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Écosystèmes terrestres

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Programme collaboratif des Nations Unies sur la Réduction des Émissions liées au Déboisement et à la Dégradation des forêts dans les pays en développement (Programme ONU-REDD)
Le programme ONU-REDD a été lancé en tant qu’initiative collaborative entre le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). L’objectif principal du programme est de contribuer au développement des capacités pour la mise en œuvre du REDD et de soutenir le dialogue international pour l’inclusion d’un mécanisme de REDD dans un régime climatique post-2012. Le programme ONU-REDD sera initialement mis en œuvre jusqu’en mars 2010.


Réduire les émissions de carbone des forêts
Les arbres et les forêts nous apportent des bénéfices essentiels en matière de santé, de loisirs, d’esthétique et dans bien d'autres domaines sans lesquels nous ne pourrions pas vivre. Malheureusement, la gestion des forêts dans certaines parties du monde s’est traditionnellement moins concentrée sur les services fournis par les écosystèmes forestiers et davantage sur le bois qui pouvait être exploité.

Entre 1990 et 2005, le taux de déforestation avoisinait en moyenne 13 millions d’hectares par an, dont une majorité se trouvait dans les pays tropicaux. Nous perdons à l’heure actuelle environ 200 mètres carrés – l’équivalent de 18 100 terrains de football – chaque jour.

La perte de forêts provoque le rejet de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Le secteur de la foresterie, principalement à travers la déforestation, est responsable d’environ 17% des émissions de gaz à effet de serre, ce qui en fait la deuxième plus importante source de gaz à effet de serre après le secteur de l’énergie.

Lorsque les forêts disparaissent, il en va de même pour les puits de carbone naturels qu’elles représentent. Aussi, un taux plus important de dioxyde de carbone reste dans l’atmosphère et ceci exacerbe le réchauffement climatique. Lors de la 13ème conférence des parties (COP-13) de la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), en décembre 2007, les parties se sont mises d’accord pour augmenter les efforts envers la réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD) dans les pays en développement.

Pour combattre efficacement la déforestation et la dégradation des forêts, les pays ont besoin de cadres régulateurs. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) se sont réunis au sein du Programme ONU-REDD, qui constitue une initiative collaborative unique. Elle vise à renforcer le dialogue politique international sur le plan REDD (déforestation et dégradation des forêts) et à renforcer la confiance entre les négociateurs et les Parties afin d’inclure la REDD dans de nouveaux accords sur le changement climatique plus complets lorsque le protocole de Kyoto expirera en 2012.

Le programme ONU-REDD aide aussi 9 pays pilotes à gérer leurs forêts de manière à maximiser leurs stocks de carbone et à maintenir les services fournis par leurs écosystèmes tout en procurant des bénéfices aux communautés en termes de moyens de subsistance. Les pays qui ont été identifiés pour la phase de démarrage rapide sont la Bolivie, la République Démocratique du Congo, l’Indonésie, Panama, la Papouasie Nouvelle Guinée, le Paraguay, la Tanzanie, le Vietnam et la Zambie. Ces pays sont en train de développer des stratégies nationales, établissant des systèmes solides pour le suivi, l’évaluation, l’établissement de rapports et la vérification de la couverture forestière et des stocks de carbone.

Cette phase de démarrage rapide tracera le chemin pour un engagement du programme REDD au long terme sur le marché du carbone à travers le paiement des services fournis par les écosystèmes. Afin de faciliter ce processus, le projet travaille à réduire les risques liés à la provision de service et à structurer un système d’incitation transparent et équitable. Le haut niveau de collaboration de l’ONU-REDD et le niveau d’engagement des communautés visent à assurer que les expériences locales informeront et auront une influence sur l’action législative mondiale qui à son tour aura un impact sur les communautés locales.

Le PNUE travaille aussi avec certains pays dans la phase de démarrage rapide à des initiatives liées comme le Partenariat pour la Survie des Grands Singes (GRASP), qui a commencé à lancer des activités pilotes afin de tester la possibilité d’atteindre les objectifs de l’ONU-REDD en Afrique Centrale et en Asie du Sud-Est.

