Atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement

, , , , L'impact des investissements environnementaux pour un monde durable

New York, le 20 Septembre 2010

C'est l'une des conclusions du rapport A Brief for Policymakers on the Green Economy and the Millenium Development Goals, publié aujourd'hui, alors que les chefs d'État et les ministres se réunissent au siège des Nations Unies pour évaluer l'état d'avancement à cinq ans de l'échéance fixée.

La dégradation environnementale rend plus difficile l'amélioration de la santé maternelle et l'approvisionnement en eau potable nécessaires pour combattre la faim et les maladies.

Cependant, l'étude montre que certains pays ou communautés ont réalisé que la solution passait en partie par une amélioration de la situation environnementale, rendue possible par des choix politiques, des investissements adaptés et des partenariats privés.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a déclaré : « Il est de plus en plus évident qu'une transition rapide vers une économie verte, pauvre en carbone, respectueuse des ressources et génératrice d'emplois permet non seulement de résoudre les défis de la durabilité du 21e siècle, mais qu'elle contribue largement à atteindre les autres OMD ».

Ce rapport, préparé par l'initiative pour une économie verte du PNUE, cite plusieurs exemples de stratégies écologiques qui ont beaucoup rapporté et ouvert de nombreuses possibilités notamment pour les huit OMD.

Au Costa Rica, des politiques et des investissements adaptés ont permis l'extension d'aires protégées et de parcs nationaux sur plus de 25 pour cent du territoire.

- Depuis la mise en place de cette stratégie, l'écotourisme s'est développé, attirant plus d'un million de visiteurs par an et générant annuellement 5 millions de dollars rien qu'en droits d'entrée. Selon certaines études, les revenus et le taux d'emploi des communautés vivant au sein ou à proximité des parcs nationaux ont augmenté tandis que leur taux de pauvreté diminuait.

Ce rapport, préparé pour le Sommet des Nations Unies sur les OMD qui doit avoir lieu cette semaine à New York, a aussi mis en valeur la politique énergétique de la Chine prévue dans son 11e plan quinquennal pour la période 2006-2010, qui a entraîné une augmentation rapide des infrastructures et de la production d'énergie renouvelable.

- La Chine est maintenant le deuxième producteur mondial d'énergie éolienne et le premier exportateur d'équipement photovoltaïque : 10 pour cent des ménages sont équipés de chauffe-eau solaires et 1,5 million de Chinois travaillent dans le secteur des énergies renouvelables qui a créé 300 000 emplois rien qu'en 2009.

Grâce à un aménagement urbain créatif et prospectif, combiné à une politique en faveur des transports durables, la ville de Curitiba au Brésil a pu multiplier par six sa population tout en améliorant la mobilité et la qualité de vie de ses habitants.

- La surface moyenne d'espace vert par habitant a augmenté d'un mètre carré à près de cinquante mètres carrés ; quarante-cinq pour cent des trajets sont effectués en transport public ; par personne, la surconsommation de carburant due aux embouteillages est treize fois inférieure à celle de Sao Paulo et une pollution de l'air moins importante a des résultats bénéfiques sur la santé de la population locale.

Au Népal, 14 000 groupes d'utilisateurs de forêts communautaires ont permis une inversion du taux de déforestation des années 1990 grâce à des politiques communautaires adaptées qui établissaient des règles pour la cueillette, des prix de production et de partage des bénéfices.

- Entre 2000 et 2005, la surface boisée népalaise a augmenté de plus de 1,3 pour cent ; la qualité des sols et les réserves d'eau sont préservées et le nombre d'emplois locaux a augmenté.

L'Ouganda, pays où 85 pour cent de la population active est employée dans l'agriculture, s'est tourné vers la production biologique pour dynamiser ses exportations et ses revenus. Les prix à la production de la vanille, du gingembre et des ananas biologiques sont supérieurs à ceux des produits classiques.

