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Alors que 62,1 % de la population africaine vit encore en milieu rural,
c'est dans ce continent que les villes croissent le plus vite, avec une
augmentation de leur population qui atteint près de 4 % par an, ce qui
représente près du double de la moyenne mondiale (Nations Unies, 2001).
On prévoit que ce taux de croissance sera en moyenne de 3,5 % par an au
cours des 15 prochaines années, ce qui signifie que la part de l'Afrique
dans la population urbaine mondiale passera de 10 à 17 % entre 2000 et
2015 (Nations Unies, 2001).
L'Afrique du Nord est la sous-région la plus urbanisée et, en moyenne,
la population urbaine de cette sousrégion représente 54 % de sa population
totale ; viennent ensuite l'Afrique de l'Ouest (40 %), l'Afrique australe
(39 %), l'Afrique centrale (36 %) et les îles de l'océan Indien occidental
(32 %). La sous-région la moins urbanisée est l'Afrique de l'Est, où seuls
23 % de la population vivent en milieu urbain (Nations Unies, 2001). Le
Malawi est le pays d'Afrique dans lequel les villes se développent le
plus rapidement, leur taux de croissance étant de 6,3 %, soit trois fois
la moyenne mondiale.
Outre qu'il y a de plus en plus de gens qui vivent en ville, les villes
elles-mêmes deviennent plus grandes et se multiplient. Il y a aujourd'hui
en Afrique 43 villes comptant plus d'un million d'habitants, et ce chiffre
devrait atteindre près de 70 en 2015 (Nations Unies, 2001).
La rapide expansion des villes d'Afrique est due à l'exode rural, à l'expansion
démographique et, dans certaines zones, à des conflits. La population
quitte la campagne en raison du déclin de la productivité agricole, de
la pénurie d'emplois et de l'insuffisance de l'accès aux infrastructures
physiques et sociales de base. Toutefois, l'augmentation des revenus et
l'élévation du niveau de vie qu'on espère d'un exode vers la ville se
réalisent rarement et la pauvreté urbaine est très fréquente et ne cesse
de s'aggraver. À Moroni (Comores), 40 % de la population vivent dans la
pauvreté (RFIC, 1997), et en Afrique australe jusqu'à 45 % des ménages
qui vivent en milieu urbain ont une activité agricole pour compléter leurs
moyens d'existence (PNUD, 1996). Des catastrophes environnementales et
des conflits ont aussi incité de nombreuses personnes à abandonner les
campagnes et à chercher refuge en ville. Au Mozambique, les troubles civils
des années 80 ont poussé quelque 4,5 millions d'habitants des campagnes
à émigrer vers des villes (Chenje, 2000) et en Sierra Leone le troisième
établissement humain par la population est un camp de personnes déplacées
(CNUEH, 2001b).
| Initiatives pour lamélioration
des villes |
- Le Ghana a lancé depuis 1985 une série de projets de modernisation
des villes qui sont parmi les plus ambitieux d'Afrique. En 2000,
ces projets avaient permis d'améliorer les infrastructures et
les services pour près d'un demi-million d'habitants de cinq villes
(Nations Unies, 2001).
- Safer Cities Dar es-Salaam est un programme lancé par des ONG
et des organisations communautaires en 1998 pour sensibiliser
la population au problème de la criminalité et renforcer les capacités
de prévention du crime. Les activités prévues sont notamment la
création d'emplois, l'organisation de groupes de sécurité communautaires
et l'analyse des statistiques de la criminalité. Depuis, ce programme
a été reproduit à Abidjan, à Antananarivo, à Dakar, à Durban,
à Johannesburg et à Yaoundé (CNUEH, 2001b).
- En 1997, l'Afrique du Sud a construit plus de 200 logements
à bas prix conçus dans un souci d'écologie, avec des éléments
tels que chasses d'eau doubles et captage passif de l'énergie
solaire, de façon à limiter la quantité d'énergie nécessaire pour
le chauffage et la climatisation. Au départ, ces logements avaient
été conçus pour accueillir les athlètes participant aux Jeux panafricains,
mais ensuite ils ont été attribués à des habitants d'Alexandria,
qui est un des bidonvilles les plus pauvres de Johannesburg (Everatt,
1999).
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En raison de l'insuffisance de la croissance économique dans de nombreux
pays d'Afrique, de l'absence de politiques de développement bien conçues
et de la multiplication de ménages peu nombreux, le développement des
infrastructures n'a pas pu être aussi rapide que l'expansion des besoins
de logements et de services d'une population urbaine de plus en plus nombreuse.
C'est pourquoi, dans de nombreuses villes d'Afrique, il y a de plus en
plus de bidonvilles surpeuplés, qui se caractérisent par des logements
précaires et des infrastructures (routes, éclairage urbain, distribution
d'eau, assainissement et évacuation des ordures) très insuffisantes. Il
est fréquent que ces bidonvilles soient établis dans des environnements
fragiles comme des pentes raides, des lits naturels d'évacuation des eaux
de pluie ou des fonds inondables. La mauvaise qualité du logement et le
sous-équipement pourraient aussi être un des facteurs du déclin de la
sécurité et de l'aggravation de la criminalité dans les villes d'Afrique
(Shaw et Louw, 1998).
Les gouvernements et les autorités locales ont cherché à répondre aux
besoins de logements et de services en développant la construction. Ainsi,
l'Afrique du Sud a construit plus d'un million de logements peu coûteux
au cours des six dernières années (DoH, 2000). Toutefois, la méconnaissance
des méthodes de construction propres à économiser les ressources se traduit
par un gaspillage de ressources naturelles et la production d'une grande
quantité de déblais qui sont rarement recyclés (Macozoma, 2000). En outre,
dans la plupart des cas les nouveaux quartiers ont été construits sur
des terres libres en périphérie des villes et non sur des terrains sous-utilisés
dans le milieu urbain, si bien qu'il a fallu étendre la superficie desservie
par les infrastructures alors qu'on aurait pu employer de façon plus intensive
les réseaux existants. Aujourd'hui, on cherche de plus en plus à mettre
en ouvre des plans d'aménagement intégré et certains pays ont élaboré
une politique du logement respectueuse de l'environnement.
Les principaux problèmes d'environnement qui se posent dans les zones
urbaines d'Afrique sont liés à l'évacuation des ordures, à la distribution
de l'eau, à l'assainissement et à la pollution de l'atmosphère urbaine.
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