Key Facts

  • La REDD a été introduite initialement dans l’agenda du CCNUCC à la Conférence des Parties (COP-11) en décembre 2005
  • À la COP-13, la Norvège s’est engagée à fournir une contribution pouvant aller jusqu’à 3 milliards de Couronnes Norvégiennes (432 millions de dollars américains) à destination d’une initiative globale pour la REDD
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  • Le défi actuel est de mettre en place un mécanisme de financement fonctionnant au niveau international pour la REDD qui pourrait être inclus dans un accord sur l’après 2012
  • Le PNUE héberge le secrétariat du programme ONU-REDD, pour lequel la Norvège a donné 35 millions de dollars américains.

 

 Ressusciter le deuxième poumon
Les forêts du bassin du Congo s’étendent à travers le Cameroun, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo (DRC), la Guinée-Équatoriale, le Gabon et la République du Congo. Quelques 60 millions de personnes habitant dans ces pays en dépendent pour leur survie. Les forêts du bassin du Congo sont une mosaïque naturelle de 400 espèces de mammifères, 280 espèces de reptiles, 900 espèces de papillons et 10 000 espèces de plantes. Couvrant une superficie de 2 millions de kilomètres carrés, c’est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, derrière la forêt Amazonienne en Amérique Latine. Cependant, les forêts sont sérieusement menacées par une combinaison de facteurs comme l’exploitation illégale du bois et les installations humaines illégales, les cultures itinérantes, l’augmentation de la population, les industries pétrolières et minières. Les forêts perdent 1,5 million d’hectares – la moitié du Lesotho – chaque année.

Pour endiguer cette perte, le PNUE travaille avec le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) afin de conserver 29 aires protégées et de promouvoir une foresterie durable et des systèmes de conservation communautaires dans 11 paysages traditionnels répartis dans tout le bassin du Congo. Le PNUE soutient l’Ambassadeur de Bonne Volonté pour les Ecosystèmes Forestiers du Bassin du Congo, lauréate du Prix Nobel, le Professeur Wanagari Maathai dans ses efforts. Son rôle est d’impliquer des bailleurs de fonds en effectuant un lobbying de haut niveau en faveur des écosystèmes forestiers du bassin du Congo. Elle occupe aussi la place de co-présidente du Fonds Forestier du Bassin du Congo (FFBC). Jusqu’ici, les Gouvernements Norvégien et Britannique ont contribué à hauteur de 200 millions de dollars au Fonds.

Le Fonds est conçu pour développer des alternatives viables à l’exploitation du bois, à l’exploitation minière et au ramassage de bois pour les usages domestiques ainsi qu’à l’agriculture de subsistance. Les activités financées suivront des lignes directrices établies par le Plan de Convergence de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), qui présente une vision commune pour la gestion durable et conjointe des ressources forestières de la sous-région.

La RDC, qui regroupe 54% des forêts du bassin du Congo, est l’un des 9 pays pilotes du programme ONU-REDD, une initiative qui vise à maintenir les services fournis par les écosystèmes forestiers et à maximiser leurs stocks de carbone tout en procurant des bénéfices communautaires et en termes de moyens de subsistance Le pays est en train de développer une stratégie nationale pour le suivi, l’évaluation, le compte-rendu et la vérification de la couverture forestière et des stocks de carbone. A travers son partenariat pour la survie des grands singes (GRASP), le PNUE aide les pays à endiguer les incursions illégales dans le Parc national des Virunga en RDC, qui est le plus ancien parc d’Afrique. Le parc est l’habitat naturel de 50% de la population de gorilles des montagnes et d’un nombre important d’autres espèces endémiques et menacées. Le travail du PNUE au Parc des Virunga fait partie d’une initiative plus large visant à assister les gouvernements afin de préparer et développer des lois, régulations et directives nationales dans le domaine de l’environnement. En outre, la stratégie d'une manière plus globale  inclut aussi une évaluation environnementale post-conflit qui reproduit des évaluations similaires réalisées par le PNUE dans les Balkans, en Afghanistan, en Irak, au Liberia, au Liban et au Soudan.

