Message de Achim Steiner pour la Journée mondiale de l'habitat 2011 Mon, Oct 3, 2011

Le rôle central joué par les villes dans la lutte contre le changement climatique et dans la transition vers une économie verte est mis en valeur à l'occasion de la Journée Mondiale de l'Habitat, organisée à Aguascalientes, au Mexique, sous le thème «Villes et changement climatique ».

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The theme of this year's World Habitat Day is Cities and Climate Change

, Nairobi, le 3 octobre 2011 - Le rôle central joué par les villes dans la lutte contre le changement climatique et dans la transition vers une économie verte est mis en valeur à l'occasion de la Journée Mondiale de l'Habitat, organisée à Aguascalientes, au Mexique, sous le thème «Villes et changement climatique ».

Les villes émettent une grosse quantité de gaz à effet de serre: on y trouve de nombreuses industries, beaucoup de véhicules de transports, et une myriades de bâtiments. En outre, la majorité de la population mondiale vit maintenant dans des zones urbaines, par conséquent les impacts du changement climatique (comme l'élévation du niveau de la mer ou encore les pénuries d'approvisionnement en eau) affecteront directement les citadins dans les prochaines années.

Parallèlement, les villes sont de plus en plus reconnue comme une source de solutions novatrices au changement climatique, et comme un élément dynamique du développement durable. Alors que nous entrons dans la phase préparatoire de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio +20), qui se tiendra au Brésil, en juin 2012, de réelles opportunités émergent pour les villes. Elles seront notamment en première ligne en ce qui concerne l'écologisation de l'économie mondiale.

Prenez la ville de Delhi, par exemple: elle a accueilli la Journée mondiale de l'environnement, le 5 juin dernier. Son système de métro est devenu le premier réseau mondial de chemin de fer à recevoir des crédits de carbone de l'ONU, et ce en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Depuis, le système de transport a contribué à réduire les niveaux de pollution dans la ville de plus de 630 000 tonnes de CO2 par an, ce qui a une influence positive sur la qualité de vie de ses 1,8 millions d'utilisateurs quotidiens. Les crédits carbones alloués équivalent à 9,5 millions de dollars (USD) par an, pendant sept ans.

Aujourd'hui, nos maisons et nos bureaux contribuent à environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le développement du secteur des bâtiments écologiques pour abriter une population urbaine mondiale croissante est donc primordial pour lutter contre le changement climatique.

Le rapport du «Economie verte » du PNUE, qui contient des chapitres sur les villes et le secteur du bâtiments, montre que si nous ne réussissons pas à transformer le secteur du bâtiment (et que nous nous reposons sur des réductions d'émissions plus coûteuses provenant d'autres secteurs), cela ferait augmenter le coût économique de la lutte contre le changement climatique d'au moins 500 milliards de dollars (USD) par an dans le monde, entre 2010 et 2050.

Par ailleurs, le secteur de la construction écologique pourrait être un important moteur économique. Selon ce même rapport, les investissements pour améliorer l'efficacité énergétique dans les maisons et les bureaux pourraient générer quelque 3,5 millions d'emplois verts, rien qu'en Europe et aux États-Unis. Si nous ajoutons à cela la demande dans les pays en voie de développement, le nombre total d'emplois verts créés sera encore beaucoup plus élevé.

Le PNUE et ONU-Habitat sont fiers d'occuper ensemble l'un des bâtiments les plus écologiques en Afrique sub-saharienne: ce nouvel édifice se situe dans l'enceinte des bureaux de l'ONU pour l'Afrique, à Nairobi, au Kenya. Nous espérons que ce bâtiment écologique servira désormais de modèle pour la construction d'autres bâtiments verts dans les pays en voie de développement.

Les bâtiments écologiques sont un parfait exemple du concept de «découplage», exploré par le PNUE dans son rapport publié en mai 2011. La prémisse de base est que nous pouvons réduire la quantité de ressources utilisées pour alimenter la croissance économique, et donc «séparer» le développement économique de la détérioration de l'environnement. La technologie et l'innovation présentes dans les villes (que ce soit dans les bâtiments verts, les transports publics ou l'énergie renouvelable) peuvent encourager la transition vers une économie verte, faisant de cette séparation une réalité.

Des villes plus vertes sont aussi des villes plus saines, la pollution de l'air y est inférieure et les maladies respiratoires moins présentes. Les espaces verts, comme les parcs ou les arbres, jouent également un rôle clé dans l'amélioration de la cohésion communautaire et dans la qualité de vie des habitants des villes.

La Conférence mondiale de Rio+20, en juin 2012, sera une occasion historique de renouveler l'engagement politique mondiale en matière de développement durable, et de promouvoir une économie verte, sobre en carbone et économe en ressources naturelles. Ce sera également une opportunité de libérer le potentiel des villes pour relever les défis du climat et aider à atteindre des objectifs économiques, environnementaux et sociaux qui bénéficient aux citadins du monde entier.

 
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