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Écosystèmes d’eau douce

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Lac Faguibine : restaurer un cycle de vie
Le lac Faguibine au Mali s’est asséché dans les années 70, entraînant des conséquences importantes sur les conditions de vie de plus de 200 000 personnes vivant dans son arrière-pays. Les communautés locales furent obligées d’abandonner leurs modes de vie traditionnels, qui s'articulaient jusqu'alors autour de l’agriculture, l’élevage, la foresterie et la pêche.

Les eaux du lac Faguibine proviennent principalement des excédents du fleuve Niger lors des crues. Durant la longue saison des pluies dans les hautes terres du Fouta-Djalon en Guinée, le Niger déborde, obligeant l’eau à s’écouler à travers deux chenaux vers le lac.

Malheureusement, le changement climatique a eu des incidences,  provoquant notamment des précipitations irrégulières. On observe également une avancée du Sahara vers le sud, provoquant la formation de dunes de sable qui bloquent une partie des chenaux et empêchent ainsi le remplissage du lac Faguibine. De plus, le peu d’eau qui continue de s’écouler par les chenaux est utilisé pour divers usages. En amont, l’eau est utilisée pour l’irrigation à grande échelle et pour la production d’énergie hydraulique. Tous ces facteurs combinés ont privé le lac Faguibine de son eau si précieuse.

À la demande du gouvernement du Mali, le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) met en œuvre un projet visant à réhabiliter l’écosystème du lac Faguibine.

Le projet a été conçu sur le modèle réussi de la réhabilitation des marais Irakiens, le plus grand écosystème marécageux du monde. Les marais ont été réhabilités par inondation. Ce procédé a permis une augmentation généralisée de la couverture végétale et un accès accru à une eau propre et potable pour plus de 100 000 personnes vivant dans ou à proximité des marais.

Au Mali, le PNUE travaille avec des partenaires locaux pour sensibiliser les communautés en amont et en aval à la nécessité de réguler et de préserver le débit d’eau du fleuve Niger et des chenaux. Le plan de gestion participatif du projet va permettre de résoudre le problème de concurrence pour l’accès à l’eau entre l’amont et l’aval, pour permettre une répartition équitable du bien-être humain. Le projet de restauration de l’écosystème du lac Faguibine prévoit la remise à l’eau des 600 kilomètres carrés du lac. Un lac Faguibine réhabilité dynamisera la production de services par l’écosystème du lac. Par exemple, le niveau de pêche était autrefois estimé à 5 000 tonnes par an. Sa restauration va permettre d’améliorer les conditions de vie des pêcheurs locaux et de fournir de la nourriture à des milliers de personnes ainsi qu’aux oiseaux aquatiques migrateurs.

L’écosystème restauré permettra aussi de relancer l’agriculture de décrue le long des berges du lac. Les produits de l’élevage, de l’agriculture et de la pêche seront transportés grâce à des transports par voie d’eau revitalisés.


Gestion des Ecosystèmes pour l’amélioration du bien-être humain dans le système du lac Faguibine : prévention des conflits et adaptation au changement climatique (en anglais

Lac Faguibine (Afrique : Atlas d’un environnement en mutatio)

Changement climatique et variabilité dans la région du Sahel : Impacts et stratégies d’adaptation dans le secteur agricole (en anglais

Données-clés
  • Le Mali compte plus de 12 millions d’habitants
  • Avec 124 millions de kilomètres carrés, le Mali est l’un des plus grands pays d’Afrique
  • Seulement 38 % des terres du pays sont cultivables
  • A son plus haut niveau, le lac Faguibine était l’un des plus grands lacs d’Afrique de l’Ouest, couvrant plus de 590 kilomètres carrés (en 1974)
  • 12 à 15 millions de dollars américains : c’est le coût estimé de la réhabilitation de l’écosystème du lac Faguibine

Réapprovisionner les écosystèmes en eau de plui

De nombreux pays souffrant de déficits en eau ont paradoxalement un fort potentiel en matière de récupération de l’eau de pluie. Par exemple, l’Ethiopie et le Kenya seraient capables de répondre 6 fois aux besoins en eau domestique et agricole de leurs populations actuelles si toutes les eaux de pluie étaient récupérées.  Un tiers est nécessaire pour la préservation des écosystèmes forestiers, des herbages et des débits robustes dans les rivières. La récupération de l’eau de pluie à une échelle importante réduit les impacts du changement climatique sur la vie des communautés locales, comme les inondations ou les sécheresses.

À la différence des grands barrages qui connaissent une évaporation importante, les réservoirs en terre et les bassins de petite taille peuvent garder l’eau pendant de longues périodes. Ceci contribue à l’alimentation de la nappe phréatique ainsi qu’au rechargement des flux environnementaux qui sont essentiels pour des écosystèmes sains si toute l’eau de pluie est recueillie pour les usages domestiques et agricoles.

