Des exemples qui inspirent
«Ensemble, en tant qu’agents du changement, liées par notre engagement commun pour que règnent la justice, l’égalité et la paix, nous pouvons assurer la survie de notre environnement et notre avenir commun.»
Manifeste des femmes, voix de l'environnement (WAVE)
Quelques institutions internationales ont fait d'importants progrès pour lier la question de l'égalité des sexes dans leur travail environnemental.
Le Réseau des Femmes Ministres de l'Environnement
Le Réseau des Femmes Ministres de l'Environnement a été établi en 2002 et est actuellement co-présidé par Rejoice Mabudaphasi, adjointe au Ministère sud-africain des Affaires Environnementales et du Tourisme, et Lena Sommestad, Ministre Suédoise de l'Environnement. Il a pour but de promouvoir la participation des femmes dans les politiques environnementales et d'améliorer une perspective de genre dans les prises de décisions environnementales sur le plan national et international. Le Réseau a été créé à cause de l'urgence ressentie par les Ministres de renverser les tendances dangereuses dans le développement mondial et d'adresser un besoin critique pour des politiques visionnaires et concrètes vers le développement durable dans leur propre pays et dans le monde. Le Réseau croit au fait que les femmes apportent des idées, des approches et des stratégies nouvelles, pour protéger les populations et les ressources naturelles tout en appliquant les principes d'un développement durable. Parmi ses activités, le réseau développe des recommandations pour des solutions pratiques aux problèmes environnementaux, construit des réseaux de partenariats avec la société civile, les agences non-gouvernementales et intergouvernementales, échange les bonnes pratiques, et crée une masse critique dirigeante pour influencer les politiques nationales et internationales. Ensemble avec les organisations spécialisées dans la problématique des femmes et de l'environnement et les agences de l'ONU, le réseau est devenu l'instrument pour mettre la question du genre dans les agendas environnementaux mondiaux.
L'Assemblée WAVE - Les femmes, voix de l'environnement
En 2004, après un séminaire consultatif, le PNUE – en proche collaboration avec les groupes de la société civile et le Réseau des Femmes Ministres de l'Environnement – a organisé l'Assemblée WAVE – Les femmes, voix de l'environnement, à Nairobi en Octobre 2004. La conférence, qui a rassemblé 150 femmes et hommes de 65 pays, a entrainé la création d'un manifeste, de recommandations sur les centres d'intérêts et une série d'idée de projets pour développer les compétences du PNUE dans des domaines spécifiques. Construite sur les décisions existantes du conseil d'administration du PNUE, et inspirée par les résultats de l'Assemblée WAVE et les développements relatifs mondiaux, le conseil d'administration du PNUE à sa 23ème session en 2005, a adopté la décision 23/11 sur l'Egalité des genres dans le domaine de l'environnement. Cette décision appelle les Gouvernements et le PNUE à intégrer le genre dans ces politiques et programmes environnementaux, pour évaluer les effets sur les femmes des politiques environnementales, et d'intégrer davantage l'égalité des genre et les considérations environnementales dans leur travail.
Dans le monde
Amérique Latine et Caraïbes
Dans plusieurs régions, on trouve des exemples positifs d’emploi gouvernemental dans le développement durable. Un planning participatif pour la conservation de l’environnement se développe en Amérique Latine et Caraïbes, et ce mouvement a fait allusion au besoin de participation des femmes. Les femmes dans les pays du CARICOM (Communauté Caraïbes) sont particulièrement impliquées dans les organisations de sociétés civiles qui travaillent sur l’environnement et les ministères et départements qui travaillent à l’égalité des sexes ; ils ont joué une part importante en soutenant leurs initiatives.