Key Facts

  • 1988 : Naissance du programme de gestion des aires protégées ECOFAC (Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale), visant les 6 pays
  • 1996: La Conférence des Ecosystèmes des Forêts Denses et Humides d’Afrique Centrale (CEFDHAC) souligne le besoin de collaboration régionale
  • 1999: La déclaration de Yaoundé sur les forêts du Bassin du Congo, par les chefs d’Etat donne naissance au COMIFAC
  • 2000: Le COMIFAC se réunit pour la première fois à Yaoundé et approuve le Plan de Convergence du COMIFAC
  • 2002: Le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) est lancé lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable

Partenariat pour la Survie des Grands Singes (GRASP)
Les populations de grands singes déclinent à une vitesse alarmante dans le monde entier. En raison de la destruction continue de leur habitat, combinée avec la croissance du commerce de viande de brousse en Afrique et l’augmentation des activités d’exploitation du bois en Indonésie, les scientifiques estiment que la majorité des populations de grands singes pourraient disparaître très prochainement au cours de notre génération.

Protéger le gardien de la forêt
« Sauver les grands singes veut aussi dire sauver des hommes. En veillant à la sauvegarde des grands singes, nous protégeons les moyens de subsistance de nombreuses personnes qui dépendent des forêts pour se procurer de la nourriture, de l’eau propre et tant d’autres choses. En effet, le destin des grands singes a des implications à la fois pratiques et symboliques sur la capacité des hommes à progresser vers un avenir durable. » Kofi Annan, ancien Secrétaire Général des Nations Unies

Les grands singes vivent dans les écosystèmes forestiers de 23 pays d’Afrique et d’Asie (zone d’habitat naturel). Tant que le manteau de la durabilité des écosystèmes  est drapé autour de leurs épaules, les grands singes jouent un rôle clé dans le  maintien de la santé et de la diversité de leurs écosystèmes, notamment à travers la dispersion des graines et la création de trouées dans le couvert forestier.

Ceci leur donne un statut clé en tant qu’espèce phare. Un déclin de leurs populations est un signal clé d’un déclin sous-jacent des autres espèces dans les écosystèmes.

Les grands singes sont confrontés à des menaces sans précédent provenant des effets combinés de la chasse, de l’exploitation forestière illégale et de la culture des terres forestières. Ils pourraient disparaître à l’état sauvage d’ici moins de 50 ans. Le Projet de Survie des Grands Singes (GRASP) du PNUE vise à préserver des populations viables de grands singes et leurs habitats forestiers à travers des stratégies de développement et de conservation durable favorables aux pauvres. Ces écosystèmes tropicaux forestiers régulent le climat et procurent de la nourriture, de l’eau, des médicaments et du bois.

Bien que l’exploitation illégale de bois, encore largement répandue, reste un défi, les actions de GRASP ont permis la saisie de 70 000 mètres cubes de bois illégal en Indonésie en 2007. La même année, GRASP a travaillé avec des partenaires afin de sensibiliser sur les impacts de la déclassification de deux réserves forestières en Ouganda. Ce type d’efforts aide à protéger les forêts aux niveaux légal et social, en sensibilisant les communautés à la valeur des écosystèmes forestiers.

En accord avec la déclaration de Kinshasa, GRASP procure un soutien financier à vingt-sept projets de terrain dans les pays cibles. Ces projets renforcent la participation communautaire à la prise de décision dans le domaine de la biodiversité dans sept Etats cibles. Le projet a aussi permis un renforcement de l’application de la loi sur la vie sauvage au Cameroun, en République Démocratique du Congo et en Indonésie et de l’évaluation et des modèles d’occupation des sols de la Forêt à Haute Valeur de Conservation (FHVC) en Indonésie.

En plus de faciliter les projets de terrain, GRASP apporte un soutien technique à 20 Etats cibles. Ce soutien renforce les politiques des autorités nationales dans neuf pays. Il améliore aussi la collaboration transfrontalière entre sept pays cibles d’Afrique de l’Ouest, Centrale et de l’Est. Un tel travail d’équipe est l’essence même de GRASP. Il joue un rôle clé dans les efforts de GRASP pour réaliser des effets de levier sur le soutien politique et l’expertise technique afin d’aider à réduire les dangers menaçants les populations de grands singes et leurs habitats.

Key Facts

  • GRASP est un partenariat de type 2 (SMDD) lancé en mai 2001

  • Les grands singes (chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans) vivent en Afrique et en Asie du Sud-Est

  • 2009 est l’Année internationale du Gorille

Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresteries (LULUCF)
Les activités dans le secteur des LULUCF peuvent fournir un moyen efficace en matière de coûts pour compenser les émissions, soit en augmentant le retrait de gaz à effets de serre de l’atmosphère (par exemple en plantant des arbres ou en gérant des forêts), soit en réduisant les émissions (par exemple en réduisant la déforestation).

