| La
diversité biologique de l'Asie occidentale est de plus en plus menacée.
Dans tous les scénarios (voir graphique au-dessous), les infrastructures
se développent, détruisant et fragmentant les écosystèmes. Ces pressions
entraînent une diminution persistante des populations d'espèces sauvages,
dont un nombre croissant est menacé d'extinction, et une perte continue
de diversité biologique. Cette évolution est quelque peu atténuée dans les
scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord, au moyen
de la mise en ouvre de plans de gestion de l'utilisation des sols qui réduisent
les pressions sur les écosystèmes. En outre, les pays adoptent des lois
sur la protection de la diversité biologique et des espèces menacées d'extinction
et réglementent l'introduction d'organismes exotiques ou génétiquement modifiés.
Si l'expansion des infrastructures et son impact sur la diversité biologique
sont moins prononcés dans le scénario Sécurité d'abord que dans le
scénario Marchés d'abord, cela est dû uniquement au fait que la croissance
économique serait moins forte.
D'autres problèmes et en particulier le changement climatique aggravent
ces pressions et contribuent à éroder encore davantage le capital naturel
de la région dans tous les scénarios. Dans le scénario Politiques d'abord,
les efforts déjà engagés pour élargir les zones protégées se poursuivent
et il est possible qu'on atteigne les objectifs internationaux. De plus,
les pays voisins coopèrent à l'échelle régionale et créent des réserves
transfrontières. Le public est sensibilisé au moyen de jardins botaniques
et de musées. Les efforts en ce sens vont encore plus loin dans le scénario
Durabilité d'abord, qui suppose une plus grande maîtrise locale
des ressources. La superficie des zones protégées atteint les objectifs,
ce qui enraye l'épuisement des ressources biologiques. En outre, la recherche
concertée à l'échelle régionale, l'investissement et l'utilisation durable
des ressources génétiques et biologiques au moyen de technologies avancées
se développent. Toutefois, même dans ce cas les efforts de protection
et de conservation ne suffisent pas à compenser totalement les effets
du changement climatique (voir graphique).
Comme dans le scénario Marchés d'abord, le changement climatique
intervient un peu plus tard, la perte de capital naturel est un peu moins
prononcée que dans les scénarios Politiques d'abord et Sécurité
d'abord. Dans le scénario Sécurité d'abord, l'introduction
d'espèces exotiques et génétiquement modifiées reste non réglementée,
ce qui est une menace supplémentaire pour les espèces indigènes. De plus,
les efforts déjà engagés deviennent de moins en moins efficaces en raison
de la détérioration de la situation économique et environnementale et
de l'insécurité alimentaire. Il se pourrait bien que de nombreuses ressources
biologiques indigènes disparaissent complètement.
Légende des
graphiques |
 |
 |
|
|
Les différentes hypothèses relatives au taux de
croissance démographique, à l'urbanisme et à l'affectation des terres,
au développement rural et à la situation des réfugiés ont une influence
sur le niveau, la nature et l'impact de l'urbanisation dans la région.
Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord,
les facteurs les plus importants sont notamment l'urbanisation rapide
et non planifiée, les fortes concentrations de populations dues à une
expansion démographique rapide, à l'exode rural et à l'accroissement du
nombre de réfugiés. Tous ces facteurs ont des effets négatifs sur l'environnement
et la santé, car ils aggravent la pollution atmosphérique locale (voir
graphique), accroissent la production de déchets et encouragent l'empiètement
sur les zones agricoles ou les zones de loisirs qui sont déjà très limitées.
Les services de santé de base, les réseaux d'assainissement et les autres
infrastructures sont débordés par la situation.
Dans les scénarios Politiques d'abord et Durabilité d'abord,
l'aménagement du territoire est plus rationnel. Le développement intégré
des zones rurales réduit considérablement l'exode rural. Dans le scénario
Durabilité d'abord, le développement rural tient compte des considérations
environnementales, si bien que l'empiètement sur les terres agricoles
et les zones de loisirs est limité et que cela pourrait même entraîner
un certain retour des citadins à la campagne. Enfin, dans le Machrek,
les problèmes environnementaux et sanitaires liés à l'afflux de réfugiés
sont réglés dans le cadre du règlement global des conflits régionaux.
En raison des différences concernant l'utilisation des terres et la gestion
des eaux douces, ainsi que d'autres évolutions, l'impact sur les zones
côtières et marines diffère selon les scénarios. Dans les scénarios Politiques
d'abord et Durabilité d'abord, les pays membres du Golfe ratifient
la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les
navires (MARPOL) 73/78 et d'autres protocoles, construisent des installations
pour la récupération des déchets de pétrole et font de la zone maritime
de l'Organisation régionale pour la protection du milieu marin une zone
spéciale, ce qui entraîne une réduction importante de la pollution par
les hydrocarbures. Le Programme d'action mondial pour la protection du
milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres est rigoureusement
appliqué, ce qui se traduit par une réduction très importante des rejets
d'eaux usées en mer.
|
|
Légende des
graphiques |
 |
 |
|
L'évolution de l'environnement, la redistribution de la croissance et
la mise en ouvre de politiques sociales efficaces ont des répercussions
sur l'incidence de la faim dans la région (voir graphiques au-dessus).
Dans les scénarios Marchés d'abord et Sécurité d'abord,
la proportion de personnes qui ont faim reste proche de 10 % en 2032.
