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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Accès à l'eau salubre et aux moyens d'assainissement

Approvisionnement en eau et assainissement en Afrique

En 2000, 62 % des Africains avaient accès à des points d'eau améliorés et 60 % à des moyens d'assainissement - mais la couverture est médiocre dans de vastes régions du continent africain

Source : OMS et UNICEF, 2000

Environ 62 % des Africains ont un accès à un point d'eau de qualité, en 2000. Mais pourtant, en milieu rural, les Africains passent encore beaucoup de temps à aller chercher de l'eau, et 28 % de la population qui, dans le monde, n'a pas accès à un point d'eau de qualité, vivent en Afrique. Les femmes sont particulièrement touchées par ce phénomène car ce sont elles qui vont chercher l'eau pour leur famille. Dans les zones urbaines, l'approvisionnement est meilleur, et 85 % des citadins ont accès à de l'eau de bonne qualité. Dans les campagnes, cette moyenne est de 47 %, et 99 % de la population rurale de l'Érythrée n'ont pas de moyens d'assainissement. La population africaine totale ayant ces moyens d'assainissement était de 60 % en 2000. Là encore, les citadins sont mieux lotis, puisque 84 % ont des moyens d'assainissement améliorés, contre en moyenne 45 % dans les zones rurales (OMS et UNICEF, 2000).

Le mauvais approvisionnement en eau et l'absence de moyens d'hygiène expliquent les taux élevés d'incidences de maladies liées à l'eau telles que l'ascaridiase, le choléra, la diarrhée, la dracunculose, la dysenterie, les infections oculaires, l'ankylostomiase, la gale, la bilharziose et le trachome. Environ trois millions d'Africains meurent chaque année d'une de ces maladies (Lake et Souré, 1997). En 1998, 72 % de tous les cas signalés de choléra, dans le monde, concernaient l'Afrique.

La médiocrité de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement explique la contamination des eaux de surface et des eaux souterraines, d'où des effets ultérieurs sur les plantes, les animaux et les hommes. Les coûts économiques sont élevés. Au Malawi, par exemple, le coût total de la dégradation de l'eau était estimé à 2,1 millions de dollars en 1994 (DREA, Malawi, 1994). Parmi ces coûts figurent la nécessité d'une épuration de l'eau, les coûts de la formation de spécialistes et la réduction de la productivité de la main-d'ouvre. La satisfaction des besoins élémentaires en matière d'eau et d'assainissement est également coûteuse. Au Nigéria, une étude récente estime que le coût futur de l'adduction d'eau et de l'hygiène du milieu serait de 9,12 milliards de dollars en 2001-10 (Adedipe, Braid et Iliyas, 2000).

Les gouvernements s'efforcent d'améliorer la situation par des politiques de gestion environnementale qui intègrent la gestion des déchets et l'urbanisme, et rendent obligatoires, avant la mise en ouvre de grands ouvrages, les études d'impact sur l'environnement. L'une des principales initiatives de politique régionale a été le Plan d'action de Lagos en 1980, qui invitait les États membres à formuler des plans directeurs dans le secteur de l'approvisionnement en eau et de l'agriculture (OUA, 1980). Ce plan s'inspirait du Plan d'action de Mar del Plata issu de la Conférence des Nations Unies sur l'eau, tenue en 1977, et des conclusions de la Réunion régionale africaine de 1978 sur les questions liées à l'eau. En dépit de ces initiatives, un manque de ressources humaines et financières, et de matériel pour l'exécution et l'application, fait toujours obstacle au progrès.

UNE RÉUSSITE : L'évacuation des eaux usées au Caire

Une étude lancée au Caire en 1995 a montré que le traitement des eaux usées pouvait aider à résoudre non seulement les problèmes de pollution de l'eau de la capitale égyptienne, mais aussi ouvrir de nouvelles possibilités au commerce et à l'agriculture. Le Projet de traitement des eaux usées du Grand Caire produira 0,4 million de tonnes de boues et de produits biosolides, chaque année, à partir du traitement des eaux usées.

L'étude a été lancée dans le cadre du Programme méditerranéen d'assistance technique environnementale, qui est financé par la Banque européenne d'investissement, et mis en ouvre par le service des eaux usées de la ville du Caire. Les premiers résultats montrent que les boues effluentes peuvent faciliter la culture du blé, du bersim, du maïs destiné aux animaux, et des vignobles. Une fois purifiées, ces boues offrent un important moyen de substitution des engrais azotés susceptibles d'intéresser les agriculteurs ; les produits biosolides n'ont aucun effet néfaste sur les cultures, s'il faut en croire les premiers essais sur le terrain ; et les avantages de l'épandage de ces produits biosolides sur les sols récupérés sur l'eau devraient augmenter avec les épandages successifs. Les agriculteurs égyptiens sont prêts à payer le prix de ces produits biosolides, en raison du manque de fumier et des coûts élevés des engrais inorganiques.

Source : CDD, 1999