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Communiqué de presse

La mauvaise gestion des déchets menace les îles « paradisiaques »


Jeju/Nairobi, le 30 mars 2004 - De nombreuses petites îles paradisiaques « suffoquent » sous les ordures et les déchets, affirme le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), et une aide internationale d’urgence est nécessaire pour les aider à gérer cette situation inquiétante.

Différentes études montrent en effet que, aux côtés de la montée du niveau des océans, de la pêche intensive, de la pénurie d’eau potable, et de l’inefficacité des services d’hygiène, le niveau des déchets est en train de devenir un problème alarmant pour ces îles.

Par exemple, l’île de Nauru, dans le Pacifique, possède désormais un surprenant littoral bleu-vert. Mais ce littoral n’a rien à voir avec la mer couleur azur environnante. Cette teinte particulière est en fait le résultat du reflet des ordures qui le jonchent, et plus particulièrement des monticules de cannettes de bière vides.

Les déchets menacent non seulement la santé publique, mais aussi les moyens de subsistance. Beaucoup de Petits Etats insulaires en développement (SIDS) dépendent des revenus du tourisme.

Les visiteurs, quand ils découvrent le paysage, les côtes et le littoral recouverts de sacs en plastique, de vieilles cannettes de bière, de fauteuils défoncés et d’autres ordures ménagères ou industrielles, ne se sentent en effet pas enclin à revenir ou à recommander la destination à leurs proches.

Le Directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer, a récemment déclaré à ce sujet: « Les petits Etats insulaires des Caraïbes, de l’Océan Indien et du Pacifique sont parmi les nations les plus vulnérables de la planète. Ils sont menacés par le réchauffement, les catastrophes climatiques, l’augmentation du niveau des mers, et leurs réserves en eau potable sont réduites. Beaucoup d’entre eux sont de plus difficiles d’accès, et ne disposent que de ressources naturelles limitées, ce qui les rend très fragiles économiquement ».

« Le traitement des déchets solides provenant de l’industrie, des activités ménagères et du tourisme est devenu un nouvel enjeu pour lequel ils ont besoin d’aide et de conseils. Non seulement de tels déchets dégradent et enlaidissent la nature, mais ils contaminent également les rivières et la nappe phréatique de manière insidieuse », a t-il précisé.

M. Toepfer a indiqué que le PNUE, en collaboration avec d’autres agences des Nations Unies et des institutions spécialisées dans le traitement des déchets, aide les SIDS à établir des plans de réduction des déchets, à répertorier les technologies de gestion saine des déchets et à promouvoir des techniques de production générant moins de pollution.

« Nous devons cependant faire beaucoup plus au regard de la multiplicité des déchets, si nous voulons garantir un environnement propre, sain et durable pour tous les citoyens des Petits Etats insulaires en développement », a t-il ajouté.

Le Mauricien Jagdish Koonjul, président de l’Alliance des Petits Etats insulaires (AOSIS), a déclaré : « Il nous faut urgemment accéder à des technologies efficaces et bon marché, dont du matériel de recyclage, avant que le problème de gestion des déchets ne devienne insurmontable. Nous appelons au transfert de technologies.»

« De nombreux petits Etats insulaires en développement, dont mon propre pays, l’île Maurice, ont lancé des campagnes de sensibilisation auxquelles les populations ont réagi favorablement. Toujours est-il que, ne possédant pas les moyens de recycler et de réutiliser les déchets, nous ne savons pas quoi faire de la quantité importante de plastiques, d’aluminium et de papier », a-t-il ajouté.

Les rapports, dont certains ont été présentés aujourd’hui aux ministres de l’environnement réunis à Jeju, en République de Corée, ont été compilés par le Programme d’action mondial pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres (GPA) et la Projet d’évaluation mondiale des eaux internationales (GIWA), deux organes du PNUE.

Un de ces rapports, intitulé « Le PNUE et les Petits Etats insulaires en développement : 1994-2004 et perspectives d’avenir », estime que depuis le début des années 90 le niveau des déchets plastiques dans les SIDS a quintuplé. Il souligne en outre que les problèmes causés par les ordures ménagères et industrielles font partie d’une crise plus large du traitement des déchets.

Quatre-vingt dix pour cent des eaux usagées des petits Etats insulaires des Caraïbes sont par exemple déversées dans l’océan sans avoir été préalablement traitées. Ce pourcentage atteint 98 pour cent dans certaines parties du nord-est du Pacifique.

