Nagoya 2010: Il est temps de se concentrer sur les domaines "oubliés" de la pêche - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Nagoya 2010: Il est temps de se concentrer sur les domaines "oubliés" de la pêche

, , , La pêche continentale et son rôle souvent ignoré dans les économies; les moyens de subsistance; la santé et développement humain, est mis en vedette dans un nouveau rapport du PNUE

Nagoya, le 22 octobre 2010 - L'importance vitale de la pêche continentale pour l'alimentation et les revenus des habitants des pays en développement est fortement mise en évidence dans un nouveau rapport du PNUE publié aujourd'hui.

Globalement les rivières et les lacs offrent 13 millions de tonnes de poisson par an, peut-être même 30 millions si l'on tient compte des captures non déclarées.

Cette activité génère 60 millions d'emplois à temps plein et partiel dans le secteur pêche, mais aussi dans d'autres secteur qui en dépendent tel que le traitement. La moitié de ces emplois sont occupés par des femmes.

Environ 70% des pêches sont en Asie, 25% en Afrique, et environ 4% en Amérique latine. Il s'agit en grande partie de produits consommés à l'échelle nationale, ce qui souligne l'importance vitale de ce type de pêche pour les populations et l'économie des pays en voie de développement.

Ce nouveau rapport, compilé par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et le

World Fish Center, souligne également l'importance des pêches continentales dans l'alimentation et, l'apport de protéines, surtout chez les enfants.

« En plus des protéines, le rôle des pêches continentales dans l'apport de micronutriments, notamment la vitamine A, le calcium, le fer et le zinc, est vital » dit le rapport Blue Harvest: Inland Fisheries as an Ecosystem.

"Des études poussées au Bangladesh par exemple, ont montré que la consommation quotidienne de

petits poissons constitue 40% des apports journaliers de vitamine A et 31% de calcium des ménage», ajoute l'étude dont les conclusions ont été lancés lors de la 10e Réunion des Parties de la Convention sur la diversité biologique, qui a eu lieu à Nagoya, au Japon.

En plus d'offrir des avantages nutritionnels, les poissons jouent également un rôle clé dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Leur consommation de plancton, de plantes, insectes, petits poissons et autres, est essentielle à la stabilité et à la résilience des habitats fluviaux et lacustres.

Les poissons servent également de liens importants entre plusieurs écosystèmes. Les éléments nutritifs et organiques provenant des oeufs, des carcasses et des excrétions de poissons contribuent à soutenir la croissance d'algues, de larves d'insectes et d'autres espèces de poissons dans les rivières et les lacs.

Lorsque les populations de poissons sont en déclin, cela peut provoquer de graves répercussions sur d'autres organismes. La mortalité de l'espèce de poisson « Cisco » à grande échelle dans le lac Mendota aux États-Unis, a par exemple, conduit à des changements dans la composition du plancton du lac, une diminution du niveau de nutriments dans l'eau et a provoqué un déclin de la biomasse des algues.

La surpêche soutenue de ces 40 dernières années au niveau mondial et les changements climatiques rapides remettent en cause la viabilité future des stocks de poissons, de même que toute une série d'objectifs internationaux dont les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Le rapport cite différentes menaces: l'affaiblissement des débits, la modification des périodes d'inondations saisonnières, la perte d'habitat et des lieux de reproduction causés par des barrages, l'agriculture non durable et la surexploitation de l'eau douce.

D'autres impacts négatifs pourraient compliquer davantage la situation: la construction de route, l'urbanisation, la pollution due aux rejets des eaux usées et le changement climatique.

- Ce rapport met en évidence la surpêche et la dégradation de l'environnement qui, combinés, ont déclenché une forte baisse des captures dans le lac Malawi et le lac Malombe. Les captures dans le fleuve Niger ont baissées à la suite de la construction d'un barrage et d'une sécheresse liée à la baisse du débit de la rivière.

- La pollution fait aussi des ravages. Chongqing, Nanjing, Shanghai et d'autres villes importantes de la vallée de la rivière Yang Tsé Kiang, en Chine, rejettent 25 milliards de tonnes d'eaux usées dans la rivière chaque année, dont une grande partie n'est pas traitée.

