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En 2032, les questions qui se posaient déjà au début du siècle sont toujours
sans réponse. Le monde a obtenu de remarquables résultats en matière de
modernisation et de croissance économique, offrant à des millions d'hommes
de nouvelles possibilités. Pourtant les questions fondamentales de la
pérennité et du caractère souhaitable de ce mode de développement sont
toujours sans réponse. L'état de l'environnement continue à se dégrader
et les pressions exercées sur les ressources demeurent très lourdes, faisant
de nouveau se lever les spectres de l'incertitude et du conflit économique.
Les tensions sociales menacent la stabilité socioéconomique, du fait que
la pauvreté persistante et l'inégalité grandissante, exacerbées par la
dégradation de l'environnement, entament la cohésion sociale, déclenchent
des mouvements migratoires et affaiblissent la sécurité internationale.
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Politiques d'abord |
| Les gouvernements prennent des initiatives décisives
pour tenter d'atteindre les objectifs sociaux et environnementaux
fixés. Une action coordonnée pour préserver l'environnement et éliminer
la pauvreté équilibre l'élan du développement économique à tout prix.
Les avantages et les coûts environnementaux et sociaux sont pris en
considération dans les politiques suivies, les cadres réglementaires
mis en place et les processus de planification appliqués. Tous ces
aspects sont renforcés par des incitations fiscales telles que la
taxe sur le carbone et divers dégrèvements. Des traités internationaux
facultatifs ou des instruments légalement contraignants prenant pour
objet l'environnement et le développement sont intégrés dans des plans
d'action unifiés, leur statut en droit est amélioré bien que des dispositions
nouvelles soient prévues pour l'organisation de consultations afin
de permettre l'intégration de variantes régionales ou locales. |
Sur la question de savoir où va le monde, les opinions diffèrent. Selon
les indicateurs qui ont la prédilection de l'observateur, on peut montrer
que telle ou telle évolution est plausible. Nombreux sont ceux qui estiment
que les dysfonctionnements déjà observés dans les systèmes sociaux, environnementaux
et écologiques annoncent, à l'avenir, des effondrements plus massifs et
plus généralisés. Les mêmes groupes voient avec préoccupation qu'on ne
s'efforce guère de développer les institutions qu'il faudrait pour écarter
ces périls. D'autres au contraire font valoir qu'on a pu gérer la plupart
des crises qui ont éclaté et qu'il n'y a donc pas de raisons de craindre
qu'il n'en soit pas de même à l'avenir.
La plupart des gens s'en tiennent à leurs habitudes quotidiennes, laissant
ces grandes questions à d'autres. Plus ça change, plus c'est la même
chose.
Durant les premières années du siècle, on constate les signes d'un désir
nouveau et d'une demande nouvelle de coordination de l'action menée aux
niveaux local et mondial, non seulement parmi les gouvernements mais aussi
dans l'industrie, parmi les ONG et les associations. Les attaques terroristes
contre les États-Unis d'Amérique et les représailles qui ont suivi donnent
un caractère d'urgence aux appels lancés à une réforme des politiques
pour venir à bout des problèmes économiques, sociaux et environnementaux
que beaucoup voient comme cause principale de ces événements.
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