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GEO-3: GLOBAL ENVIRONMENT OUTLOOK  
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Le manque d'eau

De nombreux pays qui n'ont pas assez d'eau pour satisfaire la demande, doivent puiser dans leur couche aquifère, ce qui entraîne son épuisement progressif. De plus, le manque d'eau s'accompagne d'une détérioration de la qualité de l'eau disponible en raison de la pollution et de la dégradation de l'environnement. Les barrages et les retenues, s'accompagnant de déboisement dans certains bassins versants, ont réduit les débits, abaissé le niveau des nappes phréatiques, dégradé les zones humides riveraines et réduit la diversité de la vie aquatique. Une demande excessive d'eaux souterraines dans les grandes agglomérations côtières comme Bangkok, Dhaka, Jakarta, Karachi et Manille explique les intrusions salines et l'affaissement du sol ou subsidence.

Les pouvoirs publics ont traditionnellement cherché à augmenter l'offre d'eau. Cependant, les politiques suivies ont récemment de plus en plus adopté une conception intégrée de la gestion des ressources en eau, mettant en avant les mesures de régulation de la demande par une utilisation plus efficace de l'eau, des mesures de conservation et de protection, des dispositions institutionnelles, des instruments juridiques, réglementaires et économiques, l'information du public et une coopération entre administrations. Les éléments communs aux politiques et stratégies nationales actuellement adoptées sont l'intégration du développement et de la gestion des ressources en eau dans le développement socioéconomique, l'évaluation et le contrôle des ressources en eau, la protection de l'eau et des ressources associées, l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement, la conservation et l'utilisation rationnelle de l'eau pour la production vivrière et d'autres activités économiques, le développement institutionnel et législatif, et la participation du public.

En Inde, une nouvelle politique de gestion de l'irrigation cherche à améliorer l'efficacité de l'application d'eau, par des techniques modernes telles que l'irrigation au goutte-à-goutte ou par arrosoir tournant, et de meilleures méthodes d'irrigation dans les exploitations. En République de Corée, où l'agriculture absorbe plus de 50 % des ressources en eau, le plan de développement des ressources en eau au XXIe siècle met en avant des mesures qui mettent en rapport l'augmentation de la production vivrière et l'utilisation plus efficace de l'eau (Kwun, 1999). Une gestion décentralisée de l'eau est également encouragée dans des pays comme la Chine où les autorités municipales et provinciales sont autorisées à gérer elles-mêmes leurs ressources. En Inde, des services multidisciplinaires chargés de la mise au point de plans directeurs de l'eau ont été créés dans certains États. La participation des parties prenantes a réduit les frais d'exploitation dans les pays comme le Pakistan, en impliquant les collectivités locales dans le développement de l'approvisionnement en eau, l'assainissement, les installations de prévention de la pollution de l'eau et leur entretien.

Des progrès ont été accomplis dans l'application de la démarche à l'échelle du bassin. L'accord conclu entre l'Inde et le Pakistan pour la gestion des eaux du bassin de l'Indus, le Traité de partage des eaux, largement salué, entre l'Inde et le Bangladesh, la coopération entre l'Inde et le Bhoutan pour le développement de l'hydroélectricité, et la coopération indo-népalaise pour la mise en valeur des cours d'eau transfrontières, illustrent les possibilités de la coopération entre pays pour la gestion des eaux en Asie du Sud.

L'une des grandes difficultés est de passer d'une appréhension sous-sectorielle, fragmentaire de la gestion de l'eau qui, dans le passé, a entraîné des différends et des concurrences, pour imaginer des mécanismes intégrés et les appliquer en particulier dans des projets dépassant les sous-secteurs traditionnels.

UNE RÉUSSITE : Le jumelage du lac Toba et du lac Champlain

La coopération Nord-Sud entre organisations indonésiennes et américaines a contribué à une meilleure gestion du bassin versant du lac Toba - qui avec 4 000 km2 environ est le plus grand lac de cratère au monde. Ce lac de Sumatra, qui souffre d'une dégradation de la qualité de l'eau, d'une perte de la diversité biologique et de l'invasion de plantes et animaux allogènes nuisibles, a profité de la coopération institutionnelle entre la Fondation du lac Toba et le Programme du bassin du lac Champlain dans le Vermont (États-Unis). La Fondation a utilisé une partie d'une subvention fournie par l'Agency for International Aid des États-Unis (USAID) pour organiser un jumelage avec le bassin du lac Champlain. Ce programme d'échange a aidé à résoudre certains problèmes de gestion de l'eau dans le bassin du lac Toba, à l'aide de données d'expérience venant d'une autre région avec son bassin versant.

Le programme fait apparaître les enseignements suivants :

  • La gestion des lacs présente, dans le monde, des problèmes semblables ;
  • Une partie des difficultés tient aux modalités de la gestion d'une ressource que se partagent de multiples circonscriptions administratives dans une vaste région géographique;
  • Les solutions exigent souvent une participation des citoyens et des intéressés ;
  • Les enseignements de la gestion peuvent être directement transférés d'un pays à un autre.

Source : CDD, 1999