Dans le scénario Marchés d'abord, une inégalité relativement importante
persiste, ce qui limite les améliorations résultant de la croissance générale
de l'économie. Dans le scénario Sécurité d'abord, la distribution
des revenus devient encore plus inégale, ce qui aggrave la situation.
En raison de la croissance démographique, le nombre de personnes qui souffrent
de la faim augmente de moitié dans le scénario Marchés d'abord
et double environ dans le scénario Sécurité d'abord. Dans les scénarios
Politiques d'abord et Durabilité d'abord, la conjugaison
d'une croissance économique assez dynamique et d'une distribution des
revenus relativement équitable entraîne une forte baisse du pourcentage
de personnes qui ont faim et du nombre total de ces personnes.
| Imaginons ... sept ans de sécheresse en Asie
occidentale |
|
Vers 2010 commence une longue période de sécheresse. Depuis le
milieu des années 90, le niveau des eaux souterraines a diminué
dans les principaux aquifères de la région. La raréfaction de l'eau
d'irrigation et de l'eau de boisson dans le Machrek entraîne une
augmentation de la dépendance à l'égard des importations de produits
alimentaires dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG)
et une aggravation de la faim et de la pauvreté dans les pays du
Machrek et le Yémen. Comme quelque 60 % des eaux de surface de la
région proviennent d'autres pays, il n'est pas exclu que les désaccords
entre ces pays concernant le partage et l'épuisement des eaux dégénèrent.
Dans le scénario ...
 |
Marchés dabord |
- Une politique de l'eau axée presque exclusivement sur l'accroissement
de l'offre se révèle peu judicieuse dans cette région exposée
à la sécheresse. Il y a bien quelques initiatives de gestion de
la demande, mais elles ne sont pas mises en ouvre assez vite pour
empêcher une pénurie d'eau aiguë.
- Les pays du CCG deviennent extrêmement tributaires du dessalement.
- En raison du développement des cultures de rente dans les zones
irriguées, il y a une pénurie grave de produits alimentaires d'origine
locale.
- De nouvelles plantes issues du génie génétique, plus résistantes
à la sécheresse, sont introduites.
- Les problèmes de santé liés à l'eau se généralisent.
 |
Politiques dabord |
- De vastes réformes des institutions renforcent les autorités
chargées de la gestion des eaux.
- Une politique axée sur la gestion de la demande, la conservation
et la protection permet d'introduire assez facilement des mesures
qui aident à utiliser au mieux les eaux disponibles tant que la
sécheresse dure.
- Les autorités introduisent des mécanismes et des programmes
pour remédier aux problèmes, tels que tarification de l'eau, campagnes
de sensibilisation et d'éducation, renforcement des moyens de
faire respecter la loi, mesures de gestion optimales des eaux
marginales et codes permettant une répartition efficiente de l'eau
disponible entre les différents secteurs de l'économie en concurrence.
- L'intégration économique et la coopération régionale aident
à réorienter la politique agricole dans la péninsule Arabique
et à réduire la consommation de l'eau à usage agricole.
- Des accords temporaires permettent de régler le problème des
eaux partagées et réduisent l'instabilité dans la région.
 |
Sécurité dabord |
- La concurrence et les conflits entre les différents secteurs
et utilisateurs s'intensifient, ce qui provoque des troubles sociaux.
- Les signes de désertification et de détérioration des ressources
biologiques se multiplient, tandis que certaines espèces disparaissent
en raison de la destruction des habitats ou parce qu'elles ont
été trop chassées.
- Les problèmes de santé liés à l'eau se multiplient.
- L'instabilité politique et les conflits régionaux sont attisés,
ce qui débouche sur une guerre ouverte pour l'eau, menaçant la
stabilité régionale et internationale.
 |
Durabilité dabord |
- La gestion stratégique des eaux régionales et des bassins versants
réduit l'impact de la sécheresse, accroît l'efficience hydrique,
protège les ressources et accroît la disponibilité de l'eau.
- De grandes réformes institutionnelles renforcent l'autorité
des organismes responsables de la gestion des eaux. Les anciennes
politiques sont abandonnées en faveur d'une stratégie de gestion
de la demande et de conservation des ressources, ce qui permet
de faire durer l'eau disponible.
- Les techniques de dessalement permettent d'accroître la disponibilité
d'eau douce dans les pays du CCG, notamment au moyen de sources
d'énergie nouvelles et renouvelables, telles que l'énergie solaire
ou éolienne, employée pour dessaler l'eau de mer.
- Les applications de la biotechnologie à la production agricole
permettent d'accroître la résistance à la sécheresse et les rendements.
- La signature et la ratification de traités entre les pays riverains
permettent un partage plus équitable des eaux de surface et des
eaux souterraines. Ce processus est facilité par le règlement
du conflit arabo-israélien.
Leçons
Des événements qui ne sont pas directement liés à l'environnement,
comme la coopération régionale, peuvent avoir un impact majeur sur
la situation de l'environnement. De même, la façon dont on s'attaque
à tel ou tel problème environnemental peut avoir des répercussions
importantes sur d'autres problèmes environnementaux, comme lorsqu'on
choisit des sources d'énergie renouvelables pour le dessalement,
ce qui réduit la consommation d'énergie fossile. L'expérience et
l'adoption d'instruments complémentaires permettent de réagir rapidement
en cas d'intensification inattendue du stress environnemental.
|
|