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Communiqué de presse

Les " zones mortes " apparaissent comme la grande menace du 21ème siècle pour les stocks de poissons


Jeju/Nairobi, le 29 mars 2004 – Un nouveau rapport du Programme des Nations Unies rendu public aujourd’hui, révèle qu’il existe près de 150 zones dépourvues d’oxygène à travers les mers et les océans de la planète.

Ces zones, dites ‘mortes’, sont le résultat d’une surabondance de nutriments, surtout d’azote, provenant de fertilisants agricoles, de la pollution automobile et industrielle et de déchets. La quantité limitée d’oxygène dans l’eau provoque la mort des poissons, des huîtres et d’autres espèces marines ainsi que d’importants habitats dont les herbiers marins ne peuvent survivre.

Les experts affirment que le nombre et la taille des zones dépourvues d’oxygène sont en croissance, le nombre recensé ayant augmenté chaque décennie depuis les années 1970. Selon eux, ces zones deviennent rapidement une menace importante qui a des retombées sur les stocks de poissons et donc sur les communautés qui dépendent de la pêche pour leur survie alimentaire et économique.

La question des zones mortes est signalée dans le premier Global Environment Outlook Year Book (Annales de l’avenir de l’environnement mondial), qui sera présenté aux gouvernements participant au Forum ministériel mondial de l’environnement à Jeju (Corée).

Le rapport identifie les développements les plus importants en matière d’environnement au cours de l’année écoulée aussi bien d’un point de vue régional que mondial.

Les questions mises en avant comprennent l’entrée en vigueur du Protocole de Cartagena, un accord international régissant le commerce des organismes génétiquement modifiés, le coût associé aux catastrophes naturelles d’origine météorologique et l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable de plus d’un milliard de personnes.

Le Year Book souligne également que la ‘fertilisation’ continue de la planète et la croissance de zones privées d’oxygène dans les océans représentent deux nouvelles questions auxquelles les gouvernements doivent s’attaquer au plus vite.

Dans certaines régions du monde, dont de nombreux territoires en Afrique, le manque d’azote entrave la capacité de fermiers à répondre aux besoins alimentaires. De telles régions ont désespérément besoin d’un apport supplémentaire de fertilisants. Toutefois, dans beaucoup d’autres pays du monde, l’utilisation excessive d’engrais chimiques aggrave le problème des zones mortes.

Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, a déclaré : « L’utilisation inefficace et souvent excessive de fertilisants, l’évacuation d’eaux usées et les émissions toujours croissantes des automobiles et des usines font de l’humanité le cobaye d’une expérience gigantesque à l’échelle mondiale. L’azote et le phosphore dérivés de ces sources sont déversés dans les rivières et sur le littoral et s’ajoutent aux dépôts provenant de l’atmosphère, déclenchant ces effets alarmants et parfois irréversibles. »

« Certaines de ces zones dites mortes, ou zones dépourvues d’oxygène sont relativement petites, d’une superficie de moins d’un kilomètre carré, alors que d’autres sont bien plus larges, s’étalant sur 70 000 kilomètres carrés. Il est évident que si des mesures ne sont pas prises pour régler urgemment le problème à la source, celui-ci ne fera que s’intensifier. »

« Des centaines de millions de personnes sont tributaires du milieu marin pour leur alimentation, leur moyen d’existence, et leur épanouissement culturel. Réduire les impacts de l’agriculture, des déchets humains et de la pollution atmosphérique sur les océans et les mers représentent un élément incontournable pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire et respecter le Plan de mise en œuvre du Sommet mondial sur le développement durable dans des domaines aussi divers que la pêche, la biodiversité, l’assainissement et la pauvreté. », a ajouté M. Toepfer.

L’apparition de zones au niveau d’oxygène artificiellement faibles est en corrélation étroite avec l’utilisation de fertilisants synthétiques en agriculture. L’azote est un des principaux composants de ces fertilisants.

Même si ils sont gérés avec attention, une grande quantité des fertilisants utilisés en agriculture persiste dans le sol d’où ils contaminent les rivières pour finir dans les mers.

Les fertilisants, souvent associés aux nutriments des eaux usées ainsi qu’aux gaz azotés de la circulation routière et des émissions industrielles transportés dans l’atmosphère et déposés en zone côtière, entraînent l’efflorescence de phytoplanctons, sorte de minuscules organismes marins.

La forte croissance puis la décomposition du phytoplancton absorbent une grande partie de l’oxygène présent dans l’eau de mer, appauvrissant ainsi les niveaux d’oxygène.

Parfois, les conséquences sont moindres. Dans d’autre cas, elles sont dramatiques, entraînant l’exode de poissons fuyant des eaux devenues « asphyxiantes » et la mort en masse d’espèces plus lentes et vivant en profondeur, telles que les palourdes, les langoustes, les huîtres et les escargots de mer.

Les coûts économiques engendrés par le phénomène des zones dépourvues d’oxygène sont inconnus, mais on peut estimer qu’ils sont considérables à l’échelle mondiale.

Les premières zones mortes sont apparues dans le Chesapeake Bay aux Etats-Unis, dans la Mer Baltique, le Kattegat, la Mer Noire et au nord de la mer Adriatique. D’autres ont été recensés dans les fjords scandinaves.