Le complexe de la forêt Mau
Le complexe de la forêt Mau forme le plus large écosystème forestier à canopée fermée du Kenya. Il est aussi grand que les forêts du Mont Kenya et des Aberdares combinées. C’est également le plus important bassin versant de la vallée du Rift et de l’Ouest kenyan. À travers les services écologiques fournis par ses forêts, le complexe Mau est un atout naturel d’importance nationale qui soutient des secteurs économiques clés dans la vallée du Rift et l’Ouest kenyan, incluant l’énergie, le tourisme, l’agriculture (cultures de rente comme le thé et le riz, cultures vivrières et élevage) et l’approvisionnement en eau.

Protéger les châteaux d’eau du Kenya
Le complexe de la forêt Mau, qui avec ses 400 000 hectares est sept fois plus grand que la ville de Nairobi, repose sur des réserves aquifères qui fournissent de l’eau à des millions de personnes dans la vallée du Rift et l’Ouest kenyan. Il comprend 16 blocs de forêts contigus classés en tant que réserves forestières ou forêts communautaires. Il inclut aussi six blocs de forêts satellites qui ne sont pas adjacentes aux blocs principaux mais font également partie du même écosystème.

Au cours des années, près d’un quart de cette forêt a été perdue au profit d’installations humaines, d’exploitation illégale du bois, de culture et de l’hébergement d’autres activités humaines.

La condition critique de la forêt Mau a attiré l’attention au niveau national quand le Premier Ministre et le Ministre de l’Environnement kenyans ont survolé la zone lors d’un vol de reconnaissance organisé par le PNUE. Ils virent ainsi de vastes terrains clairsemés au sein de la forêt, manifestation de la diminution dramatique du complexe forestier.

Le PNUE soutient le Gouvernement Kenyan à travers son programme de gestion des écosystèmes afin de réaligner ses programmes en faveur de l’environnement pour apporter une solution à la dégradation des forêts Mau.

Les évaluations du PNUE ont révélé la valeur immense du Mau. Au moins douze rivières prennent leur source dans le Mau et s’écoulent vers différentes parties du pays. En complément à d’autres services écosystèmiques, les rivières apportent vie et vitalité dans la Réserve Nationale mondialement célèbre du Masai Mara et les Parcs Nationaux du Serengeti et du Lac Nakuru. Les évaluations du PNUE ont aussi démontré que pour chaque fois qu'une trouée était réalisée dans la forêt Mau, des conséquences négatives se répercutaient sur une autre partie de la forêt.

Avec les conseils du PNUE et d’autres partenaires, le Gouvernement du Kenya a mis en place un groupe de travail pour conserver ces écosystèmes forestiers dont des millions de kenyans dépendent pour leur subsistance. En tant que conseiller technique du groupe de travail, le PNUE a posé sur la table un ensemble d’options technologiques et de développement.

Projet Communautaire Intégré de Conservation et de Gestion des Ressources Forestières (COMIFORM)
Le PNUE et ses partenaires ont engagé les communautés locales autour de ce projet. En gérant les forêts, le COMIFORM vise à aider les communautés locales à développer des sources alternatives durables de revenus sans reverser les gains tirés de la conservation de la forêt. Le projet est ancré dans un système de gestion participatif de la forêt, qui définit clairement les intérêts que la communauté possède dans la forêt, permettant ainsi aux gens de comprendre et protéger la forêt. La forêt de Maasai Mau, qui est l’une de leurs 16 forêts au sein du Complexe de Mau, héberge la communauté.

Key Facts

  • Le complexe forestier du Mau est à l’origine des principales rivières s’écoulant dans 5 lacs : Victoria, Turkana, Baringo, Nakuru et Natron
  • Plus de 5 millions de personnes vivent dans des localités traversées par ces rivières
  • Le complexe Mau a un potentiel hydroélectrique total de 508 MW, ce qui représente 50% de la capacité totale installée à l’heure actuelle au Kenya
  • 286 Millions de dollars – C’est la valeur de marché annuelle actuelle des biens et services provenant des secteurs du thé, du tourisme et de l’énergie dans les écosystèmes