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ou la bête ? |
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Yolanda Kakabadse considère que le commerce et la conservation de la diversité biologique sont étroitement liés, et elle souhaite que tous deux soient des vecteurs de développement durable |
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Deux pays possédant une part considérable de la diversité biologique mondiale accueilleront deux importantes conférences à lautomne prochain. Quelque 3 000 personnes se réuniront à Durban en République dAfrique du Sud à loccasion du Congrès mondial sur les parcs et quelque 8 000 personnes se rendront à Cancun, au Mexique, pour la cinquième Conférence ministérielle de lOrganisation mondiale du commerce (OMC).
Le développement commercial et économique étant un moteur permanent de changement environnemental, les liens entre le commerce et lenvironnement sont depuis longtemps établis. Pour résumer le débat, le commerce nest ni « la belle » ni « la bête » de lenvironnement. Cela dépend du cadre juridique et politique dans lequel il sorganise et de la manière dont ce cadre intègre et soutient la conservation environnementale et protège les moyens dexistence des populations. Au Mexique, les ministres du Commerce chercheront à développer les perspectives économiques qui sont si fondamentales à la survie des nations. En Afrique du Sud, nous nous pencherons sur les fondations cruciales du développement durable : la diversité biologique et les instruments nécessaires à sa conservation. Lune des réunions sera axée sur le commerce, lautre sur les aires protégées, mais les deux débats ne manqueront pas de converger. Les voyages et le tourisme représentent aujourdhui 11 % du PIB mondial et 55 % des touristes à travers le monde se rendent dans des régions protégées. Dans mon pays, en Equateur, le site du Patrimoine mondial des îles Galapagos est un des fleurons de lécotourisme. Cancun, par contre, est un exemple de tourisme industriel : les populations locales sinquiètent de plus en plus du fait que ce sont des sociétés étrangères qui conservent les bénéfices issus du tourisme, et que ceux-ci ne servent pas à relever le niveau de vie des communautés. Le tourisme est également une des grandes industries dexportation en Afrique. En Afrique australe, par exemple, les entreprises travaillant dans les domaines de la diversité biologique et des aires protégées sont en train de créer des sources de revenus durables pour leurs communautés, qui renforcent lattrait du développement durable. Les exportations de « Rooibos », la célèbre tisane, atteignent les 6 000 tonnes et produisent des revenus annuels de 7,45 millions de dollars. Par ailleurs, 700 tonnes dextrait brut dAloe ferox sont exportées annuellement à des fins cosmétiques et médicales, créant des emplois pour des communautés entières du Cap oriental. Notre forêt ombrophile équatorienne représente une très importante source de biens et de services, dont la liste augmente chaque jour. De récents calculs économiques indiquent quà long terme, ceux fournis par les aires protégées pourraient se révéler plus rentables que lexploitation pétrolière. Il faudrait que le système commercial international soit structuré de manière à ce que ces biens et services séchangent de manière équitable et durable. En Chine, 40 % de tous les médicaments utilisés sont composés de plantes médicinales traditionnelles. De nombreuses espèces sont en train de disparaître rapidement suite au déboisement et à la transformation daires naturelles en terres agricoles. Les aires protégées du pays représenteront sans doute leur dernier bastion. Dans le monde entier, un quart des produits médicinaux patentés sont désormais issus de plantes australes et des connaissances et du savoir-faire des guérisseurs traditionnels. Il est donc indispensable que les droits de propriété intellectuelle soutiennent les populations indigènes et les communautés locales, en protégeant leurs droits et leurs moyens dexistence. Cancun donne loccasion daborder cette question importante. Quant à lOMC, elle devrait revoir la manière dont elle envisage ses relations avec les accords environnementaux multilatéraux, pour que les négociations assurent un dialogue plus fructueux entre les divers acteurs et parties prenantes. Une session du Forum mondial sur la diversité biologique, qui aura lieu à Cancun avant la conférence ministérielle, réunira les communautés du commerce et de la diversité biologique. Le Forum sest réuni régulièrement au cours des dix dernières années à lappel de lUnion mondiale pour la nature (UICN), du PNUE, de lInstitut des ressources mondiales et du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, de façon à fournir une plate-forme transparente et neutre pour les dialogues pluri-parties prenantes portant sur des questions cruciales liées à la diversité biologique.
Léquité et la durabilité sont au c:ur des préoccupations de la Convention sur la diversité biologique et laccord qui établit lOMC inclut un engagement envers la protection de lenvironnement et du développement durable. Il ne peut y avoir de commerce durable sans base de ressources naturelles. Les deux sont fondamentalement liés, même si ce fait nest pas toujours reconnu. Notre défi consiste à montrer que Cancun et Durban ne parlent pas de deux planètes différentes mais bien de la même Terre, sur laquelle et le commerce et la conservation de la diversité biologique sont ou peuvent devenir des vecteurs de développement durable
Yolanda Kakabadse est Présidente de lUnion mondiale pour la nature (UICN). Photo : Y. Morioka/UNEP/Topham
GALAPAGOS
Pour la diversité biologique exceptionnelle, témoin de lévolution de la vie, quest le site du Patrimoine mondial des îles Galapagos, la plus grande menace est celle des espèces envahissantes comme les fourmis de feu, les chèvres, les chats, les porcs et les rats qui déciment la faune sauvage indigène. Avec le concours de lUNESCO, ce premier projet du Patrimoine mondial à recevoir lapprobation de la direction de la Fondation des Nations Unies a testé avec succès des méthodes déradication sur nombre despèces envahissantes il a notamment réussi à pratiquement éliminer les fourmis sur lîle de Marchena. Linitiative a bénéficié dune subvention de 18 millions de dollars du Fonds pour lenvironnement mondial, qui sera répartie sur les diverses îles.
GL
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