|
assainissement |
![]() |
|
Cees van de Guchte et Veerle Vandeweerd présentent les aspects environmentaux et les coûts quimpliquent la réalisation de lobjectif Assainissement du Sommet mondial sur le développement durable, et évoquent le consensus mondial croissant autour des techniques alternatives à faible coût. |
|
Dans les pays en développement, chaque minute environ quatre enfants meurent de maladies causées par leau insalubre et par le manque dassainissement. En moyenne, 250 millions cas de gastroentérite dans le monde sont dus chaque année à lutilisation deau contaminée pour la baignade et de 50 à 100 000 personnes meurent dhépatite infectieuse. Le poids mondial des maladies humaines dues à la pollution des eaux côtières par les eaux dégout est chiffré annuellement à 4 millions de personnes-années perdues.
La détérioration de lenvironnement aquatique se remarque dans le monde entier. Le rejet des eaux usées non traitées dorigine domestique a été identifié comme lune des principales sources de pollution dans la plupart des mers régionales du PNUE. Les eaux dégout non traitées touchent plus de 70 % des récifs de corail, de précieux habitats disparaissent, la biodiversité diminue, le potentiel de pêche et dagriculture est menacé. En même temps, la mauvaise qualité de leau réduit les revenus touristiques et la valeur du patrimoine immobilier. Ces préoccupations ont incité la communauté internationale à orienter les Objectifs de développement pour le millénaire, en 2000, et du Sommet mondial sur le développement durable (WSSD), en 2002, vers un accès amélioré à leau potable et à lassainissement. Dans son objectif Eau et Assainissement, le WSSD souhaite « réduire de moitié dici à 2015 le nombre de personnes nayant pas accès à leau potable, ou sans moyens pour se la procurer, et ne disposant pas dun assainissement de base ». La croissance démographique et de lurbanisation ainsi que la satisfaction des besoins en eau et en assainissement pour remplir ces objectifs de 2015 vont aggraver les problèmes de pollution par les eaux usées. À lheure actuelle, environ un dixième des eaux usées domestiques sont collectées dans les pays en développement, et seul un dixième des stations dépuration existantes a un fonctionnement fiable et efficace. Le coût humain, écologique et financier de la négligence des problèmes de pollution par les eaux usées est élevé. Le déversement de ces effluents non traités dans lenvironnement naturel a un effet direct sur les sources primaires deau potable, les fonctions essentielles des écosystèmes et lexploitation durable de leau (voir ci-dessous). Afin de développer lassainissement, il faut donc des systèmes publics de collecte et de traitement pour éviter que les eaux usées brutes ne pénètrent dans les eaux souterraines, superficielles et côtières. Loption de recyclage des eaux usées doit être envisagée sérieusement, surtout dans les zones arides. Une approche durable à lassainissement met en jeu la collecte, le traitement et le recyclage des eaux usées.
Lune des approches visant à combler cet énorme fossé financier consiste à étudier leffet que différentes technologies peuvent avoir sur les coûts. La figure donne des estimations provisoires pour les différents niveaux de service et de technologie dassainissement sous la forme dune « échelle doptions dassainissement » partant dun niveau de service élémentaire pour atteindre un niveau supérieur. Elle illustre le grand écart entre la composante « Assainissement en milieu rural » (principalement sans mise en réseau) de lobjectif et la composante « Traitement amélioré des eaux usées en milieu urbain » (principalement avec mise en réseau). Il importe de bien saisir ces différentes options. Les plupart des débats et calculs de financement sur lassainissement ne font pas assez la distinction entre les services sanitaires élémentaires ou améliorés, à savoir la collecte, le traitement, le recyclage et la réattribution des eaux usées à lenvironnement. Ceci peut créer une source de confusion et entraîner dimportantes variations dans les estimations, car les calculs de coûts pour les niveaux de services dassainissement peuvent varier dun facteur de 1 à 32.
Améliorer lassainissement exige de prendre en compte toute une gamme de facteurs détude, et pas seulement la technologie. Les dispositions administratives et gestionnelles et les procédures de facturation ou de perception de taxes sont tout aussi importantes. Dans les communautés urbaines pauvres, les programmes dassainissement peu coûteux et bien conçus sont viables car ils correspondent à leurs ressources financières limitées.
Il est urgent dintensifier et de développer les meilleurs pratiques et approches novatrices réussies. Le renforcement des capacités au travers de projets pilotes et de formation sur le terrain permettra daméliorer les mises en uvre. Pour réussir, des partenariats permettant une mise en place active et efficace dapproches novatrices sont indispensables. Ces partenariats sont fortement tributaires dengagements solides, de responsabilités partagées et, tout aussi important, du partage des risques parmi les parties prenantes
Cees van de Guchte is Senior Project Officer, UNEP/GPA Coordination Office, The Hague, Netherlands, and Veerle Vandeweerd is Coordinator, GPA, Head, Regional Seas Programme and Deputy Director, Division of Environmental Policy Implementation, UNEP.
GPA is the Global Programme of Action for the Protection of the Marine Environment from Land-based Activities, see: www.gpa.unep.org.
Dommages associés à la mauvaise gestion des eaux usées
Exemples du coût de linaction
10 CLES pour une action locale et nationale sur les eaux usées municipales 1. Obtenir un engagement politique et des ressources financières locales sûres. 2. Créer un environnement favorable aux niveaux national et local. 3. Ne pas restreindre lapprovisionnement en eau et lassainissement aux robinets et aux WC. 4. Développer des systèmes intégrés urbains dalimentation en eau et de gestion de lassainissement qui tiennent compte des impacts sur lenvironnement. 5. Adopter une perspective à long terme en agissant étape par étape et en commençant immédiatement. 6. Utiliser des plannings bien définis ainsi que des échéances et des indicateurs. 7. Sélectionner des techniques pour une exploitation efficace et rentable des ressources en eau tout en envisageant les alternatives écotechnologiques. 8. Mettre en uvre des approches régies par la demande. 9. Impliquer toutes les parties prenantes dès le départ et garantir la transparence des processus de gestion et de décision. 10. Garantir une stabilité et durabilité financières.
10.2. Introduire des mécanismes financiers novateurs, avec une participation du secteur public et des partenariats public-public. 10.3. Tenir compte de léquité et de la solidarité sociales dans les calculs de rentabilité. |
|
|