L'état de la biodiversité > Consensus scientifique sur la biodiversité et le bien-être humain


Messages essentiels

  • La diversité biologique ne contribue pas uniquement au bien-être matériel et à la subsistance des êtres humains.
    Elle contribue également à la sécurité, à la résilience, aux relations sociales, à la santé et à la liberté de choix et
    d'action.
  • Les changements au niveau de la diversité biologique en conséquence des activités anthropiques a été plus rapide au cours des cinquante dernières années qu'à toute autre période de l'histoire humaine et les facteurs de changement qui sont responsables de l'appauvrissement de la biodiversité et conduisent à la transformation des services procurés par les écosystèmes sont ou bien constants, ou ne montrent aucun signe de diminution avec le temps, ou encore s'intensifient.

  • De nombreux groupes sociaux ont bénéficié de la conversion des écosystèmes naturels en écosystèmes dominés par l'être humain et de l'exploitation de la diversité biologique. Toutefois, ces bénéfices ont été réalisés à des coûts de plus en plus élevés, sous forme d'appauvrissement de la diversité biologique, de dégradation de nombreux services dispensés par les écosystèmes et d'aggravement de la pauvreté d'autres groupes sociaux.
  • La transformation des habitats (occupation des sols, modification physique des rivières ou prélèvement de leurs eaux, appauvrissement des récifs coralliens, et dégradation des fonds marins par la pêche au chalut de fond), les changements climatiques, les espèces exotiques envahissantes, la surexploitation des espèces et la pollution sont les facteurs directs les plus importants de l'appauvrissement de la diversité biologique et des changements au niveau des services dispensés par les écosystèmes.
  • De meilleures techniques d'évaluation et informations sur les services dispensés par les écosystèmes indiquent que, bien que de nombreux individus bénéficient des actions et activités conduisant à une perte de la diversité biologique et à des changements au niveau des écosystèmes, les coûts de ces changements supportés par la société sont souvent plus élevés. Même dans les cas où notre connaissance des coûts et des bénéfices est incomplète, il importe d'adopter une approche de précaution au cas où les coûts associés aux changements subis par les écosystèmes seraient élevés ou les changements irréversibles.
  • Afin d'accomplir plus de progrès vers la conservation de la diversité biologique, il sera nécessaire, entre autres mesures, de renforcer les options d'intervention qui ont pour objectif primordial la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique et des services dispensés par les écosystèmes. En tout état de cause, ces interventions ne seront pas viables, à moins que les facteurs directs et indirects de changement ne soient abordés et que des conditions favorables à la mise en oeuvre de toute la gamme d'interventions ne soient établies.

  • Il est probable que des compensations réciproques entre la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement fixés à 2015 et l'objectif de 2010 qui consiste à réduire la perte de diversité biologique interviendront, même s'il existe de nombreuses possibilités de synergie entre les divers objectifs convenus au niveau international liés à la diversité biologique, à la viabilité de l'environnement et au développement.
  • Des efforts sans précédent seraient nécessaires pour réaliser, d'ici 2010, une réduction appréciable du rythme deperte de la diversité biologique à tous les niveaux.
  • De meilleures prévisions des impacts des facteurs de changement sur la diversité biologique, le fonctionnement
    des écosystèmes et les services qu'ils dispensent, ainsi que des meilleures mesures de la diversité biologique, faciliteraient la prise de décision à tous les niveaux.
  • La science peut contribuer à veiller à ce que les décisions sociales soient prises sur la base des meilleures informations disponibles, mais, au bout du compte, le choix et les décisions concernant les niveaux de diversité biologique appartiennent à la société.

Qu’est-ce que la biodiversité ?

Le terme est la contraction de l’expression "diversité biologique". La biodiversité reflète le nombre, la diversité et la variabilité des organismes vivants, ainsi que la façon dont ces aspects changent d’un endroit à l’autre et avec le temps. La biodiversité recouvre la diversité au sein d’une même diversité génétique, entre les espèces (diversité des espèces) et entre
les écosystèmes (diversité écologique).

La biodiversité est importante dans tous les écosystèmes, qu’ils soient « naturels », comme les parcs nationaux ou les réserves naturelles, ou qu’ils soient gérés par l’homme, comme les fermes, les plantations ou encore même les parcs urbains. La biodiversité est à la base de nombreux bienfaits que les écosystèmes procurent aux êtres humains.

