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En 1972, le monde était très différent de ce qu'il est aujourd'hui. La
guerre froide divisait encore la plupart des nations industrialisées,
la décolonisation n'était pas encore terminée et, si le courrier électronique
venait juste d'être inventé (Campbell, 1998), il faudrait encore plus
de 20 ans avant qu'il soit largement répandu. L'ordinateur individuel
n'existait pas, le réchauffement planétaire venait juste d'être mentionné
pour la première fois (SCEP, 1970) et la menace pesant sur la couche d'ozone
paraissait devoir être imputée surtout à une vaste flotte d'appareils
supersoniques qui ne s'est jamais matérialisée. Alors que les sociétés
transnationales existaient déjà et devenaient de plus en plus puissantes,
la notion de mondialisation devait attendre encore 20 ans avant de se
propager. En Afrique du Sud, l'apartheid régnait encore et en Europe le
mur de Berlin était encore debout.
| Les principes de la Déclaration de Stockholm |
- Les droits de lhomme doivent être affirmés,
lapartheid et le colonialisme condamnés
- Les ressources naturelles doivent être sauvegardées
- La capacité de la terre de produire des ressources renouvelables
doit être préservée
- La flore et la faune sauvages doivent être sauvegardées
- Les ressources non renouvelables doivent être partagées
et non pas épuisées
- La pollution ne doit pas dépasser la capacité
de lenvironnement de se nettoyer lui-même
- Il faut prévenir une pollution dommageable des océans
- Le développement est nécessaire pour améliorer
lenvironnement
- Les pays en développement ont donc besoin daide
- Les pays en développement doivent recevoir, pour leurs exportations,
un prix raisonnable leur permettant de s'occuper de l'environnement
- La politique de lenvironnement ne doit pas compromettre
le développement
- Les pays en développement ont besoin d'argent pour appliquer
des normes environnementales
- Une planification cohérente du développement est
nécessaire
- Une planification rationnelle devrait concilier environnement
et développement
- Les établissements humains doivent être conçus pour éliminer
les problèmes d'environnement
- Les gouvernements doivent adopter une politique appropriée
en matière de population
- Les institutions dun pays doivent planifier le développement
de ses ressources naturelles
- La science et la technique doivent être utilisées
pour améliorer lenvironnement
- Un enseignement de lécologie est essentiel
- La recherche écologique doit être encouragée, en particulier
dans les pays en développement
- Les États peuvent exploiter leurs ressources comme ils le veulent,
mais ne doivent pas mettre en danger d'autres États
- Les États ainsi mis en danger doivent être indemnisés
- Chaque pays doit établir ses propres normes
- Il doit exister une coopération sur les questions internationales
- Les organisations internationales doivent aider à améliorer
lenvironnement
- Il faut éliminer les armes de destruction massive
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| Clarke et Timberlake, 1982 |
Le monde du début des années 70 était violemment polarisé, de maintes
façons différentes. Devant cette toile de fond, il est assez surprenant
que l'idée d'une conférence internationale sur l'environnement ait même
été évoquée par la Suède (en 1968) ; il est plus surprenant encore qu'elle
ait eu lieu effectivement (à Stockholm en 1972) ; et il est étonnant que
cette conférence ait pu donner naissance à ce qui, plus tard, a été appelé
« l'esprit de compromis de Stockholm », dans lequel les représentants
des pays développés et en développement ont trouvé des moyens de concilier
les vues profondément différentes qui les séparaient. La Conférence a
été accueillie par la Suède, qui venait de constater les graves dommages
causés aux milliers de lacs du pays par la pluie acide, résultat d'une
grave pollution de l'air en Europe de l'Ouest.
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« L'une des principales responsabilités de cette conférence
est de diffuser une déclaration internationale sur l'environnement
; un document qui n'aurait pas force de loi mais qui, nous l'espérons,
aurait une autorité morale, qui mettrait dans le cour des hommes
le désir de vivre en harmonie les uns avec les autres et avec leur
environnement. »
- Professeur Mostafa K. Tolba, Chef de la délégation
égyptienne à la Conférence de Stockholm, puis Directeur exécutif
du PNUE de 1975 à 1993
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