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| Il peut paraître curieux de chanter les louanges dun minuscule morceau de caoutchouc, de la taille dune pièce de monnaie et quon trouve dans les robinets des salles de bains et cuisines du monde entier. Pourtant, lhumble joint de caoutchouc fait partie des dispositifs de basse technologie qui jouent un grand rôle dans la réduction du gaspillage de leau, la ressource naturelle la plus fondamentale dont toute vie dépend.
Un robinet qui fuit, qui goutte chaque seconde, peut paraître bien anodin, mais il gaspille plus de 4 litres deau par jour. Sur un mois, une fuite conséquente peut vous faire gaspiller jusquà 10 500 litres deau. Changer un joint de robinet fait partie des nombreuses mesures que nous pouvons prendre pour conserver leau pour le bien des populations et des espèces sauvages. Quelques mesures simples et bien pensées dans nos foyers, communautés, lieux de travail, industries et villes pourraient faire une différence considérable. Le Centre international de technologie environnementale du PNUE, à Osaka au Japon, est en train délaborer une base de données de conseils, technologies et politiques permettant déconomiser leau, provenant du monde développé et en développement, et notamment des petits Etats insulaires. Les chasses deau à double débit 5 ou 10 litres selon la capacité requise peuvent permettre déconomiser jusquà 15 litres deau par jour. Elles sont peut-être réservées aux pays les plus développés, mais on peut à moindre frais économiser environ 4 litres deau en plaçant tout simplement une brique, une bouteille de lait remplie de galets ou tout autre « dispositif économisateur » dans la citerne dun modèle de chasse classique.
Dans un pays comme les Etats-Unis, les douches représentent quelque 20 % des quantités deau utilisées à lintérieur des logements. On a calculé que linstallation dune pomme de douche à faible débit permettait à une famille de quatre personnes déconomiser 80 000 litres deau par an.
Certaines îles du Pacifique et des Caraïbes comme Kiribati, Nauru, Sainte-Lucie et les Bahamas possèdent des systèmes dadduction deau double : leau potable est amenée par un tuyau tandis quun autre approvisionne les toilettes en eau salée. Dans le monde développé comme dans celui en développement, on ne recueille pas suffisamment les eaux de pluie dont le potentiel est pourtant considérable. Le stade de sumo Ryogoku Kokugikan de la ville de Sumida au Japon utilise les eaux de pluie qui sécoulent de son toit de 8 400 mètres carrés pour alimenter les chasses deau des toilettes et la climatisation. En Chine, 17 provinces ont installé entre 5 et 6 millions de citernes de recueil des eaux de pluie, qui permettent dapprovisionner quelque 15 millions de personnes en eau potable et de fournir un complément dirrigation à plus dun million dhectares de terres agricoles. Et dans certains foyers du Nigéria, des arbres feuillus recueillent leau de pluie qui sécoule alors dans un pot par le biais dune gouttière en bambou. Il faut que lagriculture fasse de réels efforts de conservation. Elle utilise actuellement jusquà 70 % des quantités deau douce et en gaspille une bonne partie. Les technologies darrosage au goutte-à-goutte utilisant des tuyaux souterrains sont simples et peu coûteuses, et elles permettent de réduire considérablement les pertes résultant notamment de lévaporation. Les chercheurs indiens font état déconomies deau de lordre de 60 %. La base de données cite également le cas détudes effectuées dans certains pays (y compris des pays en développement) qui, ayant mis en place un système de compteurs et de détection des fuites, ont réussi à réduire les immenses pertes imputables aux réseaux dadduction deau. Suite à lintroduction de compteurs, la consommation deau diminua de 43 % à Honiara, dans les îles Salomon. A Malte, les pertes imputables aux tuyaux passèrent de 55 à 25 % grâce à la mise en place dun programme de détection. Au Chili, la législation encouragea la mise en place dun marché de leau fondé sur des droits transférables et négociables. Depuis, en cas de sécheresse, les cultivateurs délaissent les cultures gourmandes en eau comme le maïs et les oléagineux au profit de cultures plus rentables et nécessitant moins deau comme les fruits et légumes. Nombre de ces moyens pratiques ne sont possibles que si lon donne à leau une valeur. Cette valeur peut être économique mais elle peut aussi être culturelle. Depuis la nuit des temps et souvent dans le cadre des enseignements des grandes religions et croyances du monde leau est vénérée et considérée comme la source de toute vie.
Cette année, le slogan de la Journée mondiale de lenvironnement est « leau : Deux milliards de personnes en meurent denvie ! » Il appartient aux 4 milliards dhumains qui ont la chance de ne pas connaître ce problème de réitérer le respect quils portent à leau en accordant à chaque goutte la valeur quelle mérite QUEN PENSEZ-VOUS ? Jaimerais avoir votre avis sur les questions abordées dans ce numéro de Notre Planète. Nhésitez pas à me contacter par courriel à feedback@ourplanet.com ou par courrier à
Feedback Photo : UNEP |
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