La biodiversité est difficile à quantifier avec précision, même avec les outils et les sources de données disponibles. Toutefois, il n’est bien souvent pas nécessaire d’avoir des réponses précises pour cerner la biodiversité, la façon dont elle change, ainsi que les causes et les conséquences de ce changement.

Divers indicateurs écologiques, comme le nombre d’espèces dans une région donnée, sont utilisés pour mesurer différents aspects de la biodiversité. Ces indicateurs constituent une composante indispensable à la surveillance, l’évaluation et la prise de décision, et ont été développés pour transmettre rapidement et facilement l’information aux décideurs politique. Cependant, aucun indicateur pris isolément n’est capable de saisir toutes les dimensions de la biodiversité.

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Où trouve-t-on la biodiversité?

La vie, et donc la biodiversité, se trouve à peu près partout sur la surface de la Terre et dans chaque goutte de ses plans d’eau. Peu de gens en ont conscience car la plupart des organismes vivants sont petits ou invisibles à l’œil nu, et bon nombre d’entre eux sont rares, ne vivent pas longtemps ou vivent cachés.

Il est difficile de décrire la biodiversité. Sa dimension la plus connue est la classification des animaux et des plantes par , qui se concentre principalement sur les animaux visibles à l’œil nu, les écosystèmes tempérés et les aspects utilisés par l’homme. On estime qu’il existe entre 5 et 30 millions d’espèces sur Terre, et que seuls 1,7 à 2 millions d’entre-elles ont été identifiées. Des inventaires plus complets sont grandement nécessaires pour pallier ce manque.

Quelle est la relation entre la biodiversité et les services des écosystèmes ?

Les services fournis par les écosystèmes sont les bienfaits que les écosystèmes procurent aux humains. Ceux-ci comprennent:

  • les services d’approvisionnement, tels que la nourriture, l’eau propre, le bois, les fibres et les ressources génétiques ;;
  • les services de régulation, comme la régulation du climat, des inondations, des maladies, de la qualité de l’eau et de la pollinisation ;
  • les services culturels, tels que les bienfaits récréatifs, esthétiques et spirituels ;
  • les services de soutien, comme la formation des sols et le cycle des éléments nutritifs.

La biodiversité joue un rôle important dans le fonctionnement des écosystèmes et dans les servicesqu’ils fournissent. Ces services dépendent autant voire plus des espècesqui composent l’écosystème que de la diversité des espèces. En effet, le fonctionnement d’un écosystème, et par conséquent sa capacité à offrir des services aux êtres humains, est fortement influencé par les caractéristiques écologiques des espèces les plus abondantes et non par le nombre total d’espèces présentes au sein de l’écosystème.

la disparition d’une espèce importante peut perturber les services fournis par un écosystèmependant longtemps. Des changementsdans les interactions entre espèces peuvent également avoir des effets négatifs sur les processus liés aux écosystèmes.

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Pourquoi s’inquiéter de la perte de biodiversité?

La biodiversité est indispensable aux bienfaits que l’écosystème peut procurer aux êtres humainset contribue donc directement au bien-être de l’homme. Son rôle va au delà du simple fait d’assurer la disponibilité en matières premièreset touche également à la sécurité, à la résilience, aux relations sociales, à la santé ainsi qu’aux libertés et aux choix. Bien que de nombreuses personnes aient tiré profit, au cours du siècle dernier, de la transformation des écosystèmes naturels en écosystèmes dominés par l’homme, d’autres personnes ont souffert des effets de la perte de biodiversité.

La perte de la biodiversité a beaucoup d' effets négatives directs et indirects :
La vulnérabilité  : de nombreuses communautés ont connu davantage de catastrophes naturelles au cours des dernières décennies. Par exemple, les communautés côtières ont souffert d’inondations de plus en plus graves à cause de la disparition des mangroves et des récifs de corail, véritables protections naturelles contre les inondations et les tempêtes.

La santé : un régime équilibré dépend de la disponibilité d’un large éventail d’aliments, laquelle dépend elle-même de la conservation de la biodiversité. En outre, une plus grande diversité au sein de la faune et de la flore peut réduire la propagation vers l’homme de nombreux agents pathogènes sauvages.

