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5 gigatonnes - le fossé subsistant entre la science du climat et les découpes climatiques actuelles après Copenhague ?

, , Un nouveau rapport du PNUE présente les possibilités de maintenir l'augmentation des températures mondiales en dessous des 2 c° au 21e siècle

Helsinki/Mexico/Nairobi/Londres/Washington DC, le 22 Novembre 2010 - Les pays du monde entier ont la possibilité de diminuer d'environ 60 pour cent les émissions de gaz à effet de serre, ce qui est nécessaire pour maintenir l'augmentation des températures mondiales sous la barre des 2 c°.

Pour ce faire, il faudrait absolument que les engagements pris l'an dernier à Copenhague soient pleinement respectés.

Ce sont là les conclusions d'un nouveau rapport compilé par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et cosigné par plus de 30 éminents scientifiques travaillant dans des instituts de recherche internationaux.

Le rapport a été écrit en collaboration avec la Fondation européenne pour le climat et l'Institut national d'écologie « SEMARNAT », au Mexique.

Les résultats, présenté a Cancun lors de la réunion des Nations Unies sur le climat, ont mis en lumière les «écart d'émissions» entre les différentes nations, mais aussi entre les projections scientifiques des résultats que ces diminutions d'émissions doivent atteindre d'ici 2020 ainsi que la situation actuelle des différents pays.

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré: "J'encourage toutes les parties à tenir leurs engagements nationaux en matière d'atténuation du changement climatique, de faire avancer les négociations et d'accentuer les efforts sur le terrain pour réduire les émissions. Il n'y a pas de temps à perdre. En comblant le fossé qui existe entre les projections scientifiques et les ambitions nationales actuelles, nous pouvons saisir l'occasion d'inaugurer une nouvelle ère de prospérité dont les particularités seraient de faibles émissions de carbone et un développement durable pour tous. "

On estime que pour maintenir l'augmentation des températures globales en dessous des 2 c° à la fin du 21e siècle et ainsi limiter les effets du changement climatique efficacement, les émissions mondiales devront avoir atteint un sommet au cours des 10 prochaines années et situer aux environ des 44 gigatonnes de CO2 en 2020.

Le rapport, dont la compilation a été dirigé par l'expert scientifique en chef du PNUE, conclut que:

- Si l'on ne change rien à la situation actuelle les projections des entreprises prévoient que les émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre pourraient atteindre environ 56 gigatonnes de CO2 d'ici 2020. Comme point de référence, les émissions mondiales ont été estimées à environ 48 gigatonnes en 2009;

- Si l'on mettait en ?uvre de manière intégrale les engagements et les intentions liées à l'accord de Copenhague, on pourrait dans le meilleur des cas réduire les émissions à une quantité globale d'environ 49 gigatonnes de CO2 d'ici 2020;

- Cela laisserait un écart d'environ 5 gigatonnes de CO2 qui doit absolument être comblé au cours de la décennie et qui devrait redescendre jusqu'à atteindre le niveau des émissions de l'ensemble des voitures, autobus et camions en 2005;

- Dans le pire des cas identifiés dans le rapport, qui est celui où les pays décident de revoir leurs ambitions à la baisse et de suivre les règles comptables établies par les négociateurs de manière laxiste plutôt que stricte, le total des émission pourrait atteindre 53 gigatonnes en 2020, ce qui est seulement légèrement inférieur aux projections des entreprises si l'on ne change pas nos habitudes de vie.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, a déclaré: "Les résultats indiquent que la réunion de l'ONU à Copenhague pourrait avoir été plus fructueuse que prévu, si tous les engagements, toutes les intentions et tous les financements promis, y compris celui de soutenir pleinement les engagements des pays en voie de développement, sont remplis. "

"Il existe un fossé non négligeable entre la science et le niveau des ambitions nationales actuelles. Mais, ce que montre surtout ce rapport c'est que les options actuellement sur la table des négociations peuvent nous amener à parcourir près de 60 pour cent du chemin. C'est une bonne première étape."

