Les pays des caraïbes ont décidé d'agir pour protéger l'environnement marin - United Nations Environment Programme (UNEP)
Programme des Nations Unies pour l'environnement
l'environnement au service du développement Rechercher 
Salle de presse
 
 Accueil
 Contacts Médias
 Communiqués de  presse
 A la une
 Discours
 Photos
 Audiovisuels
 Films et Vidéos
 RSS / Baladodiffusion
 Affiches
 E-Cards

 

 

 Imprimer [English][中文]
 

Les pays des caraïbes ont décidé d'agir pour protéger l'environnement marin

, , San Juan (Puerto Rico), le 15 avril 2010 -Les bateaux naviguant dans la région des Caraïbes ne pourront plus jeter aucun déchets dans les eaux de la région à partir du 1 er mai 2011, suite à l'interdiction décisive de l'Organisation Maritime Internationale (OMI).

La décision a été prise par le Comité de protection du milieu marin de l'OMI (le CPEM), lors de la 60e session de l'organisation, qui a eu lieu du 22 au 26 mars dernier.

Avec l'adoption de cette résolution, qui établit le 1 mai 2011 comme la date à laquelle la convention MARPOL 73/78 Annexe V (Règlement sur la prévention de la pollution des eaux par les ordures déversées par les navires) officialisant la région des Caraïbes comme zone spéciale entrera en vigueur, la région devient la 6e zone protégée contre le rejet de tous déchets provenant de navires. Les matières organiques font figure d'exception, sous certaines conditions (selon la distance entre la rive et la taille des particules).

Les autres zones sont la mer baltique (depuis Octobre 1989), la mer du nord (Février 1991), la zone de l'antarctique (au delà de la latitude 60 ° sud, depuis mars 1992), les « régions » du golfes (août 2008) et la mer méditerranée (mai 2009). L'entrée en vigueur du statut de zone spéciale pour la mer rouge et la mer noire, qui a également été officialisé en vertu de l'annexe V, n'est pas encore effective.

Bien que la date d'entrée en vigueur soit relativement lointaine (une année), le comité appelle les gouvernements et l'industrie à se conformer aux exigences de la zone spéciale dès que possible.

L'adoption de cette résolution résulte de l'annonce faite, lors de la même session du CPEM, par 22 pays des Caraïbes membres de la convention MARPOL 73/78, que suffisamment de structures d'accueil adéquates pour les ordures ménagères étaient maintenant fournies dans les ports les plus importants de la région.

Dans la région des Caraïbes, 25 pays sont membres de la convention MARPOL et de son annexe V. Cette annexe interdit le rejet de tous les plastiques, mais permet, sous certaines conditions, le rejet d'autres types de déchets - comme le fardage, le papier, le métal etc - à l'exception de certaines zones spéciales.

Le CPEM avait reconnu que la région des caraïbes était sensible (de par l'évaluation de ses spécificités telles que l'océanographie, la topographie sous-marine, l'interdépendance de ses écosystèmes et le trafic des navires dans la région), et l'avait déjà désignée comme une zone spéciale, en vertu de l'annexe V, en 1991. Toutefois, en raison d'un manque de moyens et d'une absence de communication sur l'emplacement des installations avec l'OMI, la situation n'était pas encore effective.

La région des caraïbes comprend 28 pays côtiers et insulaires (y compris les territoires d'outre-mer) dont les côtes bordent la mer des caraïbes, le golfe du Mexique et une partie de l'océan atlantique. Elle couvre une superficie de plus de 3,3 millions de km2, allant des États-Unis d'amérique à la Guyane française. Les écosystèmes fragiles de la région sont hautement productifs. Ils fournissent un moyen de subsistance pour de nombreuses communautés côtières au travers de différents secteurs tels que le tourisme, la pêche artisanale et industrielle et l'exploitation des fonds marins. Plus de 41 millions de personnes vivent à moins de 10 km de la côte.

Les déchets ménagers déversés dans le milieu marin posent de nombreux problèmes environnementaux et socio-économiques. Ils endommagent les habitats naturels, provoquent la mort de la faune autochtone, et ont un impact nocif sur la qualité de vie des communautés locales et sur les économies de la région (baisse du tourisme etc.).

Une étude menée par le PNUE a estimé que les détritus ménagers qui jonchent les océans (les filets de pêche, les plastique, les cordes, les appareils électroniques etc.) représentent au moins 11 pour cent de tous les déchets marins présents dans la région des Caraïbes. Et ce chiffre n'inclut même pas les ordures qui auraient pu y être déversée par des navires, il ne prend en compte que les déchets provenant de sources terrestres, tels que le verre, le métal et le papier.

Selon Gaëtan Coatanroch, un consultant travaillant pour l'OMI, l'adoption de la résolution de l'OMI montre "un engagement ferme de ces pays à développer durablement la région et à réduire la pollution maritime." Il a également ajouté que c'était une initiative utile, étant donné que le trafic maritime devrait continuer à augmenter considérablement dans les Caraïbes à cause de l'expansion du canal de Panama. Actuellement, on estime qu'environ 40% du commerce mondial passe plus d'une journée à naviguer dans la région.