La sécurité énergétique : le bois de chauffage fournit plus de la moitié de l’énergie utilisée dans les pays en développement. Les pénuries de bois de chauffage surviennent dans les régions à forte densité de population qui n’ont pas accès à des sources d’énergie alternatives. Dans ces régions, les populations sont vulnérables à la maladie et à la malnutrition en raison du manque de moyens pour chauffer les foyers, cuisiner et faire bouillir l’eau.

L’eau propre : le perte ininterrompue de forêts et la destruction de bassins versants réduisent la qualité et la disponibilité de l’eau à usage domestique et agricole. Dans le cas de la ville de New York, protéger l’écosystème afin d’assurer un approvisionnement continu en eau potable propre aurait été beaucoup plus rentable que de construire et de gérer une station d’épuration.

Les relations sociales : De nombreuses cultures accordent une valeur spirituelle, esthétique, récréative et religieuse aux écosystèmes ou à leurs composantes. La disparition de ces composantes ou les dommages qui leur sont causés peuvent nuire aux relations sociales, à la fois en réduisant la valeur de la cohésion sociale qui réside dans le partage d’une expérience commune, et en générant du ressentiment envers des groupes qui tirent profit de ces dommages.

La liberté de choix : la perte de biodiversité, qui est parfois irréversible, se traduit souvent par des choix plus limités. Le simple fait d’avoir le choix entre différentes options, indépendamment du fait que l’une d’elle sera effectivement choisie ou pas, est un volet fondamental de la dimension de « liberté » du bien-être.

Les matières premières : la biodiversité fournit divers biens – des plantes ou des animaux, par exemple – dont les individus ont besoin pour obtenir un revenu et s’assurer des moyens de subsistance durables. En plus de l’agriculture, la biodiversité contribue à une série d’autres secteurs dont l’« écotourisme » et les secteurs pharmaceutique, cosmétique et de la pêche. Les pertes de biodiversité, comme l’effondrement des populations de morues de Terre-Neuve, peut engendrer des coûts conséquents aux niveaux local et national.

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Quels objectifs concurrents peuvent influer sur la biodiversité ?

Lorsque la société poursuit de multiples objectifs, dont bon nombre dépendent de la biodiversité, des services fournis par les écosystèmes et des nombreuses dimensions du bien-être, des décisions difficiles impliquant les contreparties négatives de certains choix entre objectifs concurrents doivent être prises. Quand l’homme modifie un écosystème en vue d’améliorer l’un des services qu’il fournit, cela se manifeste généralement par des changements au sein d’autres services fournis par l’écosystème. Par exemple, des mesures prises pour augmenter la production d’aliments peuvent entraîner une diminution des ressources en eau disponibles pour d’autres usages ainsi qu’une dégradation de la qualité de l’eau.

Sur le long terme, la valeur des services perdus peut largement surpasser les bénéfices économiques à court terme obtenus grâce à la transformation des écosystèmes.

Au Sri Lanka, par exemple, le déboisement de la forêt tropicale à des fins agricoles a initialement réduit l’habitat des moustiques vecteurs de malaria qui vivent dans les forêts. Mais par la suite, d’autres espèces de moustique ont investi l’habitat modifié, contribuant ainsi à la résurgence de la malaria.

Parmi les services fournis par les écosystèmes examinés dans cette évaluation, seuls quatre ont été améliorés par des changements induits par l’homme.

Les services améliorés comprennent les récoltes, le bétail, l’aquaculture et, dans une certaine mesure, la séquestration du carbone.

Les services dégradés comprennent la pêche, l’approvisionnement en eau, la capacité des écosystèmes à traiter les déchets, la purification de l’eau, la protection contre les catastrophes naturelles, la régulation de la qualité de l’air, la régulation du climat aux niveaux régional et local, la régulation de l’érosion, et de nombreux services culturels.

Lorsqu’il s’agit de faire des choix entre des objectifs concurrents, une analyse des contreparties négatives peut aider les décideurs politiques à prendre des décisions efficaces.

Quelle est la valeur de la biodiversité pour le bien-être humain ?