Le Secrétaire mexicain de l'Environnement et des Ressources naturelles, Mr. Juan Rafael Elvira, a ajouté que: "le niveau d'effort exprimées dans l'accord de Copenhague en termes de réduction des émissions est presque trois fois plus élevé que ce qui avait été prévu dans le Protocole de Kyoto, ce qui est en soi déjà très positif et démontre une certaine amélioration. Toutefois, il nous faut formaliser et, si possible, augmenter davantage les engagements actuels. Il faudra également traduire ces engagements des pays industrialisés en actions concrètes visant à soutenir les pays en voie de développement. "

En outre, le rapport montre que la manière dont les engagements sont mis en ?uvre (en d'autres termes comment les règles comptables sont fixées lors des négociations), peut être presque aussi important que les chiffres et les engagements en eux-mêmes. En d'autres termes, les règles qui sous-tendent la question de la réduction des émissions de CO2 sont tout aussi importantes que les promesses de dons.

"Cela laisse encore un écart de 5 gigatonnes de CO2, soit une lacune qui pourrait être comblée par une hausse des ambitions des pays développés et en voie de développement et par des politiques visant tout une série de polluants, comme le méthane provenant des déchets, ou encore le « carbone noir » provenant de la combustion inefficace de la biomasse et des déchets d'animaux, "a déclaré Mr. Steiner.

Christiana Figueres, Secrétaire exécutif de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), a déclaré: «Le rapport souligne à la fois la faisabilité de la réduction des émissions et l'importance de la coopération internationale pour relever le niveau actuel des engagements qui est trop faible. Les gouvernements, actuellement réunis à la Conférence des Nations Unies sur le climat à Cancún, auront besoin à la fois de réaffirmer les engagements qu'ils ont pris à Copenhague et de travailler rapidement pour se mettre d'accord sur les moyens pour réduire les émissions de façon à ce que l'augmentation globale des températures reste sous la barre des 2 c°. "

Contexte de l'analyse:

L'évaluation, intitulée « Rapport sur l'écart en matière d'émissions: les engagements pris dans le cadre des Accords de Copenhague sont-ils suffisants pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 ou 2 °C », est l'?uvre de plus de 30 chercheurs venant notamment d'Australie, d'Autriche, de Belgique, du Brésil, de Chine, du Danemark, d'Allemagne, d'Inde, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas, de Nouvelle-Zélande, de Suisse, du Royaume-Uni et des Etats-Unis et travaillant dans de nombreux centres de recherche.

Il s'appuie sur les travaux effectués lors de la réunion de l'ONU sur le climat à Copenhague tout en évaluant les perspectives et les moyens d'atteindre l'objectif encore plus ambitieux de maintenir une hausse globale des températures inférieure à 1,5 °C au cours du 21e siècle.

Le rapport évalue également dans une annexe les engagements individuels de plus d'une douzaine de pays clés, dont l'Inde, la Russie et les États-Unis.

Les différents scénarios calculent la quantité des émissions émises d'ici 2020, dans le cas où les pays respecteraient leurs engagements les plus ambitieux en matière de réduction des émissions et dans le cas où ils n'atteindraient que leurs objectifs minimaux.

De nombreux pays en voie de développement (dont l'Afrique du Sud, l'Indonésie et le Mexique) ont avant, pendant et après Copenhague, annoncé des contributions qui seront fonction de l'action des autres, et en particulier de la situation de la finance internationale sur le climat.

Pendant ce temps, l'Union européenne s'est fixé l'objectif d'une réduction de 20% des émissions, mais a déclaré qu'elle était prête à concevoir une réduction de 30% si les autres suivent. Le Canada a déclaré qu'il suivra les États-Unis, dont l'engagement vers une réduction des émissions de 17% dépend de l'adoption d'une loi en la matière.

En outre, le rapport souligne l'importance d'assurer le respect «stricte» des règles concernant la comptabilité de l'utilisation du territoire et de la foresterie (LULUCF), mais aussi concernant la manière dont les unités d'émissions excédentaires sont utilisées. En effet, les règles régissant ces questions peuvent avoir presque autant d'impact que les engagements en eux-mêmes. Si les règles ne sont pas respectées à la lettre, les engagements peuvent être compromis.