Communauté Européenne
Le Traité qui fonde la Communauté Européenne affirme que « l’égalité entre les hommes et les femmes doit être encouragé dans toutes les activités ». Alors que l’égalité des sexes en relation avec le travail de l’Union sur l’environnement n’est pas clairement mentionnée, il est suggéré dans le texte. Dans le processus de l’Environnement pour l’Europe la victoire remportée par la pression des femmes consistait à l’inclusion d’une référence à « l’intégration des genres » dans le texte final de la déclaration signée par les ministres de l’environnement et les têtes des délégations de 51 pays. En Allemagne le Gouvernement Fédéral a adopté en 1999 l’intégration du genre en tant que principe prioritaire pour toutes ses activités. En tant que projet pilote le Ministère Fédéral de l’Environnement a décidé de développer une étude d’impact sur les genres pour des mesures législatives dans le domaine de la radioprotection.
Asie-Pacifique
Un nombre croissant de femmes dans la région Asie-Pacifique sont impliquées dans les processus de décisions pour l’environnement. Les ONG, et à moindre échelle les agences gouvernementales pour l’environnement, ont des femmes dans des postes de dirigeants intermédiaires. Selon une étude, six pays de la région ont conduit des recherches environnementales dont trois comprenaient des discussions sur l’impact du développement environnemental sur les femmes. La Banque Asiatique de Développement et l’UNIFEM ont soutenu différents audits sur l’égalité sexuelle des programmes environnementaux de la région. L’intérêt du Gouvernement du Bangladesh pour la participation des femmes dans l’environnement a été reflété dans le Cinquième Plan Cinq Ans 1997-2002. Au Pakistan le Plan National d’Actions pour la mise en place des Engagements de Beijing comprend un chapitre sur les femmes et l’environnement. En Corée du Sud, Le Ministère de l’égalité des sexes recommande un quota d’au moins 30% de femmes dans plusieurs types de comités consultatifs.
Afrique
Dans la région de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC), dans les pays qui ont engendré leurs politiques et plans environnementaux, il y a eu une nette amélioration dans la représentation des femmes dans les processus de décision pour l’environnement. La Commission Economique pour l’Afrique a rapporté en 2004 une augmentation de 50% de la représentation des femmes dans le secteur. En Afrique de l’Ouest, des programmes environnementaux nationaux ont été développés dans beaucoup de pays et ont impliqués les femmes dans les processus de décision.
ONG et Organisations Internationales
Après une période d’initiatives ad hoc dans le domaine, le Congrès Mondial de la Nature à Aman en 2000 a approuvé une résolution qui demande au Directeur Général de l’UICN d'assurer que « l’équité des sexes soit intégrée dans toutes les actions, projets et initiatives du Secrétariat ». Une série d’actions concrètes ont suivi pour accélérer le rythme de changement. L’UICN a nommé un conseiller de haut niveau, accordé un budget pour le sujet, créé des réseaux de points focaux sur le genre dans la région, défini des responsabilités en relation avec la politique de genre pour tout le personnel, élaboré des critères d’approbation de nouvelles propositions, commencé le développement de méthodologies pratiques et spécifiques pour l’intégration de la question de l’égalité des sexes dans les initiatives de conservations, distribué une série de publications et a intensivement formé le personnel.
Quelques ONG environnementales, telles que Les Amis de la Terre - International et Both Ends (les deux bouts) ont aussi adoptés des politiques d’égalité des sexes et des plans d’actions, reconnaissant l’importance de l’approche des genres dans leur travail. Des accords environnementaux multilatéraux, particulièrement le secrétariat et les CDP (conférences des parties) de l'UNCCD ont tenté d'intégrer une perspective de genre dans la lutte contre la désertification, comme la récente Conférence sur les Femmes et la Désertification à Pékin (Mai/Juin 2006) l'a illustré. Des organisations spécialisées dans les femmes et l'environnement et le développement, tel que l'organisation des femmes pour l'environnement et le développement (WEDO), Les Femmes d'Europe pour un Avenir Commun (WECF), ENERGIA, LIFE, l'Alliance Genre et Eau, le réseau des femmes professionnelles WOCAN (Les femmes s’organisent pour favoriser le. changement dans l’agriculture et dans la gestion des ressources naturelles) et beaucoup de groupes locaux et nationaux jouent tous un rôle important pour apporter une perspective de genre au tableau environnemental.
|