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Le bambou: une culture de substitution au tabac
L'industrie du tabac est une industrie très lucrative. En 2010, on comptait quelques 1,3 milliard de fumeurs dans le monde entier, et selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la demande de tabac va continuer à augmenter en raison de la croissance démographique et des revenus.
La superficie des terres utilisées pour la culture du tabac, a continué de croître rapidement au détriment des cultures vivrières et des activités d'élevage traditionnelles. C'est le cas au Kenya. 80% de la production de tabac a lieu dans le sud de Nyanza, près du lac Victoria. La région connaît un certain nombre de problématiques liées à la production extensive de tabac. Il s'agit notamment de risques pour la santé et de la dégradation de l'environnement (la déforestation et l'érosion des sols). Ces problématiques ont eues pour conséquence d'augmenter le niveau de pauvreté dans la région.
Le type de tabac cultivé au Kenya est principalementdu tabac séché au feu, Il s'agit d'un procédé de séchage du tabac qui utilise une grande quantité de biomasse, ce qui cause également l'abattage d'un grand nombre d'arbres indigènes. L'érosion du sol est donc endémique dans ces régions.
Le Groupe de recherche kenyan sur le contrôle du tabac, abrité par la South Eastern University College et l'Université de Maseno au Kenya, est une institution de recherche qui se penche sur les défis liés à la culture du tabac. Elle se concentre sur la culture de bambou comme alternative aux tabac.
"Les plantes de bambou sont adéquates parce qu'elles grandissent dans les mêmes conditions agro climatiques et les mêmes sols que le tabac. De plus, le revenu annuel provenant de la production de bambou serait entre 5 à 10 fois plus élevé que celui du tabac", déclare le chef de projet, le Professeur Jacob Kibwage.
Le bambou peut être utilise de plus de 2.000 manières différentes, et, lorsqu'il est traité, son prix de vente peut être jusqu'à 10 fois supérieur a celui du tabac. Le bambou est utilisé pour fabriquer divers produits, tels que des paniers, des meubles et, croyez-le ou non, pour construire des vélos au Ghana!
L‘Initiative ghanéenne pour des vélos en bambous’ a éé récompensée cette année lors des SEED Award, pour ses efforts visant à responsabiliser les jeunes en profitant de l'abondance dea bambou au Ghana pour fabriquer et assembler des vélos de bonne qualité. L'initiative SEED est un partenariat mondial qui stimule le développement durable et l'économie verte. Elle est financée par le PNUE, le PNUD et l'UICN.
En plus des bénéfices évidents pour la santé (de ne pas produire et ni travailler avec l’industrie du tabac), la culture du bambou apporte de nombreux autres avantages pour l'environnement: elle stabilise les sols et servent de berges aux bords des rivières; leurs feuilles augmentent de la biomasse et améliorent la fertilité du sol. Enfin, les bambous ont un taux élevé de régénération, et parce qu'ils mûrissent en 3-4 ans, ils peuvent être récoltées pour une période de 80 à 120 ans.
La conservation de l'environnement est également améliorée parce que le bambou a la capacité de purifierde l'air et les masses d'eau polluées. Enfin, les bambous ne nécessitent pas l'application de fertilisants et de produits chimiques, cela les rend moins coûteux à faire pousser tout en évitant de polluer le pays à long terme.
Si vous tentez de trouver une activité à organiser pour la Journée mondiale de l'environnement 2012, pourquoi ne pas essayer de ne pas fumer durant cette journée? Votre contribution, cumulée à celle d'autres personnes, pourrait bien être l'élément qui va convaincre un agriculteur à cultiver du bambou au lieu du tabac!