- Depuis 2004, le nombre de fermiers certifiés biologiques a augmenté de 45 000 à plus de 200 000 et les surfaces cultivées ont augmenté de 185 000 à près de 300 000 hectares.

Selon M. Steiner, « notre tâche fondamentale pour le 21e siècle, c'est d'assurer un mode de vie sûr et durable à une population mondiale qui, au cours des quatre prochaines décennies, va augmenter du tiers. C'est ce constat qui, en septembre 2000, a conduit les chefs d'État à adopter les huit OMD ».

« Si la tendance actuelle se poursuit, il est probable que nous n'atteindrons pas tous les OMD d'ici 2015. C'est en partie dû au fait que nous proposons des réponses datant du 20e siècle aux défis posés par ce siècle qui commence » ajoute-t-il.

« L'économie verte porte un regard nouveau sur les défis et met en lumière les possibilités économiques et sociales peu coûteuses que permettent l'investissement et le réinvestissement dans des systèmes modernes de la technologie propre jusqu'à la gestion des ressources naturelles de l'infrastructure écologique de la planète. En faisant ainsi, elle répond aux objectifs économiques, sociaux et environnementaux d'un développement durable et souligne la richesse des choix et des options pour un progrès durable adapté aux réalités de notre temps, », conclut M. Steiner.

Les points forts du rapport : Environnement durable et OMD sont indissociablement liés

Le rapport, A Brief for Policymakers on the Green Economy and the Millennium Development Goals, indique que les biens et les services environnementaux qui constituent le fondement de l'économie en général, et en particulier les OMD pour les pauvres, diminuent rapidement.

Non seulement la disparition de cette infrastructure écologique affecte l'Objectif 7 pour un environnement durable mais aussi la plupart sinon tous les autres OMD et leurs cibles.

Par exemple, les récifs coralliens des Caraïbes ont diminué de 80 pour cent tandis que 30 pour cent des mangroves mondiales ont disparu au cours des vingt dernières années.

Cependant, ces deux écosystèmes constituent des défenses côtières et procurent aux communautés locales les revenus du tourisme et bien d'autres avantages.

De plus, comme ils servent de nurseries à des poissons, qui représentent la principale source de protéines pour un milliard de personnes, de la pérennité des coraux et des mangroves dépend le succès de plusieurs OMD, notamment l'objectif 1 (réduction de la faim).

Les forêts sont les principales sources d'eau potable et de nutriments nécessaires à l'agriculture tout en apportant des biens essentiels comme les produits alimentaires et médicaux naturels.

Ainsi, l'état des forêts concerne sur plusieurs OMD, notamment l'objectif 1 sur la faim, les objectifs 4 et 5 sur la santé et quelques cibles de l'objectif 7, notamment la réduction de moitié du pourcentage de la population qui n'a pas accès à un approvisionnement en eau potable.

On observe un ralentissement du taux de déforestation : au cours de ces dix dernières années, 13 millions d'hectares de forêts disparaissaient en moyenne chaque année, contre 16 millions d'hectare par an dans les années 1990.

Mais cette cadence reste suffisante pour causer un dommage environnemental durable et actuellement, près de 30 pays ont perdu 90 pour cent de leur couvert forestier d'origine.

L'investissement et le réinvestissement dans les forêts permettrait non seulement d'atteindre les cibles mentionnées, mais entraînerait aussi une diminution des émissions de gaz à effet de serre liées au déboisement.

S'il n'existe pas d'OMD spécifique à l'énergie, le rapport souligne que l'utilisation d'une énergie propre permettrait la réalisation de nombreux objectifs, soit directement en termes de développement durable, soit indirectement si la question de l'évolution climatique, liée à la combustion fossile, reste sans réponse.

Par exemple, dans les pays en développement 14 pour cent de la population totale et près d'un cinquième des citadins, vivent dans des régions littorales dépressionnaires et restent donc sous la menace d'événements climatiques graves comme une augmentation du niveau des mers, des inondations côtières ou de l'érosion.