Contrairement aux biens achetés et vendus sur les marchés, Il n’existe pas de marchés ni de prix aisément observables pour bon nombre de services fournis par les écosystèmes. Cela signifie que l’importance de la biodiversité et des processus naturels dans la production de services fournis par les écosystèmes dont les personnes dépendent n’est pas reflétée par les marchés financiers.

La dégradation des services fournis par les écosystèmes pourrait être fortement ralentie, voire inversée, si la valeur économique totale de ces services était prise en compte dans les processus de prise de décision.

Une façon de leur assigner une valeur monétaire est de se fier à des méthodes d’évaluation non-marchandes. Ces méthodes ont été appliquées à l’eau potable, aux services récrétaifs ou aux espèces exploitées commercialement.

La valeur non-marchande peut être soit la valeur que revêt pour la société l’usage effectif du bien, soit une valeur de « non usage » qui reflète la valeur d’un bien au delà de toute utilisation pouvant en être faite, comme la valeur intrinsèque de l’existence des espèces. Mesurer cette dernière pose un grand défi à ceux qui tentent d’estimer la valeur totale de la conservation de la biodiversité et des processus naturels.

La valeur d’utilisation privée par les individus de la biodiversité et des services fournis par les écosystèmes ne tiendra systématiquement pas compte des bénéfices « extérieurs » de la conservation pour la société dans son ensemble. Par exemple, un agriculteur peut tirer profit de l’usage intensif de la terre, mais il n’assumera généralement pas toutes les conséquences des infiltrations de nutriments ou de pesticides excédentaires dans le sol ou les eaux de surface, ou celles de la perte d’habitat pour les espèces indigènes.

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Comment les conséquences de la perte de biodiversité sont-elles distribuées?

Le bien-être de nombreux individus et groupes sociaux peut augmenter lorsque la biodiversité est exploitée, modifiée ou même supprimée. Toutefois, les changements dans les écosystèmes portent atteinte à de nombreuses personnes parmi les plus pauvres au monde. Moins à même de s’adapter à ces changements, celles-ci sont frappées par une pauvreté accrue dans la mesure où elles n’ont qu’un accès limité à des substituts ou des alternatives. Par exemple, les agriculteurs pauvres ont rarement les moyens d’utiliser des technologies modernes pour remplacer ces services que la biodiversité leur procurait auparavant. De plus, la substitution de certains services peut avoir des effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement. C’est le cas, par exemple, de l’utilisation de pesticides toxiques et persistants pour contrôler certains insectes nuisibles.

De nombreuses communautés dépendent d’une série de produits biologiques pour leur bien-être matériel. Au cours de l’histoire, les personnes pauvres ont démesurément perdu l’accès aux produits biologiques et aux services fournis par les écosystèmes, au fur et à mesure que la demande pour ces services s’est accrue. Le transfert de propriété des ressources des écosystèmes exclut souvent les communautés locales, et les produits de leur exploitation ne sont pas destinés au marché local.

Les changements dans la structure des sociétés ayant une incidence sur l’accès aux ressources naturelles peuvent avoir des conséquences sur les services fournis par les écosystèmes. Cela peut aussi permettre d’expliquer pourquoi certaines populations vivant dans des régions riches en ressources environnementales se classent malgré tout à un bas niveau sur les échelles de bien-être humain. L’augmentation du commerce international a amélioré le bien-être de nombreuses personnes, mais d’autres en ont pâti, comme ceux qui étaient dépendants des ressources naturelles exploitées pour l’exportation. Quand différents groupes sociaux sont en concurrence pour les mêmes ressources, des conflits peuvent survenir. Bien que bon nombre de ces conflits aient été gérés de façon coopérative, il est également courant qu’un groupe soit bénéficiaire au dépend de l’autre.

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Quelles sont les tendances actuelles en termes de biodiversité?

Pour tous les aspects de la biodiversité, le rythme actuel de changement et d’extinction est des centaines de fois plus rapide qu'auparavant dans l’histoire connue, et rien n’indique que ce rythme ralentisse.

Pratiquement tous les écosystèmes de la planète ont été profondément transformés par les activités humaines. Par exemple, 35 % des mangroves et 20 % des récifs coralliens ont disparu.

