|
Au cours des 30 dernières années,
de nombreux habitats ont été dégradés ou ont disparu. Dans son évaluation
des ressources forestières mondiales (FAO, 2000), la FAO estime que le
rythme de la déforestation en Afrique durant la période 1990-2000 atteignait
l'équivalent de 0,78 % de la surface totale des forêts chaque année, ce
qui correspond à la perte d'environ 5,2 millions d'hectares par an. La
principale cause du recul des forêts est le défrichage à des fins agricoles,
mais l'exploitation du bois d'ouvre et du bois de feu, les brûlis et le
surpâturage ont aussi joué un rôle important. L'écobuage des herbages
est largement pratiqué dans de nombreux pays africains, et chaque année
les feux détruisent 25 à 50 % du couvert végétal dans la zone aride du
Soudan et 60 à 80 % du couvert végétal dans les zones humides de Guinée
(Menaut et autres, 1991).
Il est difficile d'évaluer l'impact de la disparition
et de la dégradation des habitats sur la diversité biologique. Toutefois,
on a observé une réduction inquiétante de la population de nombreuses
espèces. Par exemple, sur l'ensemble du continent africain, la population
d'éléphants est tombée d'environ 1 300 000 à 500 000 durant les années
80. Le déclin des populations d'animaux sauvages a été particulièrement
fort dans les zones où il y a beaucoup de braconnage, des guerres civiles,
et là où le taux de mise en culture des terres et d'augmentation de la
densité de population humaine est élevé (Happold, 1995). En 1986, l'Afrique
centrale avait perdu à peu près la moitié de ses habitats de faune et
de flore sauvages (McNeely et autres, 1990). Le drainage des terres humides
pour la mise en culture ou le développement urbain, la dégradation due
au surpâturage et à la collecte de bois de feu et la pollution causée
par des rejets d'effluents ont fait disparaître jusqu'à 50 % des terres
humides d'Afrique australe (DEAT, 1999) et d'Afrique occidentale (Armah
et Nyarko, 1998 ; Oteng-Yeboah, 1998), et quelque 80 % des forêts de Haute-Guinée
ont déjà été défrichées (Conservation International, 1999).
De 1980 à 1995, le nombre de plantes qui ont disparu d'Afrique
australe est passé de 39 à 58, et le nombre de plantes menacées a plus
que doublé (Hilton-Taylor, 1996). D'après des estimations récentes, plus
de 700 espèces de vertébrés (voir graphique), un millier environ d'espèces
d'arbres (Hilton-Taylor 2000) et plusieurs centaines d'autres espèces
de plantes (UICN, 1997) sont menacées d'extinction.
|