Avec d'autres facteurs, tels que la construction de barrages et la surexploitation de l'eau, la pollution est liée à une baisse des prises de poissons du Yangtsé. L'esturgeon et le polyodons chinois sont classés comme en « danger critique ».

Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE et Secrétaire général adjoint de l'ONU, a déclaré: «Ce rapport a mis en évidence le sujet souvent négligé de la pêche continentale. Alors que la pêche maritime est sous surveillance accrue, celle dans les fleuves et les lacs fait rarement appel à la communauté internationale, un oubli qui pourrait potentiellement avoir des conséquences profondes ".

«Pourquoi? Parce que environs 100 millions de personnes en Afrique trouvent une importante part des apports quotidiens en protéines et en minéraux nécessaires à leur survie dans ces sources intérieures. Pendant ce temps des estimations non officielles prétendent que ces captures intérieures s'élèvent à environ 30 millions de tonnes, ce qui est comparable au chiffre officiel des captures en mer. Ces même estimations évoquent le chiffre de 60 millions d'emplois dépendant de cette forme de pêche ce qui correspond à 13 millions d'emplois en plus que dans le domaine de la pêche maritime, a-t-il ajouté.

Le rapport exhorte les pays à adopter une «approche écosystémique» de la gestion des eaux intérieures et de la pêche, compte tenu des impacts multiples détruisant leur santé et leur productivité.

Une telle approche doit tenir compte d'un large éventail de facteurs, en commençant par réduire la pollution et les pratiques de pêche destructrices, afin de renforcer les débits fluviaux et la restauration des habitats, et de protéger les zones humides.

La construction de nouveaux barrages devrait se faire là où ils auront le moins d'impact sur les écosystèmes fluviaux, et les plans devraient être conçus pour permettre la migration des poissons et surtout pour permettre les crues saisonnières de se dérouler naturellement. Lorsque c'est possible les anciens barrages devraient être modifiés pour fournir des services similaires.

Patrick Dugan, l'auteur principal du rapport du World Fish Center à Penang, en Malaisie, a ajouté: «Les constructions récentes aux États-Unis et dans le bassin de la rivière Vu Gia-Thu Ban au Vietnam montrent que la volonté politique et une planification minutieuse peuvent fournir des solutions équilibrées. Ces barrages ont laissés des corridors fluviaux libres, sans constructions, tandis que d'autres sont gérés pour répondre à des objectifs environnementaux et pour produire de l'hydroélectricité. Nous devons, de toute urgence, reproduire ces succès à grande échelle dans les grandes rivières, si nous voulons maintenir un équilibre dans le domaine de la pêche continentale au niveau mondial. "

Voici quelques points important de ce rapport:

Le rapport se concentre sur la pêche intérieure dans les pays en développement en partie parce que les pêches continentales en Europe, en Amérique du Nord et en Australie sont aujourd'hui principalement une activité récréative.

Néanmoins, ce secteur a aussi d'importants avantages économiques dans ces régions. Les derniers chiffres montrent que aux États-Unis, 35 millions de personnes, soit 18% de la population âgée de 16 ans ou plus, ont dépensé 38 milliards de dollars pour pêcher en eaux douces, ce qui revient tout de même à 0,5% du PIB.

Dans l'Union européenne, environ 25 millions de pêcheurs pratiquent dans les eaux douces et dépensent plus de $ 8 milliards par an.

En Afrique et en Asie:

- La Chine, le Bangladesh, l'Inde et le Myanmar sont les premiers producteurs, avec un total officiel de plus de cinq millions de tonnes de récolte par an.

- 16 autres pays, dont la République démocratique du Congo, l'Egypte, le Kenya, le Mali, l'Ouganda, le Cambodge, l'Indonésie, les Philippines et le Vietnam capturent plus de 100.000 tonnes par an.

- En Inde, 5,5 millions de personnes travaillent dans le domaine de la pêche et des secteurs qui en dépendent. Au Bangladesh, on estime ce nombre à 2,2 millions. Au Nigeria à 1,7 millions. Au Cambodge, 1,6 millions. Enfin, en Chine ce chiffre s'élève à 1,2 millions.

La plus grosse récolte se situe en Asie est provient du bassin inférieur du Mékong où elle est estimée à plus de deux millions de tonnes, soit une valeur maximale de 3,8 G $ lors de la première vente et jusqu'à $ 7600000000 sur les marchés de détail.