Les régions où les changements ont été particulièrement rapides au cours des deux dernières décennies comprennent :

  • le bassin de l’Amazone et l’Asie du Sud-Est (déforestation et expansion des terres de culture) ;
  • l’Asie (dégradation des terres dans les zones sèches) ; et
  • le Bangladesh, la Vallée de l’Indus, certaines parties du Moyen-Orient et d’Asie Centrale, et la Région des Grands Lacs d’Afrique Orientale.

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Quels facteurs entraînent une perte de biodiversité?

Un facteur de changement désigne tout facteur, naturel ou induit par l’homme, qui entraîne un changement dans la biodiversité, directement ou indirectement.

Les facteurs de changement directs qui influencent de manière non équivoque les processus des écosystèmes comprennent les changements dans l’affectation des sols, le changement climatique, les espèces envahissantes, la surexploitation et la pollution.

Les facteurs de changement indirects, comme les changements dans la démographie humaine, les revenus ou le mode de vie, agissent de façon plus diffuse en modifiant un ou plusieurs facteurs de changement directs.

Certains facteurs de changement directs sont plus faciles à mesurer que d’autres, notamment l’usage d’engrais, la consommation d’eau, l’irrigation et les récoltes. Pour d’autres facteurs de changement, les indicateurs ne sont pas autant developpés et les données sont moins facilement disponibles. C’est le cas des espèces non indigènes, du changement climatique, de la transformation de la couverture terrestre et de la fragmentation du territoire.

Les changements dans la biodiversité sont déterminés par des combinaisons de facteurs de changement qui opèrent avec le temps, à différentes échelles, et qui ont tendance à s’amplifier les uns les autres. Par exemple, la croissance de la population et des revenus conjuguée à certaines avancées technologiques peut conduire au changement climatique

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Comment le changement climatique modifie-t-il la biodiversité ?

Les récents changements dans le climat, comme les hausses de température dans certaines régions, ont déjà eu des impacts considérables sur la biodiversité et les écosystèmes. Ils ont eu une incidence sur la répartition des espèces, la taille des populations et le moment de la reproduction ou de la migration, ainsi que sur la fréquence des vagues d’insectes nuisibles ou de maladies. Les changements climatiques prévus pour 2050 pourraient provoquer l’extinction de nombreuses espèces vivant dans certaines régions géographiques limitées. A la fin du siècle, le changement climatique et ses conséquences pourrait devenir le principal facteur direct de perte de biodiversité à l’échelle mondiale.

Alors que la période de croissance des plantes s’est allongée en Europe au cours des 30 dernières années, la combinaison des changements climatiques régionaux et des pressions humaines ont entraîné une baisse de la production de céréales dans certaines régions d’Afrique depuis 1970. Des changements dans les populations de poissons ont également été associés à des variations climatiques de grande ampleur telles que « El Niño ». Puisque le changement climatique va s’accentuer, les impacts négatifs qu’il aura sur les services des écosystèmes dépasseront ses avantages dans la plupart des régions du monde. Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) prévoit que la température moyenne à la surface de la terre augmente de 2° à 6,4°C d’ici à 2100 par rapport aux températures préindustrielles. On s’attend à ce que cela ait des impacts négatifs sur la biodiversité au niveau mondial.

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Quel futur pour la biodiversité selon divers scénarios plausibles?

Les quatre scénarios plausibles explorés dans cette évaluation prennent en compte deux voies de développement possibles à l’échelle mondiale : une globalisation croissante ou une régionalisation croissante. Les scénarios prennent également en compte deux façons différentes d’envisager les questions environnementales : pour l’une, les actions sont réactives et abordent les problèmes uniquement lorsque ceux-ci sont devenus évidents ; pour l’autre, la gestion des écosystèmes est proactive et vise délibérément au maintien à long terme des services fournis par les écosystèmes.