La zone morte la mieux connue se trouve dans le golfe du Mexique, fortement pollué par les nutriments et autres produits chimiques charriés par le Mississippi.

D’autres zones ont fait leur apparition en Amérique latine, en Chine, au Japon, en Australie du sud-est et en Nouvelle Zélande.

Dans certaines régions du monde, des mesures ont été adoptées afin de limiter le ruissellement de fertilisants et d’effluents provenant des sols.

Un accord concernant le Rhin en Europe, au titre duquel des pays se sont engagés à réduire de moitié les niveaux d’azote déversé, a réduit de 37 pour cent les apports d’azote dans la Mer du Nord.

Il y a toutefois lieu de s’inquiéter de l’émergence de nouvelles zones dépourvues d’oxygène dans certaines eaux côtières d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique, au fur et à mesure que l’industrialisation et l’adoption d’une agriculture plus intensive augmentent les rejets de nutriments.

Selon certains experts, le réchauffement planétaire, l’augmentation des précipitations et la hausse des températures qui s’ensuit, pourraient aggraver la situation. La recherche entreprise par une équipe du College of William and Mary de la Virginia Institute of Marine Science au Glocester Point (Virginie), dont le travail figure dans le GEO Year Book, indique que l’on peut craindre un bouleversement dans la répartition des pluies et un dédoublement des niveaux de dioxyde de carbone.

Dans certaines régions, cela pourrait ensuite conduire à un redoublement des déversements fluviaux dans les mers. On estime que le niveau d’oxygène dissous dans les eaux du nord du golfe du Mexique pourrait baisser de 30 à 60 pour cent suite à une augmentation de 20% du déversement des eaux de l’estuaire du Mississippi et une hausse des températures allant jusqu’à 4 degrés centigrade.

Les mesures à prendre pour réduire la menace doivent être centrées sur les sources de la surcharge en azote. Les gouvernements peuvent aujourd’hui choisir entre de nombreuses options, grâce en partie à une compréhension scientifique nouvelle de l’azote et de sa capacité à se répandre en cascades à travers l’environnement.

A titre d’exemple, les forêts et les prairies ont la propriété d’absorber l’azote en trop et de ralentir son trajet de la terre jusqu’aux rivières et aux mers. Planter plus de forêts et encourager la pousse de prairies dans certaines régions du monde pourraient être bénéfiques.

Affiner les techniques agricoles afin qu’une quantité inférieure de fertilisants soit gaspillée devrait être une autre option à prendre en considération. Elever le bétail dans les régions d’où proviennent leurs aliments pourrait apporter des bénéfices.

De nombreux animaux de fermes en Europe sont nourris au soja provenant d’Amérique du Nord et d’Amérique latine. Elever ces animaux dans les régions productrices de soja pourrait réduire l’exportation d’azote vers des régions telle que l’Union européenne où l’apport excessif d’azote constitue un problème important.

L’utilisation généralisée de technologies qui éliminent les éléments azotés des émissions automobiles, associée à l’adoption universelle de sources d’énergie alternative qui ne consomment pas de combustibles fossiles, sont quelques unes des autres mesures à prendre.

Un traitement plus efficace des eaux usées, ayant recours aussi bien à des procédés de pointe, tels que des usines de traitement d’eau, qu’à des procédés naturels tels que les aires marécageuses, réduirait non seulement le déversement de nutriments dans les eaux de mers, mais permettrait d’atteindre les Objectifs de développement du millénaire portant sur l’eau et l’assainissement.

Notes aux éditeurs
Le GEO Year Book 2003 du PNUE est un nouveau complément à la série hautement prisée L’avenir de l’environnement mondial (GEO) 2003. Le troisième ouvrage de la série a été publié en 2002.

L’impact des fertilisants et des nutriments sur la santé de la planète avait déjà été signalé dans le rapport GEO de 2000, mais comme le souligne le nouveau Year Book, peu d’actions ont été entreprises afin d’adresser la question à l’échelle mondiale.

Le Year Book avec le rapport et les cartes sur les zones mortes, est disponible en ligne à l’adresse suivante: www.unep.org/geo/yearbook/

Le livre est en vente sur http://www.earthprint.com/go.htm?to=3348 au prix de $20.

La Huitième Session extraordinaire du Conseil d’administration du PNUE et le Forum ministériel mondial sur l’environnement se tiendra à Jeju (Corée) du 29 mars au 31 mars 2004. De plus amples informations sont disponibles sur http://www.unep.org/GC/GCSS-VIII et sur http://www.2004unepkorea.org

Pour obtenir des informations complémentaires, veuillez prendre contact avec Eric Falt, porte-parole et Directeur de la communication et de l’information du public du PNUE, au 254-20-623-292, ou au 254-733-682-656 ; ou encore par courrier électronique à l’adresse eric.falt@unep.org ; on peut aussi contacter Nick Nuttall, responsable des médias du PNUE, à Jeju au (82) 64 767 8616, ou au (82) 18 696 4195, ainsi que par courrier électronique à l’adresse nick.nuttall@unep.org; ou Tim Higham, Responsable régional de l’information, bureau du PNUE à Bangkok, au +66 2 288 2127 ou au +66 9 1283803, ainsi que par courrier électronique à l’adresse higham@un.org.

Communiqué de presse du PNUE 2004/14F
© UNEP