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| Au moment où nous bouclons ce numéro de Notre Planète, le monde est encore sous le choc des effets dévastateurs du tsunami de locéan Indien, qui en quelques heures a bouleversé la vie de millions de personnes. Nos premières pensées se tournent vers les victimes et leurs familles. Puis, nous réfléchissons à la manière dont les moyens dexistence, les économies et les communautés si durement frappées peuvent être réhabilités.
Nous commençons aussi à avoir une idée des impacts environnementaux de la catastrophe. Un récent rapport préliminaire concernant lune des zones les plus sinistrées la province dAceh en Indonésie estime quau bas mot les dégâts et les pertes quont subis les récifs coralliens, les mangroves, les herbiers, les forêts côtières, les embouchures de fleuve et les puits de surface se monteront à plus de 660 millions de dollars. Une fois les besoins humanitaires couverts, la restauration de ces habitats ou laccélération de leur rétablissement devrait être une des priorités de la communauté mondiale. Car les récifs coralliens, les forêts côtières et ces autres habitats cruciaux nattirent pas seulement le tourisme, ce sont aussi des nourriceries vitales pour le poisson et des sources de matériaux pour les populations locales. Au niveau mondial, les récifs coralliens rendent des services environnementaux estimés à plusieurs milliards de dollars par an. Ils offrent aussi une protection naturelle contre les incursions agressives et destructrices de la mer. Dailleurs, cest à nos risques et périls que nous ignorons « la sagesse de la Nature », un thème qui prendra toute son importance lors de lExpo 2005, qui ouvrira ses portes en mars prochain, à Aichi au Japon. Lenjeu principal est de limiter limpact potentiel des calamités futures, non seulement dans locéan Indien mais partout ailleurs. Le tsunami était un événement entièrement naturel, mais il avait été détecté par les scientifiques. Si un système dalerte précoce avait été en place, de nombreuses vies auraient pu être épargnées, en particulier dans les zones éloignées de lépicentre du tremblement de terre. Cest pourquoi les Nations Unies, les gouvernements et les organisations non gouvernementales sont en train délaborer un système de ce type. Lors de la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes, qui sest tenue à Kobe, au Japon, le mois dernier, des fonds ont été promis, qui seront consacrés aux télécommunications, aux bouées et à tout le matériel nécessaire. La Conférence a également convenu que ces systèmes de pointe ne suffisent pas. Les initiatives déducation, de formation et de sensibilisation destinées à divers secteurs de la société, des ministères jusquaux villages, doivent faire partie de ce projet pour en assurer le succès. Le PNUE va soumettre à la discussion une décision spécifique concernant les tsunamis et autres catastrophes climatiques lors du Conseil dadministration/Forum ministériel mondial de Nairobi, et jespère que nous obtiendrons laval des gouvernements. Mais la sécurité environnementale et la réduction de la vulnérabilité ne se limitent pas à un système dalerte pour locéan Indien, ni même à un système qui couvrirait toutes les calamités régionales et mondiales possibles. Si des mesures environnementales et de contrôle de lurbanisation des sites ne sont pas intégrées aux programmes de reconstruction, nombreuses sont les communautés qui resteront ouvertement vulnérables aux raz de marées, aux impacts du changement climatique et aux autres risques naturels et artificiels. Limplantation débridée, anarchique et irréfléchie de logements, dentreprises, dhôtels et de structures daquaculture dans les zones côtières est risquée, à cause de la hausse du niveau des mers, des tempêtes et dautres phénomènes. Elle contribue aussi parfois à linsécurité des communautés côtières en affaiblissant ou en abîmant les défenses maritimes naturelles comme les récifs coralliens et les mangroves. Ces précieux habitats et écosystèmes se trouvent fragilisés par la pollution et par un développement qui les élimine parfois au profit de ports de pêche et de plaisance, délevages de crevettes et autres formes de mariculture, et de sites touristiques. Depuis quelques mois, toute lattention du monde sest fort justement concentrée sur le tsunami, mais nous ne devons pas permettre que le « tsunami silencieux » que constituent la pauvreté, la faim, leau polluée et le manque dassainissement disparaisse de lactualité. japplaudis donc la décision de Tony Blair, le Premier Ministre britannique, de mettre laccent sur lAfrique et le changement climatique dans le cadre de la double présidence de son pays cette année, celle du G8 et celle de lUnion européenne. En septembre, lors dune réunion au sommet de lAssemblée générale, les gouvernements discuteront du statut des Objectifs de développement des Nations Unies pour le millénaire. Une stratégie mondiale, traçant les grandes lignes de la mise en uvre, a été élaborée par des experts à la demande de Kofi Annan. Elle indique que la durabilité environnementale est une condition cruciale pour mettre fin à la pauvreté et que de très nombreuses données scientifiques montrent que la dégradation environnementale est directement responsable des plus grands problèmes mondiaux comme la pauvreté, le déclin de la santé humaine, la faim, leau non potable, les maladies nouvelles, lexode rural et les conflits civils.
Jespère que ces conclusions enrichiront et dynamiseront la discussion, et quelles déboucheront sur des résultats positifs pour la 23e session du Conseil dadministration du PNUE
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Feedback Photo : PNUE |
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