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| -> Chapitre 2 -> Les forêts |
Aperçu de la situation dans le monde |
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La spécificité des écosystèmes forestiers est reconnue depuis longtemps. Ces écosystèmes jouent de nombreux rôles tant au niveau mondial qu'à l'échelon local : ils fournissent des services environnementaux à la nature en général et à l'homme en particulier, et sont des sources de produits ayant une valeur économique (voir encadré). La Conférence de Stockholm de 1972 a considéré que les forêts étaient le plus important, le plus complexe et le plus durable des écosystèmes, et a souligné la nécessité de mettre en ouvre des politiques bien conçues pour l'utilisation des terres et des forêts, de suivre en permanence l'état des forêts du monde et de planifier la gestion des forêts. Il a été recommandé que les pays :
La Conférence a aussi préconisé :
Aujourd'hui, les recommandations de la Conférence de Stockholm relatives aux forêts restent valables, mais souvent elles ne sont pas appliquées, en raison d'un conflit d'intérêts entre la gestion des forêts à des fins de conservation de l'environnement et le développement économique. La déforestation qui s'est produite au cours des 30 dernières années n'est que la poursuite d'un processus qui a déjà une longue histoire. Au moment de la Conférence de Stockholm, une grande partie des forêts de la planète avaient déjà été défrichées. Le recul historique des forêts est étroitement lié à l'expansion démographique et à la transformation des terres forestières en terres agricoles ou autres. Les principales causes directes de la dégradation des forêts due à l'homme sont la surexploitation du bois d'ouvre, du bois de feu et des autres produits forestiers, et le surpâturage. Les causes profondes sont la pauvreté, l'expansion démographique et la croissance des marchés et du commerce des produits forestiers, ainsi que certaines politiques macro-économiques. En outre, les forêts sont exposées à des facteurs naturels tels que les insectes ravageurs, les maladies, le feu et des événements climatiques extrêmes. Plusieurs évaluations de l'évolution du couvert forestier ont été faites au cours des 30 dernières années (notamment FAO et PNUE, 1982 ; FAO, 1995 ; FAO, 1997 ; FAO, 2001b ; PNUE, 2001 ; et WRI, 1997). Ces évaluations diffèrent dans leurs définitions du couvert forestier, leurs méthodes et leurs résultats spécifiques, si bien qu'il est difficile de faire des comparaisons détaillées, mais elles se renforcent mutuellement dans la mesure où elles donnent globalement l'image d'un déclin des superficies des forêts et d'une poursuite de la dégradation des écosystèmes forestiers. L'Évaluation des ressources forestières tropicales de 1980 faite par la FAO et le PNUE a été la première évaluation complète des forêts tropicales. On a calculé que ces forêts tropicales disparaissaient à raison de 11,3 millions d'hectares par an (FAO et PNUE, 1982), ce qui confirme les craintes de la Conférence de Stockholm concernant le rythme alarmant du recul des forêts à l'échelle mondiale. Depuis, la surface des forêts des pays développés s'est stabilisée et a même légèrement augmenté globalement, tandis que la déforestation se poursuit dans les pays en développement (FAO-CEE, 2000 ; FAO, 2001b ; FAO, 2001a). L'Évaluation des ressources forestières mondiales faite par la FAO en 2000 (FAO, 2001b), fondée pour la première fois sur une définition commune selon laquelle sont considérées comme forêts toutes les superficies d'au moins 0,5 hectare dont au moins 10 % sont recouverts de canopée, a conclu que :
D'après une étude récente fondée sur des images satellites couvrant l'ensemble de la planète de façon cohérente, la superficie des forêts naturelles fermées (dans lesquelles la canopée couvre plus de 40 % de la surface) était en 1995 de 2 870 millions d'hectares, ce qui représentait environ 21,4 % de la superficie des terres émergées (PNUE, 2001). Quelque 81 % de ces forêts sont concentrés dans 15 pays. Par ordre d'importance, ces pays sont les suivants : Fédération de Russie, Canada, Brésil, États-Unis, République démocratique du Congo, Chine, Indonésie, Mexique, Pérou, Colombie, Bolivie, Venezuela, Inde, Australie et Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les trois premiers de ces pays contiennent environ 49 % des forêts fermées qui subsistent. Plus du quart des forêts fermées sont des forêts de montagne (voir encadré).
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