L'Année internationale de la biodiversité se termine sur une note positive - United Nations Environment Programme (UNEP)
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L'Année internationale de la biodiversité se termine sur une note positive

, , New York/Nairobi, le 21 décembre 2010 - Un nouvel organisme international visant à organiser une riposte mondiale face à la perte de la biodiversité, à la destruction des forêts, à la destruction des récifs coralliens et au déclin des autres écosystèmes, a été créé hier par les gouvernements présents lors de la 65ème Assemblée générale des Nations Unies.

Cet accord est un succès de plus à mettre sur le compte de l'Année internationale de la biodiversité de l'ONU. De plus, il devrait donner une impulsion à l'Année internationale des forêts qui doit débuter en Janvier 2011. Enfin, il devrait permettre de soutenir la Décennie internationale de la biodiversité, à partir de janvier 2011.

L'adoption de l'accord par l'assemblée plénière des Nations Unies était la dernière approbation nécessaire pour officialiser la mise en place d'une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Les gouvernements avaient déjà donné le feu vert à sa création en juin dernier, lors d'une réunion coordonnée par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) à Busan, en République de Corée. Cependant l'officialisation de la création d'un tel accord exigeait que celui-ci soit adopté lors de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Cette nouvelle plate-forme indépendante fonctionnera, à quelques détails près, de la même manière que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Rappelons que le GIEC a permis d'attirer l'attention du monde entier sur la problématique du réchauffement climatique, il a également permis de catalyser l'action des gouvernements en la matière.

Le nouvel organe sera chargé de combler le fossé entre la richesse des connaissances scientifiques sur l'accélération du déclin de la biodiversité et la dégradation du monde naturel. L'accent sera mis sur la recherche de solutions efficaces et sur l'action décisive des gouvernements mondiaux pour inverser ces tendances néfastes.

L'un des principaux rôles de cet organe concerne la réalisation d'analyses scientifiques poussées des découvertes scientifiques (en matière de services écosystèmiques et de biodiversité) qui sortent des instituts de recherche du monde entier. Le but a terme est de fournir des rapports standardisés de bonne qualité pour aiguiller les gouvernements dans la lutte contre la dégradation du milieu naturel.

Ces rapports couvriront non seulement l'état, le statut, et les tendances des écosystèmes dans le monde, mais ils donneront également un aperçu des options politiques possibles, des transformations nécessaires, et des réponses à apporter face aux différentes problématiques abordées.

La priorité de l'IPBES sera de donner un sens et une cohérence à la grande variété des rapports et des évaluations menées par les différents organismes des Nations Unies, les centres de recherche et les universités en matière de biodiversité et de services écosystèmiques.

"L'IPBES représente une avancée majeure dans l'organisation d'une réponse générale efficace face à la disparition progressive des organismes vivants, des forêts, des ressources en eaux douces, des récifs coralliens, ainsi que des autres écosystèmes qui sous-tendent toute forme de vie sur Terre, dont la vie économique », a déclaré Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE.

«2010, l'Année internationale de la biodiversité, avait commencé sur une note grave lorsque l'on s'était aperçu qu'aucun pays n'avaient atteint l'objectif d'inversion du rythme d'appauvrissement de la biodiversité. Heureusement, l'année s'est achevée sur une note beaucoup plus positive. En effet, cet accord souligne une nouvelle détermination pour sauver la biodiversité, pour relever les défis qui y sont liés, et pour offrir la possibilité aux gouvernements mondiaux de gérer les actifs naturels de la planète de manière plus intelligente et réfléchie », a-t-il ajouté.

Renforcer les réalisations de la Convention sur la diversité biologique

Mr. Steiner a déclaré que l'approbation de l'IPBES par l'Assemblée générale des Nations s'inscrit dans la foulée des succès de la réunion de la Convention sur la diversité biologique de Nagoya, qui a eu lieu en octobre, au Japon.

Lors de cette réunion, les gouvernements avaient adopté un nouveau plan stratégique contenant des objectifs concrets pour lutter contre la perte de biodiversité d'ici l2020.

Les gouvernements ont notamment convenu d'augmenter l'étendue des aires protégées et des parcs nationaux terrestres à une surface de 17 pour cent de la surface totale de la Terre, ce qui représente une hausse d'environ 12,5 pour cent par rapport à la situation actuelle. Ils ont également convenu d'étendre les zones marines protégées à 10 pour cent de la surface totale des océans, contre moins d'un pour cent actuellement.

Un autre élément important de ce vaste plan comprend l'éradication du risque d'extinction concernant les espèces menacées connues, d'ici 2020.

Lors de cette réunion, il a aussi été convenu de mobiliser des ressources pour aider les pays en voie de développement à atteindre les nouveaux objectifs contenus dans le plan stratégique adopté.

Enfin, les autres décisions prises incluent la mise en place d'une approche respectant le « principe de précaution » en ce qui concerne des domaines émergents tels que la géo-ingénierie. Ces autres décisions ont été prises afin de lutter contre le changement climatique et de développer des biocarburants de synthèse.

Renforcer les succès de l'initiative « Economie verte »

La Conférence de Nagoya a également permis un changement radical dans la compréhension globale de l'importance économique de la biodiversité, des forêts, des ressources en eaux douces et des autres écosystèmes, en particulier en ce qui concerne le «PIB des pays pauvres».

