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L'augmentation de la demande d'eau s'explique surtout par un accroissement
rapide de la population. Celle-ci est passée de 37,3 millions en 1972
à 97,7 millions en 2000 (Division de la population du Secrétariat de l'ONU,
2001). Un taux d'accroissement démographique annuel élevé, de plus de
3 % dans la région du Machrek, explique que la quantité d'eau disponible
annuellement par habitant soit passée de 6 057 m3 en 1950 (Khouri, 2000)
à 1 574 m3 en 2000 (voir encadré).
| Indice de stress hydrique : Asie
occidentale |
 |
| |
Machrek |
Péninsule Arabique |
Asie occidentale |
 |
| Population (en millions, 2000) |
50,7 |
47,0 |
97,7 |
| Eau disponible (km3/an) |
79,9 |
15,3 |
95,2 |
| Eau utilisée (km3/an) |
66,5 |
29,6 |
96,1 |
| Indice de stress hydrique (%) |
83,3 |
>100 |
>100 |
| Eau disponible par habitant (m3/an) |
1574 |
326 |
974 |
 |
| Source : ACSAD, 2000; Division de
la population du Secrétariat de l'ONU, 2001. |
La demande domestique d'eau a également augmenté du fait de l'augmentation
de la consommation par habitant. Dans beaucoup de pays, l'eau est rationnée.
Les habitants de la capitale jordanienne, Amman, par exemple, n'ont de
l'eau que trois jours par semaine. Les Damascènes n'ont de l'eau que 12
heures par jour.
L'agriculture est le principal secteur utilisateur
d'eau en Asie occidentale : près de 82 % de l'eau consommée vont à ce
secteur, contre 10 % au secteur domestique et 8 % à l'industrie. Dans
la péninsule Arabique, l'agriculture utilise environ 86 % des ressources
en eau disponibles ; ce chiffre est de 80 % environ dans le Machrek (Khouri,
2000). Pour satisfaire la demande en eau, en particulier pour l'irrigation,
le prélèvement d'eaux souterraines a considérablement augmenté au cours
des 30 dernières années.
Dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'approvisionnement
annuel en eau a augmenté, passant de 6 km3 en 1980 à 26 km3 en 1995, 85
% de cette eau étant utilisée à des fins agricoles (Zubari, 1997). En
1995, ces pays avaient des ressources en eau équivalant à 466 m3/personne/an,
et une consommation par personne et par an de 1 020 m3, ce qui laissait
un déficit annuel de 554 m3 par personne, couvert par l'exploitation des
réserves d'eaux souterraines (Zubari, 1997).
L'indice de stress hydrique en Asie occidentale (eau utilisée en pourcentage
des ressources disponibles) dépasse 100 % dans cinq des sept pays de la
péninsule arabe et atteint des niveaux critiques dans les deux autres.
Ces pays ont déjà épuisé leurs ressources en eau renouvelables et commencent
maintenant à exploiter leurs réserves non renouvelables. Dans le Machrek,
sauf en Jordanie, l'indice de stress hydrique est moins élevé (voir tableau
ci-dessus). Alors que dans neuf des 12 pays de l'Asie occidentale les
ressources en eau par habitant sont inférieures à 1 000 m3/an, elles sont
inférieures à 500 m3/an dans sept pays. La valeur moyenne de l'indice
de stress hydrique pour l'Asie occidentale dépasse 100 % (voir tableau).
Au cours des 30 dernières années, l'adoption de politiques de couverture
nationale des besoins alimentaires a encouragé l'expansion de l'agriculture.
Les gouvernements ont offert des subventions et des incitations qui ont
entraîné une expansion massive de l'agriculture, augmentant la demande
en eau, satisfaite surtout par une exploitation des aquifères profonds.
En outre, le pompage non réglementé de l'eau, l'absence d'une tarification
minimum de l'eau d'irrigation, l'absence d'application des règles contre
le forage illégal de puits, de mauvaises pratiques d'irrigation et un
manque de sensibilisation des agriculteurs ont entraîné une utilisation
excessive de l'eau.
L'agriculture intensive et une abondante application de produits agrochimiques
ont également contribué à la pollution des ressources en eau. Par exemple,
la concentration de nitrate dans l'eau du robinet, à Gaza, dépasse les
normes fixées par l'OMS (10 mg/litre) et elle augmente au rythme de 0,2
à 1,0 mg/litre par an dans les puits proches de la côte. Le respect des
normes de l'OMS interdirait de consommer pour la boisson l'eau provenant
de la moitié de ces puits côtiers (Autorité palestinienne, 2000).
| Utilisation de l'eau pour l'irrigation
en Asie occidentale |
|
Des subventions et des incitations ont entraîné une expansion
massive de l'agriculture privée en Asie occidentale, et l'extension
d'une irrigation complémentaire dans certaines des zones d'agriculture
pluviale. Par exemple, les surface irriguées totales en Syrie
ont pratiquement doublé au cours des 30 dernières années,
passant de 625 000 ha (10,9 % des terres arables) en 1972
à 1 186 000 ha (25,2 %) en 1999 (FAOSTAT, 2001). En Iraq,
le pourcentage de terres irriguées est passé de 30,3 % en
1972 à 67,8 % en 1999 (FAOSTAT, 2001). Or, l'efficacité de
l'irrigation, c'est-à-dire le pourcentage de l'eau qui atteint
effectivement la plante cultivée, ne dépasse pas 50 % dans
la région et tombe parfois à 30 %, entraînant d'importantes
pertes d'eau (ACSAD, 1997).
L'eau utilisée pour la culture du blé en Arabie saoudite
entre 1980 et 1995 a représenté 254 km3 (Al-Qunaibet, 1997),
soit l'équivalent de 13 % des réserves d'eaux fossiles totales
de ce pays, soit 1 919 km3 (Al Alawi et Razzak, 1994).
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| Ressources d'eau disponibles
en Asie occidentale (millions de m3/an) |
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| |
Machrek |
Péninsule arabe |
Asie occidentale |
 |
| Eaux de surface |
68 131 |
6 835 |
74 966 |
| Eaux souterraines |
8 135 |
6 240 |
14 375 |
| Dessalement |
58 |
1 850 |
1 908 |
| Recyclage agricole des eaux de drainage |
3 550 |
392 |
3 942 |
 |
| total |
79873 |
15 318 |
95 191 |
 |
| Source : Khouri, 2000 |
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