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Dans les villes les plus peuplées, la pollution atmosphérique est parmi
les plus élevées du monde et a de graves conséquences pour la santé, ainsi
que pour les écosystèmes aquatiques et terrestres. Le transport est une
source importante, souvent la plus importante, de la pollution atmosphérique
urbaine, sans compter les émissions industrielles, la combustion de combustibles
solides et liquides pour la production d'électricité, ainsi que la combustion
de la biomasse et autres combustibles comme le charbon de bois à des fins
ménagères. Dans quelques rares villes, la pollution a diminué. Par exemple,
au Japon, la cherté des combustibles, des progrès techniques et des normes
rigoureuses ont réduit les émissions de SO2 et de particules
et éliminé les émissions de plomb provenant du transport. Toutefois, les
émissions de NOx à Tokyo et Osaka n'ont pas diminué suffisamment,
et ce, en raison de l'augmentation du nombre de véhicules. Cette situation
se rencontre partout dans les villes où le nombre de véhicules privés
augmente (CESAP/BAsD, 2000).
La circulation automobile est devenue un des grands
pollueurs atmosphériques dans les grandes villes, bien que la plupart
des pays d'Asie enregistrent un faible nombre de véhicules privés par
habitant, si on le compare à la moyenne mondiale (Banque mondiale, 2000).
Toutefois, la flotte motorisée (voir graphique) se développe rapidement
; par exemple, le nombre de véhicules privés à moteur a doublé à Sri Lanka
de 1975 à 1992 (Gouvernment sri-lankais, 1994) ; en Inde, le nombre de
voitures a doublé tous les sept ans au cours des 30 dernières années (BasD,
1999). Ce fait, si l'on y ajoute le mauvais état des routes, la qualité
médiocre des combustibles et un entretien des véhicules qui laisse à désirer,
rend compte du caractère alarmant que revêt la pollution atmosphérique
due aux véhicules.
De nombreux pays ont fixé leurs propres normes de qualité de l'air pour
les principaux polluants, ainsi que leurs normes d'émission s'appliquant
aux centrales électriques, à certaines industries et à certains véhicules.
Afin de réduire la pollution, de nombreux pays ont introduit l'essence
sans plomb, les convertisseurs catalytiques obligatoires et des carburants
à basse teneur en soufre. Certains pays, notamment l'Inde et la République
islamique d'Iran, envisagent de faire appel à des technologies de substitution,
comme les véhicules électriques et les véhicules fonctionnant au gaz naturel
comprimé. Le Népal et le Pakistan ont instauré des incitations fiscales
en faveur des véhicules fonctionnant au gaz et des véhicules à pile.
Sauf dans les pays développés du nord-est de l'Asie et dans certaines
parties des sous-régions du Pacifique Sud, le souci de l'environnement
a commencé à créer dans les années 80 une demande de protection améliorée
de l'environnement. Des progrès significatifs ont été réalisés dans les
années 90 avec la mise en place des institutions et instruments politiques
requis pour résoudre des problèmes écologiques urgents. Toutefois, le
développement continu de la consommation d'énergie et l'utilisation de
combustibles comme le charbon et le pétrole ayant une teneur en carbone
relativement élevée vont nécessairement accroître les émissions, à moins
qu'on ne prenne des mesures plus résolues.
| La pollution atmosphérique dans
les villes en Asie |
| L'air dans les villes d'Asie est un des plus pollués du monde. Douze
des 15 villes du monde comptant les niveaux les plus élevés de particules
se trouvent en Asie (BAsD, 1999). En outre, six de ces villes ont
le niveau le plus élevé de SO2 atmosphérique. Les niveaux de pollution
atmosphérique y sont de loin supérieurs aux normes internationales
en matière de qualité de l'air recommandées par l'OMS. Beijing, Calcutta,
Jakarta, New Delhi, Shanghai et Téhéran sont connues pour avoir des
niveaux élevés de particules en suspension, le maximum étant atteint
à New Delhi avec 420 µg/m3 (CESAP/BAsD, 2000 et BAsD, 2001). À Téhéran,
on enregistre des niveaux de SO2 quatre fois supérieurs aux normes
fixées par l'OMS (Banque mondiale, 2001). |
La pollution à l'intérieur des bâtiments constitue souvent un risque
plus grave pour la santé que la pollution extérieure. La plupart des habitants
des campagnes dans la région utilisent comme combustible ménager des brindilles,
de l'herbe, des déjections animales séchées, des résidus agricoles, du
bois, du charbon de bois et du kérosène. Tout cela, à quoi il faut ajouter
une ventilation insuffisante, explique que l'air à l'intérieur des bâtiments
est extrêmement pollué. De nombreuses personnes sont exposées à cette
pollution, compte tenu du niveau élevé des émissions nocives et du nombre
de personnes utilisant les combustibles traditionnels pour la cuisson
des aliments : l'Asie produit près de la moitié du bois de feu utilisé
dans le monde (FAOSTAT, 2001). Il en résulte des affections respiratoires
aiguës chez les enfants, des maladies pulmonaires obstructives chroniques,
des grossesses difficiles et des cancers du poumon chez les femmes. Les
affections respiratoires aiguës sont prévalentes dans les campagnes et/ou
les zones de montagne en Afghanistan, au Bangladesh, au Bhoutan, en Inde,
au Népal, au Pakistan et à Sri Lanka où la pollution atmosphérique à l'intérieur
des bâtiments est élevée. Le Bangladesh, l'Inde, l'Indonésie et le Népal
contribuent à hauteur d'environ 40 % à la mortalité infantile mondiale
par suite de pneumonie, de nombreux décès y étant imputables à des polluants
provenant de la combustion de combustibles traditionnels (BAsD, 2001).