Les projets de récupération de l’eau de pluie menés par le PNUE ont changé la manière dont l’eau de pluie est perçue en Afrique, dans la zone Asie-Pacifique, et en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Le PNUE appuie plusieurs pays dans ces régions afin qu’ils adoptent la récupération des eaux de pluie comme moyen de préserver les écosystèmes et de les améliorer. Plus d’un demi million de personnes dans le District de Kajiado au Kenya sont aujourd’hui capables de récupérer les eaux de pluie pour un usage domestique, pour la régénération des écosystèmes et dans le cadre d’autres objectifs productifs. Le projet du PNUE à Antigua-et-Barbuda démontre aussi comment l’utilisation de l’eau de pluie permet d’alimenter la nappe souterraine.

Le renforcement des capacités est un aspect central des interventions du PNUE. Les projets de récupération de l’eau de pluie au Nicaragua et au Guatemala se concentrent sur le développement des capacités des communautés rurales et indigènes, en particulier des femmes, à bénéficier de l’eau de pluie pour répondre aux besoins en eau domestique, ainsi que pour augmenter la production agricole pour une amélioration de leurs conditions de vie.

Les bénéfices pour les écosystèmes découlant de la récupération des eaux de pluie ont été clairement démontrés aux Philippines lorsque le pays a été frappé par le typhon Frank en Juillet 2008. Le typhon a tué 200 personnes, en a déplacé de nombreuses autres et provoqué des glissements de terrains et des inondations qui ont emporté des champs de riz. Cependant, les conséquences ont été limitées dans la région où le projet Tigum avait été mis en œuvre. Les bassins et terrasses construits par les communautés ont régulé les excès d’eau. En outre, en raison de la pollution des sources d’eau par le typhon, l’eau de pluie était la seule source sûre d’eau potable et a ainsi protégé les communautés des maladies hydriques.

Les communautés du Kenya, des Philippines, du Guatemala, du Nicaragua, d’Antigua-et-Barbuda attestent de la vision mondiale selon laquelle « la vraie révolution dans la gestion des ressources en eau arrivera quand les bénéficiaires auront le pouvoir de gérer leurs propres ressources » - bassin versant d’Aganan où l’eau de pluie est récoltée

 

Données-clés
  • Estimation : en 2005, 2 personnes sur 3 dans le monde vivent dans des zones en situation de stress hydrique
  • En 2004, le PNUE a facilité l’établissement du Partenariat pour l’eau de pluie  pour promouvoir et développer les activités de récupération des eaux de pluie
  • Le PNUE a développé des cartes numériques du potentiel de récupération des eaux de pluie de 9 pays africains : Botswana, Ethiopie, Kenya, Malawi, Mozambique, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe (voir http://www unep org/rainwater/Maps)
  • 874 millions d’hectares de terres en Afrique pourraient bénéficier d’une production agricole accrue en augmentant l’utilisation raisonnée de l’eau

 

Développer la politique de l’eau au Libéria

«On observe des intérêts divers et souvent contradictoires dans l’approvisionnement et la gestion de l’eau. Les mécanismes institutionnels existants pour réaliser une gestion durable de l’eau apparaissent inadéquats. Pourtant le monde ne peut plus reléguer au second plan les mesures en matière d’eau » - Achim Steiner, Directeur Exécutif, Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Les quatorze années de guerre civile au Liberia, qui ont pris fin en 2003, ont  mené à une catastrophe humanitaire. La guerre a provoqué de nombreux déplacements internes concernant des centaines de milliers de personnes, une interruption des services sociaux de base, une augmentation de la vulnérabilité des femmes et des enfants en situation de pauvreté extrême, souffrant de faim, de maladies, et a pratiquement détruit toutes les infrastructures. Différentes installations comme l’usine de traitement de l’eau de Mount Coffee, chargée de l’approvisionnement en eau potable de 600 000 personnes à Monrovia et dans de nombreuses villes aux alentours, ont été détruites. Par conséquent, les décès dus aux maladies hydriques sont restés élevés. Et cette situation pourrait se détériorer davantage en raison de l’augmentation prévue du nombre de personnes qui vont retourner dans ces zones.

En 2005, le Liberia a demandé l’assistance du PNUE pour développer une politique de gestion de l’eau durable et à long terme afin de garantir une eau potable et à usage industriel de bonne qualité et en quantité suffisante, tout en préservant toutes les ressources en eau.

Le PNUE a organisé un comité multipartite composé de représentants des agences gouvernementales concernées, des ONG, des agences des Nations Unies, de l’Union Européenne et du secteur privé afin de superviser le développement de la politique de l’eau. L’UNICEF ainsi que le PNUD ont soutenu le travail de ce comité à travers un appui technique et financier.

