Le rythme rapide de l'urbanisation africaine affecte l'assainissement et l'approvisionnement en eau - United Nations Environment Programme (UNEP)
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Le rythme rapide de l'urbanisation africaine affecte l'assainissement et l'approvisionnement en eau

, Cape Town/Nairobi, le 21 mars 2011 - Selon un nouveau rapport de l'ONU,

l'urbanisation rapide de ces cinq dernières années change radicalement l'évolution du paysage africain et génère des défis gigantesques en matière d'assainissement et de distribution d'eau.

Selon le Programme d'évaluation et de réponse rapide du PNUE et de l'ONU-Habitat, les centres urbains en Afrique se développent beaucoup rapidement que dans le reste du monde.

Aujourd'hui, 40 pour cent du milliard d'habitants peuplant le continent africain vivent dans les zones urbaines, 60 pour cent d'entre eux dans les bidonvilles, où l'assainissement et l'approvisionnement en eau laisse franchement à désirer.

Les populations urbaines d'Afrique qui n'ont pas accès à l'eau potable sont passées de près de 30 millions d'individus en 1990, à plus de 55 millions en 2008.

Sur la même période, le nombre de personnes n'ayant accès à aucun service d'assainissement a doublé pour atteindre les 175 millions d'individus, constate le rapport lancé à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau de 2011.

«C'est une cruelle réalité des faits qui donne à réfléchir. Ces problèmes doivent être abordés à l'occasion de la préparation des nations à la Conférence des Nations Unies pour le développement durable de 2012", a déclaré Achim Steiner, le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE.

La conférence, également intitulée Rio +20, abordera le concept de l'Economie verte dans le contexte du développement durable et de l'éradication de la pauvreté comme l'un des deux grands thèmes principaux.

"Il y a de plus en plus de preuves qu'en travaillant sur une Economie verte, on pourrait commencer à prendre un chemin différent en termes de distribution d'eau et d'assainissement. En effet, des politiques publiques qui réinvestiraient un peu plus d'un dixième de pour cent du PIB mondial/par an dans des stratégies adaptées, pourraient non seulement aider à relever le défi de l'assainissement, mais aussi à conserver l'eau douce tout en réduisant la demande en eau d'un cinquième au cours des décennies à venir (par rapport aux tendances prévues)", a ajouté Mr. Steiner.

Le Dr. Joan Clos, Directeur exécutif de l'ONU-HABITAT, a déclaré: "Ce rapport ne pouvait pas tomber à un moment plus opportun. L'Afrique est le continent qui s'urbanise le plus rapidement au monde, la demande en eau et en service d'assainissement est bien supérieure à l'offre dans les villes. Alors que les villes s'agrandissent, nous devons améliorer notre gestion et planification urbaine, et ce afin de fournir un accès universel aux services de d'assainissement et de distribution d'eau tout en nous assurant que nos villes deviennent plus résilientes aux effets croissants du changement climatique".

Le rapport, qui souligne la coopération croissante entre l'ONU-HABITAT et le PNUE sur ces questions, propose des études de cas de villes de plusieurs régions du continent où le taux d'urbanisation est très élevé et où les services de distribution et les infrastructures adéquates d'assainissement ne sont pas disponibles.

Il s'agit notamment de:

Addis-Abeba

Durant les 50 dernières années, Addis-Abeba, la capitale de l'Ethiopie et l'une des plus grandes villes d'Afrique, a vu sa population croître de 100.000 à 3,5 millions d'habitants. Elle est aujourd'hui confrontée à de graves problèmes de distribution d'eau douce et de services d'assainissement. Selon le rapport, seulement cinq pour cent des déchets solides collectés à Addis-Abeba sont recyclés. Le reste des déchets est souvent empilé sur des terrains ouverts, au bord des ruisseaux et des ponts, près de lieu où ces derniers sont entraînés dans les rivières. En outre, le risque d'intoxications alimentaires est accentué par le fait que 60 pour cent de la consommation alimentaire de la ville provient d'agriculteurs urbains qui irriguent leurs cultures avec des eaux usées.

Grahamstown

Grahamstown, en Afrique du Sud, est l'objet d'une autre étude de cas présentée dans le rapport. Située dans une région sèche du pays subissant fréquemment des sécheresses, la ville a vu sa population doubler, atteignant les 76.000 habitants en 2004. Des initiatives inspirées en matière d'eau, telles que le système « Blue Drop » qui est un outil de régulation utilisé par le ministère sud-africain des Affaires de l'eau pour surveiller la qualité de l'eau potable et des eaux de pluie, a aidé la ville à fournir des services d'approvisionnement en eau adéquats à sa population grandissante. Cependant, la ville prévoit de futures crises à cause du changement climatique qui risque d'entraîner encore davantage de sécheresses et de pénuries d'eau.

Nairobi

Nairobi, la plus grande ville du Kenya, a vu sa population passer de 119.000 habitants en 1948 à plus 3.100.000 aujourd'hui. Les nombreux bidonvilles (plus de 200), disséminés à travers la ville, ont un accès très limité à l'eau potable et aux service d'assainissement. Le plus grand bidonville de la capitale kenyane, Kibera, reçoit environ 20.000 m3 d'eau par jour, dont 40% du volume total est perdu à cause des fuite et du délabrement des infrastructures.

