Selon un nouveau rapport du PNUE, la gestion des déchets mondiaux peut aider à combattre le changement climatique, tout en facilitant l'accès à l'énergie. - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Selon un nouveau rapport du PNUE, la gestion des déchets mondiaux peut aider à combattre le changement climatique, tout en facilitant l'accès à l'énergie.

, , Cancún (Mexique), le 3 décembre 2010 ? Réduire les émissions de gaz à effet de serre, tel que le méthane, provenant des déchets mondiaux, pourrait jouer un rôle dans la lutte contre le changement climatique. Ce sont là les conclusions principales d'un nouveau rapport du PNUE publié aujourd'hui.

Le secteur de la gestion des déchets est responsable de 3 à 5 pour cent des émissions mondiales humaines de gaz à effet de serre (GES). Selon certaines estimations, ce pourcentage est équivalent au total des émissions actuelles du secteur de l'aviation civile internationale et du transport de fret.

Le rapport indique que le secteur des déchets, source importante de GES, pourrait permettre de capturer une grande partie des émissions mondiale, notamment en récoltant le méthane provenant des décharges pour fabriquer du carburant et la produire de l'électricité.

Ce faisant, ce secteur peut jouer un rôle primordial dans la réduction de l'écart entre la réduction théorique des émissions qui doit être atteinte en 2020 et la réduction effective des émissions qui a été promise lors de l'accord de Copenhague en 2009.

Selon un récent rapport du PNUE intitulé « Emissions Gap Report », présenté en avant-première lors de l'ouverture de la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Cancun, dans le meilleur des cas, les émissions mondiales de GES devraient atteindre environ 49 gigatonnes (Gt) de C02, si les engagements pris à Copenhague sont pleinement mises en ?uvre. Hors, les scientifiques estiment que les émissions doivent atteindre un pic maximal de 44 Gt dans les 10 prochaines années pour pouvoir espérer garder une augmentation des températures mondiales en dessous de 2 ° C au cours du 21e siècle. Entre les engagements pris à Copenhague et les estimations scientifiques, il existe donc un écart de 5 Gt.

Augmenter le nombre et la cadence des actions visant à réduire les émissions de C02 sera indispensable pour combler cet écart de 5 Gt. Cependant, ces actions pourraient être complétées par une série de mesures visant les polluants autres que le C02, tel que le carbone noir ou encore les composés azotés de méthane.

"Toutes les voies, toutes les occasions et toutes les options concernant la réduction des gaz à effet de serre doivent être essayées si le monde veut lutter de manière efficace contre un changement climatique dangereux; et si il veut préparer le terrain pour une transition vers une économie verte, faible en émission carbonique et peu gourmande en ressources naturelles dont le 21e siècle a besoin de toute urgence ", a déclaré Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE et Secrétaire général adjoint de l'ONU.

"Le secteur des déchets agit déjà pour minimiser l'impact potentiellement fort des GES comme le méthane émanant de ses activités, malheureusement cette action s'effectue souvent au niveau national, pays par pays. Il est temps de développer et d'offrir une réponse globale et beaucoup plus coordonnée à ce problème, en particulier dans les économies en développement. En effet, une gestion écologique des déchets offrirait de multiples avantages allant de la réduction des émissions de GES, à la création de nouveaux emplois verts, en passant par un accès plus facile à l'énergie via des projets de récupération des déchets pour produire de l'électricité, "a-t-il ajouté.

Le rapport intitulé « Waste and Climate Change: Global Trends and Strategy Framework », a été préparé par le Centre International des Technologie pour l'environnement du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), basé au Japon. Les auteurs y examinent de quelle manière le secteur des déchets peut aider à lutter plus efficacement contre le changement climatique, et y proposent une stratégie pour accroître cette contribution.

Trois principaux domaines du secteur des déchets dans lesquels des économies de GES peuvent être réalisées, ont été identifiés dans le rapport:

- Réduire la quantité de matières premières utilisées dans la production de produits pour entrainer une réduction des déchets et récupérer les matériaux grâce au recyclage (ce qui permettrait d'éviter les émissions de GES liées à l'énergie utilisée pour extraire ou produire les matières premières).

- Produire de l'énergie à partir de déchets pour remplacer l'énergie provenant des combustibles fossiles.

- Stocker le carbone dans les décharges en appliquant du compost sur les sols.

Malgré ces quelques pistes, l'étude souligne également qu'il reste beaucoup d'éléments à étudier pour estimer la contribution potentielle de ce secteur en matière de réduction des émissions, et donc les économies potentielles d'émissions qui peuvent être réalisées. En effet, dans de nombreux pays, les données sont inexactes et les méthodes de calcul liées aux déchets sont différentes.

Le rapport note que le niveau d'incertitude à ce sujet peut atteindre 10 à 30 pour cent en ce qui concerne les pays développés (ayant tout de même des ensembles de données de bonne qualité), et plus de 60 pour cent en ce qui concerne les pays en voie de développement qui ne disposent pas des données annuelles.

