La Principauté de Monaco, sous l’impulsion de ses Princes, a toujours été très sensible à la protection de l’environnement et des services rendus par les écosystèmes.
Si sa position géographique l’a incitée à se préoccuper plus particulièrement de la pollution de l’environnement marin, elle n’a pas négligé pour autant les risques que la pollution atmosphérique et les rejets de gaz à effet de serre font courir à la planète et aux générations actuelles et futures.
Strategie
La Principauté de Monaco a pris l’engagement de la neutralité carbone en février 2008 à l’occasion de la 10ème session du Conseil d’Administration du PNUE qui s’est tenue à Monaco.
L’objectif de la neutralité carbone constitue un prolongement de la politique de la Principauté pour la préservation de l’environnement déjà engagée de longue date et celle plus récente de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du Protocole de Kyoto.
L’engagement de la Principauté de Monaco en faveur de la neutralité carbone repose sur deux axes :
- la réduction des émissions domestiques sur le territoire national ;
- la compensation des émissions restantes par l’achat de crédits carbone à l’international.
1. La réduction des émissions domestiques sur le territoire national
La Principauté de Monaco minimisera prioritairement la quantité de gaz à effet de serre émise sur son territoire.
Dans un contexte exclusivement urbain et en l’absence d’industries polluantes, les trois principales sources de rejet de gaz à effet de serre à Monaco sont : l’habitat, le traitement des déchets et les transports.
Des solutions actuellement mises en œuvre pour diminuer les émissions dans ces trois secteurs comme la rationalisation des plans de déplacement urbain, l’incitation au covoiturage et le développement des transports en commun permettent à Monaco d’afficher de très bon résultats alors que le niveau d’émissions par habitant était déjà bien inférieur à la moyenne des pays industrialisés.
Depuis l’année 2000, les émissions enregistrées sur le territoire national sont en constante réduction et les trois dernières années pour lesquelles les chiffres sont disponibles les émissions étaient en recul de 3% en 2004 et 2005 et de 13% en 2006 par rapport aux niveaux de 1990.
Cette tendance place la Principauté de Monaco sur une trajectoire favorable dans l’optique de l’atteinte de l’objectif souscrit au titre du Protocole de Kyoto, à savoir : réduire de 8% en moyenne ses émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012 par rapport aux niveaux de l’année 1990.
En plus de l’engagement pris au titre du Protocole de Kyoto, la Principauté de Monaco a décidé de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de :
- 20% en 2020 par rapport aux niveaux de l’année 1990
- 60% en 2050 par rapport aux niveaux de l’année 1990
Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement de la Principauté de Monaco intensifiera ses efforts à travers une stratégie énergétique et climatique qui vise la mise en œuvre d’actions concrètes :
- assurer une transition énergétique vertueuse pour le chauffage des bâtiments. Ainsi, le chauffage au fioul est prohibé dans les immeubles neufs et une subvention de 30% est octroyée pour la mise en place d’installations solaires thermiques venant en substitution de chaudières fonctionnant avec des combustibles fossiles ;
- réduire les consommations d’énergie dans les bâtiments. Ainsi, la mise en œuvre de diagnostics énergétiques permet d’identifier des gisements d’économies importants. Par exemple la consommation de gaz naturel d’un établissement scolaire a diminué de 45% en deux ans ;
- garantir un approvisionnement énergétique issu de sources d’énergies renouvelables égal à 20% de la consommation totale. D’ores et déjà, 17% de l’énergie consommée en Principauté est issue d’énergie renouvelable du fait de l’utilisation, depuis les années 60, de pompes à chaleur en eau de mer dans de nombreux bâtiments. Les efforts à venir devront porter sur l’énergie solaire;
- construire tous les nouveaux bâtiments publics en s’assurant qu’ils respectent de hauts standards environnementaux qui visent, notamment, à leur optimisation énergétique ;
- assurer une gestion durable de la mobilité qui privilégie les transports en commun, la marche, le covoiturage et les véhicules propres. Une aide de 30% est ainsi allouée par l’Etat aux acquéreurs de véhicules électriques ;
intensifier le tri sélectif des ordures ménagères associé à une valorisation énergétique de la partie non recyclable (l’incinération des déchets est mise à profit pour produire du chaud, du froid et de l’électricité).
2. La compensation des émissions restantes par l’achat de crédits carbone à l’international
La politique d’achat de crédits carbone pour compenser les émissions résiduelles viendra en complément des actions menées en interne.
Elle se veut vertueuse et s’inscrira dans la continuité de celle initiée au titre du Protocole de Kyoto.
Pour la période d’engagement 2008-2012 du Protocole de Kyoto, la stratégie climatique de la Principauté comprend également un volet « compensation carbone » par l’obtention de crédits carbone en contre parties d’investissements « verts » dans des pays en développement comme le prévoit le mécanisme pour un développement propre du Protocole de Kyoto.
Dans le cadre de la neutralité carbone, l’achat de crédits carbone à travers des mécanismes réglementés par les Nations Unies continuera d’être privilégié.
Les investissements de la Principauté iront également prioritairement vers des crédits carbone générés par des projets associant des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à des objectifs de développement économique et social au bénéfice de populations figurant parmi les plus démunies face au réchauffement planétaire et ses conséquences.