Qualité de l'air
Par rapport à l'Europe et aux États-Unis, l'Asie occidentale a un niveau
d'industrialisation moins élevé, mais la pollution atmosphérique y a connu
des « pics » sous l'effet de l'accroissement de la population, de l'urbanisation
et de la multiplication des industries liées au pétrole et aux autres
activités industrielles. Dans les grandes villes et les complexes industriels,
les concentrations des principaux polluants atmosphériques dépassent souvent
de 2 à 5 fois les normes de l'OMS (Banque mondiale, 1995).
La combustion de combustibles fossiles est la cause principale de la
pollution atmosphérique et la principale source des émissions anthropiques
de CO2. Elle vient en tête de la production d'énergie primaire commerciale
en Asie occidentale, production qui est passée de 665,5 millions de tonnes
équivalent-pétrole en 1972 à 974,2 millions de tonnes en 1997, alors que
la consommation d'énergie augmentait, passant de 27 millions à 229,5 millions
de tonnes pour la même période (compilation à partir de l'AIE, 1999).
| La cimenterie pollue l'atmosphère |
| La cimenterie, qui est la principale source industrielle des émissions
de CO2 dans la sous-région du Machrek, émet aussi de grandes quantités
de poussière, poussière qui se pose sur la végétation avoisinante
et compromet la santé et les écosystèmes. Au Liban, la cimenterie
est responsable de 77,2 % des émissions industrielles (Gouvernement
libanais, 1998). En Syrie, les particules émises par une cimenterie
proche de Damas font que les niveaux de particules en suspension excèdent
les normes admises dans un rayon de 3 kilomètres, ce qui se traduit
par des maladies thoraciques et des affections respiratoires chez
les travailleurs des communautés voisines (CAMRE et PNUE, 1997). |
Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les principales
sources de pollution atmosphérique sont les raffineries de pétrole, les
centres de stockage, les plates-formes pétrolières, les usines pétrochimiques
et les usines d'engrais, ainsi que les véhicules à moteur. Dans les pays
du Machrek, des techniques obsolètes utilisées spécialement dans les centrales,
les usines d'engrais, fonderies et cimenteries ont entraîné une détérioration
de la qualité de l'air non seulement dans les sites industriels, mais
également dans les établissements avoisinants. Parmi les polluants atmosphériques
émis, les particules en suspension sont une source de grave préoccupation,
leurs niveaux étant de loin supérieurs aux concentrations maximales autorisées.
On évalue à près de 188 millions de dollars par an les pertes économiques
imputables à l'impact de la mauvaise qualité de l'air sur la santé en
Syrie (Banque mondiale et PNUD, 1998). Toutefois, une tendance est apparue
récemment en Asie occidentale, et en particulier dans les pays du CCG,
qui consiste à adopter des méthodes de production plus propres dans l'industrie,
surtout dans les grands complexes pétroliers, pétrochimiques et métallurgiques
et dans les usines d'engrais.
L'augmentation du parc automobile, la mauvaise gestion
de la circulation, le vieillissement des voitures et les embouteillages
dans les grandes villes élèvent le niveau de la pollution atmosphérique.
Beaucoup de voitures sont mal entretenues et environ 30 % d'entre elles
ont plus de 15 ans et produisent des émissions d'hydrocarbones et de NOx
beaucoup plus élevées que ne le feraient des voitures nouvelles (Banque
mondiale et PNUD, 1998). En outre, l'essence au plomb est toujours utilisée
dans beaucoup de pays, ce qui aggrave les problèmes de santé dans les
villes et le long des grandes routes (Banque mondiale, 1995). Soucieux
de venir à bout de ce problème, certains pays ont entrepris d'éliminer
l'essence au plomb. Les pays du Conseil de coopération du Golfe et le
Liban ont introduit l'essence sans plomb ; c'est le seul carburant produit
à Bahreïn depuis juillet 2000 (BAPCO, 2000).
Outre la pollution atmosphérique causée par les activités humaines, les
tempêtes saisonnières de sable et de poussière contribuent à la pollution
atmosphérique en Asie occidentale en général et, en particulier, le long
des côtes septentrionales du golfe Persique (ROPME, 1999). Les tempêtes
de sable absorbent des polluants comme les pesticides et peuvent transporter
ceux-ci sur de longues distances, avec les conséquences néfastes que cela
comporte pour l'environnement, l'économie et la qualité de la vie. On
estime que le montant annuel des retombées de poussières le long de la
zone côtière du Koweït peut atteindre 1 000 tonnes/km2 avec une concentration
moyenne générale de 200 µg/m3 (Khalaf et autres, 1980 ; EPA, 1996).
La pollution atmosphérique transfrontière est un nouveau problème dans
la région. Pour y remédier, il faut adopter des mesures et une réglementation
plus strictes en matière d'émissions, encourager le recours à des techniques
modernes et efficaces, et restructurer le prix des ressources énergétiques.
Si l'on entend réduire la consommation d'énergie et les émissions corrélatives
de gaz à effet de serre, il faut adopter des programmes de maîtrise de
l'énergie dans les centrales et dans les secteurs du pétrole, du transport,
de l'industrie, de l'agriculture et du logement.
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