Dans le secteur des déchets, les émissions de méthane provenant des décharges sont généralement considérées comme ayant l'impact le plus négatif sur le climat, suivie de près par les GES libérés lors de l'incinération des déchets. Dans les décharges, le méthane provient de la décomposition par les microbes des restes de matières organiques (la nourriture, le papier, le bois etc.).

Les taux de dioxyde de carbone et de méthane libérés au cours du processus de décomposition sont relativement égaux, mais dans certains endroits l'enfouissement ou le recouvrement des déchets peut entraîner une production plus élevée de méthane. Lorsque que le méthane s'échappe dans l'atmosphère, il est 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (sur une période de 100 ans).

Les décharges qui ont installés des systèmes de récupération des gaz, captent le méthane pour le convertir en combustible et en compost. Les taux de capture de ce type de décharges varient d'un site à l'autre (car ils dépendent de la composition des matières immergées dans ces décharges), mais on estime que ces taux avoisinent les 70 pour cent dans les décharges contrôlées des pays développés.

Une étude citée dans le rapport suggère que l'on pourrait faire des économies d'émissions de l'ordre de 132 à 185 kg de CO2 par tonne de déchets municipaux mouillés, mixtes ou solides stockés dans les décharges européenne écologiquement gérées. Une autre étude suggère que le simple fait d'envoyer les restes de nourriture, les déchets du jardin et les déchets de papier à site qui fait du compostage, ou dans des stations de recyclage, réduirait de manière significative la quantité de matières organiques présente dans les décharges. Les émissions pourraient être réduites de 250 kg de CO2 par tonne de déchets municipaux solides.

En Allemagne, entre 1990 et 2005, les déchets organiques non traités ont été progressivement interdits dans les décharges. En 2012, cette mesure devrait avoir permis d'éviter l'émission de 28,4 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère.

Le rapport précise que dans de nombreux pays en développement, le taux des déchets organiques (source potentielle d'émissions de méthane) atteint environ 50 pour cent et pourrait, dans un pays émergent comme la Chine, représenter plus de la moitié des flux de déchets jusqu'à et au-delà de 2030, si aucune mesure n'est prise.

On note aussi que le traitement des gaz à effet de serre et les stratégies de gestion des déchets dans ce secteur doivent être mises en place en tenant compte d'autres facteurs environnementaux, sociaux et économiques, qui diffèrent d'un endroit à l'autre.

Même si la production annuelle moyenne de déchets par habitant dans les pays en voie de développement n'atteint que 10 à 20 pour cent de celle des pays développés, ce chiffre est en hausse rapide à cause de la croissance économique et démographique de ces pays. Un des principaux défis consiste donc à séparer la croissance économique de la production de déchets. Certains des pays les plus pauvres du monde éprouvent beaucoup de difficulté à accéder aux financements et aux technologies qui permettent de mettre en ?uvre des programmes de gestion et de récupération des déchets. Toutefois certains projets voient peu à peu le jour, à une vitesse accélérée, avec le soutient des mécanismes de développement propre (MDP) du Protocole de Kyoto.

Une évaluation distincte faite par le Centre Risoe du PNUE au Danemark estime qu'environ 320 (soit un peu moins de 6 pour cent) des projets issus des MDP actuellement en cours sont liés aux émission de GES venant des décharges.

Ce n'est, selon les experts, que la «partie émergée de l'iceberg» en termes de potentialité. La Chine, à titre d'exemple, produit 254 millions de tonnes de déchets par an. Pourtant, seul 2,5 pour cent de tous les projets de MDP chinois concernent des sites d'enfouissement. De la même manière, en Inde, un peu moins de deux pour cent des projets de MDP concernent les sites d'enfouissement de déchets.

Le Secrétaire exécutif de la Convention de Bâle, Mme Katharina Kummer Peiry, a soutenu les conclusions de ce rapport sur la gestion des déchets. « Je salue ce rapport qui est une nouvelle base pour aborder la façon dont la gestion des déchets peut contribuer à combattre le changement climatique. Il s'agit là d'une question importante qui a jusqu'à présent été sous-estimée. Le Secrétariat attend avec intérêt de joindre ses forces à d'autres acteurs dans le but de renforcer la gestion écologique et rationnelle des déchets, » a-t-elle conclu.

Notes aux rédacteurs:

Le rapport complet peut être téléchargé à cette adresse: http://www.unep.or.jp/Ietc/Publications/spc/Waste&ClimateChange/Waste&ClimateChange.pdf

La Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur élimination est l'accord environnemental mondial le plus complet concernant la gestion de déchets dangereux et autres. Pour plus d'informations, se rendre à l'adresse suivante: www.basel.int.

 
Globally, the waste management sector contributes 3-5 per cent of man-made greenhouse gas emissions