L'étude de cas a été construite avec l'aide des membres de l'initiative « Economie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB) ». Cette initiative, organisée par le PNUE à la demande des ministres de l'environnement du G-8 ainsi que de ceux des pays en voie de développement, est soutenue directement par la Commission européenne et les gouvernements allemand, norvégiens, américains et anglais.

Ce partenariat rassemble également un vaste réseau d'organisations actives dans le domaine de l'environnement, d'instituts, de scientifiques et d'économistes spécialisés dans les pays développés et en développement.

Le rapport final de l'initiative « TEEB » a été lancé lors de la conférence de Nagoya. A la suite de cette publication, des pays comme l'Inde et le Brésil ont annoncés qu'ils lanceraient leurs propres versions nationales de l'initiative « TEEB ». « L'Economie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB) » constitue une part importante de l'initiative « Economie verte » du PNUE.

Un partenariat de soutien sera organisé en parallèle avec la Banque mondiale et en collaboration avec plusieurs organisations, dont le PNUE. Le but sera de rendre les comptes nationaux plus écologique, et cela en vue d'intégrer progressivement le «capital naturel» au sein des stratégie de développement économiques nationales.

Ce projet est initialement prévu pour être développé dans six à 10 pays parmi lesquels on compte la Colombie et le Mexique.

Mr. Steiner a déclaré que l'accord formel des gouvernements pour la création d'une IPBES signifiait énormément. Ce qui était de l'ordre du possible en 2010 est désormais une réalité.

Il a ajouté que le soutien de l'Assemblée générale des Nations Unies à la création d'une IPBES sera suivi d'une série d'étapes progressives afin de rendre ce nouvel organe opérationnel.

Le PNUE, qui a été désigné comme « Secrétariat intérimaire », va maintenant organiser une séance plénière ou une réunion des gouvernements en 2011 pour statuer les questions pratiques essentielles, telles que le pays d'accueil de la nouvelle plateforme etc.

Notes aux rédacteurs

Quel sera le rôle de l'IPBES?

Actuellement, il existe une myriade d'évaluations mondiales, régionales et nationales qui se rapportent aux services écosystèmiques et à la biodiversité.

Citons par exemple le rapport « Millennium Ecosystem Assessment », « l'Evaluation internationale des sciences et des technologies agricoles pour le développement », le rapport du PNUE « Global Environment Outlook », le rapport « Global Biodiversity Outlook », « l'Évaluation des ressources forestières mondiale », le rapport sur « l'Etat des ressources génétiques animales mondiales pour l'alimentation et l'agriculture », « l'Economie des écosystèmes et de la biodiversité », ou encore la « Liste rouge de l'UICN concernant les espèces menacées et en voie de disparition ».

Si la plupart, voire toutes ces études sont importantes, de nombreuses conclusions ne sont jamais traduites en mesures concrètes et décisives par les gouvernements nationaux. Cela est dû, en partie, au fait que chacune de ces études est construite sur base de méthodologies et de normes de fonctionnement différentes.

L'IPBES peut permettre d'apporter une plus grande cohérence à ces évaluations, tout en rassemblant leurs résultats afin de fournir aux gouvernements des rapports plus clairs pour agir.

Un autre rôle de l'IPBES sera de porter à l'attention des gouvernements les «nouvelles problématiques» identifiées par la science, de décrire les faits scientifiques connus, mais aussi de souligner les aspects qui nécessitent des recherches plus approfondies.

A titre d'exemple, certains scientifiques regrettent que les rapports prouvant l'existence de zones désoxygénées « mortes » des les océans aient pris si longtemps pour migrer des milieux scientifiques vers les milieux politiques.

Un autre exemple est celui des avantages et des inconvénients liés à la production de biocarburants. L'IPBES pourrait offrir un meilleur système d'alerte précoce concernant ces nouveaux sujets sensibles, et par conséquent permettre d'informer les gouvernements avant que des décisions inadéquates soient prises.

Cette nouvelle plateforme permettra de soutenir et de renforcer les capacités des pays en développement. Son rôle principal sera de catalyser des fonds pour aider les scientifiques des pays en développement à trouver des solutions aux problématiques environnementales. L'exploitation des fonds se fera via des agences des Nations Unies, des fondations et d'autres organisations.

Éclaircir le rôle précis des animaux, des plantes, des insectes et même des microbes dans les écosystèmes et dans les services qu'ils produisent (purification de l'eau), pourrait également être un axe majeur.

Certains experts dénoncent le fait que de nombreuses découvertes scientifiques, de l'identification de nouvelles formes de vie inférieures à la disparition rapide des autres, restent souvent dans les couloirs des instituts de recherche et des universités pendant de nombreuses années avant d'atteindre le reste du monde.

Entre temps, il est parfois trop tard pour agir et protéger l'espèce concernée alors qu'un système d'alerte précoce aurait pu permettre de placer l'espèce sous les projecteurs des média mondiaux, et donc sous les yeux des décideurs politiques.

Pour plus d'information sur l'histoire de la création de l'IPBES, visiter: www.ipbes.net

Pour plus de renseignements, veuillez contacter:

Nick Nuttall, Porte-parole du PNUE et chef des relations médias, Tél: +254 (0) 733632755, ou par e-mail: nick.nuttall@unep.org