Nagoya: Nouveau plan stratégique pour lutter contre la perte de biodiversité - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Nagoya: Nouveau plan stratégique pour lutter contre la perte de biodiversité

, Nagoya, 29 octobre 2010 - Réunis à Nagoya, au Japon, les Etats parties à la Convention sur la diversité biologiques ont adopté un nouveau plan stratégique comportant des objectifs clairs pour lutter contre la perte de biodiversité d'ici à 2020.

Les gouvernements ont notamment convenu d'augmenter la superficie des terres protégées et des parcs nationaux à 17% de la surface terrestre de la Terre, contre près de 12,5% aujourd'hui, et d'étendre les zones marines protégées à 10% de la surface maritime de la planète, contre moins de 1% actuellement. Un autre défi du plan adopté prévoit de sauver d'ici à 2020 toutes les espèces connues et menacées à l'heure actuelle d'un risque d'extinction.

La réunion a aussi convenu d'étudier les ressources mobilisables pour aider les pays en développement à atteindre les nouveaux objectifs prévus dans le plan, en se basant sur une méthodologie qui lie les soutiens offerts aux besoins et lacunes identifiés.

Autres décisions comprises dans l'accord de Nagoya, la mise en oeuvre d'une « approche de précaution » dans l'exploitation de zones riches en biodiversité dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et le développement des biocarburants de synthèse.

« La réunion de deux semaines, en s'appuyant sur les dix mois écoulés de cette Année internationale de la biodiversité, a aussi débouché sur un changement radical dans la perception et la compréhension globale de l'importance de la biodiversité, des forêts, des sources d'eau douce et d'autres écosystèmes, en terme de revenus, pour l'économie mondiale et les économies nationales, en particulier, pour le PIB des pays les plus pauvres » a souligné le Directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et administrateur de la Convention sur diversité biologique, Achim Steiner.

Ce changement a été provoqué par une initiative du PNUE - l'économie des écosystèmes et de la biodiversité (EEB)- réclamée par les ministres de l'Environnement du G8 ainsi que plusieurs pays en développement et soutenue par les gouvernements d'Allemagne, de Norvège et du Royaume-Uni.

À Nagoya, le PNUE a rendu public le premier rapport global sur l'EBB, tandis que le Brésil et l'Inde ont annoncé qu'ils allaient lancer leurs propres études de l'EEB.

La Banque mondiale a également annoncé le lancement, en partenariat avec plusieurs organisations, dont le PNUE, la création de « comptes verts » qui intègrent le « capital naturel » dans les plans nationaux de développement économique des pays.

« La conservation et l'utilisation durable de la biodiversité ont besoin d'investissements catalyseurs, stratégiques, sérieux et ciblés de la part du secteur public, mais au final, les milliards, voire les centaines de milliards, de dollars nécessaires ne seront investis que lorsque les politiques publiques et les mesures d'incitations permettront de libérer les investissements du secteur privé », a également estimé Achim Steiner.

« C'est peut-être l'ultime épreuve de vérité, mettre sur un pied d'égalité le capital naturel et le capital humain et financier. L'histoire peut nous montrer que ce sera cela le véritable succès et l'héritage de la réunion de Nagoya », a-t-il ajouté.

Selon lui, « Nagoya a en effet permis d'établir de nouvelles normes sur lesquelles les nations du monde seront jugés par leurs citoyens ». « Cette fois ces objectifs doivent être une source d'inspiration et de changement fondamental pour aller réellement vers un développement durable et une économie verte pour tous, pas seulement pour quelques uns » a-t-il conclu.