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Les zones urbaines n'occupent que 1 % de la surface
émergée du globe (PNUE, 2000). Toutefois, l'expansion urbaine, y compris
les terres dont ont besoin l'industrie, les transports et les activités
de loisir dans toutes les régions, accroissent les pressions exercées
sur les terres. Aux États-Unis, par exemple, l'urbanisation prélève chaque
année un tribut d'environ 400 000 hectares de terres agricoles, le chiffre
correspondant pour la Chine étant d'environ 5 millions d'hectares (FNUAP,
2001). La dégradation des sols, l'alluvionnement des cours d'eau et la
pollution des sols provoqués par les pluies acides et les déchets industriels
sont quelques-uns des phénomènes écologiques associés à l'urbanisation
et à l'industrialisation.
Les déchets des grandes villes sont une source importante de dégradation.
On estime qu'environ 1,950 million d'hectares de terre ont été détériorés
par l'industrie et l'urbanisation (FAO, 1996). Une des causes en est le
fait que certains pays développés exportent des déchets dangereux et toxiques
vers des pays en développement.
Face à cette situation, la communauté internationale a adopté en 1989
la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de
déchets dangereux et de leur élimination, qui est entrée en vigueur en
1992 (voir chapitre premier). La Convention vise
à réduire les mouvements transfrontières de déchets dangereux, à minimiser
leur production et à interdire leur expédition vers des pays qui ne disposent
pas de la capacité d'éliminer des déchets dangereux d'une manière écologiquement
rationnelle.
L'urbanisation a engendré également l'agriculture urbaine (voir « Zones
urbaines »), phénomène encore largement inconnu sur le plan international
dans les années 70, mais qui s'est répandu partout dans le monde au cours
des 15 à 20 dernières années, plus rapidement que l'urbanisation, et plus
rapidement que l'économie urbaine dans beaucoup de pays (Smit, 1996).
L'agriculture urbaine se pratique sur des terres tant publiques que privées,
légalement ou illégalement. En 1993, plus de 800 millions de citadins
s'y livraient (Smit, 1996). Par exemple, à São Paulo, l'agriculture occupe
une place de premier plan dans le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme
adopté dans les années 90.
Presque partout dans le monde, l'agriculture urbaine est aujourd'hui
une des grandes activités de production vivrière. Par exemple, la plupart
des familles s'y adonnent en Asie du Sud-Est et dans les îles du Pacifique
(Sommers et Smit, 1994). Dans la Fédération de Russie, environ 30 % des
denrées alimentaires sont produites sur les 3 % de terre des dachas des
banlieues (Sommers et Smit, 1994). À Moscou, les familles qui se livrent
à l'agriculture sont passées de 20 % de la population de la ville en 1970
à 65 % en 1990 (Smit, 1996). De 1980 à 1990, l'agriculture urbaine a crû
de 17 % aux États-Unis (Smit, 1996). Dans certaines zones urbaines d'Afrique,
les autorités municipales ont réagi en réduisant les cultures pour faire
respecter le plan d'occupation des sols.
| Les produits chimiques et l'utilisation des
sols |
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Il convient de prendre acte de deux évolutions récentes importantes
:
- La Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants
(POP) a été adoptée en mai 2001 (voir chapitre
premier).
- Le PNUE, agissant de concert avec la FAO et l'OMS, encourage
des pratiques plus viables à terme consistant à remplacer les
pesticides de la famille des polluants organiques persistants
par une action phytosanitaire intégrale. La Fédération mondiale
pour la protection des cultures joue à cet égard un rôle dynamique
en promouvant l'utilisation judicieuse des pesticides et la prévention
des expositions toxiques et de l'abus des pesticides.
Comme autres initiatives, on peut citer des projets pilotes visant
à démontrer la faisabilité technique et économique de techniques
nouvelles visant à détruire des pesticides et produits chimiques
obsolètes, ainsi que les encouragements prodigués aux donateurs
et à l'industrie pour qu'ils augmentent le volume des fonds destinés
à la gestion et à l'élimination de ces substances.
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L'agriculture urbaine a un impact sur la pollution atmosphérique et la
pollution des eaux et des sols, la raison principale étant une utilisation
inadéquate des produits chimiques. À cela les partisans de l'agriculture
urbaine rétorquent que cette activité, outre qu'elle fournit des denrées
alimentaires, peut contribuer à améliorer l'environnement en recyclant
les matières organiques. Les déchets solides peuvent être compostés et
utilisés pour fertiliser les sols.
| L'agriculture urbaine au Zimbabwe |
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À Harare, les sanctions qui frappaient l'agriculture urbaine ont
été momentanément levées en 1992. En l'espace de deux ans, les surfaces
cultivées ont doublé et le nombre d'exploitants a plus que doublé.
Les coûts que la municipalité supportait pour entretenir les paysages
et gérer les déchets ont diminué, tout comme le prix des denrées
alimentaires, et des centaines d'emplois ont été créés. Il a ainsi
suffi d'apporter une modification à la politique suivie pour engranger
des bénéfices sur plusieurs fronts. La même chose s'est passée à
Lusaka et à Accra dans les années 80 (Smit, 1996).
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