatiques au-delà de 2012, ainsi que le cadre conceptuel des programmes africains sur les changements climatiques, seront soumis pour examen et adoption aux Chefs d'État lors de leur sommet en Juillet 2009.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Angèle Luh-Sy, Chargée de l'information au Bureau régional du PNUE pour l'Afrique ; Tel: +254 20 7624292, mobile +254 722 429770, courriel: Angele.Luh @ unep.org

Nick Nuttall, Porte-parole / Responsable des Medias, Tel: + 254 20 7623 084, Mobile: + 254 733 6327 55 / +41 79 596 57 37, e-mail: nick.nuttall @ unep.org

Bureau des Medias au PNUE

Shereen Zorba, Chargée de l'information sur le Mobile: +254 713601259 ou par e-mail: shereen.zorba @ unep.org

Anne-France White, Chargée de l'information associée, au Tel: +254 20 762 3088, Mobile: + 254 738 6527 93 ou par e-mail: anne-france.white @ unep.org.,