L'entrée en vigueur de cette nouvelle disposition de l'OMI provoque néanmoins une préoccupation quant à la disponibilité des informations concernant l'emplacement des installations de réception portuaires de la région. Les pays des caraïbes ont maintenant un an, pour compléter la base de données de l'OMI et le système mondial d'information maritime intégrée (GISIS). Une aide est déjà prévue, et un atelier régional conjoint du PNUE et de l'OMI traitant de cette question aura lieu au Panama en mai 2010. Par après, le petit nombre de pays qui n'aura pas encore les installations de réception adéquates devra trouver des arrangements alternatifs (notamment des accords avec les pays voisins), et se conformer aux normes dès que possible.

Chris Corbin, l'administrateur du programme pour la prévention de la pollution du PNUE - CAR / UCR, a félicité les pays pour leur collaboration sur cette question. Il a également souligné l'importance de mettre en place l'entrée en vigueur du Protocole LBS, l'accord de lutte contre la pollution maritime liée à des sources terrestres, le plus tôt possible. Cela permettra de mieux soutenir les efforts déployés pour s'attaquer au problème des déchets marins dans la région.

Corbin a en outre noté que le PNUE, l'OMI et le CAR / REMPEITC continueront à organiser des activités pour agir contre les sources marines et terrestres de pollution, et à aider les pays à se conformer aux exigences régionales et internationales des accords pour la protection de l'environnement côtier et marin de la région des Caraïbes.

Notes aux rédacteurs:

A propos de la Convention MARPOL

La Convention de MARPOL est une convention mondiale pour la prévention de la pollution des milieux marins par les navires. Ses 6 annexes couvrent les principales sources de pollution (à savoir la pollution des eaux dues aux hydrocarbures; aux substances liquides nocives; aux substances toxiques transportées par colis; aux eaux usées rejetées par les systèmes sanitaire des navire; aux ordures et aux émissions atmosphériques des navires) et ce dans les situations accidentelles et opérationnelles. Actuellement, la Convention MARPOL (plus ses deux annexes obligatoires I et II) compte 150 pays membres, ce qui représente plus de 99% de la flotte marchande mondiale en termes de tonnage, il y a 133 pays membres à l'annexe III (95,76%), 124 à l'annexe IV (81,62%), 139 à l'annexe V (97,18%) et 58 à l'annexe VI (83,87%).

A propos du Programme pour l'environnement des Caraïbes et des centres régionaux

Reconnaissant l'importance du paysage marin de la région des caraïbes, en 1976, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a créé le Programme pour l'environnement des caraïbes (PEC) dans le cadre de son programme de protection des mers régionales. Un plan d'action pour les caraïbes a été adopté par les pays des caraïbes, ce qui a conduit à la conclusion, en 1983, du seul accord régional pour la protection de l'environnement marin juridiquement contraignant, la Convention de Cartagena. La Convention et son premier protocole sont entrés en vigueur en 1986, suivis plus tard par les protocoles SPAW et LBS, respectivement en 1990 et 1999. Le Protocole SPAW est entré en vigueur en 2000, tandis que trois pays doivent encore ratifier le Protocole LBS pour qu'il ne devienne une loi internationale.

L'unité de coordination régionale (PNUE - CAR / UCR) sert de secrétariat à la Convention de Cartagena et est basée à Kingston, en Jamaïque. Des centres régionaux d'activité ont été développés, dans le but d'aider les pays de la région des caraïbes à mettre en ?uvre ces différents protocoles. Ces centres sont basés dans les Antilles néerlandaises (le centre régional d'information d'urgence des pollution marine et le centre de formation pour la région des caraïbes, le REMPEITC/CAR), en Guadeloupe (CAR / SPAW), à Cuba (Centre d'Ingénierie et de gestion environnementale des côtes et des baies) et en Trinité-et-Tobago (Institut des affaires maritimes).

A propos de CAR / REMPEITC et MARPOL

Dans le milieu des années 90, la Banque mondiale et l'OMI ont lancé un projet visant à aider les pays des caraïbes à ratifier et à mettre en ?uvre la Convention MARPOL. Suite à cette initiative, le CAR et la REMPEITC ont été créés ? il s'agit d'un projet conjoint du PNUE et du Centre d'activités de l'OMI qui met en place des opérations de coopération techniques pour prévenir et lutter contre la pollution maritime, notamment les déversements de pétrole. Il s'agit également de diriger des activités régionales pour souligner certaines exigences de la Convention, en particulier l'annexe V, et d'accroître la sensibilisation du public au sujet de la pollution marine provenant de navires et de sources terrestres. Entre 2007 et 2009, huit séminaires ont été organisés dans différents pays des caraïbes. Plus de 1100 individus y ont participé, dont des étudiants provenant de 19 pays différents. Lors de ces séminaires, les pays ont prouvé que la plupart des ports de la région possédaient des installations de réception portuaires adéquates, et que seule l'annonce à l'OMI faisait encore défaut. Bien conscients du problème, ils ont décidé de prendre des mesures et ont conjointement prévenu l'OMI, lors de la réunion MEPC en Mars 2010, qu'il satisfaisaient désormais aux exigences de l'annexe V concernant les « zones spéciales ».

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Jeff Ramos ou Gaëtan Coatanroch au CAR / REMPEITC - Caraïbes, Seru Mahuma z/n, Curaçao, Antilles néerlandaises, par téléphone : 5999-868-4612, par fax: 5999-868-4996, ou par e-mail à rempeitc@cep.unep.org