La gestion des nutriments est à la fois un défi et une solution pour la sécurité alimentaire - United Nations Environment Programme (UNEP)
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La gestion des nutriments est à la fois un défi et une solution pour la sécurité alimentaire

, Delhi (Inde), le 3 décembre 2010 - On peut répondre à la demande croissante de nourriture due à l'augmentation de la population mondiale grâce à une production durable ou à l'utilisation d'engrais qui, si elle n'est pas gérée correctement aura un impact sur la sécurité alimentaire, sur la qualité et la disponibilité de l'eau, sur la pêche et enfin sur la biodiversité. Ce sont là les conclusions d'un nouveau un rapport publié aujourd'hui par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Le rapport intitulé « Construire les fondements d'un gestion durable des nutriments », note que la sécurité alimentaire de la moitié de la population mondiale dépend de l'utilisation durable des engrais. Or de grandes quantités d'engrais s'échappent bien souvent soit dans l'atmosphère, soit dans les eaux souterraines, les sols, les rivières ou en encore dans les eaux côtières. Cette situation provoque un excès de nutriments dans l'environnement.

En parallèle à cela, près d'un milliard de personnes supplémentaires sont désormais victimes d'une production alimentaire insuffisante. Un facteur majeur de cette pénurie de nutriments provient justement de l'utilisation d'engrais, soit d'azote et de phosphore.

L'étude a noté que de nombreux lacs d'eau douce, de ruisseaux et de réservoirs du monde entier souffrent d'eutrophisation (excès de nutriments). Des millions de personnes dépendent de puits pour avoir accès à l'eau, dans ces puits les niveaux de nitrate sont bien supérieurs aux niveaux recommandés. Dans les pays en voie de développement on estime que 90 pour cent des eaux usées (source majeure de nutriments en excès) nuisent à la santé des habitants et des écosystèmes locaux. Selon l'étude, ces eaux non traitées sont évacuées telles quelles dans les cours d'eau et dans les zones côtières, selon l'étude. Dans le secteur maritime, l'eutrophisation a provoqué une augmentation de la fréquence, de l'ampleur et de la durée de l'appauvrissement en oxygène (hypoxie) de certaines zones marines qui sont désormais surnommées de «zones mortes».

Le rapport qui a été compilé avec la participation de décideurs politiques, de scientifiques, du secteur privé, d'organisations non – gouvernementales, et avec différentes agences des Nations Unie, est un travail en collaboration avec le Partenariat mondial sur la gestion des éléments nutritifs (GPNM). Il a pour but de promouvoir de pratiques et approches plus saines et écologiques dans les pays pour assurer la sécurité alimentaire et une bonne gestion des nutriments.

"Le problème de l'excès d'éléments nutritifs dans la nature devrait prendre de l'ampleur à mesure que la demande en nourriture et en bio carburants augmente. En effet, les populations risquent de produire de plus en plus d'eaux usées. Toutefois, des situations gagnant/gagnant sont possibles. Une production agricole durable est nécessaire, de même que la protection des services produits par les écosystèmes est vitale», a déclaré David Osborn, Coordonnateur du Programme d'action mondial pour la protection du milieu marin face aux activités terrestres (GPA) du PNUE.

L'impact de l'excès de nutriments sur l'environnement est particulièrement ressenti dans les grands centres urbains, ainsi que dans les zones côtières qui abritent des écosystèmes hautement productifs. Quelque 60 pour cent de la population mondiale vit et travaille dans les 60 kilomètres qui bordent les côtes du monde entier, là où la pêche est le principal moyen de subsistance.

Bien que ce problème pose d'énormes défis, il existe aussi des solutions viables. Une gestion des nutriments incorporée dans les politiques et les pratiques mondiales est une partie de la solution.

Les deltas des cours d'eau possèdent de grandes quantités d'éléments nutritifs. Une gestion efficace de ces nutriments pourrait garantir la contribution de l'agriculture et de la pêche à la sécurité alimentaire et à protection de l'environnement.

Il faudrait accroître l'utilisation optimisée des engrais en utilisant les engrais sur les plantes plutôt que dans les sols, en utilisant des semences de meilleure qualité, ou encore en améliorant la gestion de l'eau. Cela permettrait de répondre à une augmentation projetée de 38 de la demande mondiale de céréales d'ici 2025. Cela permettrait également de réduire l'utilisation des engrais d'environ 15 millions tonnes d'azote par an.

L'Union européenne a introduit la directive "nitrates" qui fixe des limites de rejet encadrées par des réglementation et l'engagement des parties prenantes. Cette directive a conduit à prise de conscience croissante de l'importance de la gestion des éléments nutritifs dans le secteur agricole. Cela a permis:

  • Une meilleure gestion des éléments nutritifs qui a engendré une réduction des apports en engrais et une efficacité accrue du secteur agricole;

  • Une augmentation de l'application systématique de mesures agro-environnementales dans les programmes de développement rural;
  • Une compréhension mutuelle du public et des producteurs du fait que l'agriculture productive peut aller de pair avec la protection de l'environnement, pour une meilleure gestion des nutriments tout en maintenant des niveaux de production similaires;
  • L'introduction de pratiques agricoles novatrices en matière de gestion améliorée du nitrate qui ont permis aux agriculteurs de réaliser d'importantes économies.
  • «Le défi n'est pas nécessairement de créer de nouvelles approches ou de nouvelles technologies, mais plutôt d'améliorer ce que nous avons tout en intensifiant la production et la protection de l'environnement. Ce sont les meilleures pratiques que nous intégrer dans la gestion des éléments nutritifs et qui doit être intégrée dans la politique et la pratique», a ajouté M. Osborn.

    Le rapport prend le bassin de la mer Noire comme un exemple pour montrer la manière dont la coopération transfrontalière entre les pays et les organismes des Nations Unies peuvent aider à promouvoir une gestion efficace des éléments nutritifs. Ce bassin de la mer noire, qui a été fortement dégradé par des pollutions massives dues à un excès de fertilisation et à des nutriments présents en trop grandes quantité, est maintenant en cours de réhabilitation grâce à des efforts en matière de contrôle de la pollution. Un projet de partenariat financé par les Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et une coopération entre le PNUE, le PNUD, la Banque mondiale et les pays du bassin de la mer Noire, a été mis en place.

    Pour plus de renseignements, veuillez contacter:

    Nick Nuttall, Porte-parole/Responsable des relations médias, Tél: +254 733 632755, courriel nick.nuttall@unep.org

    NOTES AUX REDACTEURS:

    Le Partenariat mondial concernant la gestion des éléments nutritifs rassemble un groupe de gouvernements, de décideurs, de scientifiques, de personne issues du secteur privé, d'ONG et d'agences des Nations Unies. Il fonctionne sous forme d'un réseau de volontaire constitué des différentes parties prenantes, en vue de communiquer toutes sorte d'informations nécessaires pour répondre aux défis que pose la bonne gestion des éléments nutritifs. Il aide aussi à définir des centres d'intérêt et d'action communs aux pays, aux organismes et aux bailleurs de fonds dans le but d'optimiser l'utilisation des nutriments, d'éviter les problèmes de pénurie, et réduire son impact sur l'environnement.