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Les Jardins de l'assemblée : sur les traces de la Reine Pomare

Le mercredi 28 novembre 2007 à 10 heures, l'Assemblée de la Polynésie française inaugure son parcours botanique...sur les traces de la Reine Pomare IV.

Historique et concept :
Ce fut J. Sterling Morton qui, s'aventurant dans
les plaines pauvres en arbres de l'Amérique du Nord, eut l'idée de créer une journée pour la plantation d'arbres.
Le 4 Janvier 1872 il proposa de fêter un 'Arbor Day' - 'Journée de l'Arbre', qui fut fêté pour la première fois le 10 Avril 1872.
Sur la recommandation de l'Organisation de l'Alimentation et de l'Agriculture (FAO) des Nations Unies du 27 Novembre 1951 de fêter une Journée Mondiale de l'Arbre, le Président Fédéral Theodor Heuss planta le 25 Avril 1952 un érable dans les jardins du château/université à Bonn, et par conséquent, le 25 Avril devenait la Journée de l'Arbre.

Cette année l'assemblée fait perdurer la tradition en organisant au coeur de ses jardins une journée inaugurale, le mercredi 28 novembre 2007, pour rappeler l'importance des arbres dans son institution. La date choisie pour célébrer cet événement correspond au Matarii i ni'a ou période d'abondance.

A cette occasion le Président de l'assemblée plantera un arbre endémique à la Polynésie au sein des Jardins pour enrichir ainsi la collection déjà bien étoffée d'essences d'arbres rares.

Ce geste accompagne le Programme des Nations Unies pour l'Environnement visant à planter un milliard d'arbres à travers le monde. Cette campagne témoigne ainsi de l'importance fondamentale d'un engagement bénévole et collectif pour lutter contre les changements climatiques au niveau local.

C'est aussi l'occasion d'ouvrir au public son jardin secret avec un parcours de visite des différentes espèces d'arbres et de plantes " sur les traces de la Reine Pomare IV... "
Le visiteur sera guidé par une brochure illustrée répertoriant l'ensemble des arbres de l'assemblée avec leur nom scientifique, vernaculaire et tahitien s'il y a lieu.
La visite des Jardins est ouverte au public de 8 heures à 16 heures. Pour une visite guidée, une demande devra être formulée par écrit au Président de l'Assemblée.

Parcours de visite de la journée inaugurale :
M. Michel Guerin, ingénieur agronome animera le parcours de la visite en présentant l'histoire des arbres suivants :

Palmier multipliant
Marumaru
Châtaignier tahitien
Manguier
Sandragon
Cocotier
Badamier
Ficus benjamina
Tabebuia rosea
Pandanus
Avocatier
Arbre pieuvre
Corrossol
Ficus prolixa
Arbre à pain
Choix de l'arbre à planter :
* Plant de santal ou Santalum insulare Bertero

Pourquoi le bois de santal ?
Le santal polynésien est endémique à la Polynésie orientale avec 7 variétés propres à la Polynésie française, une aux Iles Pitcairn et une aux Iles Cook. Plusieurs autres espèces, dont le santal d'Inde ou santal blanc (Santalum album L.), sont présentes d'Inde à Hawai'i en passant par l'Australie, la Mélanésie, la Polynésie, le Japon et les Iles chiliennes de Juan-Fernandez.

Son aire de répartition naturelle recouvre les pays suivants : Océanie : Iles Cook, Polynésie française, Iles Pitcairn

En Polynésie française, le santal est présent dans 10 îles dont Nuku Hiva, Ua Pou, Hiva Oa, Tahuata et Fatu Hiva aux Iles Marquises, Tahiti, Moorea et Raiatea dans la Société et Raivavae et Rapa aux Iles Australes. Il pourrait avoir disparu de Ua Huka aux Iles Marquises, de Makatea aux Iles Tuamotu et de Tubuai aux Iles Australes. Encore assez commun à Nuku Hiva, Tahuata et Raivavae, il est en voie de disparition dans les autres îles.

Description botanique et cycle reproductif
Arbre ou arbuste mesurant jusqu'à 13 m de hauteur et 40 cm de diamètre à écorce crevassée et de couleur proche du noir. Feuilles simples, opposées à limbe ovale à elliptique de 4-12 x 1,5-7 cm. Pétiole long de 4-18 mm. Inflorescences longues de 2-15 cm et comprenant plusieurs dizaines de fleurs groupées par trois. Fleurs odorantes de 4 x 7 mm, à 4 tépales de couleur verdâtre à blanchâtre pouvant se teinter de rouge en altitude. Fruit sous la forme d'une drupe ovoïde ou piriforme de 14-48 x 8-43 mm, de couleur verte virant au jaune, rouge puis noir à maturité. Graine ovale à ronde, plus ou moins lisse, de 7-34 x 5-31 mm, souvent pointue à l'apex et pourvue de 1 à 5 lignes de moindre résistance.

Phénologie : en fleurs et en fruits toute l'année mais avec des pics de fructification dépendants des conditions climatiques.

