Origine Historique
De 1972 aux années 80
Bien que la première Conférence des Nations Unies sur l'Environnement de Stockholm, 1972, qui a aussi vu l'établissement du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), liant officiellement l'environnement physique société dans son titre, dans les années 60 et 70 les questions sociales étaient très largement déconnectées des politiques et programmes environnementaux. Quand la Stratégie de Conservation Mondiale – conservation des ressources vivante pour un développement durable (IUCN, PNUE, WWF) – a été lancé en 1980, l'intérêt de ce document sur les liens socio-environnementaux était encore présenté d'une manière neutre par rapport au genre.
1985
La troisième Conférence des Nations Unies sur les Femmes, à Nairobi, en 1985, cependant, était l’un des premiers forum international qui a exprimé clairement les liens entre le développement durable et l’implication des femmes et leur autonomisation ainsi que l’égalité et équité des genres. Dans les stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme, « l’environnement » était compris comme une zone d’intérêt des femmes.
Pendant la Conférence de Nairobi en 1985, le PNUE a accueilli une session spéciale sur les Femmes et l’Environnement, et le SWAG a été établi pour conseiller l’organisation pour apporter une perspective de genre dans son programme environnemental.
Les années 90
Dans la phase de préparation de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (UNCED), tenue en 1992 à Rio de Janeiro, le Secrétariat de l’ONU pour le UNCED, le PNUE et le Fond de Développement pour les Femmes (UNIFEM) ainsi que des ONG telles que WEDO et WorldWIDE ont entrepris des activités de conseil qui reflétaient les conclusions des ateliers entre les ONG et le forum de Nairobi de 1985, qui a statué que : « La croissance de la puissance féminine et la durabilité de l’environnement sont écologiquement liés » (ELC, 1985). Ils ont soulignés que les femmes non seulement supportent les plus grandes conséquences des problèmes environnementaux, mais en tant que gérantes des ressources premières, ont aussi le plus grand potentiel pour contribuer à solutionner la crise.
Les activités de plaidoyer pendant le processus de l’UNCED ont engendré l’ « Agenda 21 », comprenant non seulement plus de 145 références sur le rôle spécifique et les positions des femmes dans l’environnement et le développement durable, mais aussi un chapitre séparé (24) intitulé « Action Globale pour les femmes vers un développement durable ». Ce chapitre reconnaît le besoin d’une large participation des femmes – en tant que groupe majeur- à tous les niveaux gouvernementaux et dans toutes les agences de l’ONU dont les activités sont reliées au développement durable, ainsi que le besoin d’intégration pour une perspective de genre sur la planification du développement durable et sa mise en place.
La Quatrième Conférence Mondiale des Nations Unies sur les femmes de Beijing en 1995 a identifié l’environnement comme l’un des douze domaines critiques pour les femmes. La section K de la Plateforme d’Action de Beijing, sur les Femmes et l’Environnement, a soutenu que « les femmes ont un rôle essentiel à jouer dans le développement d’une consommation et schémas de production durables et écologiques et des approches de gestion de ressources naturelles » (paragraphe 246).
Les années 2000
Cinq ans après, au Sommet pour le Millénaire de New York, les leaders mondiaux ont promis dans la Déclaration du Millénium de « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes comme manière efficace de combattre la pauvreté, la faim et la maladie et de stimuler le développement qui est vraiment durable. » Cette vision est reflétée dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), comprenant le l’OMD 1, éradiquer la pauvreté, l’OMD 3 promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, et l’OMD 7 assurer une durabilité environnementale. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, dans les rapports gouvernementaux sur l’OMD 7 les liens entre environnement et égalité des sexes sont négligés.
Comme apport pour le Sommet Mondial sur le Développement Durable, les femmes, en tant que groupe majeur, ont préparé deux documents (ECOSOC/UN, 2001 et 2002), dans lesquels les progrès sur la mise en place des Agenda 21 dans une perspective de genre ont été revus. Il a été conclu qu’aux niveaux international, national et local des étapes importantes ont été prises, mais elles ont été plutôt isolées et ont eu un caractère ad hoc. Le compte rendu a montré qu’il n’y avait pas de réelle intégration des questions de genre dans les activités et politiques sur l’environnement mondial et sur le développement durable, laissant seules les préoccupations profondes sur la question de l’intégration du genre dans ces domaines.
Au lieu d’une réelle implémentation, d’avantages d’engagements ont été pris. Le principe numéro 20 de la Déclaration de Johannesburg du Sommet Mondial pour le Développement Durable (2002) statuent que : « Nous sommes engagés pour assurer que l’autonomisation et l’émancipation des femmes, et l’égalité des sexes soient intégrées dans toutes les activités inclues dans les Agenda 21, les Objectifs du Millénaire pour le Développement, et le Plan d’Implémentation de Johannesburg. » Parmi les 153 paragraphes du Plan d’Implémentation de Johannesburg (JPOI) 30 se réfèrent aux problèmes concernant l’égalité des sexes. Ceux-ci traitent de : bénéfices du développement durables pour les femmes ; l’élimination de la violence et de la discrimination ; l’accès aux services de santé ; accès au territoire et autres ressources (particulièrement en Afrique) ; l’amélioration du rôle des femmes dans la gestion des ressources ; l’éducation pour tous ; la participation des femmes ; intégration sexospécifique ; et des informations et données sur les questions de genre. Des efforts majeurs de plaidoyer ont engendré la décision de la Commission sur le Développement Durable à sa 11ème Session en 2003 pour faire de la question de l’égalité des sexes un problème transversal dans tous les travaux à venir jusqu’en 2015.
Dans un contexte global dans lequel l’inégalité des genre prouve qu’elle est l’une des formes les plus envahissantes d’inégalité (PNUD, 2005), la communauté internationale, pendant la Revue des dix ans de la Plateforme d’Actions de Beijing à la 49ème session de la Commission du Statut des Femmes (CSW) en mars 2005, et le Sommet Mondial de 2005 en septembre 2005, s’est réengagée pour l’objectif mondial sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. |