Le Mékong est la principale source de protéines, d'oligo-éléments et d'acides aminés pour vingt deux millions de personnes au Cambodge et au Laos. Les captures de petits poissons, consommés entier, fournissent du calcium pour les os, de fer et de vitamine A pour les organes internes.

Au Bangladesh, plus de 40% de la production totale de poisson provient de la pêche continentale et dans les zones rurales jusqu'à 80% des ménages pêchent des poissons pour nourrir la famille: ce sont souvent les seule source de revenus pour les pauvres sans terre.

En Afrique, le bassin du lac Victoria produit un peu plus d'un million de tonnes chaque année. Les recettes d'exportation de la perche du Nil étaient supérieures à 300 millions de dollars en 2007.

L'importance des pêches continentales pour les revenus des ménages en Afrique est illustrée

par l'exemple des communautés dans le bassin du Zambèze :

- Sur les rives du Barotse en Zambie, les ménages gagnent 180 $ par an grâce à la pêche, 120 $ grâce à l'élevage et un peu plus de 90 $ grâce aux cultures.

- La pêche est la deuxième source de revenus des ménages dans les zones humides du Malawi.

- Le Bassin du Congo contient la biodiversité de poissons la plus riche parmis toutes les rivières d'Afrique, avec plus de 690 espèces décrites.

Cette biodiversité très riche est liée à la complexité des rapides, des bassins, des courts, des plaines d'inondation et des crues saisonnières, qui apportent des éléments nutritifs et des denrées alimentaires aquatiques en provenance de la forêt tropicale.

Un des grands défis pour la santé et la productivité se situe dans la construction de barrages. L'étude montre que le nombre de grands barrages de plus de 15 mètres de hauteur a augmenté dans le monde de 5.000 en 1949 à plus de 50.000 d'ici 2006.

Il y a actuellement plus de 800.000 petits barrages en fonction dans le monde entier.

Dans les grandes rivières européenne, seul 12% des barrages n'affectent aucunement le débit des eaux, alors qu'en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, ce chiffre s'élève à, respectivement à 37%, 38% et plus de 50%.

L'impact des barrages sur la pêche est illustré dans ce rapport avec le cas du barrage de Pak Mun, construit sur un affluent de la rivière du Mékong, en Thaïlande dans le début des années 1990.

La rivière Mun, en amont du barrage, a connu une diminution du nombre de captures de 60 à 80% cet automne, ce qui représente une perte d'environ $ 1,400,000 par an.

On avait espéré que le nouveau réservoir produirait 220kg/hectare de poissons, mais il n'a permis que d'atteindre10kg/hectare.

Depuis 2001, une politique de crues saisonnières impliquant l'ouverture des vannes du barrage, a été adoptée, ce qui a permis de ramener près de 130 espèces dans la rivière Mun et donc de réduire l'impact du barrage sur la pêche.

La surpêche de petits poissons dans les eaux continentales est aussi devenu un problème sérieux, ceux-ci étant pêchés de plus en plus jeune.

Le rapport cite notamment la pêche dans le Tonle Sap au Cambodge et dans plusieurs pays d'Afrique, dont celle qui est pratiquée dans l'Ouémé au Bénin, au Niger et au Mali.

Notes aux éditeurs:

Le rapport « Blue Harvest: Inland Fisheries as an Ecosystem Service (UNEP- WorldFish Center) » est

disponible en téléchargement sur: www.teebweb.org

Ce rapport a contribué au partenariat pour l'Economie des écosystèmes et de la biodiversité, organisé par le PNUE: www.teebweb.org

La 10e Session de la Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique

est en cours à Nagoya, au Japon du 18 au 29 Octobre 2010.

Pour plus d'information veuillez contacter:

Nick Nuttall, porte-parole et responsable

des relations médias, Tél: 254 (0) 733632755 ou en voyage 41 79 596 5737, e-mail:

nick.nuttall @ unep.org

Contact au WorldFish Center: Fiona Chandler, Directeur de la Communication Tel:

604 6202 274 164 979 213 60 ou téléphone portable. Courrier électronique: f.chandler @ cgiar.org.

 
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