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Désastres
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  [Des conflits à la consolidation de la paix ]

DES CONFLITS À LA CONSOLIDATION DE LA PAIX : le rôle des ressource naturelles et de l’environnement

Depuis 1990, au moins dix-huit conflits violents ont été alimentés par l’exploitation de ressources naturelles. En fait, des études récentes suggèrent qu’au cours des soixante dernières années au moins quarante pour cent de tous les conflits interétatiques présentent un lien avec les ressources naturelles. Des guerres civiles telles que celles au Libéria, en Angola et en République démocratique du Congo ont été centrées sur des ressources de « grande valeur » comme le bois, les diamants, l’or, les minéraux et le pétrole. D’autres conflits, y compris ceux du Darfour et du Moyen-Orient, ont eu pour enjeu le contrôle de ressources rares comme les terres fertiles et l’eau.

Comme la population mondiale continue de croître, et la demande en ressources continue d’augmenter, il existe un potentiel significatif pour que les conflits portant sur les ressources naturelles s’intensifient dans les décennies à venir. En outre, les conséquences potentielles du changement climatique sur la disponibilité de l’eau, la sécurité alimentaire, la prévalence des maladies, les frontières côtières, et la répartition de la population pourraient aggraver les tensions existantes et générer de nouveaux conflits.

 

Les facteurs environnement sont rarement, et même jamais, la seule cause de conflits violents. Les appartenances ethniques, les conditions économiques défavorables, la faiblesse des échanges commerciaux internationaux et les conflits dans des pays voisins sont tous des sources significatives de violences. Néanmoins, l’exploitation de ressources naturelles et les pressions qui en résultent sur l’environnement peuvent jouer un rôle dans toutes les phases du cycle de conflit, de la contribution à l’éruption du conflit à la perpétuation de la violence ou l’obstruction des espoirs de paix. En outre, l’environnement peut lui-même être victime d’un conflit, puisque les dommages environnementaux directs et indirects, combinés avec la chute des institutions, peuvent mener à des risques pour l’environnement qui menacent la santé, les moyens d’existence et la sécurité des personnes.

Parce que la manière dont les ressources naturelles et l’environnement sont gouvernés a une influence déterminante sur la paix et la sécurité, ces questions peuvent aussi contribuer à une reprise du conflit si elles ne sont pas gérées de manière appropriée dans les situations post-conflits. En effet, les conclusions préliminaires d’une analyse rétrospective des conflits interétatiques des soixante dernières années indiquent que les conflits associés aux ressources naturelles sont deux fois plus susceptibles de reprendre dans les cinq premières années. Cependant, moins d’un quart des négociations de paix destinées à la résolution de conflits liés aux ressources humaines ont traité des mécanismes de gestion des ressources.

La reconnaissance que les questions environnementales peuvent contribuer aux conflits violents souligne leur portée potentielle comme voies pour la coopération, la transformation et la consolidation de la paix dans des sociétés déchirées par la guerre. Les ressources naturelles et l’environnement peuvent contribuer à la consolidation de la paix par le biais du développement économique et la création d’emplois, alors que la coopération pour la gestion des ressources naturelles partagées offre de nouvelles opportunités pour la consolidation de la paix. Ces facteurs doivent néanmoins être d’emblée pris en considération. En effet, il est difficile de revenir sur des mauvais choix initiaux ou une action tardive qui établissent des trajectoires de relèvement non durables menant à mal les fondations fragiles de la paix.

L’intégration de l’environnement et des ressources naturelles dans la consolidation de la paix n’est plus une option – c’est un impératif de sécurité. L’établissement de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU offre une chance importante de traiter des risques pour l’environnement et de capitaliser les opportunités potentielles d’une manière plus consistante et cohérente.

Dans ce contexte, le PNUE recommande que la Commission de consolidation de la paix de l’ONU et plus largement la communauté internationale considère les recommandations clé suivantes pour l’intégration des questions relatives à l’environnement et aux ressources naturelles dans les interventions de consolidation de la paix et la prévention des conflits :

 

1.       Continuer à développer les capacités de l’ONU pour l’alerte et l’action précoces.

2.       Améliorer la surveillance et la protection des ressources naturelles lors des conflits.

3.       Traiter des ressources naturelles et de l’environnement dans le cadre des processus de paix et de maintien de la paix.

4.       Inclure les questions relatives aux ressources naturelles et à l’environnement dans des stratégies de consolidation de la paix intégrées.

5.       Exploiter les ressources naturelles avec précaution pour la reprise économique.

6.       Capitaliser le potentiel de la coopération environnementale pour la contribution à la consolidation de la paix.