La moitié de la population kenyane devraient vivre dans des zones urbaines d'ici 2015, le pays est à la recherche de solutions. En 2002, le gouvernement a introduit une loi sur l'eau, en vue d'améliorer le cadre législatif de la gestion et du contrôle efficaces des ressources en eau.

Conformément à cette loi sur l'eau, les autorités de la ville de Nairobi ont également créé la compagnie « Nairobi Water and Sewerage Company (NCWSC) », qui travaille maintenant dans des habitations informelles comme celles de Kibera, pour tenter d'améliorer l'accès des citadins pauvres à l'eau et aux services d'assainissement.

Si des solutions sont peu à peu mises en place, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l'accès à l'eau potable et à l'assainissement dans les zones urbaines, note le rapport. En outre, il est essentiel que les solutions proposées à long terme établissent une connexion entre l'urbanisation, l'eau et les écosystèmes. Enfin, il faut que les autorités reconnaissent que les zones urbaines d'Afrique vont continuer à croître et que la demande en eau et en service d'assainissement grandira en parallèle.

Selon le rapport, les solutions proposées et les interventions politiques devraient considérer les options suivantes:

- Intégrer le facteur environnemental dans la gestion des eaux dans les zones urbaines.

- Reconnaître et soutenir le rôle du secteur privé pour compléter celui des autorités gouvernementales et municipales en ce qui concerne la prestation de services d'eau et d'assainissement, en particulier dans les zones urbaines pauvres.

- Prendre en compte les niveaux généralement élevés de pauvreté en Afrique, en reconnaissant que les approches fondées sur le marché ne sont pas toujours la meilleure option pour la distribution durable d'eau dans les zones urbaines pauvres.

- Informer les résidents sur les liens entre les forêts, les zones protégées et l'approvisionnement en eau potable.

- Démontrer qu'il vaut mieux protéger les bassins versants que de construire des systèmes de purification d'eau coûteux.

- Sensibiliser le grand public sur l'impact d'une mauvaise qualité de l'eau sur la santé, sur l'économie et sur l'environnement.

- Intégrer le facteur environnemental dans la gestion des eaux urbaines, via des approches telles que la Tarification des services écosystèmiques, la Gestion intégrée des ressources en eau, et la Gestion durable de demande d'eau.

Pour plus d'information, veuillez contacter:

Nick Nuttall, Porte-parole et Responsable des relations médias, par Tél: +41 795965737 ou +254733632755, ou par E-mail: nick.nuttall@unep.org

Sharad Shankardass, Porte-parole de l'ONU-Habitat, Bureau de l'exécutif, par Tél: +254 20 7623153 ou +254 733760332, ou par E-mail: Sharad.Shankardass@ unhabitat.org

Notes aux rédacteurs

A propos de la Journée mondiale de l'eau:

L'Assemblée générale des Nations Unies a lancé la première Journée mondiale de l'eau en 1993. Depuis, l'événement est célébré chaque année à la date du 22 mars. Tous les ans, la Journée mondiale de l'eau met en lumière un aspect spécifique de la gestion durable des ressources d'eaux douces. Au fil des ans, les Journées Mondiales de l'eau ont porté sur les eaux transfrontalières, sur l'assainissement, sur la pénurie en eau, et sur l'influence de l'eau dans la culture.

Pour la Journée mondiale de l'eau de 2010, le PNUE a lancé le rapport «Une eau propre pour un monde sain » qui expose en détail pourquoi la qualité de l'eau est aussi importante que la quantité d'eau dans la satisfaction des besoins humains et environnementaux. Préparé par l'Institut du Pacifique, un des organismes de recherche à but non lucratif leaders mondiaux en ce qui concerne les questions d'eau douce. Ce rapport a attiré l'attention internationale sur la nécessité d'une eau potable propre, et sur l'importance d'une action politiques pour lutter contre la pollution de l'eau.

Cette année, le PNUE a également lancé « l'Atlas de l'eau en Afrique ». Il s'agit d'un compte rendu visuel des dotations et de l'utilisation des ressources en eau en l'Afrique, présentées à travers 224 cartes et 104 images satellites, de même que 500 graphiques et des centaines de photos captivantes. Néanmoins, l'Atlas est plus qu'une succession de cartes et d'images statiques agrémentées de faits et chiffres informatifs: ses éléments visuels illustrent de façon vivante un texte succinct décrivant et analysant les problèmes liés à l'eau en l'Afrique tout en les illustrant par l'utilisation judicieuse d'études de cas.

A voir:

http://new.unep.org/dewa/Assessments/Ecosystems/Water/CountryWaterProfileinAfrica/tabid/29935/Default.aspx

Autres publications liés à la qualité de l'eau (titre anglais):

• Africa's Water Quality: A Chemical Perspective (Pan Africa Chemistry Network)

• Clearing the waters: A focus on water quality solutions (UNEP)

• Information kit on water quality and health (WHO)

• Saving Lives With Safe Water: Household water treatment and safe storage, Advocacy film (UNICEF)

• Sick Water - the central role of Wastewater Management (UNEP/UN-Habitat)

• Solid Waste Management in the World's Cities (UN-Habitat)

 
The size of the urban population in Africa without access to safe drinking water increased from 30 million in 1990 to over 55 million in 2008