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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Chapitre 1: Environnement et développement : vers l'intégration, 1972-2002

Les années 70 : la naissance de l'écologie moderne
Les années 80 : définition du développement durable
Les années 90 : l'application du développement durable
2000 et au-delà : réexamen de l'action à entreprendre

Si l'environnement a toujours été d'une importance décisive pour la vie, le souci de l'équilibre entre la vie des hommes et l'environnement n'a pris une dimension internationale que durant les années 50. Dans les années qui ont suivi, les pièces apparemment sans lien du puzzle mondial ont commencé à se mettre en place et à révéler un avenir incertain.

Des livres et des articles, qui ont entraîné un changement de paradigme, comme Silent Spring, de Rachel Carson (Carson, 1962) et « The Tragedy of the Commons » de Garret Hardin (Hardin, 1968) ont poussé certains pays et la communauté internationale à agir. Une série de catastrophes a encore assombri le tableau : la thalidomide entraînait des malformations congénitales chez des nouveau-nés, le Torrey Canyon répandait une marée noire le long des côtes bretonnes et les savants suédois affirmaient que, dans les milliers de lacs de leur pays, la mort des poissons et autres organismes résultait du transport à longue distance de la pollution atmosphérique venant de l'ouest de l'Europe.

La tragédie du patrimoine commun

La tragédie du patrimoine commun comme « corne d'abondance » peut être évitée par la propriété privée ou par quelque chose qui y ressemble. Mais l'air et l'eau qui nous entourent ne peuvent être enclos, de sorte que la tragédie du patrimoine commun comme « dépotoir » doit être empêchée par différents moyens, par des lois répressives ou par la fiscalité, qui feront que le pollueur trouvera moins onéreux de traiter les polluants que de les rejeter sans traitement.

Hardin, 1968

À la fin des années 60, c'est à l'ouest seulement que se faisaient entendre les écologistes. Dans le monde communiste, au nom de l'industrialisation, la destruction de l'environnement se poursuivait sans relâche. Dans les pays en développement, on considérait que le souci de l'environnement était un luxe occidental. « La pauvreté est la forme la plus grave de pollution » affirmait Indira Gandhi, Premier Ministre de l'Inde, qui à la Conférence des Nations Unies sur l'environnement, tenue à Stockholm en 1972, a joué un rôle majeur en orientant l'ordre du jour vers les préoccupations des pays en développement (Strong, 1999). « Nous pensons que, parmi tout ce qui est au monde, c'est l'Homme qui est le plus précieux » a déclaré Tang Ke, chef de la délégation chinoise de la Conférence de Stockholm (Clarke et Timberlake, 1982).

Au début des années 70, l'attention se portait surtout sur l'environnement biophysique, par exemple sur des questions de gestion de la flore et de la faune sauvages, de conservation des sols, de pollution de l'eau, de dégradation des terres et de désertification - problèmes dont la cause paraissait être l'homme. À l'Ouest, il existait (et dans une certaine mesure il existe toujours) deux principales écoles de pensée au sujet des causes de la dégradation de l'environnement : la première blâmait l'avidité et la poursuite sans relâche de la croissance économique, l'autre accusait l'accroissement de la population. Comme le faisait observer un commentateur, « la pollution sans limite et une population en augmentation constante sont de réelles menaces pour notre mode de vie et pour la vie elle-même » (Stanley Foundation, 1971).

Ces vues ont été résumées dans la plus célèbre étude de l'époque, celle du Club de Rome, fondée sur un modèle informatisé de l'avenir et qui a attiré l'attention mondiale. Le Club de Rome était un groupe de 50 « sages » (dont quelques femmes) choisis par cooptation, qui se réunissaient régulièrement pour amener le monde à la raison, un peu comme le faisait, face à la guerre froide, le groupe de savants Pugwash. Les limites de la croissance, le rapport du Club de Rome, analysait cinq variables : la technologie, la population, l'alimentation, les ressources naturelles et l'environnement. Ses principales conclusions étaient que, si les tendances actuelles se poursuivaient, le système mondial « s'emballerait » et s'effondrerait vers l'an 2000. Pour l'éviter, il faudrait à la fois que l'accroissement de la population et la croissance économique s'arrêtent (Meadows et Meadows, 1972). Les limites de la croissance est un ouvrage qui a été abondamment critiqué mais qui, pour la première fois, faisait connaître la notion de limites extérieures : l'idée que le développement pouvait être limité par la finitude des ressources terrestres.