Un nouveau rapport propose une analyse économique de la restauration de l'environnement

Le 03 juin 2010—Selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la restauration d'écosystèmes disparus ou endommagés - que ce soient des forêts, des plans d'eau douce, des mangroves ou des zones humides - permet de générer des revenus de plusieurs millions de dollars, de créer des emplois et de combattre la pauvreté.

Divulgué à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, ce rapport repose sur des milliers de projets de restauration d'écosystèmes à travers le monde et présente plus de 30 initiatives qui transforment la vie de communautés et de pays du monde entier.

Le rapport, intitulé"Planète morte, planète vivante : restauration de la biodiversité et des écosystèmes pour un développement durable", montre que, loin d'être une entrave à la croissance et au développement, bon nombre d'investissements environnementaux dans des actifs naturels dégradés peuvent générer des revenus substantiels et multiples.

S'exprimant lors du lancement du rapport à Kigali, au Rawanda, Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, a declaré: «L'infrastructure écologique de la planète procure à l'humanité des services d'une valeur de plus de 70 000 milliards de dollars par an et peut-être même beaucoup plus. Dans le passé, ces services n'étaient jamais ou pratiquement jamais comptabilisés au niveau national ou international. Cela devrait et doit changer.»

Il ajoute: « Ce rapport est destiné à faire passer deux messages fondamentaux aux gouvernements, communautés et citoyens à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement et en 2010, proclamée Année internationale de la biodiversité par les Nations Unies. Le premier est que la mauvaise gestion des actifs naturels représente un obstacle au développement tellement énorme qu'à côté de lui la récente crise économique semble presque insignifiante.»

“« Le deuxième message est que des investissements correctement planifiés et des réinvestissements dans la restauration de ces importantes infrastructures naturelles ne font pas que procurer un rendement élevé. Ils seront également très importants, sinon essentiels, pour le développement durable dans un monde qui se caractérise par une croissance continue des aspirations, de la démographie, des revenus et des demandes en ressources naturelles de la planète. »

Le rapport souligne que la préservation des écosystèmes restés intacts coûte bien moins cher que la restauration d'écosystèmes dégradés.
Le coût d'une préservation efficace telle qu'elle est pratiquée dans de nombreux parcs nationaux et sites protégés peut varier de quelques dizaines à quelques centaines de dollars par hectare.
Les sites protégés ne représentent, toutefois, que 13 % des terres de la planète, 6 % de ses côtes et 1 % de ses zones maritimes. Un nombre important d'écosystèmes essentiels se trouve en dehors de ces sites.
La restauration coûte peut-être dix fois plus cher que la simple gestion d'écosystèmes existants mais elle n'en reste pas moins une bonne affaire au vu du rendement en termes de récupération de services naturels.

Des études initiales réalisées dans le cadre de l'Étude sur l'économie des écosystèmes et de la biodiversité révèlent que la restauration de pâturages, de zones boisées et de forêts offre un des taux de rendement les plus élevés.

  • Sur 20 ans, la ville turque d'Istanbul a fait passer le nombre de personnes bénéficiant d'un traitement des eaux usées de quelque centaines de milliers à plus de neuf millions - soit 95 % de la population - en réhabilitant et en nettoyant les berges, en relocalisant les industries polluantes, en mettant en place des installations de traitement des eaux et en restaurant la végétation le long du fleuve.
  • Au Viet Nam, la plantation et la protection de près de 12 000 hectares de mangroves a coûté un peu plus de 1 million de dollars mais a permis d'économiser des frais annuels de maintenance des digues allant jusqu'à 7 millions de dollars.
  • Au Rwanda, République Démocratique du Congo et l'Ouganda, le strict renforcement de loi, a contribué à l'augmentation de la population de gorilles de montagne en danger dans le parc Virunga nationale - et génère des revenus importants du tourisme.
  • La restauration de plus de 500 hectares de mangroves dans la région indienne de l'Andhra Pradesh a coûté 3 millions de dollars sur sept ans mais a augmenté la population de crabes comestibles et la quantité de fourrage pour le bétail, stimulant ainsi les revenus locaux tout en favorisant la biodiversité, notamment au niveau des loutres et des oiseaux.
  • Les écosystèmes côtiers de Biscayne Bay en Floride ont été restaurés et rapportent désormais un bénéfice de 1,7 million de dollars par an.
  • En Chine, l'interdiction de méthodes de pêche incompatibles avec le développement durable, la réintroduction d'espèces de poissons indigènes et la replantation d'herbes aquatiques originelles ont transformé le lac Hong qui, à une certaine époque, était fortement pollué et dégradé.
  • Depuis 2003, la qualité de l'eau s'est beaucoup améliorée, ce qui a permis le retour, après 20 ans, d'espèces d'oiseaux rares comme la cigogne blanche orientale et triplé les revenus des pêcheurs.

Les accords sur le climat conclus sous l'égide de l'ONU ont incité des pays à payer des nations en développement afin qu'elles préservent plutôt qu'elles n'abattent les forêts.
Ce processus, mieux connu sous l'appellation « Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts » permettrait de réduire les taux de déforestation de moitié d'ici 2030.

  • Selon certaines estimations, cela pourrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'environ 1,5 à 2,7 milliards de tonnes (gigatonnes) par an pour un coût variant entre 17 et 33 milliards de dollars par an, mais avec un bénéfice à long terme estimé à 3 700 milliards de dollars en valeur actualisée.
  • Dans le cadre du projet Scolel Te au Mexique, quelques 700 fermiers dans 40 communautés ont planté des arbres sur plus de 700 hectares de terres dégradées afin de fixer du carbone, obtenant 180 000 dollars du marché des compensations d'émissions de carbone.

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