Les quatre scénarios sont  :

  • Orchestration globale [en]. Ce scénario dépeint une société mondialement interconnectée qui se concentre sur le commerce mondial et la libéralisation économique, et qui adopte une approche réactive vis-à-vis des problèmes liés aux écosystèmes. Dans ce scénario, la pauvreté diminue mais un certain nombre de services fournis par les écosystèmes se dégradent. Bien que des progrès soient accomplis sur le plan environnemental à l’échelle mondiale, notamment en matière d’émissions de gaz à effet de serre et de diminution des réserves marines de poisson, certains problèmes locaux et régionaux sont amplifiés.
  • Ordre par la force [en]. Ce scénario représente un monde régionalisé et fragmenté, préoccupé par la sécurité et la protection, et qui adopte une approche réactive vis-à-vis des problèmes liés aux écosystèmes. Les riches protègent leurs frontières et tentent de contenir la pauvreté, les conflits, la dégradation de l’environnement et la détérioration des services fournis par les écosystèmes dans les zones situées en-dehors de leurs frontières.
  • Mosaïque d’adaptation [en]. Dans ce scénario, les écosystèmes régionaux sont au centre de l’activité politique et économique. Les sociétés développent une approche locale fortement proactive en matière de gestion des écosystèmes. Certaines régions enregistrent de bons résultats et d’autres s’inspirent de ces succès, mais certains écosystèmes souffrent toujours d’une dégradation à long terme.
  • Techno jardin [en]. Ce scénario dépeint une société mondialement interconnectée qui dépend fortement de la technologie pour assurer ou améliorer l’approvisionnement des services fournis par les écosystèmes. Dans ce scénario, les questions environnementales sont gérées de façon proactive dans le but d’éviter les problèmes. L’homme pousse les écosystèmes à produire autant que possible, mais cela amoindrit bien souvent la capacité de ceux-ci à maintenir leur propre équilibre, ce qui, en retour, peut avoir de graves conséquences pour le bien-être humain.

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Quelles actions peuvent être menées pour conserver la biodiversité?

Les zones protégées constituent une part essentielle des programmes de conservation, particulièrement en ce qui concerne les habitats sensibles. Cependant, à elles seules ces zones ne suffisent pas à assurer la conservation de tout le spectre de la biodiversité.

Pour que les zones protégées portent leurs fruits, il convient de soigneusement choisir les sites soient tout en s’assurant que différents types d’écosystèmes y sont bien représentés. Bien souvent, certaines zones géographiques sont cataloguées comme étant protégées malgré une gestion trop peu planifiée, contrôlée et évaluée, et des budgets insuffisants pour la sécurité et la mise en application des lois. Les écosystèmes marins et d’eau douce sont encore moins bien protégés que les écosystèmes terrestres, ce qui se traduit par des efforts croissants pour étendre les zones marines protégées. Cependant, faire respecter les zones marines protégées est difficile, une grande partie des océans de la planète se situant en dehors des zones de juridiction nationales.

Les zones protégées peuvent augmenter la pauvreté lorsqu’elles ont pour conséquence de priver des communautés rurales locales des ressources dont elles dépendent traditionnellement. Cependant, les zones protégées peuvent contribuer à améliorer les moyens d’existence quand elles sont gérées de sorte à profiter aux populations locales – d’où l’importance de la consultation et de la planification participatives.

Les conséquences du changement climatique sur les zones protégées augmentera le risque d’extinction de certaines espèces et modifiera la nature des écosystèmes. La création de corridors écologiques et toute autre mesure visant à donner aux zones protégées une plus grande flexibilité sont quelques unes des stratégies préventives efficaces qui permettront à la biodiversité de s’adapter à des conditions changeantes.

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Source:         
Millennium Ecosystem Assessment

Biodiversity Synthesis

 

 

Messages Importants

Qu’est-ce que la biodiversité ?

Où trouve-t-on la biodiversité?

Quelle est la relation entre la biodiversité et les services des écosystèmes ?

Pourquoi s’inquiéter de la perte de biodiversité?

Quels objectifs concurrents peuvent influer sur la biodiversité ?

Quelle est la valeur de la biodiversité pour le bien-être humain ?

Comment les conséquences de la perte de biodiversité sont-elles distribuées?

Quelles sont les tendances actuelles en termes de biodiversité?

Quels facteurs entraînent une perte de biodiversité?

Comment le changement climatique modifie-t-il la biodiversité ?

Quel futur pour la biodiversité selon divers scénarios plausibles?

Quelles actions peuvent être menées pour conserver la biodiversité?

Autres Ressources

UN REDD Programme

The Economics of Ecosystems and Biodiversity

Great Apes Survival Partnership