Des placements qui pourraient servir à financer les OMD

Les fonds nécessaires à la réussite des OMD pourraient être obtenus par une meilleure utilisation des subventions.

Les combustibles fossiles par exemple, continuent d'assurer plus de 500 milliards de dollars annuels aux gouvernements et on voit bien que cet argent ne profite que rarement aux populations pauvres, en dépit de la volonté politique affichée.

- En Indonésie en 2005, les 40 pour cent les plus riches de la population ont profité de 60 pour cent de la manne pétrolière ;

- En 2003, les revenus gaziers de l'Argentine ont financé des projets dans l'extrême sud du pays, là où habitent à peine trois pour cent des Argentins pauvres ;

- En Mongolie, près de 85 pour cent d'un récent « tarif social » ont été attribué à des « non pauvres » pour qu'ils se chauffent.

En investissant dans les énergies durables comme le solaire et l'éolien, on pourrait créer de nouveaux emplois, accélérer l'accès à l'électricité et la justice sociale et améliorer le niveau de vie des populations.

Cela aurait aussi un impact positif sur l'environnement grâce notamment à une diminution de la pollution de l'air et à une baisse estimée à six pour cent des émissions de gaz à effet de serre.

Les projets pour une économie verte sont nombreux : au Bangladesh, une filiale de Grameen Bank (Grameen Shakti) a permis aux populations locales d'acheter des systèmes de chauffage solaire grâce au micro-financement.

Près de 20 000 emplois « verts », dont un grand nombre est occupé par des femmes, ont été créés, en attendant les 100 000 prévus d'ici 2015. Ce projet répond donc à plusieurs OMD, y compris l'objectif 7 concernant l'égalité des sexes.

Le même constat vaut pour le secteur de la pêche et ses quelque 27 milliards de dollars de subventions annuelles totales, qui expliquent en partie la diminution des réserves halieutiques dans de nombreuses parties du monde.

L'affection de près de 8 milliards de dollars dans l'amélioration de mesures de gestion telles que les aires marines protégées, les quotas commercialisables, le démantèlement de la flotte et la reconversion des pêcheurs, pourrait permettre une augmentation des prises et la conservation des réserves.

Le rapport montre aussi les différents avantages d'autres politiques, celles par exemple qui favorisent la certification des produits agricoles respectueux de la biodiversité.

S'il bénéficie des aides nécessaires, ce marché pourrait représenter 210 milliards de dollars d'ici 2020, bien plus que les 40 milliards de dollars en 2008, générant de nouveaux revenus tout en conservant le capital naturel de la planète.

Notes aux éditeurs :

Lancée en 2008 au plus fort de la crise économique et financière mondiale, l'Initiative pour une économie verte du PNUE présente une analyse macroéconomique des réformes politiques et des investissements dans les principaux secteurs qui favorisent la croissance économique, la création d'emplois, la justice sociale et la réduction de la pauvreté tout en tenant compte des risques climatiques et autres défis écologiques. Elle effectue des recherches sur un grand nombre de sujets et fournit des conseils à plus de 20 pays impliqués dans la transition vers une économie verte.

Ce rapport fait partie d'une série de mémoires qui présentent les premiers résultats de la publication phare, le Green Economy Report, qui devrait paraître au début 2011.

Pour télécharger une copie du rapport, allez à la page : http://www.unep.org/greeneconomy/

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Nick Nuttall, porte-parole du PNUE/Responsable des médias, Tél. : +254 7623084, Mobile +254 (0)733632755 ; en déplacement : +41 79 596 5737 ou courriel : nick.nuttall@unep.org

Leigh Ann Hurt, Responsable Communication, Initiative pour une économie verte, tél. : +41-22-917-8766, Mobile : +41-79-297-0162 ou courriel : leigh-ann.hurt@unep.org

 
A family in Uvs Province, Mongolia, using a solar panel to generate power for their ger, a traditional Mongolian tent (c) UN Photo/Eskinder Debebe