On estime qu'en Inde l'utilisation du charbon à des fins ménagères cause
quelque 500 000 décès prématurés par an chez les femmes et chez les enfants
âgés de moins de 5 ans. Il semble que la tuberculose et la cécité aillent
de pair avec la pollution à l'intérieur des bâtiments - entre 5 et 6 %
des maladies dont souffrent les femmes et les enfants en Inde étant imputables
à pareille pollution (Holdren et Smith, 2000).
Il faudrait agir en priorité sur les domaines ci-après : utilisation
de combustibles plus propres, comme le gaz à basse teneur en propane et
le kérosène ; mise au point de combustibles de bonne qualité à partir
de la biomasse ; conception de réchauds améliorés, et meilleure dissémination
de ceux-ci, amélioration apportée aux logements ; progrès en matière d'éducation
et de sensibilisation à l'environnement. En ce qui concerne la pollution
atmosphérique à l'intérieur des bâtiments, l'Inde a implanté environ 3
millions d'usines fonctionnant au biogaz et installé plus de 22 millions
de réchauds de meilleure qualité dans les campagnes et les zones reculées
du pays, ce qui a permis d'économiser 21 millions de tonnes équivalent
de feu de bois par an (Times of India, 2000).
Ces 10 dernières années, la brume sèche et les pluies acides ont été
les nouveaux problèmes régionaux, spécialement en Asie, compte tenu de
ce que la Chine et l'Inde sont extrêmement dépendantes du charbon. Environ
0,28 million d'hectares de forêt sont réputés endommagés par les pluies
acides dans le bassin de Sichuan en Chine. On estime que les émissions
de SO2 sont passées en Asie d'environ 26,6 à 39,2 millions de tonnes de
1985 à 1997 (Streets et autres, 2000). En Chine, on est parvenu à réduire
de 3,7 millions de tonnes, soit 15,8 %, les émissions de SO2 de 1995 à
2000 (SEPA, 2001). Au moins deux tiers des retombées d'acide dans la région
sont dues à des centrales à charbon dont le matériel antipollution est
obsolète.
| Le nuage asiatique de couleur brunâtre |
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Au printemps 1999, les chercheurs qui travaillaient sur le projet
Indian Ocean Experiment (INDOEX) ont découvert une couche de brume
dense et de couleur brunâtre due à la pollution s'étendant au-dessus
de presque toute l'Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi que sur la région
tropicale de l'océan Indien. Ils ont suivi la trace de cette brume
au-dessus d'une zone couvrant environ 10 millions de kilomètres
carrés et estiment que celle-ci se forme au-dessus d'une grande
partie du continent asiatique. Il s'agit d'un mélange de polluants,
principalement de la suie, des sulfates, des nitrates, des particules
organiques, des cendres volantes et de la poussière minérale, qui
provient de la combustion de combustibles fossiles et de la biomasse
rurale. Cette brume réduit la quantité de lumière solaire atteignant
la surface tropicale de l'océan Indien, à des milliers de kilomètres
de sa source, et ce, à hauteur de pas moins de 10 % - cette réduction
étant plus importante encore au-dessus du sous-continent indien.
En se fondant sur des simulations réalisées à l'aide de modèles
climatiques mondiaux, on peut dire que cette brume pourrait avoir
un impact important sur le mouvement des moussons, les régimes régionaux
de précipitations et le profil vertical de la température de l'atmosphère.
Un programme appelé ABC (Asian Brown Cloud) a été lancé avec l'appui
du PNUE. Dans la première phase de ce programme, il s'agira avant
tout d'étudier l'impact de cette brume sur un certain nombre de
paramètres, notamment la modification des moussons, le bilan hydrologique,
l'agriculture et la santé. Les chercheurs envisagent de créer un
réseau de stations de surveillance au sol à travers toute l'Asie
pour étudier la composition et la structure saisonnière de cette
brume. Le PNUE a annoncé qu'il entendait faciliter la poursuite
du programme de recherche et, à long terme, aider à coordonner les
mesures à prendre pour résoudre le problème.
Source : PNUE (2001) ; C4 et PNUE (sous presse).
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Par ailleurs, les feux de forêt qui ravagent l'Asie du Sud- Est ne sont
pas étrangers au phénomène de la brume sèche. Comme on l'a vu en 1997,
et cela a été le cas le plus grave, les feux de forêt qui avaient pris
naissance en Indonésie se sont étendus aux pays limitrophes, notamment
le Brunéi Darussalam, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, Singapour
et la Thaïlande (PNUE, 1999). En 1995, un groupe d'études techniques sur
la brume sèche avait été créé par les responsables de l'ANASE pour l'environnement
; en 1997, un plan d'action régional concernant la brume sèche a été approuvé
(ANASE, 2001).
Le Réseau de surveillance des dépôts d'acide (EANET), qui a été créé
avec la participation de 10 pays d'Asie de l'Est, a amorcé en avril 1998
la phase préparatoire de la surveillance des dépôts d'acide. En octobre
2000, le réseau a décidé d'entreprendre une surveillance régulière à partir
de janvier 2001 (EANET, 2000). En Asie du Sud, la Déclaration de Malé
concernant la prévention de la pollution atmosphérique et la lutte contre
ce phénomène et ses effets transfrontières probables a été adoptée en
1998 par huit pays d'Asie du Sud.
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