Ecologie
Le santal de Polynésie fait preuve d'une grande amplitude écologique puisqu'il peut être trouvé de 0 à 2220 m d'altitude, sur sols volcaniques ou coralliens et sous des pluviométries comprises entre moins de 1500 mm jusqu'à près de 5500 mm par an. Il peut être trouvé dans toutes les positions topographiques à l'exception des fonds de vallon ou vallée trop humides et au sol asphyxiant. Il affectionne les sols plus ou moins rocheux des crêtes et hauts de versant pentus exposés au Nord ; positions topographiques les plus sèches et dans lesquelles il rencontre le moins de concurrence.
Une des caractéristiques des santals est l'hémiparasitisme racinaire obligatoire. Chaque individu développe des suçoirs racinaires afin d'aller puiser une partie de ses besoins sur les racines d'autres espèces, appelées plantes-hôte.
Les fruits du santal sont disséminés par des oiseaux frugivores (éteints sur certaines îles) qui digèrent la pulpe mais rejettent intacte la graine dans un lieu plus ou moins favorable à la germination.
La rareté actuelle du santal résulte non seulement de la surexploitation humaine de son bois mais également de l'introduction d'espèces nuisibles que sont les rats prédateurs des amandes, les herbivores abroutissant régénérations et jeunes rejets et les plantes envahissantes qui modifient son habitat et l'étouffent.
Ces facteurs négatifs ont conduit au classement en espèce protégée de la variété insulare en 1996, des variétés marchionense et deckeri en 2003 et des variétés alticola et margaretae en 2006.

Utilisations en Polynésie française
Le santal a essentiellement été utilisé pour son bois de coeur odorant en Polynésie française. Plusieurs variétés, tant à Tahiti qu'aux îles Marquises, étaient d'ailleurs reconnues selon la couleur de ce même bois de coeur (rouge, jaune ou blanc) : respectivement ahi popouru, ute et marea à Tahiti, ahi mara aito, popouru et tiare à Raivavae et puahi kua, fiti et avaava aux Marquises. Avant utilisation, le tronc est tout d'abord désaubiéré pour ne conserver que le bois de coeur ou duramen, seule partie odorante et colorée du bois. Ce bois est ensuite soit utilisé en l'état pour la confection d'objets sculptés comme des tiki, piques-cheveux et autres boites, soit sous la forme de copeaux pour confectionner des colliers, soit encore réduit en poudre. La poudre de santal était obtenue autrefois en râpant le bois à l'aide d'une queue de raie ou d'une peau de requin. Du corail pouvait être également utilisé pour ce faire et plus récemment des tessons de verre. Aujourd'hui, ce sont des ponceuses qui remplissent ce rôle.

En pharmacopée polynésienne, la poudre de santal peut être utilisée, seule ou en mélange, en interne ou en externe, pour traiter les maux suivants : otite, sinusite, douleurs articulaires, règles douloureuses, accouchements difficiles, blessures superficielles, cicatrisation du nombril des nouveaux-nés (pito), vergetures, mal de dos, froid, migraine.

En matière d'esthétique et de cosmétique, les enfants massés régulièrement depuis leur naissance et pendant plusieurs années conserveraient une peau douce et d'une grande finesse. Les nouveaux-nés sont encore souvent massés au monoï au santal (mono'i ahi ou pani puahi) dès la naissance et ce, notamment afin d'ôter la première peau, le vernix caseosa. Le monoï au santal est également utilisé en tant que répulsif ou protection contre les nono (mouches des sables), les moustiques ou le soleil. La poudre peut servir à parfumer les vêtements, tant ceux d'autrefois en tapa (aeu pipi), que ceux d'aujourd'hui en tissu. Des colliers de fleurs ou d'autres matières odorantes (hei kekaa et kumu hei) étaient aussi parfumées avec la poudre.

Le monoï au santal était utilisé pour embaumer les morts. La poudre était brûlée pour chasser les mauvais esprits.
A Rapa, le bois était utilisé comme bois de chauffage. Ailleurs, la poudre était brûlée pour chasser les moustiques ou autres insectes incommodants.

De manière générale, le bois de santal a été surexploité dans tout le Pacifique au début du 19ème siècle afin d'approvisionner les Chinois qui le brûlaient en guise d'encens dans leurs temples. Aujourd'hui, les dernières populations naturelles continuent d'être surexploitées afin d'approvisionner le marché touristique en sculptures en bois de santal et le marché de la médecine traditionnelle en monoï au santal.
Récemment, la Polynésie française a lancé un programme de préservation des différentes variétés de santal à travers les Marquises, la Société et les Australes et plusieurs plantations conservatoires ont pu voir le jour (notamment à Nuku Hiva et Moorea) tandis que différentes variétés étaient classées réglementairement.

Programme de la journée du 28/11/07:
10h00-10h10: Inauguration du parcours de visite des Jardins de l'Assemblée
10h10-11h00 : Visite ethnobotanique par M. Michel Guerin, ingénieur agronome
11h00-11h15 : Discours du Président de l'assemblée (sous le fare potee)
11h15-11h30 : Plantation d'un plant de santal par le Président de l'assemblée (dans les Jardins)
11h30-12h30 : Cocktail (sous le badamier)


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