Tourisme
L’industrie du tourisme n’est pas étrangère au changement climatique. Elle comporte des déplacements de personnes qui partent de leur foyer pour visiter des endroits éloignés, l’hébergement de ceux-ci et les services qu’ils reçoivent à destination. Plusieurs aspects de cette activité économique ont un lourd bilan carbone et, comme davantage de temps et d’argent sont consacrés aux loisirs, la contribution de l’industrie touristique aux gaz à effet de serre s’accentue.
Le dioxyde de carbone (CO2) émis directement par le secteur du tourisme totalise cinq pour cent des émissions mondiales de CO2, mais cette contribution serait vraisemblablement plus élevée (jusqu’à 14 pour cent) si on la calculait sur la base du forçage radiatif (le réchauffement dû au CO2 et aux autres gaz à effet de serre). Pour bien comprendre l’ampleur de la situation, ajoutons que la contribution du tourisme aux émissions nationales en fait le 5e pollueur mondial en importance.
En fait, les émissions produites par le tourisme, une activité qui occupe chaque individu quatre ou cinq semaines par année tout au plus, sont plus élevées que celles qui émanent de milliards de personnes qui vivent et travaillent pendant un an dans les grands pays industrialisés ou dans ceux dotés d’une économie émergente.
Les variations d’émissions, d’un type de tourisme à un autre ou d’un voyage à un autre, sont énormes. Les voyages en autocar ou en train comptent pour 34 pour cent de tous les voyages, mais pour seulement 13 pour cent de toutes les émissions de CO2 (excluant les émissions dues à l’hébergement et aux activités à destination). Inversement, les voyages long-courriers comptent pour seulement 2,7 pour cent de tous les voyages touristiques, mais engendrent 17 pour cent des émissions du tourisme mondial. Pour d’autres types de voyages, les émissions sont presque nulles (des vacances sous la tente, en bicyclette) ou se chiffrent à plus de 10 tonnes de CO2 (voyage au pôle Sud, par exemple).
Il semble que d’ici à 2035 la contribution du tourisme au changement climatique augmentera considérablement. Des projections récentes indiquent que, mesuré en nombre de voyages effectués, le tourisme mondial augmentera de 179 pour cent, tandis que les nuitées grimperont de 156 pour cent. Le nombre de passagers-kilomètres réalisés bondira de 222 pour cent, et les émissions de CO2 s’élèveront d’environ 152 pour cent! Si rien n’est fait, dans moins de trente ans, les émissions de CO2 générées par le tourisme auront triplé.
Les solutions
Les émissions liées au tourisme augmentent rapidement. Les mesures d’atténuation des changements climatiques doivent tenir compte d’objectifs contradictoires, comme le besoin de réduire les émissions du transport long-courrier, sans nuire aux retombées du tourisme, dont bénéficient le développement durable et la lutte contre la pauvreté.
L’atténuation de l’impact du tourisme passe par la réduction de sa consommation d’énergie, qui découlera des changements de comportement chez les voyageurs, de l’amélioration de l’efficacité énergétique, de l’utilisation d’énergies renouvelables, de la mise sur pied de stratégies de compensation de carbone et de la modification des pratiques commerciales. De plus, des mécanismes de marché, des incitations, des péages et des initiatives volontaires seront nécessaires à un modèle intégré.
Bien que les innovations technologiques puissent potentiellement réduire les rejets de gaz à effet de serre, elles ne suffiront pas pour abaisser les émissions et la consommation nette d’énergie, puisque la croissance du tourisme mondial est en forte hausse. Les modifications de comportement (chez les touristes) et les modifications structurelles (au sein de l’industrie du tourisme) sont deux aspects déterminants de la lutte contre les hausses d’émissions de gaz à effet de serre générées par le tourisme.
Il est clair que la recherche de solutions de rechange et une approche proactive des changements climatiques ouvriront des possibilités d’affaires. Les tendances actuelles pointent vers de nouveaux marchés pour les produits touristiques à faible émission carbonique et il faut s’attendre à voir ces marchés prendre leur essor.
Offrir des services touristiques durables, en cette période de changement climatique, n’est pas seulement dans l’air du temps, c’est un avantage concurrentiel.