Afin d’améliorer la capacité nationale du Libéria à développer et mettre en œuvre cette politique de l’eau, le PNUE a facilité des ateliers de formation aux niveaux national et régional pour les experts en eau du pays ainsi que pour des fonctionnaires du gouvernement. Les ateliers régionaux ont ainsi offert au Libéria une opportunité de bénéficier de l’expérience d’autres pays Ouest Africains avec qui il partage des bassins versants.

Les efforts du PNUE ont permis de faire de la politique nationale de gestion de l’eau du Liberia une réalité. Cette politique a été soumise à une revue participative lors de réunions de parties concernées au niveau national. L’amélioration de la gestion des ressources en eau au Liberia est essentielle pour atteindre des objectifs de développements économiques plus larges.

Données-clés
  • Le Liberia couvre une superficie de 111 369 kilomètres carrés·
  • La population est estimée à 3,5 millions d’habitants
  •  Il possède des réserves abondantes en eaux de surface dans 6 bassins versants: Cavalla, Cestos, Lofa, Mano, Saint John et Saint Paul
  • Le PNUE a conduit en 2003 une évaluation environnementale post-conflit après 14 années de guerre civile
  • Le Liberia n’a pas atteint ce qui avait été ciblé par les objectifs du Millénaire pour le Développement. Ces derniers visaient, en effet, à développer un plan national de gestion intégrée des ressources en eau pour l'année 2005

 

Une approche commune pour l’adaptation au changement climatique
Le changement climatique est l’un des problèmes mondiaux actuels les plus pressants. Ses impacts pèsent lourdement sur la résilience de nombreux écosystèmes. Le changement climatique a des impacts à long terme incluant notamment des inondations plus fréquentes et de plus grande ampleur, des sècheresses prolongées et des précipitations irrégulières. Ceci affecte également à leur tour la production de nourriture, de nombreux pays dépendant de l’agriculture sèche.

La plupart des pays en développement ne possèdent pas les capacités nécessaires pour développer et mettre en œuvre des mesures afin de faire face à ces impacts et d’identifier les adaptations nécessaires. En réponse à ce besoin, le PNUE aide les pays en développement à renforcer leurs capacités à s’adapter de manière collective, efficace et en temps utile au changement climatique. La stratégie d’adaptation au changement climatique du PNUE est axée sur le renforcement de la résilience des écosystèmes et des économies qui sont les plus vulnérables au changement climatique.

Le PNUE met en œuvre différents projets d’adaptation dans plusieurs régions à travers son engagement avec et en soutien des communautés locales. Le PNUE travaille à fournir à travers des mesures d’adaptation qui puissent servir d'exemple. Par exemple, le PNUE promeut le développement durable du Parc National du Karakorum Central dans le Nord du Pakistan à travers une meilleure coordination des initiatives en cours, le développement et la mise en œuvre d’un plan de gestion intégré, ainsi que la mise en place de systèmes de gestion des connaissances et de surveillance de l’environnement. Le projet, financé par le Gouvernement Italien, promeut aussi des activités de sensibilisation auprès des décideurs.

Un projet similaire est mis en œuvre dans le Paysage Sacré du Mt Kailash dans l’Himalaya avec le soutien du Gouvernement Norvégien. L’objectif principal du projet est d’initier et de promouvoir des mécanismes d’adaptation transfrontaliers au changement climatique à l’intérieur de ce paysage unique partagé par le Népal, la Chine et l’Inde. Un cadre de coopération régional va être développé à travers un processus consultatif, en accord avec les objectifs en matière de biodiversité des montagnes de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) des Nations Unies

Données-clés
  • Le PNUE et l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) hébergent le Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique (PICC)
  • Le PNUE a aidé plusieurs pays à développer des Programmes d’Actions Nationaux d’Adaptation au changement climatique (PANA), et travaille maintenant avec ces pays à la mise en oeuvre des priorités identifiées
  • De nombreux pays ont été aidés afin d’entreprendre des évaluations de leurs besoins technologiques et de leurs besoins en matière de renforcement des capacités
  • L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors de sa 28ème session a reconnu que les centres régionaux et les réseaux entreprenant des travaux relatifs au changement climatique jouaient un rôle important afin d’améliorer l’adaptation
Le PNUE mène aussi le développement d’un Réseau d’Adaptation au Changement Climatique afin d’amplifier et d’unifier les efforts d’adaptation. L’objectif principal du réseau est d’aider les pays en développement à augmenter leurs capacités d’adaptation essentielles en mobilisant les connaissances et technologies existantes. Composé d’organisations de terrain, de centres régionaux et d’un groupe de soutien international composé d’institutions techniques et d’experts, le réseau mobilisera des informations scientifiquement crédibles et des politiques pertinentes pour les prises de décision.