Principales conclusions du rapport:

Des études montrent que si nous limitons le volume des émissions de gaz à effet de serre à un maximum de 44 gigatonnes équivalent de CO2 (de 39 à 44) en 2020, il y a de forte chance que le changement climatique ne dépasse pas la barre des 2 °C.

- Selon les projections du monde des affaires, les émissions mondiales pourraient atteindre 56 gigatonnes de CO2 (de 54 à 60) en 2020, si l'on ne change pas nos habitudes de vie;

- Si les engagements nationaux minimaux sont mises en ?uvre, les émissions pourraient être légèrement inférieures à 53 gigatonnes de CO2 (entre 52 et 57), ce qui laisse un écart important de 9 gigatonnes à combler. Toutefois, une série d'options politiques sont envisageables et pourraient réduire sensiblement cet écart;

- Rehausser le niveau des ambitions et des engagements conditionnels;

- Adopter des règles qui permettent d'éviter une augmentation nette des émissions LULUCF et l'utilisation d'unités d'émissions excédentaires;

- Éviter l'impact de facteurs tels que la comptabilisation doubles des compensations sera également important pour limiter la taille de l'écart;

- Si toutes les options de politique ci-dessus sont prises, les émissions en 2020 seraient seulement équivalente à 49 gigatonnes de CO2, ce qui réduirait la taille de l'écart de près de 60% par rapport aux estimations du monde des affaires. Cet écart ne serait plus que de 5 gigatonnes de CO2;

- Les études montrent qu'il est possible de combler l'écart restant par des plans d'actions nationaux plus ambitieux, dont certains pourraient être soutenus par les finances internationales pour le climat;

- Avec ou sans écart, l'évaluation montre clairement que des taux important de réduction en matière d'émissions sont nécessaires après 2020 afin de garder toutes nos chances de limiter le réchauffement à 2 °C;

- Afin d'atteindre cet objectif de 1,5 °C, les émissions après 2020 devront diminuer encore plus vite, peut-être de 4 à 5% par an - et devront être négatives en 2050.

«Ce partenariat sans précédent entre climatologues et modélisateurs permet de remettre les chose à leurs place sur ce qui est faisable et gérable en matière de changement climatique. Parallèlement, la fenêtre d'action pour limiter les coûts économiques du réchauffement se rétrécit d'année en année. Cancun représente la prochaine occasion de combler les lacunes et de garder cette fenêtre ouverte pendant que le monde construit un nouveau traité international dans ce domaine », a conclut Mr. Steiner.

Pour plus d'informations contacter

Nick Nuttall, Porte parole du PNUE, au Tel: +254 733 632755 or +41 79 596 5737, E-mail: nick.nuttall@unep.org

Pour le lancement régional, veuillez contacter:

Helsinki: Katja Huumo, agent de communication, Ministère de l'environnement, Finland, Tel. + 358 50 567 5381, E-mail: katja.huumo@ymparisto.fi

Londres: Nick Nuttall, Porte parole du PNUE, au Tel: +254 733 632755 or +41 79 596 5737, E-mail: nick.nuttall@unep.org

Mexico: José Orozco, INE Press Coordinator, Tel. +52 55 5424 6434, E-mail: jorozco@ine.gob.mx

ou

Mara Murillo, Chargée de l'information au bureau du PNUE ? Amérique Latine, Tel. +507 305-3131, E-mail: mara.murillo@unep.org

Nairobi: Bryan Coll, PNUE/Nairobi, Tel: +254 20 762 3088, Mobile: +254 711 203148, E-mail: bryan.coll@unep.org

Washington DC: Andrea DiPaola, Chargée d'information, Bureau régional du PNUE- Amérique du Nord, Tel: +1 202 621-5037, Mobile: +1 202 615-6488, E-mail: andrea.dipaola@unep.org

Ou

Michael Oko, Directeur, Relations Media, WRI, Tel. +1 202 729-7684; Mobile: +1 202 246-9269, E-mail: moko@wri.org