Ces nouveaux rapports seront formellement présentés aux ministres présents lors d’une conférence cruciale réunissant les SIDS, le « Barbade Plus Dix », qui se déroulera sur l’Île Maurice (Océan Indien) dans les prochains mois.

Les Îles du Pacifique
La question des déchets est décrite comme « le problème universel de toutes les îles » de la région.

« La pollution des ressources en eaux est potentiellement un problème régional, au regard du traitement inadéquat des eaux usées domestiques et du ramassage inapproprié des déchets solides », indique un rapport du GIWA.

« Une simple ballade le long de n’importe quelle côte habitée des Îles du Pacifique suffit à révéler un système de ramassage des déchets inadéquat, même dans des zones où il existe pourtant un système de collecte municipal, comme dans la ville de Suva (Fidji) », poursuit-il.

Ce même rapport explique que les criques entourant le Port d’Apia au Samoa sont « lourdement engorgées par les ordures ménagères jouxtant les habitations et les routes ».

Il ajoute que malgré les nettoyages annuelles des îles, les comportements sociaux perdurent, et les déchets entassent de nouveau rapidement.

« Un traitement inapproprié des déchets provoque un empiétement des terrains disponibles, et diminuent d’autant la superficie exploitable, un enjeu central pour les petites îles. », complète t-il.

Les Îles de l’Océan indien
Un autre rapport du GIWA souligne que « le problème le plus important pour les Etats de la région est celui grandissant des déchets solides ».

L’Île Maurice comme les Seychelles ont développé des procédés de gestion des déchets. Pourtant, ces deux pays rencontrent de réelles difficultés.

Dans les Comores, le ramassage et le traitement des déchets est « quasiment inexistant et ceux-ci sont souvent dispersés à travers la ville, les aires publiques et les villages ».

A Madagascar, seulement 6 pour cent des déchets et des ordures sont ramassés périodiquement. Plus de la moitié de la population se débarrasse de ses déchets « là où c’est commode », que ce soit sur ou à proximité des plages ou dans les mangroves.

Les quantités de déchets dans la seule capitale Antananarivo sont estimées à 65 700 tonnes.

Le déversement des déchets dans la mer est un autre problème prééminent, qui s’additionne à ceux des débris marins et de la pollution des littoraux proches et lointains. Avec comme conséquence un accroissement des déchets échoués sur les plages, à l’instar du Site d’Aldabara, classé Patrimoine mondial de l’humanité pour être le refuge des tortues géantes.

Le rapport signale que la gestion inappropriée de déchets favorise la vermine, dont les rats, qui propagent des maladies telles que la peste, la gale, et d’autres affections tropicales.

De mauvais emballages de déchets augmentent aussi le risque de paludisme, plus particulièrement à Madagascar et aux Comores. Les récipients utilisés, qui vont des sacs en plastique aux bidons de peinture, accumulent les eaux de pluie, terrain idéal à la prolifération des insectes porteurs de la maladie.


Notes aux éditeurs :
Le site web des activités du PNUE dans les Petits Etats insulaires : http://www.google-gpa/sids/incex.html

L’adresse du site web du Programme d’action mondial est http://www.google-gpa

Projet d’évaluation mondiale des eaux internationales : http://www.giwa.net/

L’Evaluation régionale des îles de l’Océan Indien du GIWA est disponible sur http://www.giwa.net/areas/reports.php et son Evaluation régional des îles du Pacifique est disponible à l’adresse : http://www.giwa.net/r62

Pour obtenir des informations complémentaires, veuillez prendre contact avec Eric Falt, porte-parole et Directeur de la communication et de l’information du public du PNUE, au 254-20-623-292, ou au 254-733-682-656 ; ou encore par courrier électronique à l’adresse eric.falt@unep.org ; on peut aussi contacter Nick Nuttall, responsable des médias du PNUE, à Jeju au (82) 64 767 8616, ou au (82) 18 696 4195, ainsi que par courrier électronique à l’adresse nick.nuttall@unep.org; ou Tim Higham, Responsable régional de l’information, bureau du PNUE à Bangkok, au +66 2 288 2127 ou au +66 9 1283803, ainsi que par courrier électronique à l’adresse higham@un.org.

Communiqué de presse du PNUE 2004/16F
© UNEP